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Questions d'éthique dérangeantes pour Bull

jeudi 23 janvier 2014 à 20:56
Questions d'éthique dérangeantes pour Bull

Vous vous souvenez peut-être, il y a quelques mois de cela, d’une question que j’avais adressé à Thales qui portait sur la notion d’éthique dans le coeur de leur entreprise. J’en avais même fait un article, voici une bribe de celui-ci :

Vous connaissez peut-être Amesys, une jolie petite entreprise racheté par Bull spécialisé dans la surveillance pour la sécurité d’un pays. C’est Amesys qui a fournit à Kadhafi ces armes d’espionnage en 2007 pour traquer les opposants au régime. Ça c’est donc soldé sur des blogueurs torturés après avoir été espionnés par Eagle, le nom de la machine mise au point par cette entreprise pour surveiller le trafic Internet sur un pays entier. Les autres blogueurs, terrifiés, craignaient même que l’armée pouvait « lire dans leurs rêves ». Si vous voulez en savoir plus, ce reportage de Canal + est fait pour vous.

J’avais demandé au représentant quelle place il accordait à lui-même, étant chez Thalès, pour l’éthique. La réponse est dans l’article dédié. Mais aujourd’hui, lors de la seconde journée du forum international de la Cybersécurité à Lille, j’ai eu l’occasion de rencontrer cette grande entreprise qui m’intrigue et me dégoûte depuis quelques temps. C’est alors que je me suis inévitablement remémoré tout ce que j’avais lu à propos de cette sainte boîte et mon subconscient m’a fait apparaître ceci :

Questions d'éthique dérangeantes pour BullVoici une photo en montrant une autre, elle illustre la réalité sur la torture opérée dans les prisons souterraines en Libye à l’époque du régime de Kadhafi, et encore, elle s’arrête aux pieds… Cette image est réelle, c’est la vérité, sans aucun doute, elle est incontestable, ce n’est pas de la propagande. À défaut d’adhérer à mon combat, gardez cette image en tête.

Après cette douce pensée, j’ai mis le pied sur la moquette du stand et découvrit un ensemble de jolis décors publicitaires avec son lot de brochures, de produits et de beaux marketeurs en costume à l’affût d’un visiteur en quête de savoir véritable sur les activités derrière ce joli logo. Mais, étant averti par plusieurs organismes de presse assez indépendants (notamment Mediapart ou Reflets), j’avais déjà un avis assez tranché sur ces slogans BULLshit.

J’ai donc demandé dans un premier temps pourquoi leurs produits controversés n’étaient plus promus sur le stand :

C’est parce qu’il n’y aura pas de clients aussi gros que Kadhafi lui-même que vous ne présentez pas votre autre compétence qui est l’espionnage d’un pays ?

C’est alors qu’il m’a expliqué que l’activité a été délocalisé dans une entreprise créée à l’occasion. En somme, cacher la misère ailleurs, c’est plutôt malin.

Après cette découverte et toujours avec l’image du prisonnier libyen en tête, j’ai demandé au jeune homme ce qu’il pensait de cela. Il a donc pioché chaque minute dans la liste ci-dessous pour me proposer un argument :

Vous noterez qu’au coeur des valeurs de l’entreprise domine largement la notion d’éthique et chaque employé témoigne d’un soucis précis et inquiet pour l’utilisation de leurs travaux.

On pourrait faire l’analogie avec les couteux de cuisine pour dédouaner Bull en affirmant qu’elle n’est pas responsable de l’utilisation de ses technologies comme les fabricants de couteaux ne sont pas responsables des homicides au poignard. Seulement, pour un tel produit si personnalisable, si cher et si performant, le vendre à un pays manifestement sous dictature n’est pas la même chose que de vendre un couteau Ikea à un teletubbies.

Mais l’appât du gain est bien trop important pour prendre en compte le propriétaire de ces pieds pleins de mycoses, berk ! Moi, commercial de Bull, j’ai au moins la décence d’être propre, c’est un minimum, surtout lorsqu’on est pris en photo ! Toujours le même problème…

Questions d'éthique dérangeantes pour Bull

Quel toupet ce Walane d’essayer de nous attrister avec ces photos de propagande, pourquoi il ne nous montre pas le reste du corps ? C’est juste des pieds sales si ça se trouve ! Je t’assure, tu ne voudrais pas voir le reste…

Choqué devant toutes ses justifications, j’ai commencé à parler un peu plus fort, critiquant son éthique et lui demandant comment il arrivait à dormir le soir. À partir de ce moment-là, le commercial essaya de me dériver discrètement, doucement mais sûrement, loin des potentiels clients. J’ai bien ri, je lui ai dit que je l’avais remarqué, il s’est senti con.

J’ai ensuite commis une grosse erreur. Je n’ai pas encore ressenti les effets du poison mais, ça ne devrait pas tarder. J’ai accepté un verre de jus d’orange de leur part ! Je risque de me transformer tantôt en ingénieur peu scrupuleux.

Plus sérieusement, vient ensuite le moment des festivités. Je remets le sujet sur le tapis, il y a de plus en plus de commerciaux autour de moi. Ils sont pour la plupart interloqués, un s’interroge et vient me demander ce qu’il se passe. Je lui explique la situation, il est resté sans voix, sans doute une prise de conscience dans le meilleur des mondes ou réaliser pour lui qu’il vient encore de rencontrer un visiteur ébahi de leurs pratiques, un taré de plus.

Une dame qui semble terriblement stressé, s’approche vers moi, écoute une bribe de la conversation et en comprend immédiatement le sujet controversé. Mes questions ne lui plaisent clairement pas, elle va aller jusqu’à demander à ses commerciaux de ne pas m’adresser la parole puis, d’un pas décidé, tente de chercher je ne sais quoi dans ce salon où l’on vient d’ailleurs pour les conférences et non pas pour les exposants.

Dans ma détresse spontanée et dégoûté par les propos des commerciaux, je continue. Je leur demande s’ils ne se sentent pas gênés, si en mettant leurs chaussettes le matin aucune remise en question n’émane de leur boîte. Il n’y a pas eu véritablement de réponse. Désespéré, je lance une dernière phrase pour peut-être essayer de les sensibiliser : « Vous avez du sang sur les mains !« . C’est à ce moment-là qu’une blonde, déjà souriante depuis le début à l’idée de mon débat, s’est mit à éclater de rire, suivi par quelques sourires provenants de ses acolytes.

Questions d'éthique dérangeantes pour Bull

J’ai cru que j’allais lui faire bouffer littéralement, un par un, les ongles des cadavres morts grâce à leur action intermédiaire. Une incommensurable envie s’est entrepris de mon esprit dans l’idée de lui donner à boire, pendant le reste de sa vie, les gouttes de sang qui ruissellent encore contre les briques des prisons souterraines quand je voyais au ralentit, instant par instant, les fossettes de son sourire se dessiner de plus en plus.

Bien-sûr, il faudrait être con pour croire qu’elle rit de ces gens-là. Bien que je ne puisse le savoir, j’ose à croire que l’être humain civilisé, à l’instar d’une bonne commerciale, ne puisse rire de ses actions contre l’humanité. Sans doute riait-elle de ma venue, certainement absurde selon elle. Auquel cas, je doute qu’une lettre recommandée aurait été plus efficace, car oui, on m’a proposé de le faire.

Le débat a ensuite continué au jeu du chat et la souris, quel délassement que de voir ces vendeurs d’armes reprendre la parole une fois la reine partie puis de la couper aussitôt sec à son retour. J’en disais trop, d’un pas déterminé, elle se dirigeait vers le service de sécurité : « Je crois pour vous qu’il vaudrait mieux partir », me dit le commercial.

C’est sur cette dernière parole que j’ai pris conscience et eu la preuve de toutes les pratiques indécences que cette entreprise est capable d’entreprendre, jusqu’à museler les opposants. Je connaissais leurs talents à ce propos dans le numérique, pour bloquer aisément des contenus sur Internet, mais figurez-vous qu’ils sont aussi doués loin du clavier !

J’aurais pu rester, aucune loi ne m’obligeait à quitter le forum juste à cause d’une discussion. Mais que voulez-vous, je suis parti, ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à cela et qu’on sait forcément le gérer.

Alors, vous jugerez mon action comme bon vous semble, mais par pitié, ne croyez pas qu’à votre échelle rien n’est possible, surtout quand vous êtes témoin d’injustice, il est de votre devoir de la combattre. Je terminerai sur cette citation de Julian Assange :

Chaque fois que nous sommes témoin d’une injustice et que nous n’agissons pas, nous formons notre caractère à être passif en sa présence et nous finissons alors par perdre toute capacité à nous défendre nous-même, ainsi que ceux que nous aimons.

N’oublions pas

mercredi 8 janvier 2014 à 10:48

Tirer les leçons du passé.

Voilà un dicton qui ne semble pas très bien appliqué. C’est en effet avec effroi que je constate un oubli conséquent par de nombreuses élites de notre Histoire : l’oppression, chez nous, qui ne date pas de si longtemps et qui est appliqué puissance dix mille dans beaucoup de dictatures aujourd’hui.

ça se régule aussi Internet, entre nous, les chinois y arrivent bien ! Si les dictatures y arrivent il faut que les démocraties fassent l’effort aussi de faire respecter la loi sur Internet.

Christophe Barbier (directeur de la rédaction de l’Express) sur RMC le 3 janvier

Voici des propos dangereux, qui en plus d’oublier le passé, ne sont d’aucun sens moral.

Nous assistons actuellement, petit à petit, à vouloir instaurer un tout sécuritaire en oubliant l’essentiel : la liberté. Tout en ayant conscience des erreurs du passé, nous sommes en train de commettre les mêmes. Il y a une profonde envie à sécuriser le monde, cette belle utopie utilise de force la technologie pour tenter d’arriver à ses fins. On parle d’espionner chaque Homme sur cette planète, de placer des mouchards dans ses équipements informatiques mobiles ou fixes. Cela va du téléphone, véritable micro et mouchard ambulant à des lunettes Google qui analysent l’émotion de son utilisateur grâce à sa tension rétinienne en passant par des routeurs troués par les agences de sécurité.

Leur conception de la sécurité réside dans l’idée d’avoir la main mise sur chaque équipement high-tech de chaque citoyen en y plaçant des backdoors que seules lesdites agences en ont, normalement, la connaissance. L’idée pourrait marché, si seulement aucun système n’était inviolable… En affaiblissant la sécurité de chaque appareil, on transforme nos outils de communication en véritables gruyères.

J’aimerais y croire. Si seulement je pouvais avoir confiance aux personnes qui m’espionnent moi et la Terre entière pour garantir notre sécurité… Malheureusement, cette belle idée est très dangereuse. Encore une fois, n’oublions pas le passé.

Que ferait une personne mal intentionné avec un tel pouvoir ? Aucun dictateur n’en a jamais rêvé. Mais il suffirait de lâcher son portable si l’on était en dictature ! J’ai ri. Que ferais-tu jeune schyzophrène si tu avais une puce dans le bras, ou que l’on t’obligeait à porter tes lunettes Google sous peine d’être pendu ? Rooh, en plus d’être schyzophrène, t’es parano, tu va beaucoup trop loin. J’ai ri une seconde fois. Je suis toujours moins paranoïaque qu’une agence de sécurité nationale qui va jusqu’à vérifier s’il n’y a pas de terroristes dans un jeu vidéo en ligne…

Dans le cas d’une dictature technologique, ce qui n’a pas encore eu lieu, je pense que les modes opératoires seront ceux-là. Tout est prêt ! Reste juste qu’à pondre des lois pour imposer aux nouveaux-nés d’êtres pucés au nom de la sécurité.

9753846_67b1c06497_z

Toutes ces récentes entraves à la liberté de chacun : remise en question de l’anonymat sur Internet, censure, espionnage, nous font glisser dans une pente au fond terrifiant rempli d’un idéal si sécuritaire que Minority Report deviendrait un conte de fées. Mais comme d’habitude, nous allons devoir attendre que le malheur se produise pour se rendre compte que restreindre des libertés aux gens pour une cause aussi noble soit-elle, ne nous apporte ni la liberté ni la cause défendue, et que l’on fini par perdre les deux (Benjamin Franklin).

Protégeons notre contre-pouvoir

Nous avons découvert il y a quelques années une façon magique de connecter les uns aux autres, de parler à la Terre entière, comme je suis en train de le faire. Restreindre et bloquer nos libertés sur ce réseau au nom de n’importe quelle cause, c’est reproduire les mêmes mécanismes et erreurs du passé et risquer de transformer Benjamin Franklin en un visionnaire.

Il est important d’ajouter dans la constitution ce droit fondamental d’accès à l’Internet, le conseil constitutionnel l’a définit tel quel. Il faudrait aussi empêcher toute censure ou blocage et garantir une neutralité absolu. Ceci est indispensable car Internet est l’un des contre-pouvoirs d’une démocratie, voire le seul étant donné la presse trop facilement contrôlable voire déjà contrôlée.

Laissons-nous guider par notre pensée, notre vision, nous les internautes citoyens du monde, et non pas par des élites auto-proclamées. Et arrêtons par pitié, l’innovation technologique pour l’espionnage. Apple, Microsoft, Google et toute la clique : vos clients ne sont pas les agences de renseignement. Don’t be evil

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N'oublions pas

mercredi 8 janvier 2014 à 10:48
N'oublions pas

Tirer les leçons du passé.

Voilà un dicton qui ne semble pas très bien appliqué. C’est en effet avec effroi que je constate un oubli conséquent par de nombreuses élites de notre Histoire : l’oppression, chez nous, qui ne date pas de si longtemps et qui est appliqué puissance dix mille dans beaucoup de dictatures aujourd’hui.

ça se régule aussi Internet, entre nous, les chinois y arrivent bien ! Si les dictatures y arrivent il faut que les démocraties fassent l’effort aussi de faire respecter la loi sur Internet.

Christophe Barbier (directeur de la rédaction de l’Express) sur RMC le 3 janvier

Voici des propos dangereux, qui en plus d’oublier le passé, ne sont d’aucun sens moral.

Nous assistons actuellement, petit à petit, à vouloir instaurer un tout sécuritaire en oubliant l’essentiel : la liberté. Tout en ayant conscience des erreurs du passé, nous sommes en train de commettre les mêmes. Il y a une profonde envie à sécuriser le monde, cette belle utopie utilise de force la technologie pour tenter d’arriver à ses fins. On parle d’espionner chaque Homme sur cette planète, de placer des mouchards dans ses équipements informatiques mobiles ou fixes. Cela va du téléphone, véritable micro et mouchard ambulant à des lunettes Google qui analysent l’émotion de son utilisateur grâce à sa tension rétinienne en passant par des routeurs troués par les agences de sécurité.

Leur conception de la sécurité réside dans l’idée d’avoir la main mise sur chaque équipement high-tech de chaque citoyen en y plaçant des backdoors que seules lesdites agences en ont, normalement, la connaissance. L’idée pourrait marché, si seulement aucun système n’était inviolable… En affaiblissant la sécurité de chaque appareil, on transforme nos outils de communication en véritables gruyères.

J’aimerais y croire. Si seulement je pouvais avoir confiance aux personnes qui m’espionnent moi et la Terre entière pour garantir notre sécurité… Malheureusement, cette belle idée est très dangereuse. Encore une fois, n’oublions pas le passé.

Que ferait une personne mal intentionné avec un tel pouvoir ? Aucun dictateur n’en a jamais rêvé. Mais il suffirait de lâcher son portable si l’on était en dictature ! J’ai ri. Que ferais-tu jeune schyzophrène si tu avais une puce dans le bras, ou que l’on t’obligeait à porter tes lunettes Google sous peine d’être pendu ? Rooh, en plus d’être schyzophrène, t’es parano, tu va beaucoup trop loin. J’ai ri une seconde fois. Je suis toujours moins paranoïaque qu’une agence de sécurité nationale qui va jusqu’à vérifier s’il n’y a pas de terroristes dans un jeu vidéo en ligne…

Dans le cas d’une dictature technologique, ce qui n’a pas encore eu lieu, je pense que les modes opératoires seront ceux-là. Tout est prêt ! Reste juste qu’à pondre des lois pour imposer aux nouveaux-nés d’êtres pucés au nom de la sécurité.

N'oublions pas

Toutes ces récentes entraves à la liberté de chacun : remise en question de l’anonymat sur Internet, censure, espionnage, nous font glisser dans une pente au fond terrifiant rempli d’un idéal si sécuritaire que Minority Report deviendrait un conte de fées. Mais comme d’habitude, nous allons devoir attendre que le malheur se produise pour se rendre compte que restreindre des libertés aux gens pour une cause aussi noble soit-elle, ne nous apporte ni la liberté ni la cause défendue, et que l’on fini par perdre les deux (Benjamin Franklin).

Protégeons notre contre-pouvoir

Nous avons découvert il y a quelques années une façon magique de connecter les uns aux autres, de parler à la Terre entière, comme je suis en train de le faire. Restreindre et bloquer nos libertés sur ce réseau au nom de n’importe quelle cause, c’est reproduire les mêmes mécanismes et erreurs du passé et risquer de transformer Benjamin Franklin en un visionnaire.

Il est important d’ajouter dans la constitution ce droit fondamental d’accès à l’Internet, le conseil constitutionnel l’a définit tel quel. Il faudrait aussi empêcher toute censure ou blocage et garantir une neutralité absolu. Ceci est indispensable car Internet est l’un des contre-pouvoirs d’une démocratie, voire le seul étant donné la presse trop facilement contrôlable voire déjà contrôlée.

Laissons-nous guider par notre pensée, notre vision, nous les internautes citoyens du monde, et non pas par des élites auto-proclamées. Et arrêtons par pitié, l’innovation technologique pour l’espionnage. Apple, Microsoft, Google et toute la clique : vos clients ne sont pas les agences de renseignement. Don’t be evil

Une bonne lessive pour ces fils d’élites

jeudi 12 décembre 2013 à 00:01

Ah, le voilà, l’enfant fragile et innocent, influençable comme nous autres autrefois. Nous avons appris à nous civiliser, c’est-à-dire d’ôter notre égocentrisme puis notre égoïsme. Vient ensuite le moment de la bonne lessive pour en somme cloner le fils à l’image des parents.

Que c’est bon pour le bambin de s’épanouir dans un cadre où, pour chaque sujet, il le découvre, le déchiffre, oppose des arguments et tente de se faire une vision. Il réfléchit, il débat, il change d’avis encore et encore pour tenter d’établir une vérité. Il doit tout ceci à ses parents géniaux, qui ont su ne jamais l’embrigader dans leur bonne pensée. Je plaisante, c’est une blague.

Je veux bien-sûr parler de moi, je souhaite bien entendu discuter de tous ces enfants privés de réflexion, où aucune lueur d’espoir n’émane de ces boîtes. Évidemment, dans un vide abyssale creusé par la bonne pensée, certainement juste, d’un père et d’une mère, il n’y a, à l’instar des ténèbres, pas le moindre faisceau de lumière.

Des preuves

Comment tirer toutes ces conclusions ? N’est-ce pas prononcièrement hautain et prétentieux ? Bien que mon modeste parcours ne me permet pas d’établir une vérité vraie sur ces Bon Chic Bon Genre, je pense pouvoir vous dresser une petite réalité. Je ne les dénigre pas, je suis juste profondément attristé par leur fermeture sur le monde voire l’ignorance de la grandeur de celui-ci.

Acte 1 – La religion

Attention, il s’agit d‘une satire, de ma vision, des pires choses que j’ai pu voir ici, certainement pas la réalité. Du moins, je l’espère.

Le premier jour de la semaine, le dimanche, une foule de fidèles vient mettre à jour son statut. Le choix de la chemise est important ce jour-là, aussi bien pour les enfants que pour le mari. Celui-ci est chargé de représenter la force de la famille, sa femme en est la vitrine et les six enfants… Certainement la volonté de Dieu : il m’en donnera autant qu’il en voudra.

Parlons peu, parlons messe : là encore, j’en connais un rayon. Le plus flagrant se situe chez les jeunes : pour briller, les parents iront gentiment « proposer » à leurs enfants d’intégrer l’Élite de l’Élite à l’Église. Pouvoir être un enfant de choeur, quel noble prestige.

Cette digne fonction est l’exemple parfait pour illustrer l’incompréhension des jeunes quand on choisit, à leur insu, d’adhérer à telle ou telle religion. Il y a comme une sorte d’hypocrisie totale dans l’assomption de cette robe blanche, tout ce que j’avais retenu à l’époque c’était de me positionner à un endroit précis, de faire une certaine ovation devant des marches et de ne pas faire de faux gestes durant la cérémonie. En somme : le culte de la forme, l’absence de fond et de réflexion.

Je résumerai chaque messe à une pièce de théâtre. Il s’agit de faire des mouvements, des procédures, dans un ordre bien précis sans trop savoir la raison tel un ordinateur exécutant un algorithme avec la naïveté que l’on connaît. Par exemple, au moment où la sainte personne au col roulé présente de la farine et du blé à la foule, chacun doit baisser sa tête. Je ne remets pas en cause la méditation profonde qui occure à ce moment-là dans les brillants cerveaux de la salle mais, on peut se questionner sur ce geste, surtout en étant jeune. Enfin il n’y a pas à discuter. Fais-le ou le bon plat de Maman nous passera sous le nez ! Voilà donc la motivation : ne pas rater un bon agneau des familles et le débat passionnant du dimanche midi.

L’apogée d’une telle responsabilité, à part le fait de se présenter, bien coiffé par maman, devant une foule, était certainement le droit ultime que chacun rêvait : avoir sa place au banc des prêtres. Vous penserez bien que seulement les plus âgés et les plus « matures » pouvaient y siéger. Comptez au moins sept ans d’ancienneté et un bagage conséquent en scoutisme.

Vous noterez l’égalité parfaite entre chaque individu de ce modèle de société d’un autre siècle. Par ailleurs, si vous vouliez avoir l’honneur de goûter à la vinasse du curé, il fallait participer activement à la cérémonie et proposer par exemple, d’accompagner les fidèles dans des chants d’une lugubrité sans nom. On comprend tout de suite l’avantage d’être protestant…

Arrivée à ce stade de la lecture, si vous êtes croyant, peut-être êtes-vous en train de vous insurger, auquel cas laissez un commentaire, je ne prétends pas prêcher la bonne parole. Mais, ayez au moins l’obligeance d’y réfléchir sérieusement et ainsi d’économiser de la lessive pour le bien-têtre du cerveau de vos enfants.

Je finirai par cette citation d’un ami d’enfance d’une famille assez croyante quand je lui ai demandé d’où venait sa foi : « Moi aussi je m’ennuie pendant les messes, mais j’ai pas le choix alors j’essaye de m’y mettre. » Et au fur et à mesure on se trouve des raisons pour continuer et perdurer une tradition au fil des millénaires. On pourrait presque en être ému.

Notez bien que presque toutes les religions ont, à l’instar de la chrétienté, un réel désir de ne jamais abaisser les femmes, d’être ouvert, à l’écoute et surtout de respecter le grimoire en n’interprétant jamais à sa convenance les dires d’une poignée de scribes.

Acte 2 – L’appronfondissement

J’ai eu l’occasion durant ma scolarité de découvrir la beauté d’une naïveté et d’une hypocrisie sans pareil. Voici les méandres d’un lycée privée où se mêle corruption et abus de pouvoir. Malheureusement, je n’avais pas la chance de voir ce qui se passait en journée, étant donné que j’y siégeais seulement pour l’internat. Cela ne m’a pas empêché de découvrir un système et une ambiance aussi drôle que triste.

porte accueil

Je ne compte pas ici faire un blâme de cet établissement, je vais plutôt m’en servir d’illustration pour montrer les résultats d’une lessive ô combien performante orchestré par la bonne famille.

Il y a cependant comme un paradoxe, une lueur d’espoir, une mèche brune dans une chevelure blonde (appât à insurrection pour l’audimat), le sujet n’est pas tout à fait transformé. Une partie de son corps veut apparemment garder son libre-arbitre. On pourrait appeler ça de l’hypocrisie mais, à un stade très poussé tout de même.

La première chose à laquelle je pense ce sont les changements de comportement, voire d’idées, en présence, ou non, d’un adulte. C’est magnifique, hors-champ le jeune va vouloir être bien vu par ses copains et donc participer à des jeux comme le « caleçon » absolument immoral. Et d’un autre côté, devant les managers de leur cerveau, le sujet est transformé en un parfait choriste à la prestance d’or, au discours exemplaire et aux bonnes pensées bien appliquées.

Revenons sur ce jeu très philosophique. Quelques amis et moi étions les seuls à ne pas y participer et donc à ne pas en être victime. Celui-ci consiste à s’acharner à une dizaine sur une seule personne pour lui arracher son caleçon. Le but est de récupérer un bout de tissu pour pouvoir l’exposer fièrement à ses copains comme la défense d’un éléphant lâchement abattu après une chasse. Comme vous pouvez l’imaginer, il est arrivé un jour où ce n’est pas seulement le caleçon qui a été arraché…

Toute celle métaphore filée pour vous montrer l’absurdité de ces deux comportements, et de cette schizophrénie sans nom. Elle est cependant tout à fait logique et explicable. Ces gens-là étaient, tout comme moi, des enfants. Ils ont cependant reçu une éducation telle, que pour supporter leur double facies et faire le terrible effort de changer radicalement de comportement d’un moment à l’autre, un défouloir était indispensable.

Les parents sont heureux : leurs enfants sont im-pe-cables le dimanche matin ! C’est tout ce qui importe. Mais si seulement il n’y avait que les parents… Le personnel de l’école jouait le même rôle que les concepteurs des sujets, une sorte de corruption absolument paradoxale s’était installé. C’était passionnant, les pions et le directeur étaient ovationnés à chaque instant par les étudiants alors que ceux-ci les détestaient. De l’hypocrisie qu’ils acceptaient volontiers en échange d’une clémence un peu plus grande quand leurs prisonniers se voyaient confisqués leur portable lors de l’étude.

Gare à vous si vous aviez le malheur d’utiliser votre appareil durant la lune au lieu de le donner au surveillant avant le coucher du soleil. Vous remarquez l’éducation sans faille qui promeut au coeur du programme une autonomie sans pareil afin de responsabiliser ces jeunes enfants de 19 ans. J’aurais volontiers inviter Frank Herbert pour qu’il prononce directement sa célèbre citation : « La prohibition renforce toujours ce qu’elle interdit. ».

Si vous étiez-là, peut-être auriez-vous pu découvrir le vide dans le visage de chaque enfant en quête d’infos fraîches devant le poste de télévision. Tout le monde était d’accord pour critiquer l’actualité sur la première chaîne, même trop à gauche à leur goût. Bien-sûr, les surveillants ne s’empressaient jamais de donner leur avis avant d’éteindre la boîte à rêves. Ça ferait encore de la bonne pensée à bouffer pour ces jeunes cerveaux en quête de savoir.

Si vous êtes énervés en lisant ces lignes, vous qui êtes probablement au coeur de ce système, peut-être même parents, tout ce qui est dit ici est vrai, sachez-le. Peut-être pensez-vous que ça n’est pas aussi grave, ou que vous jugez ces propos sans gravité, mais pensez-vous que ce fonctionnement dans l’école de vos enfants, que vous entretenez d’ailleurs, est bon pour eux ? N’y a-t-il pas plus beau que le culte de la forme ?

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C’est ça que je dénonce ici. J’ai vu des gamins parfois très jeunes, en 6ème notamment, complètement lobotomisés. Si, c’est le mot, et il est parfaitement à l’échelle de ces enfants, de vos enfants. Ceux que vous emmener, parfois malgré leur très jeune âge, avoisinant les cinq ans, au front des manifestations contre ces mariages entre même sexe. Mariages qui, à l’opposé d’une union fait d’apparence et d’arrangement, promeuvent le fond et le coeur.

Bien-sûr, on souhaite toujours transmettre des valeurs à nos enfants, mais par pitié, pourquoi faire dire à vos oeuvres « Banane Taubira » ou encore « Dégage Hollande ». Alors qu’ils ne connaissent même pas la politique, encore moins le libéralisme et le consumérisme qui va avec ni la connotation de ces propos qui renvoient à de tristes périodes de notre Histoire qui ne font d’ailleurs aucun écho dans leur tête. Peut-être parce qu’en bon père de famille avez-vous prévenu votre fils que Mandela était un terroriste ? Quoi de plus beau pour votre enfant que l’héritage de votre douce pensée d’adulte juste et véritable ?

Si l’envie vous vient d’avoir un gamin libre de bonne pensée, n’oubliez pas qu’au coeur même du lieu de savoir et d’apprentissage de votre petit, certains ne peuvent pas s’empêcher de transmettre leur bonne parole. Tout n’est pas binaire dans ce monde, la nuance est là pour supprimer le candidement de chacun. Je vous en supplie, utilisez-là. Vous êtes intelligent, aussi « comprenez que vous n’avez pas encore compris, mais faites l’effort de comprendre quand même » (Albert Jacquard).

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Une bonne lessive pour ces fils d'élites

jeudi 12 décembre 2013 à 00:01
Une bonne lessive pour ces fils d'élites

Ah, le voilà, l’enfant fragile et innocent, influençable comme nous autres autrefois. Nous avons appris à nous civiliser, c’est-à-dire d’ôter notre égocentrisme puis notre égoïsme. Vient ensuite le moment de la bonne lessive pour en somme cloner le fils à l’image des parents.

Que c’est bon pour le bambin de s’épanouir dans un cadre où, pour chaque sujet, il le découvre, le déchiffre, oppose des arguments et tente de se faire une vision. Il réfléchit, il débat, il change d’avis encore et encore pour tenter d’établir une vérité. Il doit tout ceci à ses parents géniaux, qui ont su ne jamais l’embrigader dans leur bonne pensée. Je plaisante, c’est une blague.

Je veux bien-sûr parler de moi, je souhaite bien entendu discuter de tous ces enfants privés de réflexion, où aucune lueur d’espoir n’émane de ces boîtes. Évidemment, dans un vide abyssale creusé par la bonne pensée, certainement juste, d’un père et d’une mère, il n’y a, à l’instar des ténèbres, pas le moindre faisceau de lumière.

Des preuves

Comment tirer toutes ces conclusions ? N’est-ce pas prononcièrement hautain et prétentieux ? Bien que mon modeste parcours ne me permet pas d’établir une vérité vraie sur ces Bon Chic Bon Genre, je pense pouvoir vous dresser une petite réalité. Je ne les dénigre pas, je suis juste profondément attristé par leur fermeture sur le monde voire l’ignorance de la grandeur de celui-ci.

Acte 1 – La religion

Attention, il s’agit d‘une satire, de ma vision, des pires choses que j’ai pu voir ici, certainement pas la réalité. Du moins, je l’espère.

Le premier jour de la semaine, le dimanche, une foule de fidèles vient mettre à jour son statut. Le choix de la chemise est important ce jour-là, aussi bien pour les enfants que pour le mari. Celui-ci est chargé de représenter la force de la famille, sa femme en est la vitrine et les six enfants… Certainement la volonté de Dieu : il m’en donnera autant qu’il en voudra.

Parlons peu, parlons messe : là encore, j’en connais un rayon. Le plus flagrant se situe chez les jeunes : pour briller, les parents iront gentiment « proposer » à leurs enfants d’intégrer l’Élite de l’Élite à l’Église. Pouvoir être un enfant de choeur, quel noble prestige.

Cette digne fonction est l’exemple parfait pour illustrer l’incompréhension des jeunes quand on choisit, à leur insu, d’adhérer à telle ou telle religion. Il y a comme une sorte d’hypocrisie totale dans l’assomption de cette robe blanche, tout ce que j’avais retenu à l’époque c’était de me positionner à un endroit précis, de faire une certaine ovation devant des marches et de ne pas faire de faux gestes durant la cérémonie. En somme : le culte de la forme, l’absence de fond et de réflexion.

Je résumerai chaque messe à une pièce de théâtre. Il s’agit de faire des mouvements, des procédures, dans un ordre bien précis sans trop savoir la raison tel un ordinateur exécutant un algorithme avec la naïveté que l’on connaît. Par exemple, au moment où la sainte personne au col roulé présente de la farine et du blé à la foule, chacun doit baisser sa tête. Je ne remets pas en cause la méditation profonde qui occure à ce moment-là dans les brillants cerveaux de la salle mais, on peut se questionner sur ce geste, surtout en étant jeune. Enfin il n’y a pas à discuter. Fais-le ou le bon plat de Maman nous passera sous le nez ! Voilà donc la motivation : ne pas rater un bon agneau des familles et le débat passionnant du dimanche midi.

L’apogée d’une telle responsabilité, à part le fait de se présenter, bien coiffé par maman, devant une foule, était certainement le droit ultime que chacun rêvait : avoir sa place au banc des prêtres. Vous penserez bien que seulement les plus âgés et les plus « matures » pouvaient y siéger. Comptez au moins sept ans d’ancienneté et un bagage conséquent en scoutisme.

Vous noterez l’égalité parfaite entre chaque individu de ce modèle de société d’un autre siècle. Par ailleurs, si vous vouliez avoir l’honneur de goûter à la vinasse du curé, il fallait participer activement à la cérémonie et proposer par exemple, d’accompagner les fidèles dans des chants d’une lugubrité sans nom. On comprend tout de suite l’avantage d’être protestant…

Arrivée à ce stade de la lecture, si vous êtes croyant, peut-être êtes-vous en train de vous insurger, auquel cas laissez un commentaire, je ne prétends pas prêcher la bonne parole. Mais, ayez au moins l’obligeance d’y réfléchir sérieusement et ainsi d’économiser de la lessive pour le bien-têtre du cerveau de vos enfants.

Je finirai par cette citation d’un ami d’enfance d’une famille assez croyante quand je lui ai demandé d’où venait sa foi : « Moi aussi je m’ennuie pendant les messes, mais j’ai pas le choix alors j’essaye de m’y mettre. » Et au fur et à mesure on se trouve des raisons pour continuer et perdurer une tradition au fil des millénaires. On pourrait presque en être ému.

Notez bien que presque toutes les religions ont, à l’instar de la chrétienté, un réel désir de ne jamais abaisser les femmes, d’être ouvert, à l’écoute et surtout de respecter le grimoire en n’interprétant jamais à sa convenance les dires d’une poignée de scribes.

Acte 2 – L’appronfondissement

J’ai eu l’occasion durant ma scolarité de découvrir la beauté d’une naïveté et d’une hypocrisie sans pareil. Voici les méandres d’un lycée privée où se mêle corruption et abus de pouvoir. Malheureusement, je n’avais pas la chance de voir ce qui se passait en journée, étant donné que j’y siégeais seulement pour l’internat. Cela ne m’a pas empêché de découvrir un système et une ambiance aussi drôle que triste.

Une bonne lessive pour ces fils d'élites

Je ne compte pas ici faire un blâme de cet établissement, je vais plutôt m’en servir d’illustration pour montrer les résultats d’une lessive ô combien performante orchestré par la bonne famille.

Il y a cependant comme un paradoxe, une lueur d’espoir, une mèche brune dans une chevelure blonde (appât à insurrection pour l’audimat), le sujet n’est pas tout à fait transformé. Une partie de son corps veut apparemment garder son libre-arbitre. On pourrait appeler ça de l’hypocrisie mais, à un stade très poussé tout de même.

La première chose à laquelle je pense ce sont les changements de comportement, voire d’idées, en présence, ou non, d’un adulte. C’est magnifique, hors-champ le jeune va vouloir être bien vu par ses copains et donc participer à des jeux comme le « caleçon » absolument immoral. Et d’un autre côté, devant les managers de leur cerveau, le sujet est transformé en un parfait choriste à la prestance d’or, au discours exemplaire et aux bonnes pensées bien appliquées.

Revenons sur ce jeu très philosophique. Quelques amis et moi étions les seuls à ne pas y participer et donc à ne pas en être victime. Celui-ci consiste à s’acharner à une dizaine sur une seule personne pour lui arracher son caleçon. Le but est de récupérer un bout de tissu pour pouvoir l’exposer fièrement à ses copains comme la défense d’un éléphant lâchement abattu après une chasse. Comme vous pouvez l’imaginer, il est arrivé un jour où ce n’est pas seulement le caleçon qui a été arraché…

Toute celle métaphore filée pour vous montrer l’absurdité de ces deux comportements, et de cette schizophrénie sans nom. Elle est cependant tout à fait logique et explicable. Ces gens-là étaient, tout comme moi, des enfants. Ils ont cependant reçu une éducation telle, que pour supporter leur double facies et faire le terrible effort de changer radicalement de comportement d’un moment à l’autre, un défouloir était indispensable.

Les parents sont heureux : leurs enfants sont im-pe-cables le dimanche matin ! C’est tout ce qui importe. Mais si seulement il n’y avait que les parents… Le personnel de l’école jouait le même rôle que les concepteurs des sujets, une sorte de corruption absolument paradoxale s’était installé. C’était passionnant, les pions et le directeur étaient ovationnés à chaque instant par les étudiants alors que ceux-ci les détestaient. De l’hypocrisie qu’ils acceptaient volontiers en échange d’une clémence un peu plus grande quand leurs prisonniers se voyaient confisqués leur portable lors de l’étude.

Gare à vous si vous aviez le malheur d’utiliser votre appareil durant la lune au lieu de le donner au surveillant avant le coucher du soleil. Vous remarquez l’éducation sans faille qui promeut au coeur du programme une autonomie sans pareil afin de responsabiliser ces jeunes enfants de 19 ans. J’aurais volontiers inviter Frank Herbert pour qu’il prononce directement sa célèbre citation : « La prohibition renforce toujours ce qu’elle interdit. ».

Si vous étiez-là, peut-être auriez-vous pu découvrir le vide dans le visage de chaque enfant en quête d’infos fraîches devant le poste de télévision. Tout le monde était d’accord pour critiquer l’actualité sur la première chaîne, même trop à gauche à leur goût. Bien-sûr, les surveillants ne s’empressaient jamais de donner leur avis avant d’éteindre la boîte à rêves. Ça ferait encore de la bonne pensée à bouffer pour ces jeunes cerveaux en quête de savoir.

Si vous êtes énervés en lisant ces lignes, vous qui êtes probablement au coeur de ce système, peut-être même parents, tout ce qui est dit ici est vrai, sachez-le. Peut-être pensez-vous que ça n’est pas aussi grave, ou que vous jugez ces propos sans gravité, mais pensez-vous que ce fonctionnement dans l’école de vos enfants, que vous entretenez d’ailleurs, est bon pour eux ? N’y a-t-il pas plus beau que le culte de la forme ?

Une bonne lessive pour ces fils d'élites

C’est ça que je dénonce ici. J’ai vu des gamins parfois très jeunes, en 6ème notamment, complètement lobotomisés. Si, c’est le mot, et il est parfaitement à l’échelle de ces enfants, de vos enfants. Ceux que vous emmener, parfois malgré leur très jeune âge, avoisinant les cinq ans, au front des manifestations contre ces mariages entre même sexe. Mariages qui, à l’opposé d’une union fait d’apparence et d’arrangement, promeuvent le fond et le coeur.

Bien-sûr, on souhaite toujours transmettre des valeurs à nos enfants, mais par pitié, pourquoi faire dire à vos oeuvres « Banane Taubira » ou encore « Dégage Hollande ». Alors qu’ils ne connaissent même pas la politique, encore moins le libéralisme et le consumérisme qui va avec ni la connotation de ces propos qui renvoient à de tristes périodes de notre Histoire qui ne font d’ailleurs aucun écho dans leur tête. Peut-être parce qu’en bon père de famille avez-vous prévenu votre fils que Mandela était un terroriste ? Quoi de plus beau pour votre enfant que l’héritage de votre douce pensée d’adulte juste et véritable ?

Si l’envie vous vient d’avoir un gamin libre de bonne pensée, n’oubliez pas qu’au coeur même du lieu de savoir et d’apprentissage de votre petit, certains ne peuvent pas s’empêcher de transmettre leur bonne parole. Tout n’est pas binaire dans ce monde, la nuance est là pour supprimer le candidement de chacun. Je vous en supplie, utilisez-là. Vous êtes intelligent, aussi « comprenez que vous n’avez pas encore compris, mais faites l’effort de comprendre quand même » (Albert Jacquard).