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Le blog de Mitsu

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J’ai perdu confiance

mercredi 19 novembre 2014 à 19:21

Ma curiosité est mon plus gros défaut. Ma soif de savoirs est ma malédiction. Ma recherche de moyens à rendre le monde meilleur m’expose ses faiblesses et me révèlent les catastrophes à venir, tel un trailer de mauvais film d’horreur au goût de navet. Nous vivons dans un mélange, dans une soupe qui tantôt vous amènent à l’optimisme, tantôt à une sévère misanthropie. Je ressens à la fois de la fierté et de la honte dans mes actions, un double sentiment de vanité et d’auto-flagellation productive. Je tiens à vous assurer que je ne suis pas sous les effets d’une drogue, si ce n’est ceux du tourment intellectuel mêlés aux plaisirs artificiels du chocolat.

Nous vivons avec nos valeurs. Chacun·e d’entre nous a sa propre morale, sa propre éthique, ses propres opinions, ses propres combats prioritaires. Moi et nombre de mes lecteurs habituels attachent par exemple une grande importance au partage de la culture et au respect de la vie privée, ce qui fait que nous pouvons nous rallier pour dénoncer les effets de dispositifs législatifs tels que la Hadopi ou la LOPPSI. Nous étions ignorés, voire raillés, traités de conspirationnistes paranoïaques. Pourquoi de tels sujets n’ont pas fait plus réagir ? Parce que leur futilité était avérée et connue ? Parce qu’il y avait « des sujets plus importants »© ? Parce que nos détracteurs avaient un intérêt direct au status quo ?

Nous avions raison à souligner l’inutilité de la Hadopi, cette « pauvre » petite haute autorité administrative qui a même réussi à se mettre à dos les mafias de l’industrie culturelle qui ont été à son origine. Pourtant, l’heure du bilan n’a toujours pas sonné.

Nous avions raison à signaler que le blocage de sites par injection administrative aux FAI ne se limiterait pas à la pédopornographie: c’est désormais un dispositif applicable au terrorisme et aux jeux d’argent, avec quelques signes que ça allait s’étendre à des sujets tels que le sexisme, le racisme et l’homophobie. Nous avons beau affirmer haut et fort que s’opposer au blocage administratif ne signifie absolument pas que nous cautionnons les contenus visés, le « vous défendez les pédophiles / vous êtes avec les terroristes » est leur argument capital pour passer les lois en force. Le ver est si profondément dans la pomme démocratique que le blocage des sites « terroristes » ne se verra pas même constitutionnellement vérifié par le Conseil Constitutionnel, à croire que le faux droit constitutionnel à la sécurité balaye tous les autres droits.

J’en viens à affirmer ici-même que Mitsu est un algorithme capable de pseudo-conscience tel un Marlowe survitaminé, juste pour éviter la peine à une hypothétique Police de la Pensée de rechercher une personne demain, dans 10 ans ou dans 100 ans, pour des propos et des pensées tenus en 2014 et avant. Sur l’internet rien ne s’oublie, et cela est à la fois le plus grand allié du peuple et son plus grand ennemi.

Je n’ai plus confiance en la communication

La communication, historiquement, a toujours accompagné le développement économique et intellectuel de la population. L’internet ne fait pas exception à cette règle, et tous les jours je suis en admiration devant les acquis de l’internet, et du potentiel qui se révèle à moi petit à petit. Mais comme dans toute révolution, il y a les révolutionnaires, et les conservateurs. Dans la communication, je relève que certains exploitent la révolution à des fins lucratives (Google, Facebook,..), et d’autres à des fins sécuritaires (NSA,…). Or si la NSA est capable de tout collecter, partout, tout le temps, sans forcément avoir un but dans cette collecte, c’est bien parce que les acteurs du but lucratif sont devenus des géants incontournables, sur lesquels la NSA peut mettre ses crocs.

Peut-on seulement fuir ces géants, peut-on s’exclure de la collecte massive de la NSA ? La réponse est non: on ne peut que réduire, décentraliser, diluer. Par exemple, DuckDuckGo et StartPage/Ixquick se servent respectivement des moteurs de Bing (Microsoft) et Google, tous deux bien « NSAisés ». Surfer sur le web sans la MOINDRE dépendance avec Google relève du parcours du combattant. J’ai perdu confiance. Je me sais sous enregistrement, je me sais sous surveillance, je me sais oiseau dans une cage dorée.

Je pourrais utiliser exclusivement Freenet, pourtant je continue à utiliser le web et -folie suprême- je m’exprime sur ce blog.

Je n’ai plus confiance en la république et ses élus

Je n’ai de mots assez durs envers la république et ses représentants. Je vomis littéralement sur l’argument du « moins pire système politique », car il excuse les dérives de ce système romain. Peu importe sa « couleur politique », peu importe ses idées, le président de la république française est un monarque suprême aux pouvoirs colossaux, inaugurés par un militaire suite à un coup d’état, et perverti par ses successeurs -tous masculins. Quelle folie touche les français, à chaque fois que 10% d’entre eux font arriver au pouvoir un énergumène spécialiste de la vocalise et expert en rien ? Quelle mouche pique les français pour qu’ils en viennent à idolâtrer un présidieu, actuel ou passé ? Par les effets de quelle drogue les français considèrent t-ils normal de confier le pouvoir législatif à des copains aristocrates, ploutocrates et gérontocrates du présidieu ? Par quelle Télétubbinerie est-il correct d’insérer des textes dans la loi alors qu’elles sont votées par une dizaine de députés, quand l’Assemblée en compte 577 ?

Je pourrais participer à l’instauration d’un régime démocratique par sélection aléatoire, pourtant je continue à me cantonner à l’abstention.

Je n’ai plus confiance en l’économie

Keynes, tes théories sur la macro-économie ont été triturées, dérivées, manipulées et torsadées dans tous les sens jusqu’à l’absurde. Il est urgent de trouver un nouveau système économique, défavorisant l’accumulation de la richesse, tout en favorisant la préservation des ressources disponibles. Pour que le « profit pour le profit » ne signifie pas la ruine complète de l’humanité et de la vie sur Terre. Pour que les humains n’aient plus de travail, car cela est mon souhait. Je vous enfoncerais vos « ressources humaines » dans vos narines de Picsou, tiens. Je ne veux plus travailler pour travailler. Je ne veux plus travailler pour vivre. Je ne veux plus faire travailler pour vivre. Je veux juste vivre. Laissons le travail aux machines. Donnons tout le travail aux machines. Et vivons nos vies, comme tous les autres êtres vivants.

Je pourrais travailler sur les algorithmes robotiques qui prendront en charge tout le labeur humain et qui réguleront les humains, pourtant je n’ose affronter le regard des humains qui qualifieront mes travaux de « pur terrorisme à la Matrix »

Je n’ai plus confiance en les monnaies étatiques

..et c’est là peut-être mon opinion la plus simple dans sa conception et la plus redoutable dans ses effets. Qui dit échange économique dit échange de valeurs, de devises, de monnaies. C’est quelque chose que je pratiquais déjà très tôt, à une autre échelle: j’échangeais un Phanpy contre un Mimigal. Ce système de troc de Pokémon, institutionnalisé par Nintendo et son appareil maléfique (le câble Link, un truc tout con qui coûtait la peau du cul car propriétaire), initiait déjà nombre d’entre nous aux valeurs relatives des biens. Un Pokémon gagnait par exemple en « valeur » en fonction de sa rareté à l’état sauvage, de sa difficulté de capture, de son niveau natif et obtenu, de ses capacités, de son objet tenu, de son apparence rare (shiney) voire sa maladie (PokéRus). Fallait voir les négociations que ça donnait, on aurait dit Gazprom et le contrat de gaz pour l’Ukraine.

J’ai connu le passage à l’Euro, et bien que cette monnaie unique a grandement favorisé les échanges avec nos voisins européens et ailleurs dans le monde, j’entendais souvent que « tout devient plus cher depuis le passage à l’Euro ». Je faisais mes calculs et effectivement, avec le taux de 1 € = 6,56 Francs, les prix ont sensiblement augmenté. Encore maintenant j’entends des gens faire des conversions avec ce taux et conclure que « oh la la 120 Francs, vous vous rendez compte ! ». J’en conclus que de nombreux gens ne sont pas habitués au concept d’inflation, vous savez, ce truc qui fait que vous consommez plutôt qu’épargnez, et que les allemands ont raison de garder à un niveau limité. Car je vous assure qu’avec le Franc, le prix actuel d’une baguette de pain irait chercher dans les ~150 Francs. Vous pensez que j’abuse ? Je vous assure qu’on aurait déjà connu une hyperinflation en France, avec une potentielle ruine de toute l’économie. L’Euro a retardé cette échéance parce que les allemands ont la tête sur les épaules et qu’ils savent que trop bien ce qu’il en coûte de laisser une hyperinflation galopante tout balayer sur son passage jusqu’au point où être multi-milliardaire signifiait toucher le salaire moyen.

L’Etat a le contrôle sur la monnaie étatique à plusieurs niveaux, il peut ainsi « injecter » de la monnaie dans l’économie (concrètement ça signifie faire apparaître comme par magie des Euros disponibles à taux bas que les banques peuvent emprunter pas cher pour les re-prêter à des tiers) et il se finance sur l’impôt et les taxes, perçus dans cette même monnaie. Voilà le plan de Keynes avec « l’Etat-providence », financer l’économie grâce à l’investissement et la consommation. Or, quand on ne peut plus investir faute de croissance (et donc faute de taux d’intérêt intéressants), les salaires ne progressent pas, la population s’appauvrit et la consommation baisse, ce qui réduit les taxes et limite l’impôt, qui à son tour vient grever les finances publiques qui pourront moins investir etc etc etc. C’est une catastrophe en devenir en France, parce qu’il n’y a jamais eu autant de chômeurs (→ consommation en baisse), que la croissance est nulle (→pas de fonds à réinvestir), que cela force à emprunter à taux hauts (→augmentation de la dette publique), et que c’est une vraie poudrière. Qu’on se le dise: la dette publique de 120% du PIB des États-Unis d’Amérique ou celle de 260% du Japon n’empêchent absolument pas ces deux pays de fonctionner à peu près bien économiquement: tant qu’il y a de la musique, tout le monde danse.

Mais quand la musique s’arrêtera ? Ça se passera comme à Chypre en 2013: confiscation des dépôts bancaires des entreprises et particuliers. Pas les plus riches, déjà domiciliés sous les horizons suisses ou bahamiens. Cet événement a été l’électrochoc pour moi: Timo a parfaitement raison de strictement limiter son utilisation de comptes en banque. Car d’une perte de confiance en les monnaies étatiques découle une perte de confiance au système bancaire. Ma banque ne verra dans ses livres que les Euros que je dépenserai à court terme, toute mon épargne sera en Bitcoin ou autre chiffromonnaie, ou en métaux précieux (bijoux). Car j’ai confiance dans la précision mathématique des chiffromonnaies et la rareté des métaux précieux.

Je pourrais couper tous les ponts avec l’Euro dès maintenant, pourtant j’ai encore une MasterCard rattachée à un compte bancaire d’une banque qui fait 75% de son chiffre d’affaires au Luxembourg (officiellement).

Je n’ai plus confiance en moi-même

Sans arrêt, je fais des actions contraires à mon éthique.

Tout cela me pèse dernièrement. Tout cela me fait douter. Tout cela me ronge. Et je n’ai comme consolation que les catastrophes à venir m’impacteront bien moins que la majorité de mes congénères. Misanthrope, vous dis-je…

Mitsu, 19 novembre 2014

Sauvegarder ses données avec Déjà-Dup et OwnCloud Desktop

vendredi 10 octobre 2014 à 21:10

Perdre ses données est une tragédie terrible. Profils du navigateur avec tous les mots de passe enregistrés, client de messagerie avec tous ses emails, agenda, calendrier, photos de vacances, films de famille, documents pour le travail, documents administratifs, scripts et projets de développement, accès et clés SSH, …   toutes ces données n’ont qu’une faible valeur commerciale, mais ont une énorme valeur sentimentale. Ce sont des souvenirs, des heures de boulot, des fichiers uniques qui n’existent nulle part ailleurs.

Une statistique revient souvent: 50% des entreprises qui perdent leurs données font faillite dans l’année. Vous aussi vous pouvez tomber en faillite en cas de perte de vos données. Mais surtout: la perte de données fait mal, terriblement mal, et fait tomber dans la dépression.

Par « chance », ma seule perte irrécupérable de données est survenue quand j’avais 12-13 ans, une mort électronique de disque dur. J’avais pas grand chose, mais malgré tout. L’événement a été si traumatisant que j’ai fait le serment de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour sauvegarder mes données pour répondre à TOUT risque. Désormais, mes données les plus importantes sont chiffrées sur un SSD, en double cold backup sur disques durs, en NAS Freebox, en cloud sur 2 services et en stockage décentralisé. Je crois ne pas me tromper en disant que ces données résisteront à la destruction d’un continent entier (et oh que j’aimerais un cold backup sur sonde spatiale).

Mais il s’agit là de mesures radicales, amplement compliquées à base de scripts, volumes LUKS et insertions Freenet. Aujourd’hui je vous propose un tuto sur la création de sauvegardes régulières, chiffrées et externalisées, à moindre coût.

Que fait Déjà-Dup ? Comment fonctionne Owncloud desktop client ?

Quels risques, quelles solutions ?

Pour tout type de sauvegarde, il est important d’identifier les risques qui seront couverts, ainsi que les modalités de restauration. N’hésitez pas à vous faire un « plan d’action » si vos procédures sont compliquées et risquent d’être bâclées en cas de stress intense. Les risques à couvrir:

Ces risques imposent que vos données soient accessibles indépendamment de votre domicile, via n’importe quelle connexion internet (qui est un réseau public) mais avec la garantie que vos données restent privées. Nombre de services de cloud vantent leur efficacité pour contrer ces risques, mais en créant un nouveau risque: la confidentialité des données. Vous ne pouvez pas faire confiance aux CGU. Il vous faut la garantie technique que ces services de cloud ne peuvent pas exploiter vos données.

C’est là qu’entre en jeu Duplicity: cet outil est capable de faire des sauvegardes incrémentielles, compressées, et chiffrées. Le chiffrement avec GNU Privacy Guard, outil libre pour le chiffrement OpenPGP. Pour peu que votre mot de passe est solide, aucun prestataire de cloud ne pourra fouiner dans vos données. Tout ce qu’ils verront chez eux c’est des purées cryptographiques de 50 Mo par fichier. Parfait !

Enfin: ne jamais mettre tous les œufs dans le même panier. Ayez toujours 2 services de cloud dans votre manche, pour avoir une sauvegarde dans le cloud en permanence.

Les ingrédients

Création de la sauvegarde

Fichiers importants !

Fichiers importants !

Lançons Déjà-Dup.

Simple, clair, pratique.

Simple, clair, pratique.

Allez dans "dossiers à sauvegarder", et cliquez sur "Ajouter"

Allez dans « dossiers à sauvegarder », et cliquez sur « Ajouter »

Naviguez jusqu'au dossier, et cliquez sur "Ajouter"

Naviguez jusqu’au dossier, et cliquez sur « Ajouter »

Allez ensuite à "Dossiers à ignorer".

Allez ensuite à « Dossiers à ignorer ».

Choisissez le dossier à ignorer, et cliquez sur "Ajouter". Pas besoin des films.

Choisissez le dossier à ignorer, et cliquez sur « Ajouter ». Pas besoin des films.

Allez à "Emplacement de stockage", mettez "dossier local", et sélectionner un dossier de destination  (NB: mauvais exemple, ne pas utiliser le Bureau)

Allez à « Emplacement de stockage », mettez « dossier local », et sélectionner un dossier de destination (NB: mauvais exemple, ne pas utiliser le Bureau)

Si vous voulez une copie sur un NAS (ici: Freebox), mettez partage Windows ou FTP :)

Si vous voulez une copie sur un NAS (ici: Freebox), mettez partage Windows ou FTP :)

Dans "Planification", sélectionner sauvegarde chaque semaine et historique de 1 an. Devrait suffire. Activer la planification avec le bouton en haut à droite.

Dans « Planification », sélectionner sauvegarde chaque semaine et historique de 1 an. Devrait suffire. Activer la planification avec le bouton en haut à droite.

Revenez dans la vue d'ensemble, et lancez la sauvegarde !

Revenez dans la vue d’ensemble, et lancez la sauvegarde !

Définissez le mot de passe, pour que la sauvegarde soit chiffrée !

Définissez le mot de passe, pour que la sauvegarde soit chiffrée !

Patienter. Ça peut prendre du temps.

Patienter. Ça peut prendre du temps.

Et voilà, les fichiers de la sauvegarde !

Et voilà, les fichiers de la sauvegarde !

À présent, nous avons les fichiers. Ce que je vous conseille vivement à ce stade, c’est de tester une restauration. Tous les mois, faites un exercice de restauration. Cliquez sur « Restaurer », choisissez le dossier contenant les fichiers de la sauvegarde, sélectionnez la date de la sauvegarde à restaurer, sélectionnez un dossier vers lequel extraire la sauvegarde, et vérifiez si ça c’est passé correctement. Vous devriez retrouver vos données telles qu’elles étaient à la date sélectionnée.

Sachez également utiliser duplicity, si vous n’avez pas accès à Déjà-Dup par exemple sur un serveur. La commande pour restaurer à la dernière sauvegarde:

duplicity file:///chemin/vers/le/dossier/de/sauvegarde /chemin/vers/le/dossier/de/destination

Les fichiers de la sauvegarde, vous pouvez maintenant les disséminer sur des disques durs, FTP, clouds, etc. C’est là qu’entre en jeu l’OwnCloud desktop client.

Synchroniser le dossier de sauvegarde avec un dossier distant sur ownCloud

Au premier lancement, le client ownCloud va vous demander l'adresse du serveur

Au premier lancement, le client ownCloud va vous demander l’adresse du serveur

Entrez ensuite vos identifiants

Entrez ensuite vos identifiants

Enfin, laissez-le faire une première synchro avec vos dossiers

Enfin, laissez-le faire une première synchro avec vos dossiers

Cliquez ensuite sur "Ajouter un dossier"

Cliquez ensuite sur « Ajouter un dossier »

Sélectionnez le dossier local contenant votre sauvegarde

Sélectionnez le dossier local contenant votre sauvegarde

Cliquez sur "Ajouter le dossier" en haut (mauvaise traduction), pour créer un dossier distant qu'on appelle "sauvegarde"

Cliquez sur « Ajouter le dossier » en haut (mauvaise traduction), pour créer un dossier distant qu’on appelle « sauvegarde ». Cliquez sur « Ajouter le dossier » en bas pour confirmer la sélection

Laissez-le synchroniser votre dossier de sauvegarde local vers ownCloud. Ça peut prendre plusieurs heures avec une connexion ADSL ^^

Laissez-le synchroniser votre dossier de sauvegarde local vers ownCloud. Ça peut prendre plusieurs heures avec une connexion ADSL ^^

Enfin, confirmez la présence de votre sauvegarde avec l’interface web du service ownCloud !

Parfait !

Parfait !

Récapitulatif

Sauvegardez bien ! :)

Votre corps vous appartient-il ?

mercredi 3 septembre 2014 à 12:24

Parfois, au détour d’un fait divers, France Info se trouve un invité pour en parler à l’antenne et qui soulève d’intéressantes questions. S’il y a une question qui me travaille depuis, c’est celle de la propriété de votre corps et de ses produits.

Le corps: propriété versus disponibilité

Généralement on utilise la sémantique de la disponibilité: « vous disposez de votre propre corps ». Cette forme sous-entend que votre corps est mis à votre disposition, qu’il vous est en quelque sorte prêté, mais qu’il reste la propriété de quelqu’un ou de quelque chose d’autre. On peut plus facilement comprendre en observant à travers le prisme de la religion: LE ou UN dieu, dans son infinie bienveillance, a accordé le droit à vos parents de vous mettre au monde, vous constituant à son image et dont votre âme sera jugée pour aller au paradis ou en enfer une fois que vous serez séparé de votre corps (= mort). Seule l’âme est votre, en fait l’âme c’est vous, le corps, lui, n’accède pas au paradis ou à l’enfer. On retrouve ce dicton: « de poussière ton corps redeviendra poussière ». La religion se donnant comme mission d’expliquer l’inexplicable (genre la raison de notre existence), le rapport au corps n’est pas individuel mais collectif et organisé par un/des être·s suprême·s. S’il fallait trouver une raison à cela, je dirais que les dieux sont des trolls qui aiment s’occuper de leurs « oasis de vie perdues dans l’un des univers immenses » comme un enfant aime observer une fourmilière. Mais comme je considère la religion comme une invention humaine (un trait qu’homo sapiens a en commun avec homo neanderthalensis comme on a pu le démontrer récemment)…

Il est cependant impossible de totalement dissocier l’esprit législatif français des siècles de catholicisme et ses bases issues du droit romain notamment au sujet de la famille. Or en droit romain un individu d’une famille n’a que peu d’indépendance vis-à-vis du sommet pyramidal, le pater familias (père de famille). L’organisation politique romaine était assez proche d’une gérontocratie, et dont on trouve les vestiges dans l’institution républicaine directement inspirée de cette époque: le Sénat. Selon les chiffres fournis par le Sénat français lui-même, la moyenne d’age est de 65 ans, la tranche 61-70 ans approchant de 50% des effectifs. Si cela ne laisse pas présager d’initiatives novatrices dans la législation française (si déjà à l’Assemblée Nationale c’est pas brillant), .. bah c’est pas près de changer. Je m’égare ? Je m’égare. En résumé, la loi française décrit que votre corps ne vous appartient pas, qu’il vous est juste mis à disposition par.. la Société. Non vous n’êtes pas propriété de l’Etat, c’est plus.. capillotracté que cela. La Société est une sorte de personne morale dont l’objet est conditionnée par la loi, loi censée exprimer la morale de cette Société. « Censée » parce qu’on observe un poids supérieur des lobbies d’intérêt privé face à l’intérêt général, par exemple Hadopi. Ça ne saurait être vrai que dans une vraie démocratie directe, comme vous savez.

Vous n’êtes pas libre de votre corps

On définit généralement la liberté par le pouvoir non restreint par l’interdit, son étendue s’arrêtant là où commence celle d’autrui. Votre liberté de disposer de votre corps est donc limitée par ce qui est interdit d’en faire et votre liberté s’arrête là où commence celle de la Société. Et si vous fautez gravement, la Société a le droit de confiner votre corps (prison), et, dans les cas extrêmes, de reprendre disposition de votre corps (un autre point de vue c’est celui de vous « ôter la vie » -d’un corps qui vous appartient pas-, les techniciens habilités à cet acte étant généralement les groupements d’intervention de la police ou gendarmerie ainsi que l’armée).

J’aimerais pouvoir confirmer le slogan « mon corps m’appartient », or en réalité vous ne faites qu’en disposer, selon les modalités définies par la Société via la loi. Par exemple la loi stipule qu’une femme ne peut disposer de son propre utérus pour réaliser la gestation pour de tierces personnes (c’est le point central de la Gestation Pour Autrui). Similairement, il vous est interdit de mettre en vente vos organes, votre sang, même vos cheveux. Cela ne peut être qu’un don (par exemple faire don d’un rein).

Bien sûr cela ne veut pas dire qu’il est interdit de monétiser le fruit de votre corps, mais cela est strictement encadré par la loi. Exemples: le résultat de vos opérations neuronales (travail intellectuel), le résultat de vos contractions musculaires (travail physique). La loi a un gros texte à ce sujet: le Code du Travail, dont l’essentiel est au sujet de la disponibilité des produits de votre corps envers un tiers, qu’est l’entreprise. Va t-on aborder la question de la prostitution ? Puisqu’on dispose de son corps et que la loi fixe des conditions précises, on peut tout à fait se prostituer, qui relève alors d’un travail physique. Mais si la Société et la loi disent que c’est « dégradant », « immoral », que « le sexe c’est que dans les couples mariés » ou peu importe les arguments, vous ne pouvez rien faire. Votre corps vous appartient pas.

Résiliation de la disposition de son corps

Vous pensez tout de suite que j’ai voulu dire « suicide » au lieu de ce sous-titre pompeux, mais je veux un cadre plus général pour prendre en compte d’autres aspects. Mais commençons par le suicide.

La loi française actuelle n’interdit pas le suicide. Ou plutôt, elle ne l’interdit plus depuis 1810. Ce que ça veut dire implicitement c’est que la loi et la Société vous donnent le droit de résilier la disposition de votre corps, si cependant c’est avec préavis, la loi et la Société tâcheront de vous garder dans leur base clients de vous faire changer d’avis. Mais puisque votre corps ne vous appartient pas, votre corps peut être amené à être hospitalisé d’office, sans votre consentement (évidemment) et sur décision du préfet, entité étatique souveraine à l’échelle locale appliquant l’expression de la morale de la société qu’est la loi. Oui c’est bien ficelé. Si un maire a pas envie de marier deux personnes ou d’ouvrir l’école le mercredi, le préfet peut (et va) l’y forcer, sanctions à la clé. L’hospitalisation d’office est un pouvoir immense quand on y pense: le préfet a le pouvoir de vous déclarer mentalement handicapé et vous ôter aussi sec toutes vos libertés. On notera avec intérêt que l’envie de suicide est considéré comme un trouble mental destiné à être soigné par hospitalisation, au moyen si nécessaire de médicaments psychotropes.

Si j’ai choisi ce sous-titre, c’est pour prendre en compte cette situation: vous êtes dans un état de coma profond, votre encéphalogramme est plat (= plus d’activité neuronale), tous les stimuli sont sans effet (eau dans les oreilles, mouvements oculaires, pression sur les ongles, …) le fonctionnement de vos organes vitaux (cœur, poumons, reins…) est entièrement assuré par des machines, votre état n’a pas évolué au fil des mois, vous n’avez évidemment plus la possibilité de vous exprimer car vous êtes en état de mort cérébrale, votre corps n’étant plus qu’une « coquille vide ». Vous n’avez plus la faculté de vous suicider, vous dépendez donc d’un tiers pour résilier la disposition de votre corps. Autant on ne fait pas trop de chichis pour abattre un terroriste, mais pour l’euthanasie… La Société ne peut seule vous retirer la disposition de votre corps, sans le consentement de votre.. famille. On retrouve un peu de droit romain là non ? :)  En l’état actuel de la science, je suis d’avis que l’euthanasie sans avis de la famille doit être applicable, à effet immédiat en cas de mort cérébrale si spécifié dans le testament, à l’issue d’un délai défini à défaut, après quoi je proposerais une cryogénisation en vue d’une possible réanimation dans un futur plus ou moins lointain, si on trouve comment réactiver le flux neuronal. Sauf avis contraire de la personne, de son vivant.

L’individu, la Société ou la Robotique ?

La question de la disposition du corps a réveillé une profonde réflexion me concernant. Je suis fondamentalement en faveur des libertés individuelles, ces libertés s’étendant à la propriété de son propre corps. Ça m’est relativement facile vu que je ne crois pas aux divinités et que je considère la Société comme étant illusoire, avec une parole législative biaisée en faveur des nantis. Mais dans la meilleure situation, quel serait le lien entre la loi, l’humanité et chaque individu ? La loi actuelle est déjà un tel empilement d’interdits et de conditions que l’on doit faire appel à des experts (les avocats) pour défendre ses intérêts. D’un autre côté, l’absence de loi nécessiterait que les humains s’auto-régulent pour équilibrer leurs rapports, ce qui me semble pas possible actuellement. Et si tout est robotisé dans le futur, comme je l’espère ? Considérons les lois de la robotique selon Asimov:

À partir de la, pourrait-on définir une « super-loi » concernant les humains, qui stipulerait: « il est interdit de faire ce qu’un robot ne pourrait faire selon les lois de la robotique » ?

J’hésite sur le modèle de cette société. Chaque humain serait propriétaire de son corps ? Ou chaque corps serait propriété de la Robotique dont incomberait la régulation de l’humanité et toutes les autres espèces vivantes sur Terre ? Qui des humains ou des robots serait subordonné à l’autre ? Faut-il une subordination ?

Vu qu’on touche là au plus intime de nos sociétés, j’ai pas fini de me faire des nœuds dans le cerveau…

Prolifération d’idées

lundi 7 juillet 2014 à 01:26

Je sais pas si vous avez aussi des périodes comme ça, où tout d’un coup « pouf » plein d’idées et projets vous viennent à l’esprit, et puis vous courrez derrière pour essayer d’en concrétiser. Par contre ça peut être gênant quand on a des priorités sensiblement moins fun, un peu comme moi ces derniers mois. Un peu un mix entre Mark Karpelès et James Climent, bien sûr en nettement moins grave et sombre à long terme, mais moi j’ai pas de chat à cajoler contrairement à eux. de toute manière je veux pas de chat

Tiens en parlant de chat: merci à vous tous qui m’avez témoigné votre sympathie à diverses occasions, ça met vraiment du baume au cœur et ça me motive à aller de l’avant, à surmonter mes difficultés pour continuer à collaborer à un internet meilleur à un monde meilleur, par petits bouts, assemblés au fur et à mesure :)

Parmi ces projets en cours, je peux citer rss-bridge de Seb auquel j’ai écoulé une bonne partie des pull requests tout en apportant certaines améliorations front-end et opératives, ainsi qu’une flopée de bridges. Ces 2 dernières semaines j’ai pas vraiment pu continuer à coder mais je suis d’avis qu’après quelques optimisations et ajouts avec l’aide de la communauté, on pourrait l’estampiller « 0.2 beta » :) « Reconnecting the web », que je sous-titrais rss-bridge. Ce projet m’est tellement utile au quotidien, je ne pourrais plus m’en passer (sauf alternative meilleure). Un entonnoir qui verse dans mon lecteur RSS toutes les bonnes choses de Arte, Numerama, Coindesk, Flickr, Nextimpact, The Pirate Bay, ..

The Pirate Bay… avouez que c’est tout de même fortiche, comment ce site parvient à tenir contre vents et marées. Bien que j’apprécie guère sa sur-centralisation et sa tendance à placer des bannières de pubs dont j’ai du nettoyer les conséquences (PUP) sur plus d’un ordinateur, à la plus grande joie du compteur de téléchargement d’Ablock Plus. Réduire la dépendance financière aux pubs de TPB en faisant des dons en Bitcoin/Litecoin, ça va. N’en reste que la souris se terre dans un trou mais le chat censureur de DNS l’attend à la sortie. Si The Pirate Bay est un symbole du partage de culture entre individus, alors il est du devoir des combattants de l’internet à protéger TPB en le sauvegardant. Ah ça me refait penser à LiVID/Magnetik/Magnesia/Magnyaa..  oui donc non des proxy pour TPB il en existe une chiée, il s’agit bel et bien de pérenniser le contenu de TPB au cas où domaines / serveurs seraient saisis.. ou si l’inconnue équipe jette l’éponge. Peut-être un jour je referais un projet de fou, dupliquant TOUS les torrents de TPB et stockant les métadonnées (magnet btih, noms, commentaires, ..). Ou un truc plus « bête » utilisant seulement le btih, reliée à une instance Aria2 capable de récupérer les métadonnées dans la DHT. Food for mind.

Sauvegarder, protéger, diffuser.. il y a une poignée de projets là dessus, à des stades d’avancement variables. Ah oui tiens, toujours rien pour l’Autoblog Project, rejeton musclé du Projet Autoblog 0.3…  mon cerveau me hurle « mais sers-toi du output JSON de rss-bridge !! ».

Au passage à l’occasion de la promo « .eu à 1€80″ en ce moment chez Gandi, j’ai reg un nouveau nom de domaine, auquel j’ai assigné mon pti serveur épaulé d’un certificat wildcard de chez CaCert. J’ai une vague idée de ce que je vais en faire, c’est sur les modalités pratiques que je vais devoir cogiter. Gnéhéhé.

Et autrement… ah. Idée comme ça: un émulateur de serveur MySQL / PostgreSQL, en PHP. L’intérêt: de nombreux petits logiciels utilisent MySQL ou PostgreSQL comme SGBD alors que SQLite suffirait amplement. L’idée de cet émulateur serait donc de se faire passer pour un de ces SGBD mais adaptant les requêtes pour utiliser SQLite à la place. Un SQLite très récent: les améliorations avec la dernière en date sont notables. Et de manière générale si c’est lent avec SQLite, c’est peut-être la requête qui est pas bonne (exemple tout simple: SELECT * from base WHERE (conditions), mais dont on oublie d’ajouter à la fin LIMIT 1  si on veut sélectionner qu’une seule entrée).

Bref. Reposons ces neurones qui carburent.

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Bitcoin, Mt. Gox, et moi

vendredi 28 février 2014 à 17:49

Ah mes amis, quelle histoire :)

Comme vous le savez sans doute, le plus gros marché de change du Bitcoin, Mt. Gox, défraye la chronique depuis ces derniers temps suite à des problèmes de transferts non réussis, et la découverte d’un « gros trou » dans leurs livres de comptes. Alors que les rumeurs et spéculations vont bon train sur une restructuration de dette ou mise en faillite de l’entreprise, je vais revenir au sujet du Bitcoin, de Mt. Gox, et puis « moi là dedans » :)

Le Bitcoin, cette monnaie électronique qui monte, qui monte…

Petit bijou combinant l’économie à la cryptographie, le Bitcoin connaît encore actuellement une très haute volatilité dans son rapport de change avec d’autres monnaies, notamment le Dollar américain. Il est cependant intéressant de voir que la volatilité de sa valeur est bien plus faible, en comparant son rapport de change avec d’autres monnaies électroniques: le Bitcoin monte et entraîne Litecoin, Dogecoin, Darkcoin, Namecoin, etc dans son sillage, et à l’inverse, le Bitcoin baisse et pousse les autres « cryptocoins » avec lui. Dans l’ensemble leurs rapports sont relativement stables, avec par exemple le Litecoin qui conserve une valeur relative d’environ 2 à 3% de celle du Bitcoin.

La grande majorité des cryptocoins utilisent les mêmes fondamentaux que le Bitcoin, reposant ainsi sur le principe de la transparence totale des transactions et leur validation par calcul distribué. Un système « 0 confiance » qui nécessiterait, pour le détourner, une puissance de calcul phénoménale de 30 000 tera-hash par seconde (soit, au bas mot, 30 millions de cartes graphiques haut de gamme carburant à fond). Les cryptocoins ont un potentiel énorme, puisque P2P aidant il permet un échange monétaire très rapide et sans frais dans le monde entier, sans autorité centrale. Oui, les États et banques ont tout intérêt à mettre des bâtons dans les roues pour décrédibiliser les cryptocoins aux yeux du public, car elles perdraient le contrôle monétaire sur leur population. Bien pire que si le troc était généralisé. Est-ce une bonne ou mauvaise chose ? Je trouve cela très démocratique, le pouvoir monétaire étant entre les mains de la population, et non aux mains de banques centrales et dettes publiques. Rares sont les commerces avec une compta entièrement en Bitcoin (au lieu de juste accepter le Bitcoin pour l’échanger en Dollar sur le champ), et encore plus rares sont les gens touchant leur salaire en Bitcoin (il était question d’Automattic, éditeur de WordPress, qui permettait à ses salariés de toucher tout ou partie de leur salaire en Bitcoin s’ils le souhaitaient). Mais la révolution est lancée, elle est impossible à stopper, et un mouvement de masse a lieu où des « trois fois riens » comme moi sont initiés à l’inflation, déflation, analyse technique de marché et théories des échanges économiques. Plus de retour en arrière possible.

Mt. Gox, le senior des acteurs du Bitcoin

Fondé en 2010 par Jed McCaleb, « Magic The Gathering Online Exchange » ou MtGOX était à l’origine un marché d’échange de cartes Magic the Gathering. Puis, le marché passa à l’échange de Bitcoin, une toute nouveauté à l’époque. En 2011, Jed revend Mt. Gox à Mark Karpelès, aka « MagicalTux », fraîchement arrivé au Japon et ayant fondé sa société, Tibanne. MagicalTux que vous avez peut-être vu interviewé dans le documentaire « Suck my Geek« , qui date mais qui reste une référence en la matière :)

MagicalTux est un petit génie en PHP, à l’époque Fansub Streaming était hébergé chez Kalyhost, hébergement par Tibanne, et effectivement c’était tout à fait bien ! Bon sauf quand ça marchait plus, un downtime de plusieurs heures en attendant le support, pas cool. M’enfin bref. Reprise oblige, Mt. Gox a reçu quelques améliorations dans le backend, notamment le chiffrement salé SHA512 en lieu et place d’un bête… MD5. Or, pour implémenter cela quand on ignore les mots de passe, le changement s’opère à la connexion au compte (« mot de passe » → « MD5 correspond » → « passage en SHA512 salé ») histoire de ne pas devoir geler tous les comptes et exiger par mail que les utilisateurs se connectent pour l’activer.

Et là boum ! Une fuite SQL exploitée, et une base de données dans la nature ! Très rapidement les hash MD5 restants ont été exploités, essayant de se connecter aux comptes pour piquer d’éventuels Bitcoin qui traîneraient. Au passage, il y avait aussi les adresses email en clair… j’étais safe question mot de passe, mais depuis cette pauvre adresse se fait spammer à mort. Mt. Gox ferme précipitamment, et exige des contrôles d’identité pour authentifier les utilisateurs et recomposer la base de données. M’a fallu envoyer une preuve de domicile, les détails des virements bancaires vers Mt. Gox, et l’adresse IP fixe a aussi aidé. Bref, Mt. Gox s’offre un relooking, et rouvre.

Re-boum ! Le 19 Juin 2011, un attaquant a utilisé les informations de connexion d’un auditeur pour insérer dans la base de données un énorme ordre de vente, qui fit déglinguer le marché à 1 centime de Dollar. Immédiatement, les Bitcoin frauduleusement échangés ont été retirés. Mt. Gox interrompt peu après le marché, et le fait revenir à avant l’ordre de vente, affirmant qu’il compenserait la perte sur ses propres fonds. Je me demande si leur dette interne de 120 000 Bitcoin n’est pas un reliquat de cet épisode.

Le temps s’écoule, les marchés de change arrivent et partent, Mt. Gox reste, et conserve sa place de leader, jusqu’à ce que de la concurrence forte fait des vagues, en particulier BTC China, et le plus professionnel Bitstamp. C’est quand Mt. Gox, non enregistré en tant qu’institution bancaire aux USA, a été obligé de suspendre les retraits en Dollar, que les choses se sont vite gâtées. Bitstamp prenant de l’importance, les flux baissent et le volume de transactions aussi, Mt. Gox doit traiter des retraits de Bitcoin toujours plus importants, qui échouent de plus en plus souvent, jusqu’à ce que ça parte tellement en vrille qu’une suspension des retraits, et maintenant une suspension totale ait lieu.

Le document, 209050732-MtGox-Situation-Crisis-Strategy-Draft.pdf, est-il authentique ? Si non, alors les suites et plans pour le futur sont inconnus. Si oui, alors… c’est mort ? La fuite de ce document rend-il impossible le plan décrit, basé sur une compensation de la dette par la relance et diversification du service ? J’imagine bien la pression sur les épaules de Mark en ce moment, car la mise en faillite et liquidation de Mt. Gox pourrait provoquer un séisme dans l’écosystème du Bitcoin et surtout détruire la confiance des utilisateurs dans les crypto-monnaies, rendant leur avenir plus qu’incertain. Toutes les compétences et bonnes volontés réunies par Mt. Gox peuvent t-ils contrer la haine contre le marché qui s’est développée au fil du temps, et sur lequel joue logiquement les autres sociétés ? Car malheureusement, pour sauvegarder la crédibilité et confiance dans le Bitcoin, à l’heure actuelle il n’y a guère que le « Mt. Gox bashing » qui porte ses fruits.

Mon ressentiment: MagicalTux a fait énormément en faveur du Bitcoin, mais les enjeux sont devenus tels que ne le lui souhaite pas de porter sur les épaules l’intégralité de l’échec de Mt. Gox et/ou du Bitcoin: blagues potaches ou réelles menaces sur les forums ? Sa sécurité personnelle peut être affectée, et donc je souhaite qu’il prenne ses distances, et utilise son génie de programmeur pour créer de nouveaux services en déléguant les aspects commerciaux, réglementaires et comptables à des tiers. À propos de Mt. Gox, il me semble que la société est enfoncée dans les sables mouvants, et les tentatives de remise en fonction ne pourraient qu’accélérer l’enfoncement. Disons qu’il y a maintenant trop de monde pour leur appuyer sur les épaules plutôt que leur tendre une perche salvatrice. Des catastrophes, et des plaies béantes. J’y pense: on pourrait faire un film, « Les aventures de Mt. Gox » ou un truc du genre, et les bénéfices seraient utilisés pour éponger la dette ! Le côté épique de son histoire est bien le meilleur capital disponible pour ce marché, maintenant..  alors pourquoi pas ? :)

Et moi, là dedans ?

Quand est-ce que j’ai commencé avec le Bitcoin ? Je ne me rappelle plus vraiment.. début 2011, sans doute: j’ai connu le « crash-sell » frauduleux. Curiosité technologique, à l’époque. Puis possibilité de don pour Fansub Streaming, vu que son hébergement pouvait être payé directement en Bitcoin. Quelques détails selon mes livres:

Dans l’ensemble, cette période 2011→2014 m’a donc été très profitable. Pour 700 € d’injection initiale, voilà mes revenus:

  1. 500 € le 10/06 (reçu 01/07)
  2. 999 € le 07/07 (reçu 08/08)
  3. 900 € le 23/08 (reçu 29/08)
  4. 900 € le 11/09 (reçu 17/10)
  5. 800 € le 23/10 (reçu 28/11)
  6. 900 € le 02/12 (reçu 30/12)
  7. 897 € le 06/01 (reçu 24/02)
  8. 910 € le 30/01 (non reçu à ce jour)

En général il y avait donc un délai un peu inférieur à 1 mois entre l’ordre de retrait et la réception sur mon compte bancaire.

Mais notez le délai de presque 2 mois pour celui de 897 €. Le 21 février j’en avais référé au support, le retrait étant en statut « pending ». Réponse:

1

Le 25 février le virement arrive, je leur signale. Leur réponse, un peu hors de propos:

2

Et ce fut mon dernier échange avec le support.

Quid de ce qui s’est passé avec Mt. Gox ?

Outre les faits probants (plus de retrait de Bitcoin, vidange du compte Twitter, puis mise en ligne du site), petite anecdote: j’ai eu l’idée tardive mais importante de diversifier mes sources, j’ai donc voulu trader dans le Litecoin aussi. En voulant retirer 1 Bitcoin de mon compte… bah je ne reçois rien. Pas de transaction entrante sur l’adresse, et le numéro de transaction donné par Mt. Gox est introuvable sur le réseau. Pensant que leur système de retrait était « déconnecté du réseau » et n’a pas pu transmettre la transaction, j’en réfère au support le lendemain, 27 janvier. Pas de réponse. Je relance, le 31 janvier: toujours rien reçu, comme si c’était « évaporé ». Je demande à ce que le retrait échoué me soit recrédité. Le lendemain, réponse:

3

Dans les jours suivants, le retrait m’est recrédité. C’était pas juste une transaction « coincée » durant quelques heures, je peux vous dire que presque 1 mois plus tard, niet ! Selon l’évolution de la situation plus tard, et bien je suppose que cette transaction, avec 1 Bitcoin, a subi ce problème de malléabilité et que le Bitcoin a atterri chez les Méchants® au lieu de chez moi. Mt. Gox, lui se faisait plumer ainsi. Depuis des années, parait-il. Jusqu’à taper et vider toutes leurs réserves, laissant une dette immense.

Et maintenant, je deviens quoi ?

Las ! Le trading de Bitcoin était devenu ma source de revenus principale. J’avais tous les œufs dans le même panier, et au moment où je voulais diluer le risque, boum. Terriblement rageant. Techniquement ça m’a été très rentable et une excellente expérience, mais.. je ne touche pas de salaire, j’ai pas de revenus autres, et à peine 1 mois de vie sur mes comptes bancaires. Même si Mt. Gox revenait et que je dispose à nouveau de mon capital en Bitcoin, ça ne se fera pas en moins d’1 mois. Il me faut agir vite, me rétablir une sécurité financière. Selon mes calculs, je maintiens mon niveau de vie actuel avec un revenu de 500 € (oui: cinq cents). Pour générer un tel bénéfice, aux cours actuels, ça serait prise de risque avec un capital de ~5 BTC. Créer un hedge fund avec d’autres internautes ? J’y compte pas trop. Pas de telles sommes, pas juste en sachant de moi ce que vous savez de moi. Et je comprendrais des volontés de retours sur investissement, ce qui en ferait, de fait, une pyramide de Ponzi courte durée. « Prêtez-moi quelques Bitcoin, je vous les rendrai dès que je peux assurer des bénéfices sur mes propres fonds, et vous aurez un bisou et un petit cadeau de remerciement » ? Ne rêvons pas éveillés. L’option qui me reste: un prêt familial. Somme ? Durée ? Aucune idée. Sinon il me reste 0,15 Litecoin, et 75 € sur Flattr. Je touche déjà le RSA: 15 € par mois. Erf.

Bref, vous voyez le tableau :) Si vous avez des idées, n’hésitez pas.