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Le Bitcoin va-t-il détruire la planète ?

lundi 5 mars 2018 à 08:16

Article co-rédigé avec Mathieu Jamar.

Vous n’avez pas pu manquer les nombreux articles qui comparent la consommation énergétique du réseau Bitcoin à celui de différents pays. Et tous d’insister sur la catastrophe écologique qu’est le Bitcoin.

Bitcoin consomme plus que tous les pays en orange ! Horreur !

Si le Bitcoin consomme autant d’électricité que le Maroc, c’est une catastrophe, non ?

Non.

« Bitcoin pollue énormément et va détruire la planète » est au Bitcoin ce que « Les étrangers piquent notre boulot » est à l’immigration. Une croyance facile à instiller mais fausse sur tellement de niveaux que ça en devient difficile d’énumérer les différentes erreurs. Ce que je vais pourtant tenter de faire.

Pour simplifier, je vais diviser les erreurs de raisonnement en quatre parties :
1. La fausse simplification consommation équivaut à pollution
2. On ne compare que ce qui est comparable
3. Non, l’énergie du Bitcoin n’est pas gaspillée
4. L’optimisation en ingénierie

Consommation électrique n’est pas pollution

En tout premier lieu, consommer de l’électricité ne pollue pas. Ce qui pollue, ce sont certains moyens de production d’électricité.

C’est pareil, me direz-vous. Et bien pas du tout !

Vous êtes certainement convaincu que les voitures électriques, qui consomment de l’électricité, sont un atout dans la préservation de l’environnement. Or, selon les conditions, une Tesla consommerait entre entre 5000 et 10.000kWh pour 20/30.000 km par an.

Cela veut dire que si la moitié des automobilistes d’un petit pays comme la Belgique achetait une Tesla, cette moitié consommerait à elle seule plus que toute la consommation du Bitcoin ! Et je ne parle que de la moitié d’un tout petit pays ! Vous imaginez la catastrophe si il y’avait plus de Tesla ?

Mais trêve de comparaison foireuse, pourquoi est-ce que la consommation électrique n’est pas nécessairement polluante ? Et pourquoi les voitures électriques sont écologiquement intéressantes ?

Premièrement parce que parfois l’électricité est là et inutilisée. C’est le cas des panneaux solaires, des barrages hydro-électriques ou des centrales nucléaires qui produisent de l’électricité, quoi qu’il arrive. On ne peut pas faire ON/OFF. Et l’électricité est pour le moment difficilement transportable.

Selon une étude de Bitmex, une grande partie de l’électricité aujourd’hui utilisée dans le Bitcoin serait en fait de l’électricité provenant d’infrastructures hydro-électriques sous-utilisées car initialement dédiée à la production d’aluminium en Chine, production qui a baissé drastiquement suite à une baisse de demande pour ce matériau. Je répète : le Bitcoin a bénéficié d’une grande quantité d’électricité non-utilisée et donc très bon marché, écologiquement comme économiquement.

Dans certains cas, diminuer la consommation électrique peut même être problématique. Lors de mes études, on m’a raconté que l’éclairage outrancier des autoroutes belges a été conçu pour absorber l’excédent électrique des centrales nucléaires durant la nuit. Je ne sais pas si c’est vrai mais cela était affirmé comme tel par des professeurs d’université.

En deuxième lieu, si on se concentre uniquement sur la pollution de CO2 (qui est loin d’être la seule pollution mais la plus médiatique actuellement), il est tout simplement impossible de faire une équivalence: autant d’électricité produite équivaut à autant de CO2 produit. En effet, le CO2 produit dépend complètement du moyen de production utilisé. Pire, chaque atome de CO2 n’est pas équivalent ! Comme je l’expliquais, le seul CO2 problématique est celui qui provient du carbone fossile (charbon, pétrole, gaz). Le reste est du carbone est déjà présent dans le cycle naturel du carbone (le CO2 de votre respiration ou celui produit par une centrale à cogénération par exemple).

Alors je sais qu’on nous lave le cerveau depuis des années avec “consommer de l’électricité, c’est mal, il faut éteindre les lumières” mais c’est un raccourci très très très raccourci qui peut parfois être faux. Dans son livre “Sapiens”, Harari affirme que tenter de consommer moins d’électricité n’a aucun sens. Ce qu’il faut améliorer, ce sont les moyens de production. Il ajoute que quelques kilomètres carrés de panneaux solaires dans le Sahara suffirait à alimenter toute la planète. Cette solution n’est malheureusement pas réalisable en l’état car l’électricité reste difficile à déplacer sur de grandes distances mais cela illustre bien que le challenge est dans l’amélioration de la production et du transport, pas dans une hypothétique réduction de la consommation.

Bref, pour résumer, il est tout simplement faux de dire que consommer de l’électricité pollue. Cela peut être parfois (ou souvent) le cas mais c’est très loin d’être une vérité générale.

Et oui, c’est très difficile à admettre quand ça fait 10 ans qu’on met des ampoules écolos et qu’on mesure chaque kilowattheure de sa maison pour se sentir l’âme d’un sauveur de planète. Mais ces actions n’ont qu’un impact infime par rapport à d’autres actions individuelles (par exemple réduire l’utilisation d’une voiture à essence).

Comparons ce qui est comparable

Les comparaisons que j’ai vue sont toutes plus absurdes que les autres. Bitcoin consommerait autant que le Maroc. La consommation du Bitcoin aurait annulé les bénéfices de l’obligation des ampoules économiques en Europe. Voire “Bitcoin consommerait plus que 159 pays” (en oubliant de préciser qu’il s’agit d’un classement, pas de la somme de ces pays).

Dit comme ça, ça paraît catastrophique.

Mais vous savez combien consomme le Maroc, vous ? Vous savez que le Maroc a 33 millions d’habitants et qu’on estime entre 13 et 30 millions le nombre d’utilisateurs de Bitcoin ? Bref que l’ordre de grandeur est tout à fait comparable !

Quand aux ampoules, cela ne veut-il pas dire tout simplement que cette mesure d’obligation des ampoules économiques est tout simplement une mesurette qui n’a pas servi à grand chose en termes d’économie ? Je ne dis pas que c’est une éventualité tout à fait plausible.

Bref, il faut comparer ce qui est comparable.

Aujourd’hui, Bitcoin est avant tout un système d’échange de valeur. Il se compare donc aux monnaies, au banque et à l’or.

Surprise, le Bitcoin consomme à peine plus que la production des pièces de monnaies et des billets de banque ! Or, rappelons que les pièces et billets ne représentent que 8% de la masse monétaire totale et plus spécifiquement 6,2% pour la zone euro.

Il consomme également près de 8 fois moins que l’extraction de l’or ou 50 fois moins que la production de l’aluminium. Or, outre la consommation énergétique, l’extraction de l’or est extrêmement contaminante (notamment en termes de métaux lourds comme le mercure).

Source : @beetcoin

La pollution liée à l’or semble d’autant plus inutile quand on sait que 17% de tout l’or extrait dans l’histoire de l’humanité est entreposé dans les coffres des états et ne bougent pas. Comme le disait Warren Buffet, l’or est extrait d’un trou en Afrique pour être mis dans un trou gardé jour et nuit dans un autre pays. Si on ajoute à cela l’or acheté par des particuliers (pour garder dans un coffre ou planquer sous un matelas) ou utilisé dans la joaillerie (dont l’utilité est donc uniquement esthétique), il ne reste que 10% de la production annuelle d’or qui est utilisé dans l’industrie !

Si Bitcoin remplaçait l’or stocké dans des coffres, même partiellement, ce serait donc une merveille d’écologie, comparable au remplacement de toutes les voitures à essence du monde par des voitures électriques.

Et s’il fallait comparer Bitcoin au système bancaire, avec ses milliers d’immeubles refroidis à l’air conditionnés, ses millions d’employés qui viennent bosser en voiture (ou en jets privés), je pense que le Bitcoin ne paraîtrait plus écologique mais tout simplement miraculeux.

Sans compter que nous n’en somme qu’au début ! Bitcoin a le potentiel pour devenir une véritable plateforme décentralisée qui pourrait remplacer complètement le web tel que nous le connaissons et modifier notre interactions sociales et politiques : votes, communications, échanges sans possibilité de contrôle d’une autorité centralisée.

Vous êtes-vous déjà demandé quelle est la consommation énergétique d’un Youtube qui sert essentiellement à vous afficher des pubs entre deux vidéos rigolotes (et donc de vous faire consommer et polluer plus) ? Et bien la consommation des data-centers de Google en 2015 était supérieure à la consommation du Bitcoin en 2017 ! Cela n’inclut pas les consommations des routeurs intermédiaires, de vos ordinateurs/téléphones/tablettes ni de tous les bureaux de Google autres que les data centers !

Face à ces nombres, quelle est selon vous la consommation acceptable pour une plateforme décentralisée mondiale capable de remplacer l’extraction hyper polluante de l’or, les banques, l’Internet centralisés voire même les états ? Ou, tout simplement, de protéger certaines de nos libertés fondamentales ? Avant de critiquer la consommation de Bitcoin, il est donc nécessaire de quantifier à combien nous estimons une consommation « normale » pour un tel système.

Un gaspillage d’énergie ?

Une autre incompréhension, plus subtile celle-là, est que l’énergie du Bitcoin est gaspillée. Il est vrai que les mineurs cherchent tous à résoudre un problème mathématique compliqué et consomment tous de l’électricité mais que seul le premier à trouver la solution gagne et il faut à chaque fois tout reprendre à zéro.

Vu comme ça, cela parait du gaspillage.

Mais la compétition entre mineurs est un élément essentiel qui garantit la décentralisation du Bitcoin. Si les mineurs se mettaient d’accord pour coopérer, ils auraient le contrôle sur le réseau qui ne serait plus décentralisé.

Ce “gaspillage”, appelé “Proof of Work”, est donc un élément fondamental. Chaque watt utilisé l’est afin de garantir la décentralisation du système Bitcoin.

Ce serait comme dire que les policiers doivent rester enfermés dans leur commissariat et n’en sortir qu’après un appel. Les rondes en voiture sont en effet polluantes et essentiellement inutiles (seules un pourcentage infime des rondes en voitures aboutit à une intervention policière). Pourtant, nous acceptons que les rondes de police « inutiles » sont un élément essentiel de la sécurité d’une ville ou d’un quartier (moyennant que vous ayez confiance envers les forces de police).

Pour Bitcoin, c’est pareil : les calculs inutiles garantissent la sécurité et la décentralisation. Des alternatives au Proof of Work sont étudiées mais aucune n’a encore été démontrée comme fonctionnelle. Il n’est même pas encore certain que ces alternatives soient possibles !

L’optimisation, une étape nécessairement tardive

Une des règles majeurs d’ingénierie c’est qu’avant d’optimiser quoi que ce soit dans un projet, il faut garantir que le projet est correct.

On n’essaie pas de rendre plus rapide un programme informatique qui renvoie des valeurs erronnées. On ne rend pas plus aérodynamique un avion qui ne vole pas. On n’essaie pas de limiter la consommation d’un moteur qui ne démarre pas.

Lors de la phase expérimentale, la consommation de ressources est maximale.

Elon Musk a utilisé toute une fusée juste pour envoyer une voiture dans l’espace. Non pas par gaspillage mais parce que concevoir une fusée nécessite des tests “à vide”.

Bitcoin est encore dans cette phase expérimentale. Le système est tellement complexe et se doit de garantir une telle sécurité qu’il doit d’abord prouver qu’il fonctionne avant qu’on envisage d’optimiser sa consommation en électricité. Comme le disait Antonopoulos, dire “En 2020, le Bitcoin consommera plus que tout la consommation actuelle mondiale” revient à dire à une femme enceinte “Madame, à ce rythme, dans 5 ans, votre ventre aura la taille de la pièce”.

Donc oui, comme tout système humain, le Bitcoin pourrait sans doute polluer moins. Et je suis certains que, dans les prochaines années, des propositions en ce sens vont voir le jour. C’est d’ailleurs déjà le cas si on considère la consommation liée au nombre de transactions car l’amélioration “Lightning Network” va permettre de réaliser des milliers de transactions Bitcoin pour un coût quasi nul, y compris en termes de consommation électrique. Mais les comparaisons coût par transaction sont de toutes façons pour la plupart malhonnêtes car elles ne prennent généralement pas en compte toute l’infrastructure bancaire sur laquelle s’appuient les solutions comme VISA ou MasterCard.

Une autre règle de l’optimisation est qu’avant toute optimisation, il faut mesurer pour tenter d’optimiser les points les plus critiques. En effet, rien ne sert de diminuer de même 90% la consommation électrique des ampoules si les ampoules ne représentent que 0,01% de la consommation globale mais que l’air conditionné, par exemple, représente 30% de la consommation globale. J’invente les chiffres mais ça vous donne une idée. C’est un principe bien connu des développeurs informatiques qui, après des jours à diviser par deux le temps d’une fonction, se rendent compte que cette fonction ne prend qu’un millième du temps total d’exécution. Il s’ensuit qu’avant de chercher à optimiser Bitcoin à tout prix, il est nécessaire de voir quelle sera sa consommation lors des utilisations futures et mesurer si c’est bien lui qui consomme le plus. Cela pourrait être nos smartphones. Ou ces écrans publicitaires lumineux qui nous aveuglent la nuit.

Pourquoi un tel acharnement ?

J’espère qu’à ce point de la lecture, vous avez compris le nombre d’erreurs de logique nécessaires pour arriver à la conclusion “Bitcoin est un monstre de pollution qui va détruire le monde et les bébés phoques”.

Mais du coup, pourquoi un tel acharnement ?

Pour deux raisons.

Premièrement, c’est du sensationnalisme et ça se vend. Dire “Le Bitcoin consomme autant que le Maroc” ne veut rien dire rationnellement mais ça fait réagir, ça pousse les gens à s’indigner, à partager l’article et à faire vivre les publicitaires qui financent les médias. Avez-vous une idée de la consommation électrique qu’engendre la publicité sur le net ?

Le deuxième point c’est que les médias sont financés par les publicitaires et par les états. Tout ce petit monde pressent bien que le Bitcoin peut bouleverser les choses. Nulle théorie du complot nécessaire ici, mais il va sans dire qu’un sujet qui décrédibilise une technologie dangereuse pour la souveraineté des états et qui verse dans le sensationnalisme est du pain béni. La peur et l’ignorance sont devenus les deux moteurs de la presse qui n’est plus qu’une machine à manipuler nos émotions.

Vous lirez rarement des articles dont le titre est “Le Bitcoin a consommé moins en 2017 que les datacenters Google en 2015” ou “Si la moitié du parc automobile belge était des Tesla, elles consommeraient plus que le réseau Bitcoin”. Ces titres ne sont pourtant pas moins faux que ceux que vous lisez habituellement. Mais écrire un article comme celui que vous êtes en train de lire en ce moment demande à la fois de la compétence et du temps. Le temps est un luxe que les journalistes, acculés par la rentabilité publicitaire, ne peuvent plus se permettre. Si nous devions facturer notre travail, aucun média financé par la publicité ne pourrait nous rétribuer le temps passé à un tarif raisonnable.

Moralité

De manière étonnante, les personnes les plus convaincues que le Bitcoin est une catastrophe écologique sont celles qui ne connaissent absolument rien au domaine.

Dans la littérature académique, on peut même lire que, potentiellement, le Bitcoin pourrait devenir la manière la plus efficace de transformer de l’électricité en argent, empêchant les états de subsidier l’électricité afin de maintenir un prix artificiellement bas et d’attirer les grosses usines. À terme, le Bitcoin pourrait donc forcer une optimisation du réseau électrique mondial et favoriser le développement des productions d’électricité plus locales, moins centralisées (voir par exemple “Bitcoin and Cryptocurrency Technologies”, p. 122-123, par Narayanan, Bonneau, Felten, Miller et Goldfeder).

Il n’est pas impossible que le Bitcoin signe la fin des centrales à charbon et des méga centrales nucléaires. Mais ce genre de possibilité n’est tout simplement jamais évoquée dans les feuilles de chou sponsorisée par l’état et les vendeurs de voitures.

Ce simple exemple devrait vous alerter sur la facilité avec laquelle nous sommes manipulés, avec laquelle on nous fait avaler n’importe quoi, surtout sur des domaines que nous ne connaissons pas.

Et si vous avez investi dans un « concurrent à Bitcoin qui est écologique et qui va dépasser Bitcoin », et bien, aussi dur à admettre que cela puisse être, vous vous êtes probablement fait avoir (ce qui ne vous empêchera peut-être pas de faire des bénéfices sur le dos d’autres investisseurs arrivés après vous).

Alors, oui, le Bitcoin consomme de l’électricité. Mais c’est normal, c’est un système très complexe qui offre énormément de choses. Il consomme cependant moins d’électricité que bien d’autres systèmes que nous acceptons et qui sont certainement moins utiles ou qui n’ont pas été sélectionnés comme tête de turc par les médias. Vous avez souvent lu des articles sur la consommation électrique de l’industrie de l’or, de l’aluminium ou de l’industrie du surgelé ? Et si, en fait, pour ce qu’il propose le Bitcoin était extrêmement écologique ?

Ce n’est pas une raison pour ne pas encourager les améliorations visant à ce que Bitcoin consomme moins. Mais peut-être qu’on peut arrêter de ne se tourner que sur cet aspect et se concentrer sur des questions certainement plus intéressantes. Par exemple : qu’est-ce que le Bitcoin (ou ses successeurs) va changer dans nos vies et nos sociétés ?

 

UPDATE 10 avril 2018 : suppression d’un paragraphe qui disait de manière erronée qu’un moteur à essence est plus efficace qu’un moteur électrique. C’est bien entendu faux.

 

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Comment Facebook gagne de l’argent

mercredi 28 février 2018 à 13:41

Savez-vous comment Facebook gagne de l’argent ? Par la publicité, bien entendu. Mais quel est le mécanisme exact ? Qui paie et pour quoi en échange ? Et quelles en sont les conséquences de ce modèle ?

Les pages Facebook

Sur Facebook, les utilisateurs comme vous et moi sont limités à 5000 amis maximum. Devenir ami nécessite l’acceptation des deux parties.

Les pages, au contraire, ne sont pas limitée à des personnes physiques et peuvent être « aimées » par un nombre illimité de personnes.Les contenus d’une page sont toujours publics et leur but est de toucher un maximum de personnes. Pour cette raison, Facebook permet aux administrateurs d’une page d’avoir des statistiques complètes sur le nombre d’utilisateurs qui ont interagi avec une publication.

Il semble donc logique pour tout business, même local, de se créer une page. Cela vaut pour les associations, les artistes, les politiciens, les groupes citoyens ou les blogueurs. La page Facebook semble être un outil idéal pour faire entendre sa voix.

Il y’a cependant une petite subtilité. Si un individu aime cent pages qui publient chacune dix contenus par jour, il est impossible pour cet individu de consulter mille contenus, sans compter ceux de ses amis.

La mise en avant des contenus

Pour résoudre ce problème, Facebook décide des contenus « les plus intéressants » en se basant sur ce qui a déjà été aimé par d’autres utilisateurs. Les contenus nouveaux et originaux ont donc très peu de chance de se propager car pour être aimé, il faut être diffusé et pour être diffusé, il faut être aimé.

L’administrateur de la page sera tout triste et déçu en consultant ses statistiques. 1000 personnes aiment sa page et, pourtant, son contenu n’a été lu qu’une dizaine de fois !

À ce moment, Facebook propose à notre administrateur de payer pour être vu plus de fois. Après tout, qu’est-ce que 10€ pour obtenir 1000 vues supplémentaires ?

Lorsque j’ai créé mon premier site web, au 20ème siècle, il était courant d’avoir un compteur du nombre de visites reçues. Au plus le chiffre de ce compteur était important, au plus le site paraissait avoir du succès. Il n’était pas rare de rafraichir les pages pour incrémenter son compteur.

Facebook a littéralement réussi à faire payer les créateurs de contenus pour incrémenter leur compteur. Tout en fournissant le compteur en question !

Les conséquences de ce modèle

Ce système, très rentable, a plusieurs conséquences.

Premièrement, cela signifie Facebook a tout intérêt à ce que les contenus des pages ne payant pas soient très peu consultés. Si vous avez une page Facebook et que vous ne payez pas, comme moi, vos contenus seront très peu diffusés, même chez ceux qui aiment votre page. Sauf cas exceptionnel où un contenu se révèle très populaire, les gens qui aiment votre page… ne verront pas votre contenu car Facebook n’a pas intérêt à les diffuser.

Malgré 50 « J’aime » et 17 partages (ce qui est pour moi un véritable succès), le nombre de « personnes atteintes » est à peine le nombre de personne qui aime ma page. Et, par « personne atteinte », Facebook veut dire « personne pour laquelle ma publication s’est affichée dans le flux ». Cela ne signifie pas que la personne a vraiment vu ma publication et encore moins qu’elle l’aie lu.

Si vous payez, ce que j’ai testé, Facebook va vous montrer que les chiffres augmentent mais qu’il faudrait payer un poil plus pour vraiment toucher un large public. À l’exception des publications qui visent un public très local et donc limité (un cas particulier pour lequel Facebook fonctionne très bien grâce au ciblage géographique), il est tentant de payer un peu plus chaque fois.

Deuxième conséquence de ce modèle, le système va automatiquement favoriser des contenus commerciaux pour lequel il est rentable de payer de la publicité : essentiellement des sites de vente ou des événements commerciaux. Pire : le nombre de lecteurs potentiels étant limité, au plus les gestionnaires de pages paieront, au moins ils toucheront de personnes ! Mais un auteur comme moi n’a aucun intérêt à payer car il n’a rien à gagner directement. Pareil pour les mouvements citoyens ou les événements non-commerciaux. Les contenus non-commerciaux sont donc moins importants pour Facebook ! Facebook transforme notre monde en gigantesque centre commercial où les voix non commerciales sont étouffées !

À partir d’un certain niveau de paiement, Facebook doit quand même se montrer rentable. Ils vont donc permettre de cibler aussi précisément que possible votre public. Vous voulez toucher des hommes de 35-40 ans dans la région parisienne qui aiment une page liée au vélo ? C’est possible. Vous voulez cibler des jeunes qui se sentent mal dans leur peau pour accroitre l’impact de votre marque ? C’est possible.

Enfin, la dernière conséquence de ce système c’est que tout message que vous postez sur Facebook sert à attirer vos amis afin de pouvoir leur afficher des contenus qui ont été payés. C’est la raison pour laquelle les contenus non-commerciaux existent encore : ils servent à vous faire revenir sans cesse sur Facebook. Et ils permettent de mieux vous étudier afin d’affiner le ciblage publicitaire.

Les producteurs de télévision disent produire des émissions afin de pouvoir glisser des publicités, d’offrir du temps de cerveau aux annonceurs. Facebook n’a même plus à se donner cette peine : nous sommes les producteurs et nous vendons le cerveau de nos amis aux publicitaires. En faisant cela, nous mettons nous-mêmes notre cerveau à disposition. C’est évidemment génial.

Réagir

Si abandonner Facebook n’est pas souhaitable pour tout le monde, il me semble important d’au moins prendre conscience du fonctionnement de ce réseau social et de ce que nous lui offrons à chaque fois que nous postons un message ou consultons notre fil. Il est également primordial que de comprendre qu’un tel réseau social renforce des interactions purement commerciales au détriment de tout le reste du spectre des échanges humains.

Facebook reste malheureusement un outil difficilement contournable et j’expliquais comment nous pouvions l’utiliser à notre avantage. Mais je vous encourage également à me suivre sur des réseaux sans publicités comme Mastodon et Diaspora afin de casser l’hégémonie du tout commercial. Et à me contacter sur Signal ou sur Wire (@ploum) afin que le fait que nous soyons en interaction ne soit pas une donnée de plus dans notre profilage publicitaire (pour rappel, Whatsapp appartient à Facebook).

 

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Est-ce le bon moment pour investir dans les crypto-monnaies ?

mardi 6 février 2018 à 00:11

Cette question, vous êtes nombreux à vous la poser. Aussi, j’ai décidé de prendre le temps d’y réponde sérieusement. Promis, à la fin de l’article, vous aurez une réponse claire. Mais ce n’est peut-être pas celle que vous attendiez…

Tous les amateurs de crypto-monnaie ne sont pas millionnaires

Personnellement, grâce au Bitcoin et à la blockchain, je suis devenu milliardaire.

Si si, je vous jure !

Bon, c’est en dollars zimbabwéens mais, malgré tout, milliardaire. Et ce grâce à un billet gracieusement offert par Jean-Luc Verhelst lors d’une conférence sur la blockchain que nous avons donnée ensemble.

En euros, évidemment, je suis très loin du compte. Malgré le fait que j’ai commencé à jouer avec des bitcoins alors qu’ils valaient 0,07€.

Vous êtes frustré de ne découvrir le bitcoin que récemment et ne pas être multi-millionnaire ? Dîtes-vous que pour certains, c’est pire encore : ils ont joué avec des bitcoins, ils les ont perdus dans des crashs de disque-durs, oubliés sur d’anciens ordinateurs partis au rebut, re-perdus dans les crashs de plateformes comme TradeHill, MtGox et bien d’autres voire, comme ce fut mon cas pendant longtemps, les ont distribués pour aider les gens à mieux comprendre la technologie. Enfin il y’a également les “technologistes”, dont votre serviteur fait partie, qui se sont passionné pour la technologie du Bitcoin sans jamais s’intéresser à l’aspect financier. Rétrospectivement, une erreur…

D’autres enfin ont gardés leurs bitcoins puis les ont vendus à 30$ ou 100$ ou 1200$ car, à ce moment là, ils avaient besoin d’argent, cela leur permettait de rembourser tout juste leur crédit. Ils en ont bien profité mais, ils ne sont pas multi-millionnaires pour autant.

C’était le cas, par exemple, d’Andreas Antonopoulos, qui a fait beaucoup pour la communauté du Bitcoin depuis 2012 mais qui a avoué être fauché. Certains s’en sont moqués, d’autres, émus, lui ont envoyé un total de… 100 bitcoins ! Mais c’était amplement mérité, beaucoup d’actuels millionnaires ayant découvert le Bitcoin grâce à lui.

Le chiffre symbolique du million d’euros est tout simplement énorme. Il correspond à 40 ans de salaire à 2000€/mois. La plupart d’entre-nous ne gagneront, sur toute leur vie, qu’entre 1 et 2 millions d’euros. Alors, devenir millionnaire nécessite plus que juste acheter des bitcoins au bon moment.

Les 3 facteurs du succès financier

Oui, certains deviennent millionnaires. Mais que ce soit dans les crypto-monnaies ou dans n’importe quel domaine, il s’agit d’une combinaison de 3 facteurs : la clairvoyance, le travail et la chance

Je pense qu’il faut une juste proportion des 3 pour réussir. Le manque d’un des éléments peu être compensé par les deux autres mais c’est très difficile. La chance pure peut permettre de gagner des millions : c’est la loterie. Il faut beaucoup de chance pour gagner au loto ! Par contre, la clairvoyance et le travail acharnés ne sont rien sans une part de chance : être au bon endroit au bon moment. Un peu plus tôt ou peu plus tard et c’est raté.

Dans le cas du Bitcoin, il s’agissait de comprendre très vite l’intérêt des crypto-monnaies. La clairvoyance, je l’ai eue partiellement : l’historique de ce blog est la preuve que j’avais compris l’importance du phénomène. Mais j’ai complètement sous-estimé l’aspect économique et je ne pensais pas voir le Bitcoin au-dessus de 1000$. Et alors même que j’imaginais le Bitcoin à 1000$, il ne m’est jamais venu à l’idée de concrétiser cette vision en investissant 1000€ ou 2000€ de mon compte d’épargne. Le risque me semblait disproportionné. J’ai par contre la satisfaction intellectuelle de savoir que quelques uns ont découvert le Bitcoin à travers mon blog et ont fait fortune.

Le travail acharné, c’est se maintenir à jour, conserver ses bitcoins pendant des années, savoir ce qu’il faut en faire. Personnellement, j’ai eu des passages à vide où je ne me suis pas occupé de crypto-monnaies. En revenant sur les forums j’ai par exemple découvert que l’échange TradeHill avait fait faillite quelques mois avant, emportant une grande partie de mes bitcoins… Je n’étais même pas au courant ! Et je ne me suis pas inquiété car, à l’époque, ça ne valait finalement pas grand chose.

La chance ne se provoque pas, ne s’explique pas. Mais elle est indispensable.

Et vous ? Quel est votre facteur de prédilection ?

Mais toutes ces histoires ne vous intéressent sans doute pas. Tout ce que vous voulez c’est devenir millionnaire. Et si possible en 3 semaines et sans effort. C’est possible, votre tabloïd préféré vous a parlé d’une gamine de 7 ans devenue millionnaire avec des crypto-monnaies.

La réalité c’est qu’un tel plan n’existe pas. Tout plan qui prétend vous faire gagner de l’argent sans effort est une arnaque. Car j’ai un scoop pour vous : vous n’êtes pas le seul à vouloir devenir millionnaire.

Il faut donc compter avec la clairvoyance, le travail et la chance. Alors oui, il est possible qu’une crypto-monnaie sortie de nulle part fasse x100 demain et vous rende millionnaire. Mais je n’y crois pas plus que de gagner à la loterie. Ce serait de la chance pure. Et à la loterie, il y’a par définition plus de perdants que de gagnants… Si vous misez sur le facteur chance, allez plutôt au casino.

Il vous reste donc la clairvoyance ou le travail.

La solution du travail acharné

Il y’a plein d’opportunités de travail dans le domaine des crypto-monnaies. Moi-même, je gagne ma vie grâce à elles : je fais de la recherche sur la blockchain, donne des conférences et fais du conseil auprès des entreprises et des startups. D’autres font du développement. Je vous encourage, c’est un domaine qui me passionne et que j’estime plein d’avenir.

Plus prosaïquement, une autre solution est le trading. Grâce à leur grande volatilité et des commissions très petites, les crypto-monnaies se prêtent admirablement au trading.

D’ailleurs, la plupart des amateurs qui ont acheté un ou deux bitcoins à 5000$ et l’on revendu à 10.000$ se prétendent désormais traders.

La réalité c’est que le trading est une science/un art/un travail extrêmement difficile. Si vous voulez vous y mettre, il faut vous préparer à y passer des heures, à lire des dizaines de livres, à perdre beaucoup d’argent. Car perdre de l’argent est l’une des seules manières de réellement apprendre le trading. Après quelques gains favorisés par la chance du débutant, le trader amateur gagnera en confiance, misera gros et se verra soudain confronté aux pertes. C’est là qu’il se forgera ses premières expériences réelles de trader.

Si vous choisissez l’option du trading pour gagner de l’argent avec les crypto-monnaies, je pense que votre question “Est-ce le bon moment pour investir” n’a plus de sens. Vous êtes le trader, vous êtes le seul à même à répondre à cette question.

La solution de la vision long terme.

Si vous ne souhaitez pas trader ni travailler activement dans le domaine, il vous reste la solution d’investir. Mais, dans ce cas, il est important de faire preuve de discernement et d’investir à long terme dans des projets dans lesquels vous avez confiance.

On dit toujours de ne pas investir plus que ce que l’on peu perdre. C’est vrai en crypto-monnaies plus qu’ailleurs ou un simple piratage peut vider votre compte en banque.

Mais j’ajouterais un conseil de mon cru : si votre objectif est sur le long terme, n’investissez pas une grosse somme d’un coup. Faites un versement mensuel de 20, 100 ou 200€. Convertissez directement en crypto-monnaie. De cette manière, votre portefeuille augmentera petit à petit. Les hausses seront des bonnes nouvelles (car votre capital augmentera) et les baisses le seront également (car ce mois-là, vous pourrez acheter plus). Vous serez beaucoup moins nerveux, beaucoup moins à guetter les hausses et les baisses. Rappelez-vous que vous misez sur le long terme, que vous êtes prêt à tout perdre mais que vous ne voulez retirer l’argent que dans 5 ou 10 ans.

J’ajoute un autre conseil de mon cru : plus un projet à un historique fort, plus il me semble pertinent sur le long terme. Bitcoin et Ethereum me semblent les deux projets qui offrent le plus de garanties de pérennité.

Mais, ici on parle de vision, de clairvoyance. Donc à vous de faire fonctionner là vôtre. Comme le dit Warren Buffet : n’investissez que dans ce que vous comprenez.

Les erreurs à éviter à tout prix

Premièrement, si vous voulez vous faire de l’argent facile, passez votre chemin. Cela n’existe pas, par définition.

Solution 1: vous voulez faire un travail de trader et vous deviendrez capable de faire du profit sans même avoir besoin de savoir si la crypto-monnaie que vous venez de tradez à un potentiel à long terme.

Solution 2: vous croyez en un projet et vous le comprenez. Vous avez la foi que ce projet à de l’avenir et vous investissez dans ce projet en acceptant les risques encourus.

Si votre seul objectif est le gain, alors votre argent ira inéluctablement gonfler les poches des traders professionnels voire, pire, des arnaqueurs qui vous auront promis n’importe quoi. Faites fonctionner votre cerveau : tout le monde n’est pas millionnaire. Qu’est-ce que j’ai de particulier qui me donne une chance de gagner de l’argent ?

En deuxième lieu, agissez en gestionnaire. Transformer 200€ chaque mois en bitcoins vous semble énorme ? Vous ne pouvez pas vous le permettre sans rogner sur votre budget mensuel ? Par contre, vous avez 5000€ d’épargne que vous souhaitez investir ? Prenez une calculette et rendez-vous compte que 5000€, c’est plus de 2 années de 200€ par mois ! L’avantage des 200€ par mois, c’est que vous pouvez le moduler voire l’arrêter à votre convenance. Si vous videz votre épargne, elle est potentiellement perdue à jamais.

Enfin, prenez du plaisir. Un investissement doit vous procurer un intérêt intellectuel, une fierté, du plaisir. Si l’investissement devient stressant, s’il vous prend du temps de vie, alors arrêtez. La vie est trop courte.

Alors, dois-je investir dans les crypto-monnaies ?

Rappelez-vous qu’il n’y a pas de gains faciles sans une énorme part de chance. Que, sur les marchés, les petits amateurs sont appelés “dumb money” (l’argent stupide, facile à gagner car venant de gens inexpérimentés qui font des erreurs). Et que les multi-millionnaires sont les exceptions rarissimes qui nous font rêver mais ne représentent pas la réalité.

Si votre objectif est de gagner de l’argent en quelques semaines ou mois, alors il n’y a pas de bons moments pour investir. Vous n’investissez pas, vous jouez à la roulette. Et si certains auront de la chance, la plupart perdront.

Si votre objectif est d’investir dans un projet qui vous semble réellement prometteur, qui peut potentiellement changer le monde, alors il n’y a pas de mauvais moment pour investir.

Je suis personnellement persuadé que le Bitcoin est durable et que sa valeur dans 5 ans sera nettement supérieure à la valeur actuelle. Je pense qu’il en sera de même pour Ethereum même si j’en suis un peu moins certain.

Pour d’autres crypto-monnaies majeures (Litecoin, Dash, Monero,…), j’avoue ne pas savoir. C’est un pari qui me semble risqué.

Enfin, je suis convaincu que l’immense majorité des cryptomonnaies ne vaudront plus rien dans 5 ans, même si leur site web est super chouette et leur concept génial sur papier. Des nouvelles feront leur apparition, disparaitront.

Je suis bien conscient qu’il s’agit d’une pure conviction personnelle, d’un acte de foi irrationnel et que je peux complètement me tromper. Du coup, je n’investis pas plus que ce que je peux perdre.

Car, même avec une vision claire, même avec un travail acharné, un investissement nécessite une bonne part de chance.

Soyez prudents ! Ne jouez pas vos économies et souvenez-vous qu’on n’a pas besoin de millions pour profiter de la vie.

 

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Ce texte est publié sous la licence CC-By BE.

Le meilleur ou le pire PapaPloum du monde ?

vendredi 15 décembre 2017 à 23:37

Comme tous les enfants, mes enfants adorent recevoir des bonbons. Et les occasions ne manquent pas en fin d’année : Halloween, Saint-Nicolas, Noël, …  Le tout à multiplier par le nombre de parents, grand-parents, école, clubs, etc. C’est bien simple : il devient parfois difficile de justifier que Saint-Nicolas se déplace aussi vite d’un endroit à un autre. Et d’expliquer pourquoi il semble tellement tenir à engraisser une génération de futurs diabétiques…

Mais la particularité de mes enfants est que, s’ils adorent recevoir, ils consomment finalement très peu de sucreries. Nous les sensibilisons à la surconsommation et aux méfaits de la publicité depuis peut-être un peu trop jeune.

Les bonbons s’entassent donc dans un véritable tiroir au trésor qui déborderait à longueur d’année si PapaPloum n’allait pas de temps en temps assouvir son addiction au sucre.

Pour Saint-Nicolas cette année, j’ai franchi une étape de plus : au lieu d’aller acheter des chocolats, j’ai tout simplement été puisé dans le susdit tiroir et j’ai mis dans les souliers des friandises qu’ils avaient déjà reçues.

Ils ne se sont aperçu de rien et ont été enchantés.

Mais, malgré tout, ma conscience me tiraille…

Ai-je été le meilleur et le plus écolo PapaPloum-Nicolas ? Ou le pire radin qui aie jamais enfanté ?

Photo par Jessica S.

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Pourquoi le réchauffement climatique est indiscutable

mardi 31 octobre 2017 à 10:36

Le réchauffement climatique est-il l’œuvre de l’homme ou est-ce un phénomène naturel ?

Le discours climato-sceptique est tellement nocif qu’il a réussi à créer un débat là où, si vous réfléchissez un petit peu, il ne devrait pas y avoir l’ombre d’un hésitation.

Nul besoin de recourir à des dizaines d’études, à des consensus de scientifiques ou à un quelconque argument d’autorité. Branchez votre cerveau et laissez-moi 5 minutes pour vous expliquer.

La quantité totale de carbone

Si on considère l’apport des météorites et l’évaporation de l’atmosphère dans l’espace comme négligeables, ce qu’ils sont, on peut considérer que le nombre d’atomes de carbone présents sur terre est fixe.

Il y a donc un nombre déterminé d’atomes de carbones sur la planète terre. Pendant des milliards d’années, ces atomes existaient essentiellement sous forme minérale (graphite, diamant), sous forme organique (tous les êtres vivants) et sous forme de CO2 dans l’atmosphère.

Le carbone sous forme minérale est stable et sa quantité n’a jamais vraiment évolué depuis la création de la planète. On peut donc sans scrupule se concentrer sur les atomes de carbones qui sont soit dans les êtres vivants (vous êtes essentiellement composés d’atomes de carbones), soit dans l’atmosphère sous forme de CO2.

Le cycle de la vie

Les plantes se nourrissent du CO2 de l’atmosphère pour capter le carbone qui leur permet de vivre. Elles rejettent ensuite l’oxygène excédentaire qui est pour elles un déchet. Séparer le CO2 en carbone et oxygène est une réaction endothermique qui demande de l’énergie. Cette énergie est fournie par le soleil grâce à la photosynthèse.

Les êtres vivants aérobiques, dont nous faisons partie, se nourrissent d’autres êtres vivants (plantes, animaux) afin de capter les atomes de carbone dont ils ont besoin. Ces atomes de carbones sont stockés et brûlés avec de l’oxygène afin de produire de l’énergie. Le déchet produit est le CO2. La combustion du carbone est une réaction exothermique, qui produit de l’énergie.

En résumé, vous mangez du carbone issu de plantes ou d’autres animaux, vous le stockez sous forme de sucre et de graisse et, lorsque votre corps a besoin d’énergie, ces atomes sont mis en réaction avec l’oxygène apporté par la respiration et le système sanguin. La réaction produit du CO2, qui est expiré, et de l’énergie dont une partie se dissipe sous forme de chaleur. C’est la raison pour laquelle vous avez chaud et êtes essoufflé pendant un effort : votre corps brûle plus de carbone qu’habituellement, il surchauffe et doit se débarrasser de beaucoup plus de CO2.

Un subtil équilibre

Comme on le voit, plus l’atmosphère va être riche en CO2, plus les plantes vont avoir de carbone à disposition et vont croître. C’est d’ailleurs une expérience simple : dans un environnement à haute teneur en CO2, les plantes sont bien plus florissantes.

Mais s’il y’a plus de carbone dans les plantes, il y’en a forcément moins dans l’atmosphère. Il s’ensuit donc une situation d’équilibre où le carbone capté par les plantes correspond à celui relâché par la respiration des animaux (ou par les plantes en décomposition).

Comme le CO2 est un gaz à effet de serre, cet équilibre carbone va avoir un impact direct sur le climat de la planète. Et, il y’a quelques milliards d’années, cet équilibre entraînait un climat bien plus chaud qu’aujourd’hui.

La fossilisation du carbone et le climat

Cependant, un processus a rompu cet équilibre. À leur mort, une partie des êtres vivants (cellules, plantes ou animaux) se sont enfoncés dans le sol. Le carbone qui les composaient n’a donc pas pu regagner l’atmosphère, que ce soit en se décomposant ou en servant de nourriture à d’autres animaux.

Sous le sol, la pression et le temps a fini par transformé ces cadavres en pétrole, charbon ou gaz naturel.

Toute cette quantité de carbone n’étant plus disponibles en surface, un nouvel équilibre s’est créé avec de moins en moins de CO2 dans l’atmosphère, ce qui entraina un refroidissement général de la planète. Cette ère glacière vit l’apparition d’Homo Sapiens.

L’évidence de la “défossilisation”

Si brûler du bois ou respirer sont des activités qui produisent du CO2, elles ne perturbent pas l’équilibre carbone de la planète. En effet, l’atome de carbone de la molécule de CO2 produite fait partie de l’équilibre actuel. Cet atome était très récemment dans l’atmosphère, a été capté par un être vivant avant d’y retourner.

Par contre, il parait évident que si on creuse pour aller chercher du carbone fossile (pétrole, gaz, charbon) pour le rejeter dans l’atmosphère en le brûlant, on va forcément augmenter augmenter la quantité totale de carbone dans le cycle de la planète et, de là, augmenter la quantité de CO2 dans l’atmosphère et donc la température. C’est la raison pour laquelle il est absurde de comparer les émissions de CO2 d’un cycliste et d’une voiture. Seule la voiture « défossilise » du carbone et a un impact sur le climat.

Un tel chamboulement pourrait être en théorie contrebalancé par une augmentation de la végétation pour absorber le CO2 en excédent. Malheureusement, ce changement est trop rapide pour permettre à la végétation de s’adapter. Pire : nous réduisons cette végétation, principalement via la déforestation en Amazonie.

Brûler des combustibles fossiles a donc un effet direct sur le réchauffement climatique. Si l’on brûlait toutes les réserves de combustible fossile de la planète, l’Antarctique fondrait complètement, la glace et la neige n’existerait plus sur la planète et le niveau des océans serait 30 à 40 mètres au dessus de l’actuel.

Mais alors, pourquoi un débat ?

Si les scientifiques sont absolument unanimes sur le fait que brûler des combustibles fossiles accentue le réchauffement climatique, cette vérité est particulièrement dérangeante pour le monde économique, qui vit littéralement en brûlant des combustibles fossiles.

Pendant un temps, l’idée a donc été émise que la planète était dans la phase de réchauffement d’un cycle naturel de variation du climat. Différents modèles se sont alors affrontés pour tenter de savoir quelle était la part de responsabilité humaine dans le réchauffement.

Mais force est de constater que ce débat est absurde. C’est comme si deux personnes au premier étage d’une maison en feu débattaient de l’origine de l’incendie : court-circuit accidentel ou acte criminel ? Il doit à présent vous sembler clair que brûler des combustibles fossiles accentue le réchauffement climatique, rendant la responsabilité humaine indiscutable.

Cependant, ces débats ont été exploités par le monde économique : « Regardez, les scientifiques ne sont pas d’accords sur certains détails du réchauffement climatiques. Donc le réchauffement climatique n’existe pas. »

Cette stratégie anti-scientifique est souvent utilisée : l’industrie du tabac, le scandale du Roundup, les créationistes. Tous prétendent que si les scientifiques sont en désaccord sur certains détails, on ne peut être certain et si on n’est pas certain, il faut continuer à faire comme avant. Au besoin, il suffit de graisser la patte à quelques scientifiques pour introduire le doute là où le consensus était parfait.

Contrairement aux créationistes ou à l’industrie du tabac, dont l’impact sur la planète reste relativement limité, l’ignorance dangereuse des climato-sceptiques sert les intérêts économiques du monde entier ! Ce faux débat permet à toute personne utilisant une voiture, à tout industriel brûlant des combustibles fossiles, à tout employé vivant indirectement de notre économie de se déresponsabiliser.

En résumé

Brûler des combustibles fossiles rejette dans l’atmosphère du carbone qui était auparavant inerte (d’où le terme fossile). Plus de carbone dans l’atmosphère entraîne un effet de serre et donc une augmentation de la température. C’est imparable et absolument indiscutable. Mais le climatosceptisme nous parle car il nous permet de nous déresponsabiliser, de ne pas questionner notre mode de vie.

Nous sommes dans une maison en feu mais comme certains pensent que le pyromane n’a fait qu’activer un feu qui couvait déjà, nous pouvons déclarer : c’est que l’incendie n’existe pas !

 

Photos par Lukas Schlagenhauf, US Department of Agriculture, Cameron Strandberg.

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