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La politique du doigt mouillé

lundi 26 octobre 2020 à 12:33

Ce que la crise du coronavirus exemplifie à l’extrême est un problème qui gangrène nos institutions depuis plusieurs années : le fait que les décisions sont prises à l’intuition par une minorité. Que la communication et l’affect aient désormais plus d’importance que la rationalité et les faits. Bref, que tout se décide désormais au doigt mouillé.

Contre cette tendance, les spécialistes et les scientifiques ne peuvent pas lutter. En effet, un véritable scientifique commencera toujours par affirmer qu’il y’a beaucoup de choses qu’il ne sait pas. Qu’il n’est certain de rien. Qu’il faut tester des hypothèses. Bref, qu’il faut faire preuve d’humilité.

Humilité qui nécessite une érudition, une expertise : la seule chose que je sais c’est que je ne sais rien. Humilité qui peut permettre de convaincre les individus, mais qui n’est malheureusement pas « médiatique ».

https://cenestquunetheorie.wordpress.com/2020/05/27/methode-4-lhumilite-epistemique-la-clef-pour-convaincre-ethiquement/

Au contraire, lorsqu’on n’a pas étudié un domaine pendant des années, il est tellement simple d’avoir l’impression que l’on sait, de confondre intuition, opinion et décision. De croire que la réalité se plie face à nos certitudes. La certitude est l’apanage des ignorants.

C’est, depuis des millénaires, le fonds de commerce des religions. Enseigner qu’une croyance a plus d’importance que l’observation de la réalité. C’est la raison pour laquelle j’affirme haut et fort que les discours « anti-science » et toutes les formes de foi sont d’une prétention infinie : cela revient à dire que l’on est détenteur d’une vérité unique et absolue. Bref que l’on est plus intelligent que tous les humains passés, présents et futurs.

https://ploum.net/la-science-na-pas-reponse-a-tout/

Cette perversion mentale est particulièrement flagrante chez les politiciens qui n’essaient même pas de prendre des décisions sensées, mais pour qui, de par le fonctionnement de nos démocraties, jaugent toute action à l’aulne de sa popularité, entrant de ce fait dans une boucle de résonnance avec leur propre public, attisant les idéologies extrêmes.

Cette victoire de l’idéologie sur la philosophie, nous en avons un exemple historique sous les yeux avec le déclin intellectuel de l’Islam aux alentours de l’an 1200. Alors que l’Europe nageait dans l’obscurantisme religieux, le monde arabe, concentré sur son expansion commerciale plutôt que militaire, brillait par ses philosophes, ses scientifiques. Jusqu’au jour où d’obscures sectes musulmanes ont pris le pouvoir et ont décidé que le Coran (où du moins l’interprétation qu’en faisait une clique de potentats) était la seule source de vérité.

https://www.thenewatlantis.com/publications/why-the-arabic-world-turned-away-from-science

La crise du coronavirus nous démontre à quel point nos politiciens sont, par construction de notre système, ineptes. Les réseaux sociaux les trompent en leur faisant croire qu’ils sont en contact avec la population, qu’ils comprennent les gens, qu’ils sont populaires. Ce mensonge n’est qu’un artefact technologique qui, sous prétexte d’optimiser les revenus publicitaires de quelques entreprises, enferme une minorité dans une bulle de résonnance hyperaddictive, mais décorrélée de la réalité.

https://ploum.net/le-mensonge-des-reseaux-sociaux/

Une réalité qui est qu’aujourd’hui encore, une quantité non négligeable de la population (principalement paupérisée et peu connectée) ne sait pas ce qu’est le covid. Bien sûr, on préfère oublier cela. La bulle médiatique n’est pas le reflet de la réalité, mais ses addicts, dont l’immense majorité des politiciens, tentent de transformer la réalité pour qu’elle corresponde à leurs croyances. Un phénomène qui n’est rien d’autre qu’une forme de religiosité, nourrissant l’idéologie plutôt que la raison.

Mais le coronavirus n’est qu’un révélateur. Et les politiciens ne sont qu’un exemple des plus extrêmes. Dans les entreprises privées, la majorité des managers et des CEO prend désormais des décisions intuitives, rapides et sans aucun moyen d’en mesurer les effets. Une mesure ne semble pas avoir l’effet escompté ? Plutôt que de la remettre en question on prend cela comme un signal qu’il faut l’appliquer encore plus fort. Un effet positif se dégage ? On prend cela comme un confirmation qu’il faut l’appliquer… encore plus fort.

Sans les réseaux sociaux et les médias de masse, les décisions devraient être pensées et réfléchies, car il serait hors de question de les modifier trop souvent. Nul n’est censé ignorer la loi. Chaque loi devrait donc également être diffusée, atteindre la population.

L’ère de la connexion donne aux politiciens la croyance qu’ils peuvent changer d’avis plusieurs fois par jour. Le nombre de likes leur fait croire qu’une multitude les soutient, que tout le monde est au courant. Pire : que pour continuer à être visible, il est souhaitable de changer les règlements régulièrement, d’apporter de la nouveauté.

Nous gérons nos pays et nos entreprises sur le modèle des sites web rentabilisés par la publicité : faire du clic, faire du buzz, faire de statistiques. Il n’est plus un commerce, plus une association qui ne cherche à optimiser son nombre de visiteurs et ses likes sur Facebook sans que cela soit positivement corrélé avec son chiffre d’affaires.

Les CEOs des très grosses entreprises n’ont d’ailleurs rien à craindre. Ils font tout pour ne pas mesurer l’impact de leurs décisions. La société fait de l’argent ? C’est grâce à eux et ils auront un bonus. La société n’en fait pas : c’est une mauvaise exécution des employés. Au pire, le CEO sera démis de ses fonctions avec un parachute doré. Il est désormais avéré que les CEOs ne font pas mieux que des décisions aléatoires. Leurs bonus mirobolants ne récompensent donc aucun risque, aucune compétence, mais sont de facto une rente sur le copinage.

Les scientifiques ne sont évidemment pas en reste. La recherche s’est transformée en une course à la publication. Les résultats incertains sont immédiatement transformés en titres sensationnalistes. Les codes sources sont très rarement partagés, la reproductibilité est nulle. Quand, tout simplement, l’idéologie ne prend pas le pas sur la méthode scientifique.

Exemple frappant : deux économistes à tendance très conservatrice ont choisi de démontrer que l’endettement d’un pays arrêtait sa croissance. Ce papier, incroyablement influent, inventa le concept d’austérité dont les Grecs et de nombreux Européens furent les victimes.

Mais afin d’établir le lien entre déclin de croissance et endettement, les auteurs se contentèrent d’établir une moyenne de plusieurs pays. Méthodologiquement, le principe de tirer une généralité sur une moyenne est complètement faux. Pour s’en convaincre, il suffit de s’imaginer que si Jeff Bezos rentre dans un stade bondé, chaque spectateur est en moyenne multimillionnaire.

La méthodologie est donc fausse. Mais même en l’admettant, le résultat ne démontre rien. En moyenne, les pays endettés de plus de 90% ont une croissance de près de 3%. C’est en revoyant les calculs que des chercheurs ont découvert qu’une erreur de la formule dans Excel ne prenait pas tous les pays en compte.

https://theconversation.com/the-reinhart-rogoff-error-or-how-not-to-excel-at-economics-13646

Mais nul ne s’est trop penché dessus, car, idéologiquement, la décision de l’austérité était intuitive. L’austérité ne fonctionne pas et n’est justifiée que par une erreur de calcul. On continue de l’appliquer car personne n’osera prendre la décision inverse.

Aujourd’hui, on découvre que la manière la plus efficace et la moins chère de lutter contre la pauvreté est de… donner de l’argent aux pauvres. De fournir un logement décent aux sans-abris. Cela fonctionne. Au Canada, une étude a montré que donner 7500$ à des sans-abris était en moyenne suffisant pour les tirer de la misère. Que ceux qui avaient reçu de l’argent dépensaient 34% en moins que les autres en drogues et alcools. Que ça coutait moins cher que de les héberger dans un centre.

https://edition.cnn.com/2020/10/09/americas/direct-giving-homeless-people-vancouver-trnd/index.html

Malheureusement, tout cela va à l’encontre de l’idéologie selon laquelle « tout salaire doit être mérité par un travail » (nonobstant le fait que les riches « font travailler leur argent »). Naïvement, on pourrait croire que lutter contre la pauvreté fait l’unanimité. Ce n’est pas le cas.

Les gauchistes et écologistes ne sont pas épargnés par ce misérabilisme intellectuel. Un exemple des plus frappants en est le rejet du nucléaire. Le nucléaire est, à ce jour l’énergie la plus propre, la plus sûre jamais inventée. L’effet nocif des radiations en cas d’accident est des millions de fois moins important que l’effet nocif, avéré et permanent, de la pollution de l’air par les centrales à charbon. Cependant, ces 20 dernières années, nous avons augmenté notre dépendance au charbon par simple rejet irrationnel du nucléaire. Et je n’aborde même pas la mouvance antivaccins.

Comme le résume Vaclav Smil : « Les gens n’ont rien à faire du monde réel ».

https://www.transitionsenergies.com/vaclav-smil-les-gens-nen-ont-rien-a-faire-du-monde-reel/

L’idéologie avant la raison et l’intuition avant les faits sont les pires des gestions. Le monde s’en accommodait grâce à une tendance naturelle au progrès. Mais la pandémie fait éclater au grand jour l’incompétence épistémique de nos institutions politiciennes.

Mais plutôt que de rejeter tout en bloc, de tomber dans le populisme, je vous invite à réfléchir à la voie de la modération. Oui, le port du masque partout est absurde. Mais le masque reste utile. Le couvre-feu est une atteinte à nos libertés. Mais peut-être que c’est une mesure qui peut avoir un impact important. Apprenons l’humilité que nos décideurs ne peuvent pas se permettre d’afficher.

Le 21ème siècle doit être le siècle de la prise de décision rationnelle et consciente. De l’acceptation que toute mesure doit être mesurée, doit être remise en question régulièrement et qu’il n’est pas de posture morale plus élégante pour un politicien que de dire « Je me suis trompé, changeons de cap ».

À ce titre, je me réjouis de lire « Vaincre les épidémies » de Didier Pittet et Thierry Crouzet.

https://tcrouzet.com/2020/10/22/la-voix-de-la-sagesse-dans-la-crise-covid/

Et n’oubliez pas que consulter les malheurs du monde en boucle peut avoir un impact néfaste sur votre santé. C’est justement ce qui arrive dans la dernière nouvelle (drôle) de Valéry Bonneau que je vous invite à lire en guise de conclusion.

https://www.valerybonneau.com/nouvelles-noires/tako-tsubo

Si nous pouvons retenir une chose des milliers de morts du Coronavirus c’est que la politique du doigt mouillé ne fonctionne pas et que les certitudes idéologiques sont les premières causes de mortalité et de souffrance. Que l’éducation est notre seul espoir. Que les immenses progrès scientifques et philosophiques de notre époque sont nés de la lecture des livres, pas des tweets.

https://www.calnewport.com/blog/2020/06/27/on-the-exceptionalism-of-books-in-an-age-of-tweets/

Vous savez ce qui vous reste à faire : coupez Facebook, Twitter et la presse. Entrez dans la résistance, ouvrez un livre !

Bonnes lectures et bonne semaine.

Photo by Karl JK Hedin on Unsplash

Je suis @ploum, ingénieur écrivain. Abonnez-vous par mail ou RSS pour ne rater aucun billet (max 2 par semaine). Je suis convaincu que Printeurs, mon dernier roman de science-fiction vous passionnera. Commander mes livres est le meilleur moyen de me soutenir !

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Ce texte est publié sous la licence CC-By BE.

Lectures 5 : lire, écrire, laisser des traces…

jeudi 15 octobre 2020 à 14:37

Quelques liens en lien avec ma quête d’écrire pour tracer ma voie, pour laisser ma trace. Mais au fond, quelles traces voulont nous laisser ?

Être écrivain

Orel Auwen m’a interviewé pour son blog. Au menu, quelques explications sur l’historique du projet Printeurs, sur ma vision de l’écriture, mais également sur les projets d’écriture que j’aimerais réaliser dans le futur. Si jamais vous connaissez un éditeur intéressé, faites-moi signe !

https://serveur410.com/ploum-transforme-des-billets-en-roman/

Je viens de terminer la toute dernière relecture sur épreuve de Printeurs. Et, c’est le cas de le dire, c’est éprouvant. Je touche mon rêve d’être écrivain. Et comme je le disais.

C’est lorsqu’on touche un de ses rêves du bout des doigts, lorsqu’il nous semble accessible qu’il nous apparait soudainement dans sa réalité crue, dans son imperfection.

https://ploum.net/le-cauchemar-dune-vie-de-reve/

Mais Margueurite Duras le dit beaucoup mieux que je ne le ferai jamais dans son livre « Écrire ».

Dans la vie, il arrive un moment, et je pense que c’est fatal, auquel on ne peut pas échapper, où tout est mis en doute : le mariage, les amis, surtout les amis du couple. Pas l’enfant. L’enfant n’est jamais mis en doute. Et ce doute grandit autour de soi. Ce doute, il est seul, il est celui de la solitude. On peut déjà nommer le mot. Je crois que beaucoup de gens ne pourraient pas supporter ça que je dis là, ils se sauveraient. C’est peut-être pour cette raison que chaque homme n’est pas écrivain. Oui. C’est ça, la différence. C’est ça la vérité. Rien d’autre. Le doute, c’est écrire. Donc c’est l’écrivain, aussi. Et avec l’écrivain tout le monde écrit. On l’a toujours su.

Le paradoxe académique

Encore un témoignage d’un universitaire qui a quitté le milieu académique. Mais cette fois-ci, ce n’est pas à cause de la surcharge administrative, c’est à cause de la « course à la publication ». Un témoignage qui illustre à quel point la motivation de publier peut aller à l’encontre des intérêts de la science.

https://reyammer.io/blog/2020/10/03/the-good-the-bad-and-the-bye-bye-why-i-left-my-tenured-academic-job/

Aventures

J’ai toujours autant de plaisir à lire les aventures cyclistes de Thierry. Et toujours aussi jaloux. Devrais-je écrire les miennes plus souvent ?

https://tcrouzet.com/2020/10/06/mini-aventure-teleportation-dans-laude-par-le-train/

Cela me rappelle cette réflexion que j’avais sur le besoin d’être dehors à l’heure où l’air conditionné a bouleversé le monde moderne :

https://ploum.net/la-boue-ou-lair-conditionne/

Mon besoin d’être dehors rentre malheureusement en conflit avec mon besoin d’écrire. C’est peut-être cela le secret de Thierry : il fusionne les deux activités. Il crée ses traces à vélo pour laisser sa trace.

Ergonomie et Bépo

Je n’ai vraiment commencer à écrire qu’après avoir appris le Bépo. Je peste chaque jour contre l’ergonomie des claviers de laptop. Je rêve d’un laptop ou d’un Freewrite avec un clavier orthogonal. Je ne suis pas le seul, mais certains vont vraiment très très loin dans leur recherche d’une solution idéale :

https://blog.scottlogic.com/2020/10/09/ergo-rabbit-hole.html

Pour ceux qui ne connaissent pas, j’avais raconté l’histoire du Bépo sur le Framablog en 2011 :

https://framablog.org/2011/12/19/bepo-clavier-libre-ploum/

Écologie et bagnoles

Honda annonce se retirer de la Formule 1 en 2021 pour consacrer ce budget à développer des technologies permettant d’arriver à la neutralité carbone. Il est vrai que la F1 n’est pas un sport très écologique (notez que, quand vous voyez le nombre de voitures et motos sur une course, le cyclisme professionnel ne l’est guère non plus).

https://arstechnica.com/cars/2020/10/honda-shocks-f1-says-it-will-quit-the-sport-after-2021/

Le spécialiste belge de la F1, Gaetan Vigneron, relativise l’annonce. Ce n’est pas la première fois que Honda quitte la F1 et l’annonce écologique n’est certainement que la façade marketing pour une décision politico-financière. Ceci dit, Gaetan Vigneron revient sur l’aspect écologique avec une phrase malheureuse qui en dit très long sur la psychologie d’une partie de sa génération :

Bien sûr c’est bien de lorgner vers les technologies du futur et la neutralité zéro carbone, mais tout cela ne va-t-il pas trop vite… (sic)

Non Monsieur Vigneron ! On ne peut pas aller « trop vite ». Il y’a une urgence absolue. Cette simple phrase renforce mon idée que la F1 reste un symbole de l’automobile machiste, virile et polluante. Elle doit changer rapidement ou disparaitre. Il y’a des traces qu’on aimerait ne pas laisser…

https://www.rtbf.be/sport/moteurs/f1/detail_formule-1-honda-tire-la-prise-une-bonne-chose-pour-personne?id=10599173

Mes recommandations BD

J’étais un peu effrayé par le pitch de « Traquemage », par Lupano et Relom. J’avais peur de tomber dans la parodie fantasy facile type Donjon de Naheulbeuk, genre propice aux blagues d’intiés et à l’humour scatologique. Mais Traquemage tient ses promesses : une véritable aventure contant les péripéties d’un jeune berger, de sa chèvre couillonne Myrtille et de Pompette, la fée alcoolique. C’est drôle, délirant, bien rythmé sans tomber trop souvent dans la facilité. Après deux albums, j’ai envie de savoir la suite !

Belle découverte également, « Soleil Froid », par Pécau et Damien. Une aventure post-apocalyptique en 3 volumes qui se passe dans une France ravagée par une grippe aviaire particulièrement mortelle. L’originalité est le parti pris délicieusement amoral et les décors familiers (pour une fois qu’on n’est pas aux États-Unis). Les personnages ne cherchent qu’une chose : survivre, peu importe le prix (la scène de l’hôpital est splendide de simplicité). La survie finira néanmoins par se transformer en quête, avec révélations et rédemptions finales qui rendent la facture de l’ensemble un peu plus classique, mais qui a le bon goût de se clôturer efficacement.

Enfin, j’ai finalement pris le temps de lire un classique qui encombrait ma liste de lecture depuis longtemps : « Aâma », de Frederik Peeters. Un chef-d’œuvre onirique, à mi-chemin entre les mondes d’Aldébaran et l’Incal. Comme toutes les œuvres de ce genre, Aâma souffre un peu vers la fin, lorsque la frontière entre l’onirisme psychédélique et le portnawak se brouille. À titre personnel, j’appelle ce moment fait de sensations pures dans lequel tombent énormément d’histoires de SF la « zone Jodorowsky ». Une zone dont Aâma se sort plutôt bien, conférant à l’œuvre globale une saveur toute particulière et un statut culte mérité.

Photo by RetroSupply on Unsplash

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Ce texte est publié sous la licence CC-By BE.

Devenir millionnaire en déplaçant la virgule du Bitcoin ?

lundi 12 octobre 2020 à 10:46

C’est une question que j’entends souvent lorsque je parle de cryptomonnaie : ne pourrait-on pas déplacer la virgule pour avoir plus de bitcoins ?

Peut-on déplacer la virgule du Bitcoin ? Oui !

Le code du logiciel Bitcoin étant Open Source, n’importe qui peut le modifier pour en déplacer la virgule. Il affichera alors que vous avez 100 ou 1000 bitcoins au lieu d’un seul. Bien entendu, il ne s’agit que d’un affichage. Au moment du premier paiement, seule la valeur originale sera comptée. Vous pouvez rajouter des zéros au crayon sur votre billet de 10€ et prétendre que vous avez 1000€. Mais le premier magasin venu vous ramènera à la réalité.

Il est par contre possible de se mettre d’accord pour que tous les utilisateurs du Bitcoin déplacent la virgule ensemble. C’est exactement ce qu’on fait les Français en 1958, en passant de l’ancien au nouveau franc (même si eux ont décidé de déplacer la virgule dans l’autre sens pour avoir moins de francs).

En juin 2011, je militais activement sur le célèbre forum Bitcointalk pour un déplacement de la virgule de trois décimales vers la droite. Un autre utilisateur, MoonShadow, lança même un sondage, mais, cette fois-ci, proposant un déplacement de la virgule de six décimales vers la droite. Notre raisonnement commun était clair : alors qu’un bitcoin vaut environ 10 dollars, si on déplace la virgule, il y’aura un effet psychologique de garder le « nouveau bitcoin » entre 1 et 10 dollars, augmentant la valeur de « l’ancien bitcoin ». Ce raisonnement très naïf se révèle entièrement faux, mais nous ne le savions pas.

https://bitcointalk.org/index.php?topic=13144.0;topicseen

Cependant, l’idée de déplacer la virgule n’était pas neuve. En avril 2009, Satoshi lui-même parlait déjà de bouger la virgule pour rendre l’unité bitcoin plus simple à échanger.

https://nakamotostudies.org/emails/satoshi-reply-to-mike-hearn/

Ce déplacement aurait-il changé les choses ?

Techniquement, il s’agissait en tout et pour tout d’afficher la virgule sur une autre place dans le logiciel. D’un point de vue du code, tout resterait exactement pareil. La seule différence étant que ceux qui possédaient un bitcoin en auraient désormais un million.

L’idée derrière cette réflexion était qu’en dépassant la valeur nominale de un dollar par bitcoin, l’usage du bitcoin risquait de devenir peu pratique pour les paiements courants. On se retrouverait en permanence à gérer de très petits nombres, de types 0,001 bitcoin.

Malgré l’avis initial de Satoshi et le soutien de la communauté de l’époque (plus de deux tiers des 150 participants à ce sondage ont répondu en faveur du déplacement de la virgule), les développeurs n’en ont pas tenu compte et le prix d’un bitcoin s’est envolé, atteignant 1000$ en 2013 et 19000$ en 2017 avant de revenir à 10000$ en 2020, suscitant un incroyable battage médiatique et un intérêt du grand public.

Dirigeons-nous un instant dans l’univers parallèle 40bz2. Dans cette galaxie, la virgule a bel et bien été déplacée. Ce n’est qu’une question d’affichage et tout le reste, absolument tout le reste est resté identique : les mineurs, les échanges, les altcoins. Une seule ligne dans un logiciel change l’affichage d’un chiffre. C’est tout !

Pourtant, ce simple déplacement de la virgule a entrainé des différences profondes. Malheureusement, la communication entre univers parallèles n’est pas parfaitement au point. L’image est floue. Tout au plus peut-on tenter de deviner. En 2011 et 2012, les premiers participants se sont retrouvés millionnaires en bitcoins. Le prix du bitcoin a peut-être monté un peu plus vite, atteignant 1$ pour 1000 bitcoins dès 2012. Par contre, les médias n’ont pas pu titrer sur le caractère « cher » ou « bon marché » d’un bitcoin. C’est trop petit, pas assez intéressant. La bulle est sans doute arrivée plus tardivement. Est-ce que le prix est monté plus fort ou moins fort ? Mon Einsteinphone ne permet pas de le dire.

Tout ce que l’on peut faire est revenir dans notre bon vieil univers familier.

Bitcoinnaires et millionnaires en satoshis

Tout naturellement, la communauté s’est adaptée et parle désormais de satoshis pour les transactions courantes. Le prix d’un bitcoin semble désormais beaucoup trop cher pour le grand public. À chaque conférence, je dois rappeler que l’on peut acheter des fractions de bitcoins, qu’il n’est pas nécessaire d’en acheter un entier. Je me retrouve également à expliquer que les prix d’un ether, d’un litecoin ou d’un bitcoin ne sont en rien comparables. Les modes d’émission de la monnaie sont très différents. L’important n’est pas le prix, mais la fraction de l’économie totale que vous achetez. Mathématiquement, le nombre de bitcoins ne pourra jamais excéder 21 millions. Le nombre d’ether n’est, lui, en théorie pas limité. Les deux économies sont donc complètement différentes. L’un n’est pas « plus cher » que l’autre.

Quoiqu’il en soit, mon espoir de devenir un jour millionnaire en bitcoins s’est bel et bien envolé. Il ne reste que la possibilité de devenir millionnaire en satoshis (il y’a 100 millions de satoshis dans un bitcoin, en octobre 2020, un million de satoshis coûtent donc 110$).

Peut-être que, dans pas tellement longtemps, on ne parlera plus de milliardaires ou millionnaires, mais de bitcoinnaires. Mais si, vous savez bien : ces personnes tellement riches qu’elles possèdent un bitcoin tout entier. Les veinardes !

L’idée n’est pas complètement saugrenue lorsqu’on sait que la limite théorique de 21 millions de bitcoins sera atteinte en 2140. Le nombre d’êtres humains possédant un capital d’au moins 1 million de $ (patrimoine immobilier compris) varie entre 20 et 35 millions selon les estimations. Cela signifie que si vous connaissez quelqu’un dont la fortune globale personnelle est au moins de 1 million de dollars, il fait partie des 35 millions les plus riches de la planète, les 0,5%. En Europe, près de 2,5% de la population est millionnaire.

En comparant les chiffres, on se rend compte que même si l’usage du Bitcoin était réservé aux millionnaires en dollars, il n’y aurait pas assez de bitcoins pour tout le monde. Pire, en tenant en compte des bitcoins irrémédiablement perdus, on arrive à moins d’un demi-bitcoin par millionnaire.

À ce titre, utiliser le mot « bitcoinnaire » pour désigner une personne très riche fera peut-être bientôt partie du vocabulaire courant. Ou peut-être que le Bitcoin aura rejoint depuis longtemps le cimetière des projets précurseurs inutilisés comme Napster. Bitcoin va-t-il disparaitre ou créer un monde de bitcoinnaires ? C’est la question à devenir bitconnaire, seul le futur nous le dira. 

Une chose est certaine : une simple virgule dans un logiciel peut changer le monde. En fait, elle l’a déjà fait.

Photo by Ramiro Mendes on Unsplash

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Lectures 4 : un tournant civilisationnel

vendredi 2 octobre 2020 à 18:09

Quelques liens en vrac que vous pouvez lire sans vous connecter aux réseaux sociaux. Je reçois de nombreux mails enthousiastes pour ce type de billets au format « brêves ». C’est donc un format qui semble apporter de la valeur, mais qui, ironiquement, n’a aucune chance de « faire le buzz ». Tant mieux, ce n’est pas ce que vous et moi cherchons. On n’est pas bien là, entre nous ? Au fait, vous préférez des billets plus courts et plus fréquents ? Ou on continue ?

Minimalisme numérique

J’en parle souvent, mais c’est important de ne pas l’oublier : même quand on ne les utilise pas, nos smartphones nous rendent bêtes. Le simple fait d’avoir un smartphone à portée de main nous déconcentre.

https://www.calnewport.com/blog/2020/09/22/do-smartphones-make-us-dumber/

Le problème chez les adultes, c’est que pour se concentrer, il faut induire un certain sentiment d’urgence, sentiment qui produit des hormones qui nous donnent envie de passer à l’action et donc de nous déconcentrer. Il faut apprendre à passer outre ce cap pour approcher la concentration profonde et efficace.

https://www.calnewport.com/blog/2020/09/29/on-the-neurochemistry-of-deep-work/

Un bon exemple en la personne de Trump. En analysant ses tweets, on peut découvrir qu’il dort de moins en moins longtemps et que cela a un impact direct sur… ses tweets eux-mêmes ! Moins il dort, moins ses tweets sont positifs et moins ils génèrent de l’engagement. Trump ne m’intéresse pas, mais on peut facilement généraliser cette observation à soi-même.

https://www.psychnewsdaily.com/analysis-of-trumps-tweets-show-hes-sleeping-less-and-getting-angrier/

Il faut dire qu’il y’a de quoi être énervé, car, quand on prend du recul, notre technologie mirobolante fonctionne mal. Très mal. Ça clignote partout, mais faîtes un peu l’exercice de noter tout ce qui « ne va pas » dans une journée. Je suis ingénieur en informatique et j’ai passé plus d’une heure de ma matinée à tenter de me connecter à un site du gouvernement avec ma carte d’identité électronique.

https://tonsky.me/blog/tech-sucks/

Ce n’est pas un hasard si je me tourne de plus en plus vers le minimalisme numérique.

https://ploum.net/series/distraction-free/

Mais je suis loin d’être le seul. Exemple très proche du mien avec l’écrivaine Florie Vine.

https://florieteller.com/minimalisme-numerique/

Personnellement, je tente de ne plus créer de compte nulle part, de les supprimer (je vous en reparlerai), de ne plus télécharger de logiciels, de réduire mes besoins. Malheureusement, ceux qui conçoivent certains de mes logiciels ne font pas toujours pareil. Mozilla est actuellement sur la sellette. Alors que Firefox dégringole dans les parts de marché, que les seules sources de revenus proviennent, indirectement, du capitalisme de surveillance, le salaire des exécutifs n’a fait qu’augmenter. Comme dans les banques.

http://calpaterson.com/mozilla.html

Fierté

Beaucoup d’écrivains ont des pages Wikipédia. Mais combien sont cités dans les exemples du Wiktionnaire ? J’ai découvert que j’en fais partie. J’en suis très fier.

https://fr.wiktionary.org/wiki/salvation

Imaginaires & Vélo

J’aime beaucoup les nouvelles noires de Valéry Bonneau. Du coup, j’ai été content de découvrir qu’il sortait un recueil papier. Pas forcément pour les relire immédiatement, mais parce qu’elles méritent une place dans ma bibliothèque. Souvenez-vous d’Umberto Eco : une bibliothèque n’est pas la liste de ce qu’on sait, c’est une mine de ce qu’on ne connait pas encore.

https://www.valerybonneau.com/bibliographie/dans-la-foule-nouvelles-noires-pour-se-rire-du-desespoir-volume-5

Et même si je ne suis pas fan du format podcast, je n’ai pas pu résister de contribuer modestement au projet d’Antoine et Léa.

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/nos-spheres-le-podcast-qui-interroge-nos-imaginaires-sociaux-et-politiques/tabs/description

Thierry Crouzet a organisé un tour en vélo de l’Hérault au mois d’avril. J’avais très envie de participer, mais le covid est passé par là. Finalement, ils ont été deux à le faire en septembre. Et c’est un régal à lire.

https://tcrouzet.com/2020/09/28/bikepacking-dans-la-tourmente/

Un régal et à la fois une frustration intense de ne pas avoir été présent. Mon expérience de 2019 me donne encore des fourmis dans les jambes. Je ne sais pas encore comment ni où ni avec qui, mais, en 2021, j’espère remettre le couvert.

https://ploum.net/de-la-mediterranee-a-latlantique-en-vtt/

J’avais séparé les sections « Imaginaires » et « Vélo ». Puis je suis retombé sur ce billet de Thierry :

https://tcrouzet.com/2019/02/15/le-velo-comme-ecriture/

Effondrement

Le problème du Covid ne serait pas la contagiosité, mais la variabilité de cette contagiosité. Les mesures à prendre pour une maladie à contagiosité variable sont très différentes. Continuez à éviter les réunions de famille, les sorties cinéma et les restaurants bondés.

https://www.theatlantic.com/health/archive/2020/09/k-overlooked-variable-driving-pandemic/616548/

De toute façon, si vous craignez un effondrement civilisationnel, j’ai une bonne nouvelle. Il ne va pas arriver. Nous sommes tout simplement en plein dedans. Avec de la chance, on y survit.

https://gen.medium.com/i-lived-through-collapse-america-is-already-there-ba1e4b54c5fc

Pour maximiser nos chances de survies, cependant, il faut peut-être accepter de prendre des décisions rationnelles. Notamment sur le fait que l’énergie nucléaire est la plus propre, la plus sûre et la plus efficace que nous ayons sous la main. Et que les radiations sont certainement beaucoup moins dangereuses que ce l’on peut croire.

https://www.bbc.com/news/science-environment-54211450

Journalisme

Le procès pour l’extradition de Julian Assange est l’occasion de condamner le fait de… faire du journalisme, tout simplement.

https://www.jonathan-cook.net/blog/2020-09-22/guardian-silent-assange-trial/

Le tout en l’accusant de broutilles techniques parce qu’il n’y a pas grand-chose d’autre dont on peut accuser Assange sans immédiatement accuser l’ensemble de la profession des journalistes.

https://dissenter.substack.com/p/prosecutors-password-cracking-conspiracy

Aucun média ne prend la défense d’Assange. Normal, les « journalistes » modernes sont désormais payés par les subventions publiques et par les grands groupes industriels.

https://ploum.net/la-mort-de-la-presse-tant-mieux/

L’imprimerie

Dans un billet que j’estime extrêmement important, je défendais l’idée selon laquelle l’imprimerie était un véritable tournant civilisationnel.

https://ploum.net/il-faudra-la-construire-sans-eux/

C’est avec surprise que j’ai découvert, au détour d’un roman très célèbre, que je bredouillais des idées défendues avec autrement de talent par un illustre prédécesseur. Je vous laisse deviner :

Chapitre 2 : Ceci tuera cela

À notre sens, cette pensée avait deux faces. C’était d’abord une pensée de prêtre. C’était l’effroi du sacerdoce devant un agent nouveau, l’imprimerie. C’était l’épouvante et l’éblouissement de l’homme du sanctuaire devant la presse lumineuse de Gutenberg. C’était la chaire et le manuscrit, la parole parlée et la parole écrite, s’alarmant de la parole imprimée ; quelque chose de pareil à la stupeur d’un passereau qui verrait l’ange Légion ouvrir ses six millions d’ailes. C’était le cri du prophète qui entend déjà bruire et fourmiller l’humanité émancipée, qui voit dans l’avenir l’intelligence saper la foi, l’opinion détrôner la croyance, le monde secouer Rome. Pronostic du philosophe qui voit la pensée humaine, volatilisée par la presse, s’évaporer du récipient théocratique. Terreur du soldat qui examine le bélier d’airain et qui dit : La tour croulera. Cela signifiait qu’une puissance allait succéder à une autre puissance. Cela voulait dire : La presse tuera l’église.

[…]

L’invention de l’imprimerie est le plus grand événement de l’histoire. C’est la révolution mère. C’est le mode d’expression de l’humanité qui se renouvelle totalement, c’est la pensée humaine qui dépouille une forme et en revêt une autre, c’est le complet et définitif changement de peau de ce serpent symbolique qui, depuis Adam, représente l’intelligence.

[…]

En même temps que les arts, la pensée s’émancipe de tous côtés. Les hérésiarques du moyen âge avaient déjà fait de larges entailles au catholicisme. Le seizième siècle brise l’unité religieuse. Avant l’imprimerie, la réforme n’eût été qu’un schisme, l’imprimerie la fait révolution. Ôtez la presse, l’hérésie est énervée. Que ce soit fatal ou providentiel, Gutenberg est le précurseur de Luther.

Vous avez bien entendu reconnu la plume de Victor Hugo dans « Notre-Dame de Paris ». Je ne résiste pas à vous donner un dernier extrait, issu du chapitre : « Gringoire a plusieurs bonnes idées de suite rue des Bernardins ».

– Qu’avez-vous donc tant qui vous attache à la vie ?
– Ah ! mille raisons !
– Lesquelles, s’il vous plaît ?
– Lesquelles ? L’air, le ciel, le matin, le soir, le clair de lune, mes bons amis les truands, nos gorges chaudes avec les vilotières, les belles architectures de Paris à étudier, trois gros livres à faire, dont un contre l’évêque et ses moulins, que sais-je, moi ? Anaxagoras disait qu’il était au monde pour admirer le soleil. Et puis, j’ai le bonheur de passer toutes mes journées du matin au soir avec un homme de génie qui est moi, et c’est fort agréable.

Je vous souhaite le même bonheur que Gringoire, d’excellentes lectures et un bon week-end !

Photo by Pedro Lastra on Unsplash

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Comment j’ai fui le flux pour retrouver ma boîte

lundi 28 septembre 2020 à 14:57

Nous interagissons avec l’information de deux façons : à travers une boîte, inbox, ou un flux. Mais le choix de ce mode d’interaction est loin d’être anodin !

Historiquement, nos interactions avec l’information se sont modelées sur celles du monde physique. L’information arrive dans une boîte que nous devons vider régulièrement. La fameuse inbox. Tout ce qui arrive dans une boîte doit être traité, même si cela est fait rapidement.

Il suffit de penser à une boîte aux lettres : si on ne la vide pas régulièrement, elle déborde et cesse de remplir son office. La boîte aux lettres remplie informe d’ailleurs le facteur et les voisins que le courrier délivré n’a plus d’effet.

En conséquence, le fonctionnement en boîte demande une certaine rigueur et régularité. Jusqu’au début du 21e siècle, le fonctionnement du courriel était similaire.

Cependant, deux innovations font subitement perturber cet état de fait. La généralisation du spam et l’apparition de GMail, offrant 1 Go d’espace pour nos emails là où les fournisseurs traditionnels oscillaient entre 10Mo et 100Mo.

Ces deux innovations combinées vont rendre le fait de vider sa boîte mail de plus en plus difficile, mais, surtout, de moins en moins nécessaire.

L’apparition du flux

Si la quantité d’informations est telle qu’il est impossible de la traiter, un nouveau paradigme mérite d’être exploré. Ce paradigme, popularisé par Facebook et Twitter à quelques mois d’écarts en 2006, c’est le flux.

Contrairement à la boîte, les éléments ne s’entassent pas dans le flux. Ils ne font que passer. Le flux donne une impression d’inéluctabilité, de soulagement. Avec le flux, je ne dois pas tout traiter, car c’est impossible. Je peux me contenter de picorer, de m’abreuver selon mon envie. Du moins, en théorie.

Le flux ne demande plus de rigueur, plus de volonté.

Le modèle est tellement puissant que le succès des messageries reposant sur ce concept est immédiat (Whatsapp, Messenger, Telegram et d’autres). On ne reçoit plus un message. On consulte une discussion infinie et permanente qu’on ne peut plus quitter.

Si l’avantage du flux est qu’il n’oblige pas de traiter l’information de manière structurée, qu’il permet d’être passif, son désavantage est qu’il oblige à être passif, qu’il empêche d’être structuré. Toute personne souhaitant reprendre le contrôle sur les informations qu’elle reçoit se voit noyée. Si le flux voulait nous libérer de devoir en permanence vider nos boîtes, il est impossible d’en décrocher. Il est permanent, il nous enchaîne et souligne toute l’information qui nous échappe.

La tentation de reprendre le contrôle

Le flux est infini. Il souligne donc l’infinité d’informations qui aurait pu nous être utile, nous amuser, nous intéresser. Il ne nous permet pas de dire « J’ai traité tout mon courrier, j’ai lu tout mon journal ». Il crée une angoisse permanente de rater des opportunités (FOMO, Fear Of Missing Out).

Pour certains, la solution est de continuer à suivre le flux jusqu’au moment où l’on retrouve une information connue. Cela revient à se surcharger mentalement pour tenter d’utiliser le flux comme une boîte.

Outre la surcharge mentale et le stress que crée ce mode d’utilisation, il a également le défaut de n’être plus applicable dès le moment où les créateurs du flux décident de rendre ce dernier imprévisible. Il est prouvé qu’une dose d’aléatoire est extrêmement addictive. Cerise sur le gâteau, sous couvert d’aléatoire il est désormais possible de personnaliser les informations que chacun va trouver dans son flux.

Alors que l’utilisateur naïf croit picorer dans une rivière, s’abreuver à une fontaine infinie de sérendipité, il rend en fait son jugement disponible à des algorithmes qui choisissent expressément ce qui a le plus de chances de le faire rester sur le site, de le faire réagir voire de le rendre plus sensible à la publicité d’un annonceur.

Le retour à la boîte

Après plus d’une décennie à tenter de transformer mon univers informationnel en un flux, je ne peux que constater l’étendue des dégâts. Le retour à la boîte n’est pas seulement souhaitable, il m’est indispensable. C’est une question de survie.

Certes, la boîte nécessite une rigueur. Une rigueur qui devient vite une habitude, un réflexe. Trouvez-vous difficile de vous assurer que votre boîte aux lettres physique ne déborde pas ? Et bien ce n’est pas plus difficile avec la boîte aux lettres virtuelles une fois que la machine est enclenchée.

Si une boîte mail contient 3432 mails avec un subtil jeu de lu/non lu et d’étoiles pour savoir ce qui est important et ce qui ne l’est pas, ce n’est plus une boîte, c’est devenu un flux. En étant très strict avec mon inbox 0, ma boîte mail est une réelle boîte qui m’a redonné le plaisir de communiquer par mail.

En ce qui concerne les informations que je souhaite consulter, les articles que je souhaite lire, j’utilise le RSS. Si l’on parle souvent de « flux RSS », le nom est trompeur. Tout comme l’email, le RSS apporte des éléments dans une de mes boîtes, mon lecteur RSS.

Le fait de garder séparées mes boîtes informationnelles « mail » et « RSS » a plusieurs avantages. Premièrement, je sais que ce qui est dans le RSS n’est pas urgent. Je peux ne pas le consulter si je n’en éprouve pas l’envie. Deuxièmement, je sais que ce n’est pas important. Si mon lecteur RSS déborde, par exemple au retour de vacances, je peux tout marquer comme lu sans arrière pensée. Enfin, là où le mail me force (et c’est une bonne chose) à prendre une action, le simple fait de lire un élément de mon lecteur le fait sortir de ma boîte. Le lecteur RSS se vide donc très rapidement en appuyant sur la touche « J » (raccourci pour « élément suivant » dans flus.io).

Si je ne peux pas « perdre » un élément passé dans mon flux RSS, je le rajoute dans Pocket. Pocket qui est mon inbox d’articles à lire. Une de plus.

D’ailleurs, dans un monde parfait certains flux RSS arriveraient directement dans Pocket, car je sais que je ne veux en rater aucun article. J’ai tenté de le faire avec Zappier, mais ce ne fut guère concluant.

En résumé, je dispose d’une boîte mail qui est importante et urgente, d’une boîte RSS qui n’est ni importante ni urgente et d’une boîte Pocket qui est importante, mais pas urgente.

Et les flux dans tout ça ?

Je cherche désormais à fuir les flux comme la peste. Si je veux suivre un compte Twitter, je le fais via Nitter dans mon lecteur RSS. Idem pour les comptes Mastodon. Je reste néanmoins exposé aux flux sur Whatsapp, Signal et pour les interactions sur Mastodon.

Je rêve de me débarrasser totalement des flux.

Mais cela n’est pas sans conséquence. Car les boîtes se vident. Et une fois mes boîtes vides, je suis confronté à ce que le flux tente de nous ôter : la solitude, la clarté d’esprit voire l’ennui. Un ennui salutaire qui n’est pas toujours facile alors qu’une partie de mon cerveau réclame à grands cris des gratifications rapides que seul le flux peut m’apporter.

Photo by Abdulla Abeedh on Unsplash

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