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Soirée mousse et marché fantôme au ministère de l’intérieur

lundi 6 juillet 2020 à 15:41

Le ministère refuse de communiquer les conditions d'un marché pour des visières

Si ce n'est pas pour relayer la communication gouvernementale, inutile d'interroger la plupart des ministères. Les services de presse ne répondent pas.

Site du ministère de l'Intérieur - Copie d'écran

C’est l’histoire d’une entreprise française qui a reçu une couverture médiatique conséquente. JPJ Mousse. Articles dans la presse locale, nationale, la télévision s’intéresse même à elle, visite du député, tweet du député… Tout le monde célèbre ce fabriquant de mousse de protection qui pendant la pandémie, a fabriqué des visières et en a notamment vendu au ministère de l’intérieur pour protéger les assesseurs pendant le second tour des élections municipales.

Tweet du député de l'Yonne - Copie d'écran
Tweet du député de l'Yonne - Copie d'écran

Mais lorsque l’on demande dans quel cadre s’est faite cette vente, tout le monde se mure dans le silence. Secret-défense ? Le montant impose un marché public et la publicité du résultat. Mais dans le cadre de la pandémie il est possible que cet achat ait fait l'objet d'un contrat de gré à gré, souligne Frédéric Allaire, professeur de droit public que nous avions consulté pour notre documentaire Radar, la machine à cash. Mais pourquoi le ministère de l'intérieur refuse-t-il de l'indiquer ? Mystère. Cela devient une habitude, les services de presse des ministère sont devenu des machines à relayer une communication gouvernementale et ne répondent plus aux questions qui ne la servent pas. « Envoyez un mail, on vous répondra »... Mais « on » ne répond quasiment jamais...

Le site de JPJ Mousse et les articles racontant sa belle histoire mentionnent un appel d’offres du ministère de l’Intérieur. De fait, à un peu plus de 5 euros la visière ou, au prix le...

Les Ouïghours suivis à la trace

vendredi 3 juillet 2020 à 15:52

Une société de sécurité informatique a analysé la campagne de surveillance conduite par le gouvernement chinois

Ils ont pour nom SilkBean, DoubleAgent, CarbonSteal ou GoldenEagle. Ces outils de surveillance ont été intégrés dans près de 1600 applications destinées aux smartphones. Ils ciblent principalement les Ouïghours mais aussi les arabophones.

L'infrastructure

On peut toujours s’interroger sur les motivations profondes d’une entreprise de sécurité informatique qui pointe l’utilisation de logiciels espions par des Etats. Mais l’information n’en reste pas moins intéressante. Lookout, une entreprise spécialisée dans la sécurité des mobiles pour les entreprises et les particuliers, vient de révéler les outils de surveillance utilisés par le gouvernement chinois pour surveiller la minorité musulmane Ouïghour. Lookout s’était déjà fait remarquer pour avoir affirmé en août 2016 en partenariat avec Citizen Lab que le virus nommé Pegasus concocté par la firme israéliene NSO Group Technologies avait été utilisé pour attaquer le militant des droits de l'homme émirien Ahmed Mansoor.

Lookout a cette fois découvert quatre outils de surveillance utilisés par le gouvernement chinois depuis 2013. La surveillance de masse des Ouïghours a démarré en 2012. Si elle vise d’abord la population en Chine, Lookout a détecté des outils dans des téléphones en Turquie, en Egypte, en Allemagne, en Suède, mais aussi en France. Si la campagne vise massivement les téléphones sous Android, les outils peuvent aussi infecter des systèmes sous Mac OSX et Windows.

Malwares cachés dans des applications légitimes

La méthode pour infecter les téléphones mobiles est toujours la même: les malware sont cachés dans des applis que l’utilisateur va télécharger sur des stores parallèles. Quatre familles de malware (SilkBean, DoubleAgent, CarbonSteal et GoldenEagle) ont...

5G : la Chine, cet ogre qui veut manger notre souveraineté nationale

jeudi 2 juillet 2020 à 13:00

Pékin effraye beaucoup plus que Washington

Le méchant Huawei pourrait bien placer des backdoors dans ses équipements 5G et mettre en danger la souveraineté nationale, s'inquiètent des responsables français. Mais l'inquiétude n'est pas si forte lorsque c'est la NSA qui produit des outils de cryptographie pour nos militaires...

Huawei - Copie d'écran

Thierry Breton, le commissaire européen qui n'aime pas les situations de monopole l'a clairement indiqué au Monde en janvier dernier : Huawei peut venir proposer ses équipements 5G en Europe, mais nous serons très attentifs parce que le gouvernement Chinois pourrait bien être en embuscade et accéder à toutes nos précieuses données.

Dans cette interview, Thierry Breton commence par dresser l'habituel tableau inquiétant de la cyber-guerre et des invasion précédées par des cyber-attaques. Le F.U.D. classique, cuvée 1996. Rien de neuf sous le cyber-soleil :

« Dans ce contexte, vous comprenez que les opérateurs télécoms ne doivent pas sélectionner des fournisseurs à risques, qui pourraient permettre à un Etat, par exemple, de prendre la main sur les sites stratégiques que sont les capitales, les endroits abritant une activité militaire intense ou une centrale nucléaire. Dans ces zones, on peut avoir des règles plus strictes qu’ailleurs».

OK... Les chars chinois pourraient donc être précédé de dangereux paquets UDP tout rouges. Mais, demande Le Monde, qu’est-ce qu’un fournisseur à risque ?

« Cette notion a été définie par les Vingt-Sept. Il s’agit, par exemple, d’une société qui dépend fortement d’un Etat, ou qu’un Etat peut obliger à divulguer les données de ses clients. Aux Etats-Unis, le Cloud Act de 2018 permet à la justice d’accéder aux données que détient une entreprise partout dans le monde dès lors que celle-ci a des activités américaines. La Chine va bien...

La politique d’avant au secours du monde d’après

vendredi 26 juin 2020 à 10:41

Lionel Jospin à Paris et à La Rochelle, partout et en même temps…

Si loin des yeux, mais tellement près des urnes, Monsieur Lionel Jospin est sorti de son long silence pour épauler deux de ses anciens camarades de parti. Pour un peu, ça nous réchaufferait notre petit cœur d’électeur toutes ces histoires de vieux potes…

Lionel Jospin au service du Maire de la Rochelle - Copie d'écran

Un texto bien senti pour la Capitale, et une interview rondement menée à La Rochelle : cela faisait bien longtemps que M. Jospin n’avait pas été aussi disponible pour exprimer ses sentiments personnels face caméra. Ces deux « cartes postales » teintées de franche cordialité furent envoyées simultanément, l’une à Paris à l’adresse de Madame Hidalgo, l’autre à La Rochelle à l’intention de M. Fountaine. Tous deux maires sortants de leur ville respective et également soumis au verdict des prochaines triangulaires.

C’est donc via son compte Twitter que Madame Hidalgo s’est chargée de faire publiquement connaitre les intentions de vote de M. Jospin. Le texte est langoureux dans la forme et sans équivoque sur le fond:

« Chère Anne, je serai absent de la capitale le dimanche 28 juin. J'ai naturellement donné procuration pour voter en faveur de la liste que tu présentes dans mon arrondissement. Tu as mon plein soutien pour cette élection municipale. Amicalement à toi, Lionel Jospin ».

Touchée par l’émotion, la chère Anne a aussitôt répondu au cher Lionel :

« Merci cher Lionel Jospin pour ton soutien fidèle et précieux que tu viens de m'adresser. C'est pour moi un grand honneur »

Alors bien sûr le soutien d’un parti, d’une tête de liste, ou d’un programme fait partie du jeu politique depuis la nuit des temps, mais ces deux bons amis ont-ils vraiment bien perçu l’impact que peuvent avoir les réseaux sociaux sur les mentalités ? Et en avouant aujourd’hui si publiquement...

FMI : les projections sont encore plus alarmantes

jeudi 25 juin 2020 à 12:13

Il n'y a jamais eu une telle crise économique

Dans son rapport "Perspectives de l'économie mondiale", le Fonds monétaire international revoit ses prévisions d'avril et s'alarme un peu plus. La crise est terrible et ce sont les ménages les plus pauvres qui en souffriront le plus.

Prévisions économiques du FMI pour le monde (Juin 2020) - Copie d'écran

L'introduction du rapport publié le 24 juin par le Fonds est aussi clair que désespérant : « Selon les projections, le PIB mondial devrait se contracter de 4,9 % en 2020, c’est-à-dire de 1,9 points de pourcentage de plus que ce qui était prévu dans les Perspectives de l’économie mondiale (PEM) d’avril 2020. La pandémie de COVID-19 a eu un impact négatif plus important que prévu sur l’activité au cours du premier semestre 2020, et la reprise devrait être plus progressive que ce à quoi on s’attendait. En 2021, la croissance mondiale devrait atteindre 5,4 %. Globalement, le PIB de 2021 devrait donc se retrouver quelque 6 points de pourcentage au-dessous du niveau envisagé par les projections établies en janvier 2020, avant la pandémie de COVID-19. L’impact négatif sur les ménages à bas revenus est particulièrement sévère, et pourrait compromettre les progrès considérables qui ont été accomplis en matière de réduction de l’extrême pauvreté dans le monde depuis les années 90 ».

Ce qui frappe dans le document de l'institution, c'est que, comme tous les discours politico-économiques liés à cette crise de la part des exécutifs, l'accent est mis sur les solutions budgétaires, sur l'argent magique injecté par les banques centrales. Le FMI rappelle que les pays ont globalement mis en place des aides budgétaires d'un montant de 11.000 milliards de dollars. Une paille. Les ménages font cependant office de grands oubliés. Pour eux, rien. Si. L'habituel...