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Covid – Où sont les doses de vaccin ?

vendredi 15 janvier 2021 à 16:34

Les hôpitaux parisiens ont frôlé la rupture

Le gouvernement a répété qu'on disposait déjà de 1,15 million de doses, sur lesquelles seules quelque 300 000 utilisées. Pourtant, il arrive que certains hôpitaux, comme à Paris, soient déjà en tension en termes d'approvisionnements. En outre, de 10 millions de doses de vaccin, on n'en espèrerait plus que 4 millions à la fin février. Décryptage.

Conférence de presse

En manque déjà le week-end dernier, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), le groupe hospitalier dit pivot en charge de fournir les doses de vaccin contre la Covid aux hostos et certains Ehpads des départements 75 (Paris) et 92 (Hauts-de-Seine), a bien cru se retrouver de nouveau en rupture, avec cette fois une vraie menace sur « les rendez-vous déjà pris », fulmine un pharmacien du groupe. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la direction a pris la décision, relayée par France Inter le jeudi 14 janvier, de réduire la vaccination des soignants pour sécuriser les doses pour les plus de 75 ans... Avant de rétropédaler.

Grâce à l’arrivée de « 5 000 doses supplémentaires d’ici le week-end », il n’y aura pas de « freinage sur la vaccination de celles et ceux qui sont dans les catégories autorisées à se faire vacciner », a rassuré Martin Hirsch, le directeur général de l'Assistance publique, quelques heures plus tard. Mais en coulisses, c'est toujours l'angoisse : « On est au courant de rien, on n'a aucune visibilité sur les livraisons, c’est le bordel partout, tout le temps, et c'est parti pour durer ! », nous explique le pharmacien. « Et là, sur ordre, parait-il, du Premier ministre, on nous a demandé de réserver les quelques doses restantes pour l’ouverture des centres vaccinaux et faire plaisir aux maires qui s’en occupent ! Mais bien sûr ça nous tombe dessus au dernier moment, et c’est la panique pour nos plannings. Je n’ose même pas penser...

La technologie est-elle à la source de la destruction de l'esprit critique ?

mercredi 13 janvier 2021 à 17:00

A l'attention des générations futures...

« Il n'y a personne de plus documenté que moi sur ce sujet ! » Evidemment puisqu'il y a des millions de documents accessibles via Internet sur tous les sujets et qu'Internet est accessible à tous. Oui, mais... Et si la technologie qui sous-tend le réseau participait à nous rendre plus idiots ?

Le film Idiocracy dépeint une humanité abêtie

A ma gauche, les jeunes. Ils sont super au point sur tous les sujets de société. Ils ont réponse à tout, à tel point que l'on pourrait presque discerner dans leurs discours des « éléments de langage » s'il y avait un leader quelque part. A ma droite, les complotistes de tous poils, QAnons, Trumpistes ou membres de la fachosphère franchouillarde. #NousSachons ! #SayUnComplot... Au milieu, les militants de tous poils. Ils ont tous tout lu et son incollables. Internet est une source de savoir sans fin pour qui a soif de connaissance et c'est accessible sans filtre. Enfin ! Nous allons tous être éveillés. Enfin, nous prendrons des décisions en conscience, nous nous auto-déterminerons ! Gutenberg et son imprimerie n'ont qu'à bien se tenir : nous avons les Internets.

Certains jeunes, certains militants et certains complotistes sont déjà en train de cataloguer l'auteur de ces lignes dans la catégorie « vieux con ». Con, je ne sais pas, mais vieux, chaque jour un peu plus, oui. Il n'y a pas que de mauvais côtés à être vieux. Cela donne une perspective historique. Cela permet de replacer les événements dans un contexte large. De prendre du recul. D'interroger les faits au regard de l'expérience. Et comme certains me désignent comme un dinosaure du Net, je vais essayer de regarder les choses avec un peu de recul historique et technique. Car à bien y regarder, avec une vision un peu technologique et non pas simplement sociétale, il n'est pas...

Prise illégale d’intérêt : une information judiciaire contre Eric Dupond-Moretti

samedi 9 janvier 2021 à 00:48

Le garde des sceaux dans une situation de plus en plus intenable

Anticor, le Syndicat de la magistrature et l’Union syndicale des magistrats avaient porté plainte contre le ministre de la justice. La commission des requêtes de la Cour de Justice de la République ordonne l'ouverture d'une information judiciaire.

Éric Dupond-Moretti, avocat français, en 2018 - Librairie Mollat - Wikipedia - CC BY 3.0

Pour les plus vieux, c'est un peu comme un retour en Chiraquie... Un chef de l'État qui se veut à la tête du parti de l'ordre, de la morale et qui se retrouve chef, ou gourou, d'un clan dans lequel le nombre de brebis galeuses va dangereusement croissant. Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, l'un des plus proches d'Emmanuel Macron est l'objet d'une enquête sur un éventuel conflit d'intérêts professionnel avec l'armateur MSC. Son rôle dans l'affaire Benalla a également été questionné. Alexandre Benalla... L'ancien garde du corps du président et sa propension à se faire passer pour un policier pour taper sur les manifestants, cristallise à lui tout seul toute la relation de la présidence Macron à la Justice et à la séparation des pouvoirs : « qu'ils viennent me chercher », avait-il lancé bravache à ses troupes. La liste est longue. Jean-Paul Delevoye, Laura Flessel, François de Rugy, Richard Ferrand, Muriel Pénicaud, Françoise Nyssen, Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur soupçonné de viol... Cette fois, c'est le ministre de la justice lui-même qui est visé. Et la Justice, justement, a décidé de se pencher sur le cas de son propre ministre, ce qui finalement, en dit long sur l'état du pouvoir exécutif. Il y a là un message qui est envoyé.

Le parquet général de la Cour de cassation a annoncé vendredi 8 janvier que la commission des requêtes de la Cour de Justice de la République avait ordonné...

Alicem : l'État choisit la sécurité par l'obscurité

vendredi 8 janvier 2021 à 19:53

Le code permettant une authentification certifiée restera secret

Notre demande CADA pour accéder au code source de l'application Alicem a été rejetée. L'État souhaite jouer la sécurité par l'obscurité sur un produit essentiel permettant l'authentification certifiée de l'identité des français via leur smartphone.

Installation interactive Assemblée redondante à Montréal (2015) - Rafael Lozano-Hemmer - Wikipedia - CC BY 2.0

Si l'on en croit le ministère de l'intérieur, Alicem est « la première solution d’identité numérique régalienne sécurisée (...) développée par le ministère de l’Intérieur et l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) [elle] permet à tout particulier, qui décide de l'utiliser, de prouver son identité sur Internet de manière sécurisée, à l’aide de son smartphone et de son passeport ou de son titre de séjour. » Pour attester de l'identité d'une personne, Alicem repose notamment sur la reconnaissance faciale, une technologie qui fait débat en matière de sécurité informatique. Sachant que le code produit par l'État est communicable, nous avions demandé au ministère de l'Intérieur de nous fournir le code source d'Alicem. Notre demande était restée sans réponse.

Nous nous étions tournés en janvier 2020 vers la La Commission d’accès aux documents administratifs (CADA).

De manière plutôt inhabituelle, la CADA ne nous a jamais répondu directement. C'est un avocat qui a repéré la publication de l'avis rendu sur le site de la CADA.

La commission relève que, comme nous le soulevions, elle avait déjà statué en faveur de la communication du code source produit par l'administration, l'assimilant à un document administratif.

Secret défense

Mais après avoir rappelé que Alicem permet de s'authentifier de manière sécurisée sur plus de 500 services via notamment FranceConnect, la CADA explique que le ministère lui a fait une réponse...

« Racisé » : un mot dangereux

jeudi 7 janvier 2021 à 12:09

Méfions-nous des armes que nous fournissons à nos adversaires

Les mots sont des armes. Lorsque nous en créons de nouveaux, souvent pour une bonne cause, il est important de s'interroger sur qui ramassera in fine cette arme et ce qui en sera fait.

Article de Philippe Marlière sur son blog

On le voit désormais partout. Le mot « racisé » est utilisé pour désigner les personnes victimes de racisme. Ce mot, je ne l'utiliserai que dans un seul de mes articles : celui-ci. Peut-on être antiraciste et refuser d'utiliser ce mot ? Il y a quelques années sortait le film « V pour Vendetta ». Basé sur une bande dessinée bien plus intéressante, le film frappait notamment part la force du « discours de Londres ». Dans cette intervention, le héros, V, un anarchiste (au sens premier du terme) expliquait : « while the truncheon may be used in lieu of conversation, words will always retain their power. Words offer the means to meaning, and for those who will listen, the enunciation of truth. And the truth is, there is something terribly wrong with this country, isn’t there? Cruelty and injustice, intolerance and oppression. And where once you had the freedom to object, to think and speak as you saw fit, you now have censors and systems of surveillance coercing your conformity and soliciting your submission. »

« Les mots offrent les moyens de donner un sens et, pour ceux qui les écouteront, l'énonciation de la vérité. Et la vérité, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va vraiment pas dans ce pays, n'est-ce pas ? La cruauté et l'injustice, l'intolérance et l'oppression. Et là où vous aviez autrefois la liberté d'objecter, de penser et de parler comme bon vous semble, vous disposez maintenant de censeurs et de systèmes de surveillance qui...