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A Gaza, « on voit la peur dans les yeux des enfants »

dimanche 16 mai 2021 à 12:26

Les bombardements israéliens ont fait jusqu'à présent 144 morts et 1200 blessés.

Dans cette nouvelle guerre entre Israël et les Palestiniens, nul ne sait quel sera le dénouement. Islam Idhair, un Palestinien de la bande de Gaza qui a travaillé pour de nombreux médias, témoigne pour Reflets de la situation dans l'enclave palestinienne sous les bombes.

L'immeuble qui accueillait la presse à Gaza, bombardé par l'armée - © Islam Idhair

«C'est fou ce qui se passe ici en ce moment, raconte Islam Idhair. C'est la cinquième tour de Gaza qui a été détruite hier. J'étais près de cet immeuble qui abrite les bureaux de l'agence Associated Press et de la télé Al-JAzira. Le propriétaire a reçu un coup de téléphone de l'armée israélienne : vous avez une heure pour évacuer avant que nous le bombardions. Au bout d'une heure, il y a eu une première frappe de drone contre l'immeuble pour faire fuir les gens. Et puis 10 minutes après trois bombes ont touché le bâtiment. Il n'y a pas eu de morts, juste quelques blessés plus loin blessé par des éclats.»

Al Jazeera a publié sur son compte twitter une vidéo de ses journalistes récupérant du matériel juste avant le bombardement, après avoir été prévenus :

Islam Idhair qui a travaillé pour plusieurs médias comme « fixeur », une personne chargée dans le jargon journalistique de préparer les reportages et de traduire les conversations, dénonce une volonté d'Israël de menacer les médias. « Les Israéliens interdisent aux journalistes étrangers d'entrer dans la bande de Gaza. Ils cherchent à aveugler la vérité, à ce que les images ne sortent pas d'ici. »

L'immeuble des médias après le bombardement - © Islam Idhair
L'immeuble des médias après le bombardement - Islam Idhair

Autre vue de l'immeuble après le bombardement - © Islam Idhair
Autre vue de l'immeuble après le bombardement - Islam Idhair

Guerre de l'information sur Twitter
Guerre de l'information sur Twitter

Islam Idhair décrit la tension qui règne dans l'enclave : « Souvent les bombardements commencent après minuit....

Manifestation de soutien aux Palestiniens le 15 mai 2021 à Paris

samedi 15 mai 2021 à 23:46

Quelques centaines de manifestants, des milliers de policiers...

Le dispositif était totalement surdimensionné. Quel but recherchait l'exécutif ?

Métro Barbès, le lieu de rendez-vous où rien ne se passera faute de pouvoir créer un cortège - © Reflets

Sans doute moins de 1000 personnes ont défilé dans les rues de Paris, en dépit de l'interdiction décidée par le préfet, pour soutenir les Palestiniens. Un nombre démesuré de forces de l'ordre (4.200 selon Gerald Darmanin) a scindé les manifestants avant même qu'un cortège ne se forme. Quelques groupes de 10 à un peu plus d'une centaine de personnes se sont déplacés dans le quartier de Barbès sans pouvoir à aucun moment former une manifestation. Les gaz et les canons à eau ont dispersé tout le monde pendant quelques heures, les BRAV-M venues en renfort ont soudain "interpelé" des gamins alors qu'il n'y avait pas de troubles particuliers. Ces interpellations seront sans doute mises sur le compte de l'interdiction de manifester.

Il n'y avait probablement pas eu autant de forces de l'ordre dans les rues de Paris depuis la manifestation qui avait suivi les dégradations de l'Arc de triomphe pendant la période gilets jaunes. Il ne manquait que les blindés de la gendarmeries sortis à l'époque pour impressionner les foules.

L'exécutif a visiblement souhaité instrumentaliser la peur. Valeurs Actuelles qui tweetait depuis Barbès, a vu des "pro-palestiniens" qui défilaient "dans les rues de #Paris aux cris de "Allah akbar"". Daesh à nos portes en quelque sorte ? Gerald Darmanin avait donné le ton la veille en annonçant qu'il refusait - avant que quoi que soit se soit passé façon Minotity...

Décharges illégales : infractions en série et système quasi-mafieux

jeudi 13 mai 2021 à 18:20

Les déchets du BTP donnent trop souvent lieu à un trafic très lucratif

Dépôts sauvages, démarchages des exploitations viticoles, livraisons de gravats au lieu de terre à des propriétaires, paiements en liquide pour recevoir des déchets, tous les moyens sont bons pour s'en débarrasser. Avec à la clef des profits substantiels. Les associations qui luttent contre ce fléau sont parfois victimes d'intimidations.

Décharge illégale au Castellet, dont le propriétaire du terrain et l'exploitant ont été mis en examen pour "gestion irrégulière de déchets, valorisation de déchets sans justificatif et infractions au code de l'urbanisme". - © Cyril Marcilhacy

A Puget-sur-Argens, une jolie commune du Var, les habitants ont baptisé la décharge «La montagne des déchets». Cette étendue de 7000 m² -plus grande qu’un terrain de football – et d’une hauteur de 15 mètres, soit un immeuble de 4 étages, représente 150.000 tonnes de déchets du BTP en provenance de chantiers de la région. Le 20 avril, une vingtaine de gendarmes sont intervenus au terme d'une longue enquête pour contrôler le site, accompagnés par des représentants du service des impôts et des agents de la DREAL, la direction régionale de l'environnement. Selon la gendarmerie du Var, l’entreprise aurait bien obtenu, à l’origine, une autorisation d'exploitation préfectorale, mais la «montagne de déchets» se serait étendue bien au-delà des limites prévues. Selon une source proche de l’enquête, l’entreprise a 18 mois pour remettre le terrain en état.

En 2020, onze personnes et quatre sociétés ont été mises en examen dans le Var, tous soupçonnées d'un trafic de déblais de chantier qui durait depuis plusieurs années. Ces entreprises répondaient à des appels d’offre de récupération de gravats en facturant leur prestation au prix fort, puis ils s’en débarrassaient soit sur des terrains vagues, soit chez des particuliers. Ce sont des plaintes de propriétaires privés menacés après avoir reçu des gravats au lieu de terre végétale, qui ont dénoncé un système quasi-mafieux. Une vingtaine de sites ont été défigurés parmi lesquels des propriétés agricoles ou viticoles....

Recyclage des déchets du BTP : une loi et des solutions

jeudi 13 mai 2021 à 18:20

On sait aujourd'hui recycler 98% des déchets du batiment !

La loi économie circulaire du 10 février 2020 prévoit des nouvelles avancées pour prévenir les décharges illégales et éviter le gaspillage. C'est la naissance d'une nouvelle filière qui se dessine. Elle pourrait créer de nombreux emplois. Décryptage et reportage auprès des pionniers du recyclage.

Site de valorisation des déchets de Eurovia - © Cyril Marcilhacy

Dans un fracas d’enfer, le concasseur avale le mélange de terre, plastique, béton et plâtre venus des chantiers. De ce concassage et de ce criblage, les déchets sortent en fonction de la taille et de leur densité. Les résidus ultimes arrivent dans des bennes, les autres passent sur des tapis roulant, avant d’être pour certains lavés. In fine, le gravier et le sable obtenu servent pour le béton ou pour des sous-couche pour la construction de route, la terre est transformée en briques, les limons, après ajout de chaux, sont revendus pour les remblais et les tranchées de travaux publics. Le groupe Estérel à Fréjus a été un pionnier du recyclage depuis 25 ans. «Nous atteignons aujourd’hui 98% de revalorisation, explique Gérard Ferro. Aujourd’hui on peut revendre les produits de valorisation 10 à 12 la tonne. Les déchets sont une ressources, mais il faut qu’on s’en occupe. C’est une décision politique. Les dépôts sauvages ne devraient pas exister. Le problème est que le dépôt en décharge est trop cher, alors on pousse les entrepreneurs à chercher des solutions alternatives, on encourage l’illégal.» Le prix de la mise en décharge est actuellement deux fois supérieur à celui du terrassement. Autre frein, les entreprises doivent parfois parcourir 80 kilomètres pour trouver un lieu de dépôt. L’État estime qu’il y a 2,2 millions de tonnes de déchets du BTP abandonnées illégalement chaque année en PACA, sur les 14 millions de tonnes produites annuellement. Au niveau national, le...

« Déchargeons le plateau d’Aix », une mobilisation citoyenne exemplaire

jeudi 13 mai 2021 à 18:19

Mobilisations sur les éseaux sociaux, manifestations et dialogue ont permis aux militants d'atteindre leur but.

Ce qui était la troisième décharge illégale de France est en cours de nettoyage par une entreprise payée par les collectivités locales. Récit d'un combat réussi.

Décharge sauvage du plateau de l'Arbois, à proximité immédiate de la gare d'Aix TGV. - © Cyril Marcilhacy

C’est désormais une entreprise qui s’occupe de nettoyer ce qui était la troisième décharge illégale de France. Un travail titanesque. Sur 15 hectares, les gravats en provenance d’entreprises de la région, poussaient comme des champignons. Et ce n’est pas faute d’une décharge légale à proximité: elle est située au bout de la route, à moins d’un kilomètre! Mais les entreprises doivent payer. Alors pourquoi se gêner quand il y a des terrains vagues? Ce succès, on le doit à une association, « Déchargeons le plateau d'Aix ».

Nous étions allés à leur rencontre. Ce jour-là, une cinquantaine de personnes s’activaient à l’entrée de l’immense dépotoir, à quelques centaines de mètre de la gare d’Aix TGV, aidés par les mairies d’Aix et de Vitrolles. Nous avions rencontré Geneviève, une aide soignante. Elle avait terminé son travail quelques heures plus tôt et s’apprêtait à retravailler la nuit suivante. Mais elle se disait «heureuse d’être là pour montrer qu’on peut se mobiliser». Nous avions aussi croisé Stéphane, un graphiste d’une cinquantaine d’années, écologiste convaincu et déjà engagé dans un combat similaire. Et également Elodie Savoyat, un des piliers de l’association pour qui cette action symbolique était «un moyen de garder la pression sur les élus locaux ».

Geneviève, aide-soignante et citoyenne engagée - Cyril Marcilhacy
Geneviève, aide-soignante et citoyenne engagée - Cyril Marcilhacy

Un combat né des réseaux sociaux

L’histoire a commencé il y a plus de deux ans. «Je voyais tous ces gravats s’accumuler de la route en passant en...