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Philippe Vannier, l’oublié (pour l’instant) du scandale Amesys

mardi 31 janvier 2017 à 09:16

On peut le tourner dans tous les sens possibles, lorsqu’une entreprise fait l’objet d’une instruction pour complicité de torture par un pôle dont l’intitulé est « génocide et crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre », cela fait désordre sur le curriculum vitae de son dirigeant. C’est exactement ce qui est arrivé à Amesys et Qosmos, respectivement dirigées par Philippe Vannier et Thibaut Bechetoille. Où en sont ces dossiers ouverts en avril 2014 ?

Hora fugit, stat jus (le temps passe, le droit reste) est la devise de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre, service interministériel rattaché à la Gendarmerie nationale française ayant pour vocation de coordonner, animer et diriger les investigations judiciaires en matière de lutte contre les crimes contre l’humanité et les génocides

Si l’instruction contre Amesys et Qosmos semble avancer à petits pas, il ne faut pas perdre de vue que le temps judiciaire est un temps long. Les preuves de l’implication d’Amesys dans la vente d’un système d’écoute global des communications via Internet à la Libye du Colonel Kadhafi ne sont plus à faire. Le puzzle du comment, pourquoi et grâce à qui, se met en place peu à peu et il y a fort à parier que la dernière personne qui sera convoquée par le pôle, sera Philippe Vannier. A moins bien entendu, que le pôle génocide et crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre décide in fine de rechercher la responsabilité des hommes et femmes politiques qui ont, derrière le rideau, organisé ce deal impliquant, il faut le rappeler, un terroriste, condamné comme tel par la Justice française.

Phiplippe Vannier est en effet l’artisan de ce deal avec la Libye de Kadhafi. C’est lui qui a créé l’entreprise Amesys, qui a discuté avec les autorités françaises, qui a fait le voyage à plusieurs reprises à Tripoli, y compris quelques jours avant la première répression sanglante en 2011, histoire de tenter de vendre aux Libyens un upgrade du système.

Philippe Vannier n’est pas un exécutant. Ce n’est ni un codeur dont l’outil a servi a arrêter et torturer de manière plus « efficace » des opposants, ni un cadre d’une entreprise « obligé » d’obéir pour ne pas « perdre son boulot ». Non, c’est le fondateur d’Amesys, son dirigeant, celui qui a fait le choix d’aller vendre un Eagle à la Libye et qui s’en est félicité.

Pourquoi s’en est-il félicité? Parce que ce deal a fait sa fortune, au sens premier du terme.

La vente d’un Eagle à la Libye a été récompensée par la possibilité de racheter à (très) peu de frais la société Bull. Puis il a pu revendre la société Bull à Atos. Double culbute.

Petit retour en arrière. En janvier 2010, Bull raconte à la presse l’inverse de ce qu’elle fait. La société annonce reprendre la SSII Amesys. En réalité, Bull s’offre à  Crescendo Industries, la maison mère d’Amesys dont Philippe Vannier est le principal actionnaire. Crescendo, la maison  mère d’Amesys, reçoit 24 millions d’actions soit à peu près 20% du capital de Bull post augmentation de capital, à quoi Bull ajoute 33  millions en numéraire (du liquide).

Au total, l’entité Amesys (qui  regroupe plusieurs filiales) est valorisée à 105 millions d’euros (72  millions en actions et 33 en liquidités). Résultat de l’opération,  Crescendo détient 20% du capital de Bull devenant ainsi de très loin le  premier actionnaire après France Telecom (autour de 10%). De son côté, Phillippe Vannier et ses deux compères avec qui il a créé Amesys, Dominique Lesourd et Marc Hériard-Dubreuil, crée un fonds d’investissement qui va acquérir jusqu’à près de 4 % du capital de Bull.

En 2009, avant la fusion des deux sociétés, nous avions Bull avec un  chiffre d’affaires consolidé de 1,110 milliard d’euros et Amesys avec  un chiffre d’affaires prévu à 100 millions d’euros en 2009. Il est donc, c’est une évidence, parfaitement logique que Amesys absorbe Bull pour le plus grand profit de Crescendo Technologies, détenu par Philippe Vannier  et ses deux associés historiques… Ou pas…

Evidemment, cela ne loupe pas, Philippe Lamouche, patron de Bull de l’époque se fait débarquer quelques mois plus tard et Philippe Vannier le remplace. Il est fort improbable que Philippe Lamouche n’ait pas vu  venir l’avenir qui se dessinait pour lui. On peut raisonnablement  supposer qu’il n’a pas eu le choix de refuser cette reprise du capital  de son entreprise par une petite SSII aixoise.

De fait, celle-ci avait, avec l’appui des nervis de Nicolas Sarkozy, vendu un système d’écoute global, le fameux Eagle, à la Libye de  Kadhafi. Le début d’une aventure menée par l’Etat français, consistant  très probablement à mettre en place un système reposant sur le DPI made  in France et ressemblant à celui de la NSA, dénoncé par Edward Snowden.

La principale différence entre les deux infrastructure étant que la  NSA a investi des sommes sans doute colossales pour la mettre en place  tandis que la France l’a vendue à des dictatures et des Etats policiers  particulièrement fâchés avec les Droits de l’Homme tout en en conservant  l’usage.

Ce point reste à développer. Mais plusieurs témoignages d’employés d’Amesys dans le cadre de la procédure en cours laissent entendre que la société conservait un accès distant à l’infrastructure mise en place en Libye, ne serait-ce que pour la maintenance. Peut-on imaginer la DRM et/ou la DGSE favoriser et soutenir l’installation d’un tel système en Libye sans se réserver un accès distant ?

La reprise de Bull par Philippe Vannier, qui ressemble fort à un  cadeau de remerciement pour services rendus et à un projet  d’optimisation des ressources françaises visant à mettre en place un  système d’écoute global, était donc dès le départ une très belle opération pour l’actuel patron de Bull. Une opération financière tout d’abord.

Avant la Libye, Eagle n’existe pas. C’est l’argent du contrat avec Kadhafi qui permettra de le développer, puis de le revendre à plusieurs pays fâchés avec les Droits de l’Homme. Cette activité Eagle sera l’argument majeur pour la fusion Amesys-Bull.

L’homme de la cyber-sécurité et le terroriste

Par ailleurs, cette belle opération financière se double d’une totale impunité. Amesys a vendu un système Eagle à un dictateur  sanguinaire sous couvert de lutte contre le terrorisme alors que la  société avait pour interlocuteur Abdallah Senoussi, beau frère du guide  suprême, mais aussi, condamné en France pour terrorisme, justement, en  raison de son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA. Pour autant, à part  une plainte pour complicité d’actes de torture déposée par des ONG, rien  n’est venu troubler la quiétude de Philippe Vannier.

Celui-ci a désormais vendu Bull à Atos, réalisant une deuxième culbute financière.

Un peu de chiffres… Crescendo Technologies a donc repris Bull pour  zéro euros si l’on considère que cette holding a juste transféré ses  avoirs dans un ensemble plus grand et qu’elle contrôlait par la suite, ou 105 millions d’euros si l’on retient les chiffres avancés par le document de référence de l’AMF.

Atos a racheté Bull pour 620 millions. Ou 4,90 euros par action.  Dont 24% environ sont directement entre les mains de Crescendo  Industries. Qui se retrouve donc virtuellement à la tête d’environ 145  millions d’euros quatre ans après l’opération Bull-Amesys. On peut aussi  intégrer la dépréciation des actifs Amesys opérée par Bull en 2011  (quelque 31,5 millions d’euros) et valoriser Amesys à 73,5 millions  d’euros. Culbute dans ce cas : 71,5 millions d’euros.

Il faut regarder de près les chiffres de la holding Crescendo pour bien comprendre ce qui s’est passé, principalement sur la base de la vente d’un Eagle à la Libye (qui permis l’absorption de Bull) :

La procédure en cours n’a pas encore touché Philippe Vannier, pourtant architecte en chef de l’opération libyenne. Ce n’est probablement qu’une question de temps. Car a force d’entendre des salariés ou ex-salariés de la galaxie Amesys, il est probable que les juges remontent vers la tête. Quelle sera sa défense ? La même que celle de son commercial en chef Bruno Samtmann : on ne savait pas, nous on vendait des stylos pour lutter contre les terroristes et les pédophiles ? Pas sûr que ça marche…

Les politiques, les journalistes, la sole et les autres dimensions

dimanche 29 janvier 2017 à 23:50

Il a toujours été fort compliqué de faire comprendre à une sole complètement plate qu’il existe une troisième dimension. Il est tout aussi difficile de faire comprendre à un politique qu’il est enfermé dans sa tour d’ivoire et que les gens ne le croient plus. Ou à un journaliste que ses sujets et le traitement de ses sujets ne passent plus auprès des lecteurs. Il faut dire que jusqu’ici, ça continuait de marcher. A chaque élection, les candidats du système continuaient de se faire élire. A chaque campagne, les journalistes continuaient de traquer la moindre petite phrase, à faire croire à leur impertinence, à indiquer la voie aux électeurs. Mais cette fois, c’est un peu plus compliqué.

Les politiques continuent de croire qu’ils vont se faire élire, que les gens sont intéressés par ce qu’ils racontent et surtout, qu’ils vont pouvoir continuer de profiter du système. Ce système qui n’a qu’un seul but : se préserver lui-même. François Fillon pense qu’il n’a rien fait de mal en salariant sa femme et ses enfants. Et qu’il pourra continuer à le faire.

Les journalistes semblent tomber des nues : « il était l’homme intègre qui n’avait jamais été touché par un scandale« . Ah ? Vraiment ? Tous les éditocrates semblent avoir oublié un peu vite que François Fillon a été le premier collaborateur de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans. Et s’il a pu s’asseoir sur toutes les magouilles du clan sarkozyste, comment pourrait-il être choqué des 500.000 euros reçus par sa femme pour ses bons et loyaux services inexistants ? Tout cela est très naturel, voyons. Tout le monde le fait d’ailleurs. N’est-ce pas là sa première défense ?

A gauche, Manuel Valls et Benoît Hamon sont des frères ennemis. Ils sont irréconciliables, nous expliquent les éditocrates. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour voir les ralliements intervenir. Notez, il y a tant de postes à assurer, tellement d’argent en jeu, le parti socialiste de sa gauche à sa droite, ne peut faire l’impasse. Vite, vite, un « rassemblement ». Pour le bien de la nation et des Français bien entendu. Ou pour celui du PS et de ses politiques professionnels. Qui sait ? Et tous de croire que Benoît Hamon a une chance. Allez, on y va, comme en 2012, et hop, avec un peu de chance, on repartira pour cinq ans. Au PS, on semble incapable de voir qu’il y a une dimension dans laquelle les gens ont compris qu’après avoir tenté de tomber encore plus bas qu’avec François Hollande, on pouvait faire croire à un « rassemblement ». Il n’y a pas une semaine, Malek Boutih, soutien de Manuel Valls,  estimait que Benoît Hamon était « en résonance avec une frange islamo-gauchiste« . Pas moins. Les islamo-gauchistes, ce terme chéri de la fachosphère dans la bouche d’un homme estampillé à gauche. Il ne manquait plus que ce genre de choses pour finir de faire comprendre à Paulo à quel point PS avait sombré…

En attendant, Paulo, au Bar des amis, il éructe. Tous ces politiques, il ne croit plus un mot de ce qu’ils racontent, la preuve, Hollande a trahi après son élection. Macron ? C’est celui qui a fait la Loi du même nom et qui incarne le virage libéral de Hollande. Fillon ? Un mec qui file 500.000 euros d’argent public (les impôts de Paulo. Il est pas si con, Paulo…) à sa femme pour un travail fictif. Et même si elle a travaillé, Paulo, il sait qu’elle s’est bien moins emmerdée que lui à l’usine et que lui, il ne gagne pas 500.000 euros, même en vingt ans. Et Paulo, il écoute les journalistes. Ou il les lit. Et il faut bien le dire ici, Paulo, il s’en tamponne le coquillard des considérations sur la dette, le chômage qui inverse sa courbe ou pas, le revenu universel qui n’en est pas un, l’inconnue Macron, l’inconnue si Fillon ne se présente pas. Paulo il sait désormais une chose et il le dit : tous pourris, politiques comme journalistes.

Quant à nous, il nous reste à prier pour que Paulo, il ne vote pas Marine, rien que pour essayer de démontrer aux politiques qu’il existe une quatrième dimension, la sienne, dont ni les uns ni les autres ne semblent pouvoir envisager l’existence.

 

Air France : pilotez l’avion et économisez sur le billet !

mardi 24 janvier 2017 à 22:06

C’est sans doute l’une des merveilles de la mondialisation, du progrès, lorsque vous prenez un vol intérieur Air France, vous achetez votre billet via leur site Web (pas d’humain), vous éditez vous-même votre carte d’embarquement sur le site Web (pas d’humain), vous éditez vous-même votre étiquette pour votre bagage (pas d’humain), vous pesez vous-même votre bagage et vous scannez-vous même votre étiquette (pas d’humain). In fine, vous appuyez vous-même sur le bouton pour faire partir votre bagage sur le tapis roulant (pas d’humain). C’est peut-être ce recours au client comme employé qui permet de baisser le coût du transport aérien ? Il semble donc assez logique qu’Air France propose dans un avenir plus ou moins proche que ses clients pilotent l’avion, déchargent les bagages, conduisent le bus entre l’avion et le terminal. A un certain moment, le prix du billet ne reviendrait qu’à celui du kérosène grillé sur le parcours. A 1,5 dollars le gallon, ça devrait être très abordable dans un avenir proche, le billet d’avion Air France.

Cette anecdote est finalement assez révélatrice de ce qu’apporte dans son panier garni la « digitalisation » des entreprises. Une lente disparition des métiers. Cela se retrouve dans la grande distribution où les clients sont amenés à scanner leurs courses seuls, sans caissière. C’est assez mauvais pour la courbe du chômage. Aujourd’hui, vous avez plus de chances de trouver le produit qu’il vous faut à un px plus attractif en vous rendant sur le site Web de SFR qu’en allant en boutique. Les employés de ces dernières ont perdu leurs marges de manœuvre au fil des ans. Un résultat de la stratégie du doigt déployée par SFR. L’opérateur aurait pu choisir de donner plus d’outils, plus de possibilités à ses vendeurs en boutique, les armer avec des applications Web. Il a choisi de les appauvrir pour les faire disparaître à terme. Si les clients trouvent leur compte sur le site plutôt qu’en boutique, c’est assez « logique ». Sauf que les dés sont pipés.

La transformation numérique des entreprises en soi n’est pourtant pas forcément une mauvaise chose et n’implique pas obligatoirement une disparition des métiers et des savoir-faire humains. C’est la voie choisie qui peut poser problème.

La voie choisie par la plupart des entreprises est celle du profit maximum sans vision globale. Et pourtant, ce réseau a ses particularités qu’il serait bon de prendre en compte. Il est fondé sur le partage des connaissances. Pour une entreprise, le partage est probablement un concept socialo-communiste et donc peu utile. A tort. Il faudrait désapprendre à vendre et apprendre à partager. Ce qui n’est pas impossible et qui ne contribue pas à terme à  grever le chiffre d’affaire, au contraire.

 

Une loi qui va vraiment contrer le rachat des terres agricoles par les multinationales ?

jeudi 19 janvier 2017 à 16:06

Suite aux quelques inquiétudes sur les rachats de terres agricoles dans le Berry (et un peu ailleurs) par 2 multinationales entre 2014 et 2016, (dont Reflets vous a retranscrit les modes opératoires dans deux articles, ici et ), des coups de gueule ont eu lieu à l’Assemblée nationale. Une nouvelle loi vient donc d’être approuvée, ce 18 janvier 2017 pour « protéger la France du rachat de terres agricoles par des multinationales ». En gros.

Pourtant, une loi, la « Loi d’avenir pour l’agriculture » était censée faire la même chose : autoriser les Safer  à être alertées en cas de rachat d’actions de SCEA, même partielles (selon Le Foll, voir plus loin). Puisque jusque là, quiconque rachetait 99% d’une SCEA échappait à tout contrôle ou toute régulation (droit de préemption de la Safer). Ce qu’ont fait les multinationales Hong Yang et Beijing Reward International. Face à ces controverses, au cours d’une question à l’Assemblée nationale, le gouvernement français avait répondu. Fermement. Parce que c’était un peu injuste.

Notre ministre de l’agriculture, le bien nommé Le Foll, se félicitait donc, en mai 2016, de cette « disposition légale de 2013 » (en réalité adoptée en 2014) qui désormais, selon lui, empêchait des méchants investisseurs chinois de venir piquer les terres agricoles des petit paysans français — souvent bien endettés — et mal en point. Puisque les Safer étaient prévenues depuis le 1er janvier 2016, date du décret d’application. Et comme tous ces rachats avaient été faits avant 2016, c’était ballot, mais on ne pouvait rien faire. Mais maintenant c’était bon. En France, une loi de 2014 — vitale pour protéger l’agriculture contre les appétits des industriels — met au bas mot 2 ans avant d’être appliquée. Parce que c’est compliqué, ou bien qu’on a du mal à trouver les bonnes imprimantes. Enfin c’est comme ça. La réponse du ministre de l’Agriculture est donc très claire :

Ah bah non, en fin de compte, ça marche pas vraiment

Reflets expliquait pourtant que « ça marchait pas bien » toujours dans cet article qui attestait de rachats de terres par les multinationales , comme avec le rachat de la SCEA La Bergerie, le 28 janvier 2016. Extrait :

L’opération à 942 000 € qui a permis au groupe Beijing Reward International (associé à Hong Yang) de devenir propriétaire à 99% de la SCEA la Bergerie (encore) dans l’Indre, dément cette assertion. Personne ne semble en avoir entendu parler, selon nos sources, et la Safer — si elle a été mise au courant — a laissé l’opération se faire. Chinois : 1 Le Foll : 0.

 

Reflets étant généreux, nous mettons à disposition le document notarié dans son intégralité à destination de ceux en charge de faire appliquer la loi et qui nous le demanderaient. Et même à tous les autres.

Or, donc, si « ça ne marchait pas bien », c’est donc que Le Foll avait oublié des choses, puisqu’une nouvelle loi spécifique vient d’être adoptée sous la pression de vilains écologiste ? Oui, il manquait une chose importante, le fait que la « Loi d’avenir pour l’agriculture » n’était de toute façon pas suffisante, puisqu’une autre loi, la « Sapin 2 » sur « la gestion du foncier » avait été votée en 2016, mais retoquée par le Conseil constitutionnel en décembre de la même année. 

C’est un peu compliqué. Mais comme le site spécialisé dans l’agricole Terres.net le précise :

« Cette [nouvelle] proposition de loi reste identique aux mesures censurées de la loi Sapin 2. « Le Conseil constitutionnel a censuré les mesures sur la forme et non sur le fond », a rappelé Dominique Potier. »

Puis :

La censure du Conseil constitutionnel a donc débouché sur deux textes quasiment identiques, l’un déposé par un député socialiste, l’autre par un sénateur LR.

Bon. Ok. Et ensuite, plein de petits détails un peu pointus, mais dans le corps de la loi une chose attire le regard :

Ainsi l’article 1er reprend le dispositif de l’article 90 de la loi Sapin 2 : il prévoit que l’acquisition de foncier agricole se fasse par l’intermédiaire d’une société dont l’objet principal est la propriété agricole. Cette obligation est proportionnée puisqu’elle ne s’impose qu’aux acquisitions futures et aux propriétés dont la surface est supérieure aux seuils prévus par le schéma directeur régional des exploitations agricoles.

Bien, bien. Mais donc, une multinationale, si son objet principal est l’agricole, peut encore acheter des terres ? Ok, elle ne peut plus si elle ne fait pas de l’agricole. Voyons la suite :

Elle ne s’impose pas aux sociétés ou associations dont l’objet est par nature la propriété agricole, ni aux groupements agricoles d’exploitation en commun (GAEC), ni aux entreprises agricoles à responsabilité limitée (EARL).

Ah, oui, mais donc : toutes les structures qui gèrent de l’agricole ne sont pas concernées par la loi. Ce qui veut dire que Hong Yang et Beijing Reward International, par exemple, à la tête de 2 groupements fonciers, peuvent encore acheter des terres ? Non ? Si ? Et si d’autres multinationales rachètent des GFA, ou montent des EARL, ils ne seront pas sous le coup de la régulation de la Safer ? Si ?

Tout ça est très compliqué. Mais le Sénat pourrait rassurer tout le monde :

(…) crée une obligation, pour les acquisitions de terres par des sociétés, de constituer des structures dédiées, comme des GFA, dont l’objet principal est la propriété agricole, et instruit une possibilité pour les Safer de disposer d’un droit de préemption sur les cessions partielles de parts de ces structures, de manière à maîtriser, voire à prévenir, les phénomènes d’achats massifs de terres au détriment des agriculteurs locaux (…)

Ah. Quand même. Mais ce n’est pas encore fait. Même pas à l’agenda du Sénat :

Contrairement au texte de Dominique Potier, qui sera débattu en séance publique le 18 janvier prochain, le texte déposé au Sénat n’a pas encore trouvé sa place dans le calendrier des sénateurs.

Conclusion provisoire

La conclusion provisoire au sujet de la nouvelle loi de « protection contre l’accaparement des terres agricole et au développement du biocontrôle » reste que des juristes spécialisés devraient se pencher dessus. Fortement. Sachant que les 2 multinationales chinoises pourraient continuer (si besoin) de racheter des terres agricoles, puisqu’elles ne sont plus des multinationales, mais des SCEA et des GFA bien françaises, et que d’autre part, les subtilités juridiques du texte pourraient laisser quand même laisser pas mal de possibilités de montages.

Avec en tête que tous ces textes peuvent prendre des années avant d’être appliqués, puisque cliquer « ok » pour valider une loi au Journal officiel est quelque chose d’assez complexe d’un point de vue administratif dans ce beau pays qu’est la France, que le Conseil constitutionnel peut toujours passer par là, et puis qu’avec le prix du toner laser et des imprimeurs, mieux vaut — dans une période de rigueur budgétaire bien nécessaire — ne pas trop dépenser dans ce truc du Journal officiel.

De notre côté, à Reflets, nous allons essayer de bientôt vous donner des nouvelles de Marc Fressange, le Chinois de France, de sa holding parisienne qui contrôle le petit empire agricole de Hong YangBeijing Reward International, et des activités de toutes ces « petites entreprises » agricoles françaises.

Mais pensez quand même à nous faire des dons. Ca aide…

Valls : un déchaînement pâtissier

mardi 17 janvier 2017 à 18:22

Manuel a peut-être un super-pouvoir,  celui de déchaîner des vocations au sein du « peuple français ». Après l’enfarinneur, spécialisé dans le saupoudrage de candidat, voici un homme qui aime les tartes, et tente d’en poser une à notre Valls national de la République forte. Attention, âmes sensibles, détournez le regard lorsque le gorille du service d’ordre s’occupe de notre maître-pâtissier. Il y a comme du Erdogan dans l’air…

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