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Krach chinois, récession, réfugiés, propagandes et verrouillage mondial

mardi 8 septembre 2015 à 07:53

Le monde est parvenu à une charnière importante. Les systèmes économiques et politiques en place se craquèlent de toutes parts, avec une rapidité jusque là inconnue, sous le regard des dirigeants des grandes puissances… plus ou moins impuissants. Petite balade dans le grand chaos de « fin de civilisation capitaliste » en cours.

Chine : ça ne tiendra pas

Le plus grand pays stalinien du monde a joué… et perdu au casino boursier, en laissant près de 100 millions de petits porteurs tenter leur chance pour payer, qui ses retraites, qui sa sécurité sociale. La bulle boursière et immobilière générée avec l’aide du shadow banking qui finance 50% de la richesse du pays, est l’une des plus grosses que la planète capitaliste n’ait jamais vu.

Le shadow banking est alimenté par l’épargne, un trait saillant de l’économie chinoise. A plus de 50% du PIB, le stock d’épargne brute de la Chine est parmi les plus élevés du monde (source : bsi-economics.org)

Il ya 20% de logements construits inhabités en Chine, comme dans d’autres pays d’Asie du sud-est, et une pyramide de Ponzi géante en train de s’effondrer. L’économie chinoise réelle a ralenti, le monde entier commence à en ressentir les effets. Un pays qui contribue de 25% à la part de croissance de la planète et représente 15% de la production mondiale a tendance a créer des troubles économiques globaux lorsqu’il s’affaisse, surtout quand son système financier est parfaitement opaque et vérolé. La Chine va retrouver un rythme de croissance qui correspond à sa réalité sociale, économique, politique : faible, instable. La consommation intérieure chinoise est de 35%, ce qui dans le cadre de l’économie de marché, oblige aux exportations. Et les exportations chutent. Il n’y aura pas assez de demande intérieure pour compenser les pertes…

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Toute l’inquiétude de la planète capitaliste réside en deux mots : le soutien et la confiance. Si le gouvernement Chinois arrête d’acheter de la dette américaine, perd la confiance des investisseurs de toutes sortes, le risque d’un effet de cascade est plus que réel. Il est probable que l’économie chinoise ne tiendra pas ses promesses. Les grandes puissances, Etats-Unis en tête, vont se retrouver très ennuyées : qui donc va acheter leur dette, et booster leur croissance en investissant chez elles ?

Un système infini, pour un monde fini

Le Brésil est en récession, et c’est un grand émergent — qui lui aussi tirait vers le haut la croissance capitaliste — qui flanche. Les effets de ce début de déprime mondiale ne sont pas encore parfaitement visibles, mais ne vont pas tarder à se faire fortement sentir. Tout le problème de la mondialisation — ou globalisation économique — est concentré dans la période actuelle : les économies sont intriquées et la finance, plus volatile que jamais, fuit de places boursières en places boursières, de plus-values sur les cours de change, en investissements refuges. Ce système est en train de s’asphyxier par lui-même, puisqu’il nécessite, pour perdurer et se maintenir, de pouvoir toujours aller vers : de nouveaux marchés, de nouveaux investissements, de nouveaux territoires, de nouveaux produits financiers, de nouvelles croissances. Pas de chance, la planète a une taille finie, et l’argent qui circule est majoritairement fabriqué par des banques centrales qui ne savent plus comment faire pour en créer plus et en prêter plus à des banques qui ne savent plus où donner de la tête sur les marchés financiers. Parce que dans le monde réel, on sent bien que la fête est un peu finie…

Endettement privé en Chine : sans commentaires…

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Rendre le monde instable a un coût humain

Les médias français sont entièrement focalisés sur la « crise des migrants », devenus en quelques jours, des réfugiés. Ils l’étaient depuis le début, des réfugiés, mais personne n’avait vraiment envie de le dire. Tant il est vrai qu’il est plus facile de pointer du doigt des pseudo-envahisseurs du Sud, que de se questionner sur la réalité des ces hommes, ces femmes et ces enfants qui n’ont d’autre choix que de fuir leurs terre natales devenues invivables par la faute des politiques des grandes nations, celles-là mêmes qui les stigmatisent.

L’instabilité en Irak n’est pas le fruit du groupe djihadiste « Etat islamique ». l’EI n’est que la conséquence d’une politique occidentale désastreuse, débutée en 2003.

Réfugiés syriens passant la frontière pour entrer au Kurdistan irakien. (Archives : REUTERS/Azad Lashkari)

La Syrie, dont Assad, grand ami de la France, a été cernée par des troupes sunnites financées par d’autres grands amis de la France : l’Arabie Saoudite et le Qatar. Ce massacre syrien, tant du côté des rebelles que des troupes gouvernementales était prévisible et évident : les grandes puissances occidentales ont détourné la tête. Appuyé certains protagonistes ? 5 ans plus tard, le monde riche du Nord s’inquiète de voir arriver des gens qui ont tout perdu, par la faute des gouvernements de ce même monde riche du Nord.

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Près de 70 000 Nigériens ont fui la Libye pour retourner au Niger début 2011 suite aux bombardements occidentaux

Une partie de la planète est grandement instable, avec la France, superbe donneuse de leçons, en tête des pays ayant provoqué l’instabilité. Le bombardement de la Libye et le chaos qu’il a engendré ne semble pas avoir servi de repoussoir à ces politiques militaires terrifiantes : Hollande réitère en Syrie. Bombarder des innocents forcés de vivre au milieu des djihadistes du groupe EI a un coût humain, mais le président français ne semble pas s’en préoccuper. Ne serait-ce pas le coût politique pour sa propre personne qui serait en jeu, plutôt que la mort de milliers d’innocents ?

Surtout, croyez-bien ce qui est raconté

Dans une rédaction de télévision, le but est de parler du monde, mais sans développer, juste en surface. Montrer des choses, rapidement. En rafales. Si c’est un sujet inquiétant, il faut mettre des images inquiétantes, des commentaires inquiétants. Le montage est important. L’ambiance. C’est une sorte de film court, de 1’30 à 3′ au maximum et qui est censé présenter un sujet d’actualité au téléspectateur. Lui présenter, pas lui permettre de comprendre ou de se poser des questions.

TVCe système médiatique n’est rien d’autre qu’une forme évoluée de propagande, avec un public désormais tellement habitué à celui-ci, qu’il en est parfaitement inconscient et se pose désormais en analyste. Les Français appellent les chaînes pour donner leur avis, émettre leur opinion sur les réfugiés, alors qu’ils ne savent — pour la plupart — à peu près rien du sujet. Sachant que le problème actuel n’est pas de savoir s’il faut ou non accueillir les réfugiés, mais comment faire pour que le chaos engendré en Libye, en Irak, (et par ricochet en Syrie) par nos propres gouvernements, soit stoppé. Les réfugiés, il n’y a même pas à discuter sur leur accueil : c’est une évidence. Enfin, pour des êtres humains normalement constitués, qui refusent de subir la propagande, et qui ont une conscience correcte de l’histoire…

Le grand verrouillage : phase finale du processus

La Russie de Poutine est un bon exemple de processus de verrouillage politique global. A l’échelle d’un pays, avant tout. Les Russes soutiennent Poutine, dit-on. Pourquoi ne pas soutenir, plus à l’Ouest, des assassins d’Etat, censés protéger les populations de grands fléaux déclarés ? Obama, Cameron, Hollande, Merkel : ces chefs d’Etats ont tous du sang sur les mains et travaillent dans le même sens : verrouiller le système actuel. Le principe du verrouillage est de parvenir à empêcher des systèmes politiques, économiques « jeunes » de parvenir à changer les règles en cours,  excessivement favorables au club du G8. Pour résumer : les anciennes colonies des pays impériaux doivent être maintenues comme de vulgaires vassaux économiques permettant aux pays industrialisés issus de la révolution industrielle débutée au 18ème siècle de continuer à dominer la planète.

Al+Gore+2

Haute technologie, énergie, économie, déstabilisation militaire sont les clés du verrouillage global. La surveillance, poussée à l’extrême, les règles internationales contraignantes (crédits carbone, engagements sur la réduction de CO2, traités commerciaux TTIP (Traité transatlantique), TTP (Traité transatlantique), TISA (Traité mondial sur les services), ventes d’armes, interventions militaires, corruption d’Etat) doublées de méthodes déjà éprouvées, devraient permettre aux « verrouilleurs » de préserver le système en cours.

Ne restent que les populations, devenues réfractaires au fonctionnement politique en place. La propagation de la peur, doublée d’une capacité à restreindre les libertés individuelles sous prétexte de lutte contre des ennemis intérieurs ou extérieurs vont certainement  finaliser le processus. Un processus soutenu politiquement par le maintien (et l’entretien) des parti nationalistes xénophobes, repoussoir électoral des plus pratiques, pour maintenir en place ceux-là mêmes qui les dénoncent.

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La seule inconnue reste l’écroulement systémique de la finance/banques : l’hyper-capitalisme est en mauvais état et les cartouches pour le redresser globalement, semblent limitées. A moins que de nouvelles ruses issues du monde des 1% ne parviennent à maintenir l’ensemble, au détriment du plus grand nombre ?

Pour conclure, un extrait d’article de Pierre Sarton du Jonchay, du blog de Paul Jorion :

La contraction de la base économique réelle par rapport à la masse financière de crédit et de monnaie est à l’origine de la dépréciation relative des actifs réels par rapport à leur prix nominal financier. Les banques centrales n’ont pas d’autre moyen pour masquer la bulle des subprimes immobiliers qui n’a jamais été vraiment résorbée, que de créer une hyper-bulle mondiale sur la réalité de la croissance économique. Grâce aux politiques de facilitation monétaire, la croissance serait demeurée forte et solide malgré la montée du chômage, la stagnation des salaires de ceux qui ont conservé un emploi, les déficits publics et les dettes latentes, que les réformes comptables postérieures au krach de 2008 n’obligent plus à enregistrer dans les bilans financiers.

Faut-il mépriser les sondages, Lagarde, ou les sondés ?

dimanche 6 septembre 2015 à 15:17
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Christine Laboulette Lagarde

Voici une proposition de question pour le bac philo à venir. Figurez-vous que sur 1000 sondés en profondeur pour La Parisenne, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde ferait pour 50% des Français, une bonne (34%) ou même très bonne (16%) présidente de la République. Doit-on mépriser un sondage idiot (qui a eu l’idée de mettre le nom de Christine Laboulette Lagarde dans la liste des propositions?) réalisé auprès de 1000 personnes selon la technique habituelle du doigt mouillé ? Ou les sondés, qui sont assez stupides pour penser que Christine Lagarde pourrait être une bonne, ou une très bonne n’importe quoi ? Lamentable économiste, analyste de première bourre qui a annoncé la sortie de crise de la Grèce un nombre incalculable de fois, experte en bourdes de toutes sortes… Franchement… Si la réponse devait être « les sondés », ce serait embêtant. Cela voudrait dire que ces imbéciles méritent amplement le bordel ambiant dans lequel ils se trouvent. Qu’ils ne seront jamais éveillés. N’ont-ils d’ailleurs pas déjà élu Nicolas Sarkozy en voyant en lui un grand homme d’Etat ? Après Nicolas Sarkozy et François Hollande, Christine Lagarde serait une apothéose. Encore un effort les sondés et on touchera le fond. Mais y a-t-il seulement un fond au puits de bêtise ?

El cambio no vendrá con políticos

jeudi 3 septembre 2015 à 11:47

podemos-syrizaPara seguir con el monologo anterior, la pregunta que sigue es “¿que podemos hacer?” Si no bastan revelaciones como las de Edward Snowden, si no bastan los artículos en la prensa internacional, si no basta la película Citizen 4, si no hay la reacción que podíamos esperar por parte de la población… ¿Qué podemos hacer?

Podemos… Esta es una palabra interesante. La hemos oído mucho estos últimos tiempos. Podemos…, juntos, podemos…, podemos cambiar un montón de cosas. ¿Pero que queremos cambiar exactamente?

Cambiar a los políticos parece. Que muchas personas están hartas de lo que hacen y de lo que no hacen.

Cambiar esta sociedad porque se nota que no es bastante igualitaria.

¿Y como hacemos esto?

¿Votando?

¿Pero a quien?

¿A Podemos porque pueden?

¿A Syriza porque hará algo radicalmente diferente?

Esto no funciona. Y no funciona porque no quieren. No funciona porque el resto del mundo no quiere que funcione.

Venceremos, dice la imagen. ¿A quien venceremos? ¿A otros políticos? No tiene ningún sentido…

A lo mejor, el día en que ya no vote nadie pasara algo. A lo mejor tenemos que cambiarnos nosotros mismos, cada uno de nosotros, para iniciar un cambio global. A lo mejor todo empieza en nuestros cerebros, individualmente.

Uno puede cambiar individualmente sin desinteresarse de los otros. Al revés. Cambiarse sólito para convivir mejor con los demás.

Apagar la televisión, dejar de darle importancia a lo que no tiene ninguna, concentrarse en lo que podemos hacer para ayudar a la gente que nos rodea, dejar el ordenador. Que el no puede cambiar nada, ni con peticiones ni con Twitter, ni con Facebook. El no salvara a nadie. ¿Te importa Aylan y todos los que dejan su vida en el Mediterráneo? Puedes salir para España, Grecia, o donde quieras, para ayudar en las playas. Twitter y Facebook no ayudan a Aylan.

Postulat n°2 : la maîtrise des identités conditionne notre rapport moral aux libertés

mercredi 2 septembre 2015 à 19:27

slimpressNous venons de voir que les problématiques liées à l’identité sur Internet sont faites de paradoxes. L’exercice des libertés sur Internet ne déroge pas à une certaine forme de complexité principalement liée à la gestion de ses identités. La liberté d’expression est probablement celle qui vient à l’esprit de tout internaute si on lui demande ce qu’Internet lui inspire. Ce fut le cas en France jusqu’à une certaine époque que nous vous laisserons ici le loisir d’apprécier. Mais la donne a changé. Le parcours chaotique du rapport de l’homme public à Internet, ponctué d’une succession de lois anti-terroristes et pour le bien de l’exception culturelle française, couplé à un accroissement plus que significatif des aborigènes du Net ont conduit à une surveillance accrue des réseaux de communication.

Personne n’aime se sentir surveillé, il est donc logique et naturel de vouloir échapper à la surveillance. Pour un journaliste, c’est même un devoir dont il ne semble pas toujours bien conscient même s’il faut reconnaître à la profession une certaine prise de conscience depuis les révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillance américains. Mais cette prise de conscience n’est qu’un premier pas.

Non, nous n’aborderons pas ici le piratage du site Ashley Madison pour tenter d’expliquer que la maîtrise de son identité conditionne notre rapport moral aux libertés mais vous avez tout loisir d’y songer en ayant une pensée pour les victimes d’une mauvaise évaluation des risques liés à la gestion de leur identité, d’un site sans scrupule et d’imbéciles qui ont publié leurs données personnelles.

La première entrave à la liberté d’expression et de la presse c’est l’identité

S’exprimer sur un réseau de communication en ligne, c’est échanger. Sur le « Web 2.0 », l’information se construit sur des échanges, des interactions. L’information est copieusement enrichie de commentaires, de contre-information, d’échanges de points de vue. Chaque lecteur apportera un crédit à la manière dont X ou Y relate une information.

Est-ce parce que c’est X ou Y ou est-ce parce que l’information est pertinente ?

Un organe de presse a normalement une identité, une raison sociale. Sur Internet, d’un point de vue technique et pratique, un blog est autant un organe de presse que le site web d’un quotidien national, il s’y exprime de la même manière que le quotidien national, souvent avec les mêmes outils. Mais un journaliste jouit de droits auxquels blogueurs et lanceurs d’alertes ne peuvent prétendre.

Il y a bien un joli principe dans la déclaration française des droits de l’homme qui énonce que « tout Citoyen » (même bloggueur ou lanceur d’alerte) a le droit de communiquer ses pensées et ses opinions, mais il y a surtout tout un tas de textes de loi qui vous expliquent que le citoyen dont on parle c’est le journaliste, pas le bloggueur, ni le lanceur d’alerte.

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 

Le blogueur ou le lanceur d’alerte a beau être tout aussi « Citoyen » et parfois plus indépendant et désintéressé qu’un journaliste, il ne dispose pas d’un droit à la protection de ses sources. Et comme ils n’a pas légalement le loisir de protéger ses sources, il ne peut que protéger trois choses :

Un blogueur ou un lanceur d’alerte sera naturellement plus enclin à dissimuler des identités, donc plus enclin à être l’objet du scepticisme de ses lecteurs.

Mais…

Si c’est un lâche anonyme qui ne cite même pas de source, comment peut-il être pris au sérieux ?

La rupture

Et puis arrivèrent Wikileaks et Chelsea Manning, un immense raté qui partait pourtant bien. Cet épisode marque un intéressant revirement de situation. Le volume et la nature des documents publiés par Wikileaks rendaient de fait le site parfaitement crédible. En dehors de l’administration américaine, tout le monde se fichait bien de savoir qui était à l’origine de la fuite.

Mais on ne peut protéger une source d’elle même.

Même Wikileaks qui déploie des trésors d’outils et de pédagogie pour conserver ses sources anonymes n’a pas pu empêcher Chelsea Manning de révéler à un « journaliste » son rôle dans la fuite des documents militaires classifiés américains. Ce « journaliste » s’est évidemment empressé d’aller dénoncer Chelsea Manning à l’administration américaine.

Prenons le problème sous un autre angle.

Un journaliste est-il le mieux placé pour protéger l’identité d’une source ?

Pourquoi ?

Le courage c’est l’anonymat, pas la carte de presse

Plus une information est pertinente et sensible, moins l’identité de celui qui la révèle est importante. L’information pertinente, celle qui révèle quelque chose au public, qui apporte un éclairage au monde, c’est celle qui disparaîtra totalement des colonnes des quotidiens nationaux si les journalistes refusent de repenser leurs droits, leurs responsabilités et leur métier.

C’est bien mignon de se planquer derrière une carte de presse mais sur Internet, ce n’est pas la carte de presse qui protège l’identité d’une source. La carte de presse, ça fonctionne probablement devant un officier de police, devant un juge, mais c’est bien moins efficace sur Internet, face à des « boîtes noires ». Une carte de presse ne chiffre pas les communications et ne propose pas un moyen sécurisé et anonymisé d’échanger avec une source.

Pour avoir le courage de publier une information sensible, il faut se donner les moyens de la publier dans des conditions optimales, en évacuant au possible toute source de pression potentielle. Là encore, ça ne passe pas par une carte de presse mais par la protection de l’identité d’une source et/ou de sa propre identité.

Dernier point qui peut donner à réfléchir : la protection de l’identité du journaliste, son anonymat, entre en parfaite contradiction avec la logique carriériste de ce dernier puisque c’est sa profession et qu’il a un besoin naturel de reconnaissance pour être en mesure d’évoluer professionnellement.

Le meilleur moyen de protéger l’identité d’une source, c’est de ne pas pouvoir l’identifier

Mais le rôle d’un journaliste, c’est d’identifier sa source pour juger de sa pertinence ?

Non. Cette manière de faire était probablement très en vogue au 20e siècle, mais Internet a sensiblement changé la donne.

De nos jours, il est plus convenable de juger de la pertinence d’une information et non d’une source. La compromission de l’identité d’une source d’information est devenu la principale raison d’une information incomplète, tronquée, fausse, ou orientée.

Valider l’identité d’une source est plus facile que la validation de l’information. Un journaliste consciencieux ne peut et ne doit pas valider la pertinence d’une information sur la seule base de la validation de l’identité d’une source. Cette identité peut être éclairante sur un contexte motivant la divulgation de l’information mais c’est bien là son seul apport, un apport qui peut se montrer souvent inutile, parfois nuisible.

Ce que nous pouvons conclure à ce stade

 

Lire :

 

Xavier Bertrand : dourak de service ou simplement cynique ?

mercredi 2 septembre 2015 à 18:31

xavier-bertrandComment peut-on en arriver là ? Par pure bêtise ou par cynisme débridé ? La question mérite d’être posée à la lecture de ce document. Bien sûr, il y a cette idée de renvoyer les migrants qui commettent des délits à Calais… Où ça ? En Grande-Bretagne peut être ? Hum… Ah, non, ça ne marche pas, Londres n’en veut pas. En Syrie ? En Mauritanie ? La Libye peut-être ? Mais surtout, il y a ce besoin de faire chauffer le chaudron à haine avec une sorte d’amalgame migrant = délinquant qui vient en France pour y commettre des délits. Xavier, quelqu’un qui dépense à peu près tout ce qu’il a gagné en une vie pour quitter sa terre natale, ses amis, sa famille, quelqu’un qui fuit la guerre, les persécutions, vous croyez vraiment que c’est un délinquant  ?

Et si on interdisait plutôt de territoire ceux qui véhiculent la haine ?