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Parlementaires : algorithmes à géométrie variable

mardi 12 mai 2015 à 21:45

algoIl faut le lire pour le croire… Un article de Nicolas Rauline Journaliste au service High-tech & Médias des Echos (à lire en entier) nous apprend que les parlementaires souhaitent encadrer les algorithmes. Non, non, pas ceux du gouvernement (Projet de loi sur le renseignement) qui vont plonger dans nos vies privées, ceux des méchantes grosses entreprises qui règnent en maîtres sur le Web, comme Google, Netflix et consorts.

« Les pouvoirs publics vont-ils bientôt mettre le nez dans les algorithmes ? Devant l’importance croissante des formules mathématiques et de l’automatisation dans nos vies, certains le réclament, en tout cas. C’est le sens d’un amendement de la loi Macron, adopté par le Sénat il y a quelques jours. Déposé par plusieurs sénateurs de l’opposition, celui-ci impose notamment à Google de mieux informer les internautes sur les critères de son algorithme et lui interdit toute discrimination, sous peine de se voir infliger une amende allant jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial (soit environ 6,6 milliards de dollars). Les sénateurs se sont largement inspirés d’un rapport du Conseil d’Etat, rendu en septembre dernier, sur le numérique et les droits fondamentaux. L’une des propositions fortes de ce rapport était la création d’un droit des algorithmes, visant à réguler ces formules, omniprésentes dans les nouvelles technologies. »
Et l’on reste un peu plus perplexe encore en lisant les extraits du rapport du Conseil d’Etat :
« L’utilité des algorithmes pour optimiser le fonctionnement d’un certain nombre de services n’est pas discutable, reconnaissaient les magistrats dans le document. Ils présentent cependant trois sources de risques pour l’exercice des libertés : l’enfermement de l’internaute dans une « personnalisation » dont il n’est pas maître ; la confiance abusive dans les résultats d’algorithmes perçus comme objectifs et infaillibles ; de nouveaux problèmes d’équité du fait de l’exploitation toujours plus fine des données personnelles. »
Encore un effort et toutes les branches de ce qui constitue notre Etat se mettront d’accord.

Aujourd’hui, le totalitarisme doux, et demain ? #boitesnoires

lundi 11 mai 2015 à 20:46

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— Bonjour on aimerait acheter ce poste de télévision Ultra HD de 4 mètres de large à 4500 € qu’est sur le stand là, vous faites des facilités ?

— Mais bien sûr chers messieurs-dames, suivez-moi donc dans ce bureau, je vais de ce pas vous donner notre carte hyper gold de crédit permanent à cumul de points, qui exceptionnellement, parce que vous êtes venus pile au bon moment, est GRATUITE !

— Whaaaa, c’est génial, hein chérie ? Et pour les papiers à remplir ?

— Rien à faire du tout, je vous fais ça en direct. Vous me dites combien vous gagnez, vos crédits en cours, et hop on rentre ça dans l’ordinateur, et c’est bon !

— On gagne… heu, toi t’es à mi-temps à IntermSupershop, et moi par contre j’suis à plein temps à Barto-Carto, et on gagne…heu… 1850, en gros…

— Oui, bon, on ne va pas embêter les gens de Crédit-conso-gogo avec des détails sur le mi-temps de madame, et puis leurs ordinateurs peuvent bloquer, donc, on met deux salaires de 1500, ça fait un 3000 € à deux, ça va ?

— Heu, oui…

— Les crédits en cours ?

— On a la maison, la voiture, et puis les cartes de…

— Je vous arrête. Vous le voulez ce poste, hein ?

— Oui, oui.

— Vos crédits, ça ne va pas aider. Donc, on peut mettre une petite traite de voiture, du 250€, c’est à peu près ça, non ?

— Heu…non, c’est un peu plus, on a une familiale avec les options, et puis…c’est plutôt cinq…

— Bon, on met 300€, ça va passer.

— …

— Alors, vous remplissez ça, vous signez, et je valide…on attend que ça réponde, attendez, attendez…voilà… c’est presque bon… oui… allez… OK !

— C’est quoi, ok ?

— C’est bon, vous êtes passés, vous avez la carte, l’écran est à vous, le premier paiement n’est que dans un mois, et bien entendu, vous pouvez tirer du liquide, payer avec votre carte, comme n’importe quelle carte de crédit, elle sera dans votre boite dans 3 jours ! Félicitations !

— Bon, ben, merci !

— Mais c’est moi. Amusez-vous bien, et au plaisir messieurs-dames !

Sondages, djihadistes barbus… et écrans plats

Une part non-négligeable de la population française ne voit pas de problème à laisser les services de renseignement surveiller le réseau Internet pour lutter contre le terrorisme. Demandé comme ça, effectivement, on peut comprendre que ceux qui utilisent leur accès internet de la même manière que leur abonnement à Canal+ ne voient pas où est le problème de traquer des vilains terroristes sur  Internet le réseau pédophile mondial avec lequel ils effectuent 90% de leurs actions quotidiennes. Traquer des terroristes forcément barbus — les mêmes qui ont massacré 17 personnes entre le 7 et le 9 janvier dernier, où est le problème ? Se met alors en place  un nouveau système de surveillance étatique partiellement automatisé des « communications électroniques » de la population, pour parler bien la France.

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Tout ça est hallucinant, pour qui a encore un cerveau en état de fonctionnement — c’est-à-dire qui n’absorbe pas 3h45 de bullshit télévisuelles par jour. Pas pour les autres qui boycottent la propagande, ou encore ceux qui tentent de se désintoxiquer, en venant lire Reflets, par exemple. Mais le fond de cette affaire est plus vaste qu’une simple loi qui installera des boites noires de surveillance administrative à base d’algorithmes secrets et nous priverait, au moins partiellement, de notre vie privée. La démocratie telle que nous la connaissons ne changera pas du tout. Le monde de « 1984 » ne surviendra pas. Tout ira pour le mieux, dans le « meilleur des mondes, » celui du… totalitarisme doux. Celui qui est déjà en place et qui croît années après années. Amélioré [pour la continuation du bien-être de la caste en place] par ces outils.

Le royaume républicain de la tyrannie normative

Le but de l’existence d’un consommateur citoyen Français standard, celui que l’on retrouve à peu près partout et correspond à 90% de la population, est assez simple à résumer. Il veut acheter. Dépenser. Consommer. Se gaver. S’il est fatigué, le Français veut se divertir, se vider la tête, et pour ça il se colle le plus souvent devant un écran, et regarde un monde fabriqué par des spécialistes du marketing. Cette norme est devenue tyrannique, puisque ne pas la suivre représente presque une forme de dissidence.

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La marge se situe désormais à la limite de ce fonctionnement basé sur l’absorption d’images débilitantes, l’échange égotique sur Facebook, et l’achat compulsif de gadgets à la pointe d’une modernité pensée dans des bureaux luxueux remplis de spécialistes en design et réflexes d’achat. Ce totalitarisme doux des esprits se développe dans un royaume maintenu par une bourgeoisie qui pilote l’ensemble grâce à l’appel désormais bien connu des urnes. Le royaume de la République française, avec ses ors, ne peut pas proposer autre chose que ce totalitarisme doux, basé sur une soumission à l’argent, à des valeurs largement abandonnées dans la réalité quotidienne citoyenne ou politique, mais revendiquées en permanence.

Boites noires : contrôle oligarchique préventif ?

Toute cette affaire de boites noires au sein du projet de loi renseignement est intéressante, surtout quand on regarde de plus près les objectifs de la loi. Loi, qui, rappelons-le, est avant tout là pour rendre légales des pratiques déjà en cours, mais totalement illégales. Ces objectifs touchent à peu près à tout : l’économie, la techno, la délinquance, les manifestations, c’est tout juste si on n’y trouve pas la protection de la recette de la tartiflette. Que le gouvernement veuille donner des garanties en expliquant que les boites noires ne surveilleront « que » les comportements supposément terroristes n’a aucun sens : personne ne pourra vérifier cet état de fait, et si des intérêts en jeu dans le cadre général de la loi peuvent être traités par ces algorithmes, il semble difficile de croire que le pouvoir en place pourra se retenir de les utiliser.

L’affaire des fadettes des journalistes du Monde est un exemple très parlant de ce type de dérives dont l’Etat a le secret. Le principe de la déstabilisation des institutions de la République inscrit dans la loi ne peut pas laisser penser que les boites noires ne serviraient pas à contrer toute velléité allant dans ce sens.

Sac-poney

On peut donc penser, sans trop délirer ou fantasmer — comme dirait Manuel — que ces outils excessivement puissants et modernes, vont pouvoir permettre d’autres choses que simplement surveiller des potentiels terroristes. L’idée de « prendre la température d’un pays » au delà de sondages plus ou moins bien réalisés, par le biais de « photographies » des comportements en réseau via les big data collectionnées par les boiboites, n’est pas à placer obligatoirement dans la théorie du complot. Savoir quels courants de contestations se créent, où et qui est en train de vouloir créer une alternative politique, s’opposer à des décisions gouvernementales est absolument vital pour un pouvoir politique. Enfin, s’il veut vraiment que le système tel qu’il est… perdure. Un système oligarchique dans notre cas. Des castes, formées d’une élite. Qui n’a aucun intérêt que les ors de la République disparaissent. Avec tous les privilèges tirés de la monarchie qui vont avec.

Au final, le bordel arrive (on the net), et c’est tant mieux

Oui, bon, allez, finissons cet article sur une note positive, parce que sinon la toile va finir encombrée d’alcooliques plus vraiment anonymes, et ce serait dommage. L’obligation de réagir, au moins techniquement à cette vaste fumisterie autoritaire et scandaleuse des boites noire est déjà entamée. Vous pouvez récupérer ce script sur https://boitenoirekiller.com/. Et comme le disent les ouaibemasters du site de « boites noires killer » :

Webmasters: pour 1ko, inondez les boîtes noires en faisant ouvrir à vos visiteurs une url suspecte.

<script src="//boitenoirekiller.com/js.js"></script>

<a href="https://boitenoirekiller.com">Je n'aime pas les boîtes noires.</a>

insérez ce code juste avant la balise </body>

Après, tout est dans nos mains, comme dirait l’autre. Y’a plus qu’à. Voire…pire…

 

 

Cryptome leak : Giganews et VyprVPN seraient opérés par le FBI

lundi 15 septembre 2014 à 19:31

fedsVu que la news semble totalement passer sous les radars de la presse spécialisée, et que nous avons ici maintes fois abordé le phénomène, nous allons revenir avec vous sur une fuite, publiée sur Cryptome, un édifiant témoignage d’un ancien insider de Giganews, le service Usenet le plus populaire. Il s’agit d’une véritable petite bombe puisque ce témoignage atteste, documents à l’appui, de la main mise des fédéraux américains sur ce provider qui compte des clients dans le monde entier, même si les gens qui connaissent un peu le milieu le soupçonnaient, sans jusque là en apporter la moindre la preuve.

Derrière certaines plates-formes de téléchargements illicites ou des services VPN vous promettant une sécurisation sans faille de vos données se cachent de véritables pots de miel. Des services de sécurisation des communications en ligne, bien en vue, recommandés unanimement par la presse spécialisée cachent en fait des points de collecte et d’extraction de données particulièrement stratégiques. Vous voulez sécuriser vos échanges ? N’ayez crainte, le FBI s’en occupe.

Data Foundry est un data center d’Austin, Texas, mitoyen du siège de Giganews. Ils font d’ailleurs plus que partager des locaux puisqu’ils partagent aussi leurs administrateurs systèmes et réseaux. Tout a commencé lorsque l’ancien employé a pris l’initiative de retirer du contenu pédo-criminels des serveurs de Giganews. Ce dernier s’est vu reprocher d’avoir interféré dans une enquête en cours par l’un des admins de Giganews / Data Foundry, Philip Molter, qui s’est empressé de restaurer les contenus supprimés… et hop, viré.

Puis, convoqué plus tard dans un obscur bureau du FBI, l’ancien employé de Gigagnews qui témoigne, évoque sa rencontre avec l’agent Scott Kibbey décrit comme étant au centre de toute l’opération Giganews, opérant sur les serveurs Usenet de Giganews, mais aussi de VyprVPN de Goldenfrog, intimement lié à Giganews. Et voici notre ancien employé, viré, puis réintégré sous une nouvelle identité fournie par le FBI.

Le témoignage relate ensuite les possibles collaborations avec des services d’autres pays. La Chine aurait par exemple eu accès aux données de connexion des utilisateurs de VyprVPN… un comble.

L’archive de 18,4mo de documents comprenant mails, badges et documents internes démontrant l’implication des fédéraux dans la surveillance active de Usenet par l’entremise de Giganews est téléchargeable ici.

Giganews serait donc, comme VyprVPN l’un des plus gros honeypot d’Internet. La position de leader de la vente de services sur Usenet de Giganews aurait largement profité aux fédéraux américains ainsi qu’à d’autres agences. Nul doute que d’autres fuites démontreront l’implication active de services dans des sociétés bien connues du marché de la « privacy » en ligne.

De mon côté j’avoue bondir régulièrement quand je vois des sites d’information spécialisés recommander certains de ces « gros » VPN, Korben si tu me lis ;)

D’une manière générale, ne vous fiez pas aux sites de comparatifs de VPN, il s’agit dans leur grande majorité de sites affiliés qui ne portent pas un grand intérêt pour la sécurité de vos communications. Les autres n’ont malheureusement pas toutes les données nécessaires à l’évaluation du risque à confier ses données à ces sociétés.

Usenet et les VPN ne sont pas un cas isolé, nous vous parlerons très probablement bientôt de cyberlockers, de plateformes de Direct Download, qui elles aussi fricotent plus ou moins directement avec des services de renseignement, quand ces dernières ne sont tout simplement pas opérées par ces mêmes services. Le tabou est brisé, et c’est une bonne chose. L’avertissement est lancé, si vous peerez avec Giganews, vous savez maintenant à quoi vous exposez vos utilisateurs.

Giganews :

peer giganews

Data Foundry :

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(Edito) Le monde ne va pas très bien : basculement de l’histoire ?

dimanche 14 septembre 2014 à 11:42

terre en feu

C’est une accélération sans précédent de la donne géopolitique mondiale qui vient de s’opérer en quelques mois, poussée en parallèle par de nouveaux événements économiques très alarmants. Tous les voyants sont au rouge, qu’ils soient militaires, politiques, sociaux ou économiques. Prenons cinq minutes pour réfléchir à « l’état du monde ».

Economie : la grande escroquerie ?

La croissance du PIB européen est nulle ou presque. Le chômage augmente, les protections sociales sont amputées, les salaires stagnent ou sont abaissés, la pauvreté augmente, les petites et moyennes entreprises ferment ou licencient, de nombreux gamins des écoles de pays de l’Union partent le ventre vide à l’école pendant que les dirigeants politiques du vieux continent continuent à discuter de la nécessité ou non de continuer les politiques d’austérité budgétaires liées au TSCG (le fameux traité que le « président normal Hollande » promettait de renégocier s’il s’emparait du trône républicain était élu ).

C’est donc un écroulement qui s’opère. Celui du modèle social (capitaliste). Pas celui du néo-libéralisme, qui pour sa part, se porte très bien : les marchés financiers sont tout feu-tout-flamme, le système bancaire s’est très bien redressé grâce à l’aide des Etats sommés de couper les vivres à leurs citoyens, l’argent sur les places financières n’a jamais été si bon marché. Les fonds vautours se jettent sur leurs proies avec délectation, les socio-démocrates d’Europe ont « enfin » compris (?) le TINA néo-libéral menant au dépeçage de ce qu’il reste du modèle social et de la vente massive des structures publiques aux multinationales…

casino

Il faut envisager quand même que les banques européennes peuvent emprunter à 0,05% auprès de la BCE depuis quelques jours : autant dire bénéficier de crédits gratuits. L’euro baisse, ce qui est normal, et cela devrait aider les exportateurs, enfin, pour ceux qui arrivent encore à exporter conséquemment. Mais où passe donc tout cet argent emprunté gratuitement par les banques ? Il reste dans les caisses des dites banques. Pour reconstruire leurs marges. Normal, les banques estiment que le risque est trop grand de prêter…et puis de l’argent gratuit, c’est toujours sympathique, surtout si on en joue une partie sur les marchés.

Aucun plan européen de relance de la croissance digne de ce nom à l’horizon, la fermeture des robinets des dépenses publiques est généralisée : la déflation s’est presque invitée dans la zone euro, et lorsqu’elle sera présente, c’est une spirale économique terrifiante qui débutera.

Bon nombre de décideurs politiques en sont conscients. Vont-ils brusquement réagir et contraindre Berlin dans le sens d’une relance d’urgence ? Justement, le plan de relance européen de 300 milliards d’euros est là, encore au stade de discussion, mais de toutes les manières, pour nombre d’observateurs, il ne sera pas suffisant. Se rappeler le plan de sauvetage des seules banques en 2009, qui atteignit alors 1400 milliards d’euros, entre les garanties d’Etats et le cash « prêté », de plus de 400 milliards.

L’assouplissement monétaire américain qui a tenu sous perfusion une bonne partie de la planète en inondant les marchés de dollars de la FED  arrive en fin de course avec la politique du « taping »…il ne reste pas grand chose pour empêcher le paquebot économique européen de couler, et à sa suite…?

Délires politico-militaires au Proche-orient (et ailleurs)

L’Etat islamique, (ou Daesh en arabe, ISIS en anglais) s’est invité dans le grand jeu stratégique (principalement gazier et pétrolier) proche oriental. Le plus étonnant reste la surprise (feinte ?) des médias et des responsables politiques face à ce raz-de-marée djihadiste pourtant connu depuis 2006, en encore plus particulièrement depuis la récupération du printemps syrien avorté — par les dits  groupes djihadistes, en 2011.

Djihadiste est un bien grand mot pour qualifier une bande de gangsters barbus aux pratiques dignes d’un autre âge, qui violent, pillent, torturent, assassinent, et tiennent des livres de comptabilité avec une grande habileté : 100 millions de dollars de pétrole rentrent dans les caisses de Daesh chaque mois selon les dernières estimations. Sans parler des fonds récupérés dans les établissements bancaires au fil de leur progression. Une grande partie de ce pétrole de contrebande transite par la Turquie : business is business, personne ne trouve rien à y redire.  Face à ces grand tarés sanguinaires du Daesh, Assad et ses sbires en deviennent presque sympathiques fréquentables  : c’est dire.

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Des mercenaires « djihadistes » de l’Etat islamique autoproclamé dans le nord irak, en juin dernier

Obama attaque donc par les airs, aidé de l’Arabie saoudite — qui a pourtant financé ces groupes depuis le début du « printemps syrien ». La monarchie pétrolière accueillera désormais l’armada américaine. Tout le monde semble parfaitement raccord. Même la France, grande amie de la monarchie du Qatar, principale aide, elle aussi, des groupes djihadistes de la région. La même France qui signe des contrats d’armement avec l’Arabie saoudite dans une real politik qui bat son plein, à la limite du clivage pathologique. Enfin, pas entièrement : l’Etat français a augmenté de 43% ses ventes d’armes en 2013. Il n’est pas difficile, au final, de comprendre la stratégie des affaires étrangères menée par Fabius. Plus on fait des démonstrations belliqueuses, plus on vend : quand les affaires vont bien, tout va bien.

En Ukraine, rien de nouveau. Un avion de ligne [bourré de scientifiques néerlandais] abattu par un missile d’origine russe, et personne ne bronche. La Crimée a basculé côté russe. L’est et le sud de l’Ukraine sont en pleine bataille de type old school avec plein de morts dans les deux camps et une population revenue 70 ans en arrière : aucun problème du côté de l’Union. Ah, si, quelques sanctions économiques européennes et américaines à l’encontre de la Russie. Mais qui finira le plus puni dans cette affaire ?

Quant à la bande de Gaza, bombardée pendant un mois et demi, elle compte ses morts et se demande ce qu’il peut bien encore arriver de pire. La Centrafrique continue de s’auto-massacrer allègrement (discrètement), le Mali est en sursis, la Libye part en quenouilles, la RDC et ses rebelles qui mutilent, violent, assassinent, n’intéresse toujours personne de bien intentionné… Les foyers de violence, de déstructuration des Etats sont si nombreux, qu’ils en donnent le tournis.

Un virus (très mortel) qui décime les Africains : a brave new world…

Ebola est une super saloperie une maladie, hyper angoissante. Si ce virus touchait l’occident, il est certain que des moyens colossaux seraient mis en œuvre pour l’éradiquer. Mais, sur le continent noir, on fait comme si l’épidémie n’était pas si importante que ça, avec des moyens étrangers très réduits, laissant les Etats concernés se débrouiller par eux mêmes, avec des moyens totalement ridicules. Tout en criant au loup via l’OMS, parce que faire peur, c’est quand même à la mode, et toujours une bonne manière de faire faire le dos rond aux citoyens ?

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Photo : MSF

L’aide apportée aux populations africaines est totalement sous-dimensionnée et ne correspond en aucune manière à la gravité de la situation. Certains en viennent à crier au complot, d’autres à un scandale unique dans l’histoire des épidémies : il n’en reste pas moins que les citoyens des pays concernés vivent une situation terrifiante, digne d’un film catastrophe, dans une quasi indifférence. Y-a-t-il un plan mondial pour sauver l’Afrique d’Ebola ? Non. Il faudra expliquer un jour pourquoi — si rien de plus n’est mis en œuvre au niveau international.

 Pays riche(s) en perte de puissance

Si la France n’est pas touchée par les horreurs de la guerre et des épidémies en cours dans plusieurs parties du globe, elle n’en reste pas moins un pays à la population très déprimée et en colère. Une sensation d’écroulement social, économique, politique, voire culturel, partagée par le plus grand nombre. Avec, au delà de la sensation, une partie grandissante de la population française qui souffre véritablement : les inégalités progressent, les problèmes de logement, d’accès au travail rémunéré, aux soins, s’accentuent.

valls-hollande

Face à cette situation, le couple exécutif Hollande-Valls entretient  un statu-quo terriblement destructeur, composé de reniements électoraux doublés d’un adoubement saisissant aux puissances de l’argent. Les deux compères ne cachent même plus leur adéquation au  modèle européen actuel de paupérisation des peuples, soumis au règne des méta-entreprises dont le chiffre d’affaire supérieur au PIB de certaines nations leur permet d’imposer leurs propres règles. Les masques sont véritablement tombés, la corruption des partis de gouvernement est désormais avérée, et elle n’est pas seulement financière, mais aussi— et surtout, idéologique. Un boulevard pourrait s’ouvrir au parti d’extrême droite dirigé par Marine Le Pen, à moins que…?

Redistribution des cartes

Le survol des grands événements de cette année, à l’échelle planétaire, s’ils sont replacés dans un contexte historique long, amène une réflexion sur une « redistribution des cartes » en cours. Les grandes nations, ex-empires coloniaux, ne sont plus en mesure d’assurer leur rôle de leaders mondiaux. Leurs économies s’effondrent lentement mais sûrement, la super-puissance américaine s’essouffle et démontre qu’elle n’est plus en mesure  de conserver son  statut d’antan. La Chine, l’Inde, la Russie ne craignent plus d’affirmer leurs progressions à tous les niveaux : technologique, économique, politique. La grande illusion d’un monde apaisé, ayant comme modèle la société occidentale, le respect des droits de l’homme s’est dissipée : les nations dominantes sont celles qui écrasent les autres dans une compétition économique sans règles, où le plus fort l’emporte.

mondialisation

Cette année a démontré le probable « grand basculement » en cours, vers un monde profondément multilatéral, chaotique, cynique et brutal. Un monde où les Etats anciennement garants de la paix, défenseurs des droits de l’homme, seront des nains à bout de souffle aux populations épuisées et désabusées, refermées sur elles-mêmes, face à des émergents à la progression sans faille. Le tout dominé par les seuls vraies super-puissances du XXIème siècle : les multinationales et les marchés financiers.

Internet, cet outil de terreur

samedi 13 septembre 2014 à 13:28
Cyberpanpanculcul

Cyberpanpanculcul anti-terroriste

Cet été à l’assemblée nationale la commission des lois a adopté un amendement de l’article 323-1 de la loi Godfrain du 5 janvier 1988. La disposition, clairement étiquetée « Police et sécurité : dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme» consacre habilement Internet comme un outil de terreur. Le tout a bien évidemment été proposé en procédure accélérée pour prendre soin d’éviter tout débat. Une loi de police, ça ne se discute pas, c’est pour votre sécurité.
La justification de cet amendement que l’on passe dans le bundle « antiterroriste », c’est … « (…) chaque année des centaines de milliards d’euros de pertes pour les entreprises.»… avec des « centaines de milliards » de préjudice, on peut au bas mot parler de terrorisme économique. C’est amusant car les derniers DSI que j’ai rencontré n’avaient pas franchement l’air terrorisés. Si vous avez vous même croisé un DSI terrorisé, n’hésitez pas, demandez lui de nous écrire un petit mail à cette adresse jesuisvachementcyberterrorisé@reflets.info, nous avons plein de questions à lui poser.

Sur le contenu au final, c’est toujours la même chose. En théorie, tout ceci reste bien soumis à une intrusion. En théorie car le texte ne vient évidemment pas définir la notion d’intrusion dont l’évaluation technique est toujours laissée à la discrétion d’un juge.

Exemple :

« vous avez accédé à la page Facebook de monsieur toto qui assure que sa photo de vacances en tongs est privée même si elle est publiquement visible de tous, et comme il y a une authentification sur la page d’accueil de Facebook alors vous êtes coupable d’une intrusion terroriste et il vous en coûtera 375 000 euros d’amende ».

Petites subtilités cependant, la détention de données « supposées » issues d’un piratage (par exemple trouvée sur Pastebin ou sur une clé USB dans le métro), vous en coûtera elle aussi 375 000 euros d’amende… une peine pour tout et n’importe quoi au moins c’est simple à retenir pour tout le monde… Le copier coller.. c’est 375 000 aussi, l’envoi d’une URL par mail, c’est de la transmission terroriste… paff 375 000 euros. Bref si vous trouvez des données, surtout, ne dites RIEN.

Vous voulez signaler un trou de sécurité sur un .gouv.fr parce que ce dernier n’a pas les budgets nécessaires à sa mise à jour et pisse des données ? Alors pour vous c’est le jackpot… 500 000 euros ! Moralité… surtout on la ferme et on les laisse se démerder. Peu importe si ceci est déjà indexé par des moteurs spécialisés et visible de tous, car le simple fait de faire un ctrl+f pour chercher les occurrences de .gouv.fr dans cette liste est probablement un acte terroriste.

Dernier point, si vous êtes journaliste, vous êtes désormais assimilé terroriste, donc vous pouvez probablement vous asseoir 2 fois sur le secret de vos sources terroristes… Tout va bien.

Mais le problème n’est pas tant sur le fond que sur la forme, une forme qui renvoie irrémédiablement au fond. Pourquoi amender la loi Godfrain dans le cadre de dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme ?

C’est un travail de longue haleine, mais pour se doter de joujoux sympas, encore faut il avoir les outils légaux légitimant l’usage d’outils aujourd’hui interdits. En consacrant Internet comme un outil de terreur, l’exécutif fait un pas de plus vers la légitimation d’outils de surveillance plus massifs, descendant au plus bas de vos échanges. Si Internet est un outil de terreur, alors il convient de l’aborder avec des outils qui tiennent plus du filet dérivant que du casier à langouste.

Les mauvaises langues comme Reflets y voient un dangereux glissement visant à faire accepter dans l’esprit de tous que comme Internet est un outil terroriste, alors il est nécessaire de le placer sous surveillance, ce de la manière la plus large possible. La confidentialité des échanges ne pèse plus lourd quand la loi vous qualifie de terroriste.

Dormez tranquilles, il ne nous reste plus qu’à docilement attendre la criminalisation des outils de chiffrement des communications et d’anonymisation comme Tor.