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Un homme comme les autres (2/7)

vendredi 5 septembre 2014 à 11:52

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Jardin du musée Saint Pierre: 15 heures

Ce fut un soleil printanier, insolite pour la saison en cette région, qui m’accueillit. Les édifices Lyonnais resplendissaient sous les rayons de lumière et prenaient une couleur safran envoûtante; la ville vibrait, magnifique. Je respirai un bon coup et pénétrai dans l’enceinte du jardin, scrutant avec attention les bancs de pierres disséminés le long d’un tracé parfait et d’un esthétisme troublant —alliance de la raison et de l’art —caractéristiques propres au siècle des lumières. Siderm n’avait pas choisi ce lieu par hasard.

Il n’y avait qu’un seul homme assis sur un banc qui donnait à manger à une petite troupe de pigeons. Il extrayait d’un sac en toile apparemment  dédié à cet usage exclusif des miettes de pain qu’il distribuait avec une grande attention. Les pigeons semblaient aux anges…. Je m’approchai et le saluai :

—“ Mr Siderm ?”

Il releva la tête et me dévisagea longuement, sans un mot. Ses yeux étaient très foncés, son regard semblait lointain et pourtant extrêmement perspicace, comme tourné vers l’intérieur. Un regard lourd et décidé, un regard qui me gêna sur l’instant, de par la douleur qu’il exprimait.

Je ne peux pas en dire plus sur l’apparence de Martin Siderm. A la fin de l’interview il me demanda expressément de respecter en totalité son anonymat. Cette volonté faisait partie intégrante de sa pensée et de sa vision du monde. Le problème de l’ego et du rapport à la divinité, entre autres….

“Oui. Mr Lederman ?”

Je lui tendis la main et il me la serra avec fermeté. Il me fit signe de m’asseoir et nous restâmes silencieux quelques instants. Je sortis mon magnéto et l’enclenchai, pris mon carnet et parcourus d’un oeil rapide la série de questions. N’allai-je pas être ridicule?

— “Mr Siderm, cette interview n’en est peut être pas vraiment une, disons plutôt qu’il s’agit d’un entretien permettant à un penseur inconnu du grand public de s’exprimer sur des questions fondamentales concernant notre société, les problèmes majeurs que l’humanité doit affronter en ce début de vingt et unième siècle. Vous n’êtes pas une référence scientifique, ni un auteur reconnu, puis-je me permettre de vous demander de vous définir un peu ?”

Il eut un sourire en coin.

— “ J’espère que vous n’allez pas garder cette première question dans votre document, Mr Lederman. Elle n’est pas très bien formulée et le sujet n’est ni ce que je suis, ni ce que je fais. Mon véritable nom n’est pas Siderm, c’est tout ce que je peux vous dire. Si mes réponses vous paraissent intéressantes, à vous ou bien à vos lecteurs, quel est l’intérêt de savoir qui je suis ? La notoriété ? L’autosatisfaction de ma petite personne narcissique ? L’argent ? Le pouvoir que je pourrais avoir sur les autres ?”

Je restai silencieux puis m’excusai, maudissant intérieurement ma question et lançai l’interview. En voici l’intégralité.

Interviewer : — “L’après-onze-septembre a déclenché une polémique très vive entre de nombreux intellectuels au sujet d’une possible “guerre de civilisations”. Quel est votre avis à ce sujet ? Sommes-nous devant une crise unique à l’échelle planétaire, un véritable séisme de civilisations entre “Judéo-Chrétienneté” et “Islamité”, une guerre possible entre deux cultures ?”

Siderm : — “Le problème que vous soulevez n’en est pas un au sens propre du terme. La “guerre de civilisations” que vous évoquez est un paravent, l’arbre qui cache la forêt, un rideau de fumée. L’esprit humain possède de nombreuses capacités qui lui permettent d’échapper à des phénomènes immuables mais extrêmement difficiles pour lui à surmonter. Les civilisations, les cultures engendrées par l’être humain sont un moyen formidable de lutte contre ces phénomènes, la crise terrible qui nous secoue tous depuis des millénaires est celle de l’existence. De la relation au divin, à la création du monde et à la réalité.”

I :    — “La réalité?”

S : — “Chaque civilisation organise son mode de fonctionnement sur un socle de croyances. Ces croyances définissent une réalité commune. Sans cela les êtres humains deviennent “fous”, dans le sens de la perte de repères et d’une capacité à délirer, c’est à dire à redéfinir la réalité sur un socle individuel et non plus collectif —une réalité subjective qui ramène chacun uniquement à lui-même —donc à ses propres chimères. La civilisation Occidentale est en train de rentrer dans cette nouvelle définition : un monde régenté, conceptualisé par chaque subjectivité. Un monde où la divinité, bien sûr, n’existe plus, où l’homme ne se réfère plus qu’à lui seul, omnipotent et omniscient —où l’homme prend la place de la Création. Penser être Dieu pour un homme ne peut être supporté que très difficilement. Regardez le Christ et sa difficulté face à cette dualité: “Je suis Dieu” et ensuite “Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné”. De plus il est très difficile pour les autres d’accepter un Dieu vivant, incarné, devant eux. La crainte et la peur face à un Dieu humain est légitime. Mieux vaut d’ailleurs le tuer, cet homme-Dieu, par crainte d’être détruit à son tour par lui, jugé, effacé. Imaginez maintenant une civilisation où le lien avec la Création est brisé mais où chacun se croit un peu Dieu….La possibilité de vouloir détruire l’autre est alors immense et exponentielle. Pourtant, sentir la Création vibrer en nous tous est à mon sens le socle essentiel de toutes les civilisations depuis la nuit des temps —jusqu’à “presque” aujourd’hui.

Le problème majeur est que dans le même temps des abominations, mensonges et inégalités sont encore actifs par le biais des religions. C’est pourquoi nous avons cru bon de mettre en occident la divinité de côté pour lutter contre les aberrations des institutions religieuses. Ce qui fut d’un point de vue concret, c’est à dire sur le plan social et politique, une bonne chose. La question est : comment faire, sans pouvoirs religieux, pouvoirs toujours dominés par l’ego d’une minorité et pour le maintien de l’asservissement des autres, et garder quand même contact avec la réalité de la Création, de la divinité, donc d’une réalité transcendée mais commune à tous?”

I:  — “…”

Un homme comme les autres (1/7)

vendredi 5 septembre 2014 à 10:47

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Ma passion pour le journalisme s’était progressivement dégonflée, comme, lorsqu’enfant, on abandonne après deux ou trois jours un cadeau de Noël devenu terne et insipide. Je n‘étais pas un grand journaliste mais j’avais dès le début de cette expérience professionnelle eu une sorte de foi, de volonté à amener quelque chose de l’ordre du serment d’Hippocrate version journalistique. Un serment qui se résumerait à “vérité et devoir de lutte contre les dérives des puissants”. Ce genre de croyance militante naïve dont on a besoin à vingt ou vingt cinq ans et qui peut durer par la suite, voire s’amplifier. C’étaient les années quatre vingt dix et ma profession avait déjà plongé loin du mythe originel : dix ans plus tard, à l’aube du vingt et unième siècle, les journaux français étaient mis en coupe par quelques groupes d’armementiers, plus rien à l’horizon, les intellectuels muets ou presque, une sorte de vide culturel colossal, une pensée molle de l’élite, certainement piégée par ses propres contradictions, doutes et autres atermoiements emplis de concessions et d’asservissement aux pouvoirs financiers et politiques.

Avant de jeter l’éponge je m’étais intéressé aux mouvements altermondialistes qui m’avaient vite désappointé : le fond du problème ne tenait sûrement pas en une seule dénonciation d’un système hyper-capitaliste et fortement emballé. Les réponses de Bové, trop caricaturales, les réflexions des groupes Attac, trop atrophiées dans un système de pensée issu des courants contestataires de Mai 68, une forme de serpent qui se mord la queue. Serpent qui aurait digéré Mao, Marx, Freud, Sartre, Malraux et quelques autres. On ne décrit pas le monde de «l’après-onze-septembre» avec des idées réduites et fabriquées du temps de la guerre froide ou de la découverte de la psychanalyse. Mon regret restait Pierre Bourdieu. Trop fainéant pour le lire complètement, je n’avais pas saisi la dimension qu’apportait cet homme. Un film dénonçant les collisions entre journalisme et pouvoir, intitulé “Enfin pris”, m’aida à prendre conscience du vide engendré par la disparition du “sociologue-philosophe-grande gueule”. Un vide qui aurait pu être comblé, mais qu’aucun média, en réalité, ne désirait combler.

Des intellectuels devaient encore exister et pouvaient peut-être amener une nouvelle réflexion, et, comme Bourdieu, avaient du finir par se réfugier quelque part, refusant de se laisser manipuler par les médias ou avaient été tout simplement mis de côté pour leur entêtement à ne pas se “vassaliser”. Ce fut une coïncidence qui me mit sur la piste de Martin Siderm. Mon dernier reportage tenait en un mot lorsque je pris la décision de le faire: “euphorie.”

L’homme était inconnu du grand public, ses textes n’avaient jamais été publiés et il avait touché à de nombreux domaines. Sa vie comportait beaucoup de points obscurs et contradictoires, admiré par certains, détesté par d’autres, Martin Siderm n’était pas le candidat idéal pour un scoop, voire simplement une interview dans un titre national. Mais je m’obstinai pour une raison simple : l’un de mes amis grand reporter l’avait rencontré dans des circonstances particulières, au fin fond de l’Afrique et avait été perturbé, puis agacé et enfin, d’après ses mots, “séduit” par la pensée de Siderm. Cet ami pensait qu’en s’y prenant bien il y avait quelque chose de véritablement intéressant à tirer de cette interview. Il m’avait dit :

— “Si c’est ton dernier papier, c’est lui qu’il te faut. C’est un type bizarre avec autant d’amis que d’ennemis, mais il peut t’amener ce que tu cherches, une autre manière d’entrevoir l’époque. Il manie la philosophie, l’histoire, la sociologie, la psychanalyse, la politique, la théologie, avec le décalage que tu recherches.”

Ca m’avait plu. Et puis je n’avais rien à perdre, après tout, j’arrêtai le métier. Je ne connaissais ni son âge (mon ami m’avait dit qu’il n’était ni vieux ni jeune, difficile à définir, entre quarante et cinquante ans très certainement), ni son parcours, ses diplômes, compétences véritables et autres garanties de sérieux que recherche un journaliste. Je ne savais pas non plus s’il travaillait. La seule chose que put me fournir mon ami fut une adresse électronique (leur rencontre avait eu lieu en 1997 au Botswana). Je lui écrivis par ce biais. La réponse fut presque instantanée et loin de me satisfaire. Le message était le suivant :

— “Qui êtes vous ?” Obligé de répondre, je me surpris à lui envoyer un long texte résumant ma vie depuis la petite enfance, mes réflexions et recherches journalistiques. Une sorte d’autobiographie. S’il était vraiment tel que me le décrivait mon ami, c’étaient ce genre de choses qui lui feraient peut-être accepter cette interview. La réponse fut tout aussi laconique :

— “Aujourd’hui à 15 heures à Lyon, jardin du musée Saint Pierre.”

Je me préparai en catastrophe et fonçai à Lyon : il était 11 heures du matin et je vivais à Paris…

Apple et les petits dessous des princesses d’Hollywood

lundi 1 septembre 2014 à 23:04

lolcat_demotivatorS’il y a bien quelque chose qui fait les gros titres de la presse aujourd’hui, c’est la divulgation sur 4chan, la nuit dernière de photos et de vidéos d’une centaine de stars d’Hollywood. L’affaire aurait presque été banale. Ce n’est pas la première fois qu’un bout de nichon leak sur Internet après tout. C’est le genre d’anecdote qui en France avait par exemple conduit à la fermeture d’Altern.org (« c’est vraiment trop injuste »).  Mais d’anecdotes en anecdotes, la centralisation et la concentration d’une importante masses de données personnelles chez une poignée d’acteurs, le nombre croissant d’utilisateurs de ces services en ligne, la pluralité et la complexification des protocoles, des objets connectés, le tout conjugué à une politique complètement débile de rétention des données de la part de ces gros acteurs du Net, mène à des fuites toujours plus « spectaculaires ».

Nous n’allons pas ici prendre la défense du pirate qui aurait mené une attaque en règle en utilisant entre autres une attaque par force brute sur le service de localisation des iPhones pour accéder aux espaces de stockage iCloud des victimes, il savait manifestement très bien ce qu’il faisait et dans quel but (les données récoltées doivent déjà être mises en vente sur certains black markets)… mais oui ce genre de fuite est inéluctable, et c’est évidemment appelé à se reproduire, encore et encore.

Authentification défaillante, données stockées (presque) en clair dans le cloud (souverain ou pas, car ce n’est certainement pas la souveraineté qui prémunit des implémentations hasardeuses d’outils de chiffrement) et politique de rétention absurde sont les trois nouvelles mamelles des leaks de données personnelles. Le fait qu’il s’agisse ici de photos de stars dans leur intimité prête à sourire pour beaucoup et les responsabilités des uns et des autres sont discutées dans les fils de commentaires de tous les articles de presse traitant du sujet. Certains blâment les victimes, d’autres le pirate, et d’autres (un plus petit nombre), se penchent sur la responsabilité d’Apple qui aurait réintroduit une vulnérabilité déjà exploitée dans le passé pour rendre possible cette fuite… là, c’est quand même déjà plus embarrassant.

Authentification défaillante ?

Il semblerait que le script à l’origine de l’intrusion soit un bête script de brute force en langage python. Qui dit force brute dit pas de limite sur le nombre d’authentifications ratées conduisant à un blocage du compte et à une procédure de vérification pour le déblocage. On parle tout de même d’iCloud, l’aspirateur à données personnelles d’Apple émanant des iPhones. A la décharge d’Apple, une authentification multifactorielle est naturellement un frein à « l’expérience utilisateur », comprenez que la sécurité, ce n’est pas magique, et que si c’est magique, c’est forcément défaillant quelque part.

Des données personnelles presque chiffrées

iCloud a déjà fait l’objet de proof of concept visant à démontrer ses faiblesses, c’est par exemple ce que démontre ce document PDF intitulé iCloud Keychain and iOS 7 Data Protection (3Mo) qui nous explique qu’Apple, qui jure dans toutes ses CGU ne pas être en mesure de lire vos données dans iCloud, stocke quand même votre secret de déchiffrement… un concept assez particulier de la notion d’indéchiffrable. Un peu comme si vous juriez qu’il vous est impossible d’ouvrir une porte dont vous avez la clé dans la poche.

Rétention de données ?

Tout le monde sait aujourd’hui que de chez les gros acteurs d’Internet, comme Facebook pour ne pas le citer, il vous est impossible de supprimer des données. Vous pouvez mettre votre compte en sommeil, mais vos données restent bien dans le cloud de Facebook, et si vous y revenez, vous aurez la joie, ou la stupéfaction, c’est selon, de retrouver les données que vous étiez convaincus d’avoir supprimé de Facebook en fermant votre compte. Et ce dernier point, il a de quoi faire peur, à l’heure où il faut entrer un email dans son téléphone pour accéder à des services qui activeront une synchronisation de données « dans le cloud », à laquelle une immense majorité d’utilisateurs ne prête pas même attention. Et quand on pense avoir supprimé des données de son téléphone, ce n’est parce pas que ce dernier est « synchronisé » avec l’ami « cloud » que ces données effacées d’un téléphone seront effacées du cloud… et ce n’est même pas parce qu’on les supprime de son espace de stockage que le cloud n’en conservera pas trace.

A quand une fonctionnalité OBLIGATOIRE de suppression de données sur les espaces de stockage distants de ces services dont nous sommes les premiers produits ?

C’est très bien que la presse française relaie cette affaire, même si c’est triste qu’elle le fasse car elle concerne les données personnelles d’une centaine de célébrités, ceci à le mérite de permettre à des gens de s’identifier indirectement à ces stars et de comprendre que nul n’est à l’abri de ce genre de fuites. Mais ne perdons pas de vue qu’en France, un pauvre bout de téton pixélisé d’Estelle Halyday aura suffit en 1999 à faire fermer Altern qui était à l’époque le plus gros hébergeur associatif français… et ces photos, qui ont fait fermer des milliers de sites de la toile francophone, on les retrouve toutes sur Google images.

Qosmos aimerait bien qu’on l’oublie un peu… c’est raté.

lundi 1 septembre 2014 à 12:41

qosmos cleanLe droit à l’oubli finira t-il par s’opposer au devoir de mémoire ? La question est plus que jamais d’actualité depuis que Google, conformément à l’arrêt de la cour européenne de justice, a ouvert un formulaire de demande de retrait de contenus. Ce formulaire, destiné aux particuliers, profite évidemment aussi aux entreprises, même si ces dernières ne devraient pas en profiter. Sous les feux des projecteurs, le PDG de Qosmos a commencé à faire nettoyer Internet de certains articles… et c’est un peu visible.

Sauf que l’actualité ne se prête pas forcément à ce que l’on oublie ces entreprises, et Qosmos n’est certainement pas un acteur que nous oublierons, peu importe les opérations de whitewashing menées (et ce n’est pas la première)…

La Thaïlande est mûre… pour passer de la censure à la surveillance de masse

lundi 1 septembre 2014 à 09:44
La page la plus connue des internautes thailandais

La page la plus connue des internautes thailandais

La Thaïlande, depuis des années, alterne élans démocratiques coups d’états de la junte militaire, écrasant toute contestation. Suite à un énième coup d’état la junte a placé au pouvoir un gouvernement majoritairement militaire reflets de la ligne la plus dure de l’échiquier politique local en matière de répression. Ce gouvernement, dont un tiers de sa composition est militaire, va avoir le bonheur de (re)trouver à sa disposition une infrastructure de censure d’Internet. Le blocage des sites web est monnaie courante depuis 2006/2007 mais s’oriente depuis 2010 vers une censure politique franche. Le risque de voir la Thaïlande basculer dans la surveillance numérique massive n’a jamais été aussi grand, ce n’est plus maintenant qu’une question de moyens, donc de temps.

Dans ce nouveau gouvernement thaïlandais, on retrouve quelques têtes connues… et pas des plus tendres, comme le général Anupong Paochinda au ministère de l’intérieur, responsable direct d’une répression meurtrière des chemises rouges en 2010. C’est donc le général Anupong Paochinda qui se voit confier le maintien de l’ordre dans le pays. Niveau méthodologie, il ne va pas falloir s’attendre à beaucoup de changement de sa part et de ce gouvernement en général. Mais ce sont aujourd’hui près de 25 millions d’internautes qui vont devoir, plus que jamais rester sur leurs gardes.

La situation de la censure sur Internet en Thaïlande n’est pas nouvelle, mais ils semble aujourd’hui inéluctable, que le royaume, où la police réitérait au printemps dernier que tout like Facebook d’un message contre la junte était un crime, va chercher à ajouter à la censure une surveillance accrue du réseau, et chercher à développer son infrastructure avec l’aimable collaboration des fournisseurs d’accès locaux qui n’ont pas franchement le choix.
A ce jour, la Thaïlande est principalement connue pour user de diverses techniques de blocage de sites web (blocage DNS et redirections web). Citizen Lab a d’ailleurs mis en évidence (pdf) l’utilisation de proxys et de Packet Shappers d’une vieille connaissance de Reflets… BlueCoat.

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Avec ce nouveau gouvernement affichant la ligne la plus dure en matière répressive, la Thaïlande est autant à surveiller politiquement que numériquement. C’est bien un marché qui est en train de s’ouvrir pour les entreprises qui vendent de la surveillance électronique de masse.
Internet risque de devenir un outil rêvé pour la junte pour prévenir toute manifestation et autres formes d’opposition. Les journalistes et blogueurs thaïlandais, plus que jamais, sont en danger.