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Vous étiez 16 millions à voter devant l’écran

lundi 16 juin 2014 à 21:36

A la lecture des commentaires négatifs de l’article de Kitetoa sur la Coupe du monde au Brésil, un sentiment étrange advient. Certains vont penser qu’il ne reflète pas celui du plus grand monde, mais quand même…

hypnose

Les lecteurs de Reflets ont tendance à ne pas adhérer avec les grandes tendances de l’époque, à ne pas s’en « laisser conter » comme on dit. Le lecteur de Reflets n’est pas un con moyen : c’est ce qu’on se dit, parce qu’on doit être un peu plus prétentieux que la moyenne ou naïf, tout dépend comment on regarde la chose. Bref, le lecteur qui ne veut pas qu’on lui en conte, est content qu’on lui dénonce des malversations du système en place. Sur la surveillance numérique, par exemple. Ca lui plaît : il fait partie des gens à qui on « ne la fait pas ». C’est bien. Reflets est un bon journal, avec des lecteurs avertis qui ont compris que le monde n’est pas celui décrit par TF1. Et d’un seul coup, une distorsion survient : plein de lecteurs viennent hurler leur amour de TF1. Qu’est-ce ? Mais qu’est-ce donc ?

Ils sont 16 millions : ça va être duraille

Pour faire court, parce que ce billet est un billet d’humeur, comme on dit, vous avez été 16 millions à voter pour Martin Bouygues l’autre soir (désolé, le rédacteur n’a pas retenu la date). Le dit Martin Bouygues s’en est félicité, aidé des 4 millions de tweets de la soirée, qui disons-le, soulignent bien la médiocrité des utilisateurs du web 2.0, tant vanté depuis une décennie. Parce qu’au final, ce que Kitetoa tentait d’exprimer, est une chose toute simple : vous votez pour une société à laquelle vous adhérez en regardant ce mondial de football. Pas parce que c’est du foot. Pas parce que c’est du sport. Mais parce que c’est un système totalement corrompu, celui-là même que vous contestez dans les urnes ou chaque jour de l’année dans vos commentaires ou vos discussions.

Ce système, celui de la FIFA, et du Mondial, est celui de la finance internationale, du néo-libéralisme débridé, de l’écrasement des plus faibles par une poignée de milliardaires à la solde d’une seule chose : le pouvoir sur les masses.

Il est donc possible de renvoyer les fringues fabriquées au Bengladesh à la tête de l’auteur, de relativiser absolument tout pour justifier cette énormité morbide qu’est la Coupe du monde, mais rien n’enlèvera la réalité crasse des 16 millions de téléspectateurs  pro-Bouygues de TF1 du premier match de l’équipe de France au Brésil. Et cette réalité est celle-ci : en finançant Bouygues et ses sponsors par votre adhésion téléspectatrice, vous faites bien plus pour conforter ce système en place qu’en allant voter ou manifester. En réalité, vous le validez.

Et au final : vous n’avez que ce vous méritez.

Donc se plaindre, ensuite, est nul et non avenu. Le mieux est de baisser la tête, surtout quand l’événement sera conclu et que vous aurez à subir une fois de plus les décisions de ceux qui maitrisent le destin des nations : les multinationales.

Vous étiez 16 millions.

Ils sont quelques centaines.

Dommage, quand même.

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Sautez bien de joie à chaque but du mondial, vous célébrez un mort ou un torturé

samedi 14 juin 2014 à 15:41

karinny

Abrutis. Franchement, il n’y pas d’autre mot. Abrutis par le pain et les jeux que leur délivrent le système afin de faire oublier la catastrophe économique ambiante. Abrutis comme la bêtise crasse provoquée par les flonflons, le matraquage médiatique. Les fanatiques de foot sont des abrutis. Ils se gavent de bière devant des écrans dans lesquels des types courent après une baballe. Ils hurlent. Grand bien leur fasse… s’ils ne venaient pas empiéter sur nos vies. Le fanatique de foot est souvent un peu bas du front et aime se battre. Le foot n’est alors qu’un prétexte pour tuer un autre fanatique de football ou, s’il n’y en a pas en face, un policier, un passant, peu importe. Pour éviter les « débordements », les contribuables, qu’ils aiment le foot ou pas, peu importe, sont conviés à participer financièrement au déploiement régulier de forces de l’ordre autour des stades. Vous nous direz, c’est un cas particulier qui est développé ici. Les « hooligans ». Il y a des papas qui emmènent leurs enfants au stade et qui ne sont pas du tout comme ça.

Oui. Et c’est à ces abrutis-là que nous voudrions parler aujourd’hui.

A chaque but marqué, à chaque action qui vous fera hurler, sauter de joie, prenez un instant pour regarder l’ensemble. Le contexte. Elargissez votre champ de vision. Pensez à tous les innocents qui sont arrêtés, torturés pour votre bon plaisir. C’est le cas de Karinny de Magalhães, reporter pour média NINJA, membre du collectif de journalistes indépendants dont on vous a parlé dans cet article de Reflets. Et tant que vous en êtes à relire des articles, relisez celui-ci de Kitetoa.com, ou encore celui-là.

Et oui, en ce moment même, au Brésil, on arrête, on tue, on torture des gens pour que les media de masse puissent servir leur grand-messe tranquillement.

Mais rassurez-vous, le cortège de morts a déjà commencé pour la prochaine coupe du monde. On ne chôme pas dans ce domaine. Oui, pour la coupe du monde au Qatar, on vide le Népal qui se meurt. Les Népalais et surtout les Népalaises souffrent de ce recrutement de semi-esclaves pour construire les stades qui accueilleront des millionnaires qui vont courir derrière une baballe. Et les Népalais semi-esclaves au Qatar se meurent aussi. Dans l’indifférence générale.

Allez, célébrez ce merveilleux moment qu’est la coupe du monde de football. De toutes manières, vous ne pouvez rien faire à votre petit niveau pour lutter contre tout ça, n’est-ce pas ?

Oh wait…

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Hackfest Tails les 5 et 6 juillet 2014

vendredi 13 juin 2014 à 10:22

tailsTails est une distribution Linux libre et open source orientée protection de la vie privée. C’est un système d’exploitation parfaitement autonome qui peut tourner sans avoir besoin d’être installé, depuis un cd, une carte SD ou une clé USB.  Tails regroupe une collection d’outils permettant à toute personne soucieuse de préserver ses données personnelles, de protéger son identité sur Internet, ou de contourner des dispositifs d’interception et de censure.

Un projet comme Tails devrait être un outil indispensable pour des journalistes soucieux de protéger leurs source, pour les personnes amenées à se déplacer dans des zones à risque, pour des professionnels manipulant des données sensibles, pour Paul Bismuth et son avocat… tout le monde un jour peut avoir besoin de Tails.

Très accessible au commun des mortels, Tails est aujourd’hui devenu un outil incontournable et vous invite à son Hackfest que nous relayons ici avec grand plaisir. C’est ouvert à tous et que vous soyez développeur, graphiste, simple curieux, vous aurez certainement des compétences et des idées à mettre au service de la cette communauté qui devrait être déclarée d’intérêt public :

Visiter le site de Tails

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Joignez-vous à nous pour la HackFest 2014 de Tails !
5 et 6 juillet 2014 -- Paris, France

Description et objectifs
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Rejoignez-nous pour rendre accessibles à quiconque l'anonymat en ligne
et la confidentialité dans le monde numérique. Que votre spécialité
soit la documentation technique, le développement logiciel, le design,
l'administration système... ou si vous être tout simplement
intéressé : venez en apprendre plus sur les challenges auxquels Tails
fait face, et comment vous pouvez faire partie de la solution.

La HackFest Tails rassemblera quiconque s'intéresse à rendre Tails
plus utilisable et plus sûr. Cet événement ouvert sera un joyeux
mélange d'apprentissage, de dessin, de programmation, de partage et
de fête.

Logistique
==========

* Où : l'événement se déroulera à l'IRILL, Paris, France
  (https://www.irill.org/about/information-for-guests).

* Dates : samedi 5 juillet 2014 - dimanche 6 juillet 2014

* Horaires : 10h-22h

* Inscription: si vous voulez participer, envisagez s'il-vous-plaît de
  nous en informer. C'est optionnel, mais ça aide
  à organiser l'événement.

* Contact : <tails-hackfest-2014@boum.org>, #tails-hackfest sur
  irc.oftc.net

* Détails, agenda et mises à jour :

https://tails.boum.org/blueprint/HackFest_2014_Paris/

Qu'est-ce que Tails ?
=====================

Tails est un système d'exploitation live, qui peut être démarré, sur
quasiment n'importe quel ordinateur, depuis un DVD, une clé USB, ou
une carte SD. C'est un Logiciel Libre, basé sur Debian GNU/Linux.

Son but est de préserver la vie privée et l'anonymat. Il aide à :

 * utiliser Internet de manière anonyme et contourner la censure ;
   toutes les connexions sortantes vers Internet sont obligées de
   passer par le réseau Tor ;
 * ne pas laisser de traces sur l'ordinateur utilisé, sauf si
   l'utilisateur le demandez explicitement ;
 * utiliser des outils de cryptographie reconnus pour chiffrer
   fichiers, emails et messagerie instantanée.

Tails est fait pour être utilisable : chaque fonctionnalité, chaque
logiciel sont prêts à être utilisés, documentés en détail, et traduits
dans de nombreuses langues.

Tails coopère : tout ce que Tails produit est publié comme Logiciel
Libre, et partagé avec d'autres projets, autant que possible.

Des gens utilisent Tails pour écrire des livres et monter des films.
Des gens utilisent Tails pour discuter à l'abri des oreilles
indiscrètes, pour naviguer sur le web anonymement, et pour partager
des documents sensibles. De nombreuses personnes dépendent de Tails
pour effectuer leurs tâches quotidiennes, quand ce n'est pas, tout
bonnement, pour rester en vie.

Au plaisir de vous rencontrer les 5 et 6 juillet ! Sans nul doute,
vous trouverez une chouette façon de contribuer à Tails, quel que soit
votre spécialité !

Hôte et sponsors
================

Nous remercions vivement Debian, l'IRILL, Mozilla et le projet Tor
pour leur soutien à cet événement !

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Bienvenue dans leur Far West

mercredi 11 juin 2014 à 17:42

Internet n’est plus « votre »terrain de jeu, c’est le leur…

Souvenez-vous… Ou pas d’ailleurs… Au commencement était un réseau mondial qui luttait pour s’imposer, seul, avec quelques barbus aux commandes, principalement dans des universités. En face, des poids-lourds de l’industrie qui espéraient enfermer leurs abonnés dans un vaste centre commercial virtuel : Microsoft, AOL, etc. Les technologies associées à Internet étaient « nouvelles ». Tellement nouvelles, que peu de monde savait les utiliser. Les hackers n’étaient pas légion.

Avant le Web, il y avait Veronica.

VeronicaMars

Veronica permettait de trouver « des choses » sur des serveurs Gopher.

gopher

A cette époque, en France, il ne devait pas y avoir un grand nombre de policiers dans la cour où l’on jouait. Puis est arrivé le Web. Dans un premier temps, les entreprises françaises se refusaient à y publier quoi que ce soit. L’argument principal étant d’ailleurs que « sur Internet il n’y a que des pédophiles et des pirates ». Mieux, en marge d’une conférence de presse, Jean-Jacques Damlamian, ponte de France Telecom, m’expliquait benoîtement que FT ferait tout pour ralentir la progression du Net en France puisque l’on avait le Minitel. Un visionnaire.

Mais très vite, les directions générales de ces mêmes entreprises intimaient l’ordre à leurs services informatiques d’être présents sur le Web aussi vite que possible. Les technologies étant « nouvelles », les budgets étant -déjà- réduits, le résultat fut un festival de conneries.

Ce qui donna naissance à la rubrique des « admins fous, fous, fous » sur Kitetoa.com et me permit de rigoler plusieurs années durant, tout seul devant mon écran.

Les serveurs étaient des passoires qui laissaient fuiter des tonnes et des tonnes de données personnelles, de fichiers confidentiels… La situation s’est un peu améliorée avec le temps mais il est aisé d’imaginer que si je pouvais, moi un non technicien, trouver tout cela, les vrais techniciens pouvaient aller au plus profond du Net, s’introduire un peu partout voir la cyber ville comme une ville en verre tout à fait translucide.

Pirater un serveur était un jeu d’enfant. Il suffisait parfois d’utiliser une machine à l’étranger comme rebond pour échapper aux poursuites. La police avait du mal à obtenir des informations via des commissions rogatoires internationales, le temps de la justice étant souvent bien plus lent que celui de la rotation des logs. En d’autres termes, si une commission rogatoire était lancée (peu probable), les logs avaient déjà disparu lorsque la réponse revenait.

Quant aux policiers spécialisés, ils avaient encore du chemin à faire. Je me souviens de l’un d’entre eux qui ne savait pas à quoi ressemblaient des logs Apache. Quant à celle qui m’avait entendu dans le cadre de l’affaire Tati

freekite2jpg

A cette époque, je traînais mes cyber baskets avec des gens très sympas (ADM, Rhino9, Fyodor, RFP, etc.) qui naviguaient sur le cyber océan sans que rien ne vienne s’interposer. D’autres aux Etats-Unis teintaient parfois leurs chapeaux blancs de gris, sans conséquences (w00w00, L0pht, cDc). En France, Laurent Chemla, contributeur vénéré de Reflets volait de l’électricité.

C’était vraiment une autre époque.

Aujourd’hui, quelques années plus tard, les policiers spécialisés sont devenus bien meilleurs que moi et ont parfois un niveau en informatique (ça se dit ça ?) qui égale celui de hackers chevronnés. Mieux, ils ont à leur disposition une litanie de textes tous plus répressifs et intrusifs dans votre vie privée les uns que les autres. C’est sans doute très utile pour lutter contre la pédophilie ou le terrorisme, mais c’est aussi les fondations d’un Etat policier extrêmement intrusif qui se fixe des règles très particulières. Vous n’avez pas le droit de pirater un ordinateur qui ne vous appartient pas. Les policiers ont le droit de pirater votre ordinateur. Logique, non ?

Tout a commencé en 1978 avec la loi relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.

Et puis cela a dégénéré:

chat-voleur

Les lecteurs assidus de Reflets le savent bien, il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg.

En dehors des lois, il y a les écoutes sauvages. Et sur le Net, elles sont passées de l’artisanat à base de pinces crocodile, à une industrialisation totale. Amesys et Qosmos sont là pour le démontrer, tout comme Edward Snowden.

Essayez d’imaginer… La NSA collecte quelque 11,5 petabytes par an.

Il faut bien l’admettre… Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans notre Far West, nous sommes dans le leur et ils y font exactement ce qui leur plaît, en suivant leurs lois pour certains.

En ne les suivant pas pour d’autres, et ce, avec la bénédiction et le soutien des gouvernements successifs, de droite comme de gauche. Et je ne parle même pas de la NSA…

Quelque chose a changé dans mon Internet. Je sens comme une perturbation…

 

 

Note :  cet article est issu d’une prez pour Pas Sage en Seine 2014, mais n’ayant droit qu’à un seul talk, je publie cela ici.

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Attention la Banque Centrale Européenne va nous relancer l’économie en deux coups de cuillère à pot

mardi 10 juin 2014 à 23:04

banker-small

Ce n’est pas aussi vendeur que Roland-Garros ou la coupe du monde de fouteballe, mais il s’est passé un truc intéressant ces derniers jours. La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé quelques petites choses pour nous relancer une économie atone et éviter une trop faible inflation. Super Mario Draghi, le président de la BCE a par exemple annoncé une nouvelle baisse des taux :

In pursuing our price stability mandate, today we decided on a combination of measures to provide additional monetary policy accommodation and to support lending to the real economy. This package includes further reductions in the key ECB interest rates, targeted longer-term refinancing operations, preparatory work related to outright purchases of asset-backed securities and a prolongation of fixed rate, full allotment tender procedures. In addition, we have decided to suspend the weekly fine-tuning operation sterilising the liquidity injected under the Securities Markets Programme.

Sur le papier, et c’est ce que vous avez pu lire ici ou là, c’est très intéressant. Les taux n’ont jamais été aussi bas, donc l’argent va couler à flots, notamment vers « l’économie réelle », les entreprises. Bref, de la relance à tout va. Et si relance il y a, le chômage devrait baisser. De plus, pas fou, Mario Draghi a pris ses précautions. Pas question de laisser les institutions financières profiter à nouveau de cette manne d’argent quasi gratuit. Cela aussi, vous l’avez sans doute lu, les banques devront prêter à l’économie réelle au moins 30% de ce qu’elles emprunteront à taux bas auprès de la banque centrale.

Sur le papier, tout est parfait. Dans la réalité, en revanche…

Première annonce, le taux directeur passe à 0,15% :

First, we decided to lower the interest rate on the main refinancing operations of the Eurosystem by 10 basis points to 0.15%

Quant aux fonds que les banques voudraient laisser en dépôt auprès de la BCE, on passe à des taux négatifs :

The rate on the deposit facility was lowered by 10 basis points to -0.10%.

Une bonne idée, sur le papier, pour éviter que les banques ne laissent dormir leurs liquidités et se sentent obligées de le prêter pour obtenir, cette fois, des taux positifs.

Pour cela, il faudrait que la demande de crédit soit forte dans l’UE. Ce qui n’est pas certain. Les entreprises ayant tendance à puiser dans leurs réserves par prudence eu égard au contexte économique et à leurs perspectives de chiffre d’affaires (en chute libre).

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Il faudrait aussi que les entités économiques voulant emprunter soient solides, dans l’esprit des banques. Plus solides que la BCE ou d’autres produits financiers. Or, comme nous l’avons écrit, les taux négatifs et leur attrait, parfois, de la part des institutions financières en disent long sur l’état d’esprit des acteurs de la finance vis-à-vis du reste de l’économie.

L’expérience menée au Danemark des taux négatifs est peu concluante. Dans la réalité, les institutions financières peuvent penser que leurs fonds sont plus en « sécurité » à la BCE qu’ailleurs. En outre, les revenus générés par des placements ailleurs (dette souveraine par exemple, mais pas seulement) peuvent « compenser » les taux négatifs sans pour autant que l’argent soit investi dans « l’économie réelle ».

Siouuuuplaît, pour rester propre…

Les institutions financières sont d’une inventivité sans égal pour créer des bulles (sinon, comment faire de gros bénéfices ?) et venir pleurer misère quand la bulle éclate.

Seul secteur économique qui échappe aux règles du capitalisme, le secteur financier gagne quand il gagne et … gagne quand il perd. Il lui suffit pour cela d’invoquer son mantra magique :

« Risque systémique« .

En d’autres termes, après avoir fait plonger dans une crise noire toute la planète et surtout « l’économie réelle », avec son cortège de chômeurs et d’expulsés, la finance se tourne vers les politiques et évoque le risque d’écoulement complet du secteur. Donnez-nous de l’argent où nous entraînons tout le monde dans notre chute. Et ça marche…

Après 2008 et les subprimes, après la crise de la dette souveraine,  le secteur de la finance a obtenu de l’argent quasi gratuit de la part des banques centrales, qu’il a réinvesti dans le High Frequency trading et dans la dette souveraine, générant de confortables bénéfices.

Parmi le lot de décisions de la BCE, il y a la même blague…

Un nouveau LTRO (Long term refinancing operations) permettra aux banques de s’abreuver à la fontaine désormais habituelle (initiée par la Réserve fédérale) de l’argent facile. Avec les risques évidents, déjà connus de crise à venir, de marchés actions à des niveaux improbables…

Dans les jours qui ont suivi, les décisions de la BCE ont fait un flop en termes d’objectifs. Toutefois, on note deux événements comiques. Le rendement de la dette souveraine de l’Irlande et de l’Espagne est passé sous celui des Etats-Unis. Sur le papier, on pourrait en conclure que les économies de ces deux pays sont tout à coup en meilleur état (ce papier serait moins anxiogène) que celle des Etats-Unis. Dans la réalité, en revanche…

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