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A partir de quand est-on en danger dans une démocratie ?

mercredi 28 mai 2014 à 22:54

Alors que le parti dirigé par Marine Le Pen a obtenu 25% des voix exprimées aux élections européennes, un  nombre grandissant de questions angoissées circulent à travers le pays. Que peut donc faire le FN [ou pas] avec ce résultat électoral, et dans le cadre d’une politique-fiction, que pourrait-il se passer, au cas où ce parti d’extrême droite parvenait à remporter les élections présidentielles ?

Stakhanov

Le premier parti de France ? Vraiment ? En réalité, le Front national est le parti le plus plébiscité par la minorité de citoyens encore intéressée par le système politique en place : la démocratie représentative. Les votants FN étaient très peu nombreux dimanche : 4,6 millions de personnes. Le « parti » des non-inscrits sur les listes électorales sont plus nombreux que les électeurs de l’extrême droite : autour de 5 millions. Les abstentionnistes ? Plus de 10 millions… Si des cris d’orfraies se répandent un peu partout, criant au scandale des abstentionnistes, responsables selon eux de cette catastrophe, il est un peu dommage de ne pas questionner le véritable message renvoyé dimanche par la population française en âge de voter.

Qui a peur du grand méchant loup ?

Les journalistes pètent de trouille, se lamentent. Il suffisait d’être dans une salle de rédaction dimanche soir pour s’en rendre compte. Avec des crises de mea culpa saisissantes : « On lui a donné trop de place, on a quand même notre part de responsabilité… ». Tout en se jetant sur le sujet, parce que, bon, « tout le monde le fait et que quand même, elle est en tête, donc, on est obligé de la mettre en avant ». Tout ça peut prêter à sourire ou agacer, mais le résultat est là : le parti du grand méchant loup envoie plus de députés européens à Strasbourg que n’importe quel autre parti. Et alors ? Que vont faire les élus FN là-bas ? Déglinguer l’Europe, que de toute manière 50% de la population française déteste et aimerait voir disparaître ? Faire passer des lois européennes anti-étrangers alors que le droit européen empêche la discrimination ? De toutes les manières, ce que chacun regarde en réalité n’est pas cette élection, mais celle de 2017. Et là, c’est beaucoup plus drôle.

En 2017, il ne se passera rien…

Ou presque, puisqu’en réalité, la politique fiction la plus raisonnable voit la candidate du FN arriver au deuxième tour, peut-être même en tête, par le jeu de la dispersion des voix. Et ensuite ? La grande trouille nationale, les hurlements d’indignation, le recours aux sauveurs républicains : et hop, l’UMP qui aura peut-être été un peu toilettée en autre chose gagnera largement l’élection. Ou le PS, ce dont on peut douter, quand même…

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Mais imaginons que ce ne soit pas le cas, et que le grand méchant loup arrive au pouvoir. Serions-nous encore en démocratie ? [En établissant que nous y soyons aujourd'hui, en démocratie…ce qui se discute d'un point de vue du droit du peuple, justement, à disposer de lui-même. Et oui, ce peuple que le grand méchant loup n'arrête pas de brandir, et qu'il aime, à qui il veut redonner du pouvoir. Le populisme, ce mot qui fait peur, et pourtant, qui représente les fondements du système dans lequel nous sommes installés. Un système issu d'une révolution…populaire. Qu'en faire ? Le FN bénéficie de plusieurs facteurs convergents : l'épuisement du système, la grogne populaire, la corruption avérée d'une partie très importante de la classe politique, une crise sociale et une mutation économique de grande ampleur. Quoi de plus facile pour lui, dans ces conditions, que de faire appel aux peurs, aux bas instincts largement entretenus par un appareil médiatique entièrement capté par une bulle hors des réalités concrètes ?]

Oui, donc, serions-nous encore en démocratie avec le grand méchant loup au pouvoir ? Et bien, et c’est là le point de discussion intéressant : peut-être bien que oui, justement. Toujours en démocratie. Pas plus en dictature qu’aujourd’hui. Non, pas plus. Parce que les institutions nous protègent, normalement. Parce que les lois iniques, comme celles nombreuses votées par N.S, qui se fit élire en 2007 en siphonnant les voix du FN, justement, nous ont donné un avant goût de ce qu’un pouvoir réactionnaire, autoritaire pouvait faire. Que fait-il ce pouvoir? Il joue le jeu de cette « démocratie » : il annonce, il influence, il éructe, se replie, gesticule, promet, donne, reprend, active, désactive, se défend, attaque, mais jamais ne fait autre chose qu’être ce pour quoi il a été élu. Et cette chose est essentielle, et est la cause de tous les problèmes actuels : il fait à la place. Il a le pouvoir. Il décide pour tous.

Le choix est simple

Si vous n’avez rien envie d’autre que de regarder ce qu’il y a au programme ce soir, ou sur les intertubes, en vous disant que « c’est la merde », mais qu’au final, ce n’est pas de votre faute, et puis que « les méchant fassistes c’est vraiment trop injuste » : vous ne méritez pas grand chose de plus que la « réalité » qui vous est offerte par des médias totalement largués. Par contre, si vous tenez bon, droit dans vos tongues, en vous disant que de toute manière c’est en faisant des choses intéressantes et opposées aux idées de ces charlots totalement abrutis que les choses peuvent s’améliorer, alors, peut-être bien que le monde pourrait devenir plus sympathique.

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Ce qui nous entoure est une vaste escroquerie, un leurre totalement vicié : la fabrique des idées pourrait s’arrêter, celle du consentement aussi, pour peu que nous nous efforcions de continuer à travailler ensemble, et donc surtout, à faire. Le reste, les jeux politiques en cours, les comptabilités de bazar, toute cette minable kermesse artificielle républicaine n’ont qu’une vocation : vous laisser transi d’effroi ou de rage ou de ravissement, mais surtout vous inciter à continuer ce que vous faites le mieux. Compter les points, baisser ou lever le pouce, c’est-à-dire, vous faire ******* en douceur. Si demain les 15% qui ne votent pas, les 6 ou 7 millions de non partisans agissent au lieu de commenter, les choses pourraient bouger.

Mais il faudrait éteindre les télés. Calmer Twitter. Facebook. Regarder un arbre, parler à un chat ou un chien. Fabriquer des choses. Prendre le temps. Et toujours faire. Ce que certains ont déjà compris. Et tant mieux.

 

 

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Dis, Reflets, pourquoi c’est dangereux le DPI ? Tu me fais un dessin ?

mardi 27 mai 2014 à 23:04

marine-apoline

Certains pensent que Reflets fait une fixette sur le Deep Packet Inspection, cette technologie permettant de mettre sur écoute tout un pays d’un coup de baguette magique et que le France vend si bien à des dictatures et des Etats policiers. C’est possible. Mais il y a une raison à cela. Amesys a bêta-testé son outil en Libye. Qosmos aurait bien voulu le faire en Syrie. Les deux entreprises ont développé leurs outils avec les fonds récoltés sur la vente à la Libye et la Syrie, respectivement. Et en France ? Ah, en France, c’est différent mon bon Reflets. Détends-toi, nous sommes une démocratie et les écoutes sont encadrées. Il y a la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), tant vantée par le député PS du Finistère et président de la Commission des Lois, Jean-Jacques Urvoas. Il faut le redire, et Jean-Jacques Urvoas n’a eu de cesse de le répéter au moment du vote de la Loi de programmation militaire, ici, dans le pays des Droits de l’Homme, il n’y a pas de Big Brother. C’est une rumeur, affirmait un peu partout le député.

Bien entendu, ces déclarations de Jean-Jacques Urvoas, c’était au tout début de la pluie de documents d’Edward Snowden. Ce qui était un peu audacieux de sa part d’ailleurs, car, comme le bon sens près de chez vous qui caractérise votre serviteur le laissait supposer, le député a rapidement été assez ridicule. D’une part, ce que nous savons sur Amesys et Qosmos -et croyez nous sur parole, on en sait sans doute autant si ce n’est un peu plus que lui, nous pouvions aisément démontrer qu’il racontait des bêtises. D’autre part, l’annonce faite par le patron de la NSA lui-même, que la France avait livré à ses services 70 millions de métadonnées pour un seul mois, laissait penser que, finalement, en France, il y a peut-être autre chose que les deux types d’écoutes, les écoutes judiciaires et les écoutes administratives.

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Oui, il y a peut-être, c’est une théorie abracadabrantesque, un bon gros système d’écoute global supervisé par la DGSE, mis en place avec l’aval des gouvernements de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, qui ratisse large, y compris le type de films de cul (Zoophilie, tendance teckels morts) que monsieur Michu a téléchargés le mois dernier.

Et ce système, mis en place sous Nicolas Sarkozy et François Hollande, il risque fort de tomber entre les mains d’une blonde énervée tendance extrême droite. Vous nous direz, ce n’est pas Vichy et la collaboration avec la Gestapo, donc ce n’est pas aussi grave que le fichier d’André Tulard.

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Tu me fais un dessin Reflets ?

Oui et non.

Le Monde nous apprend que Marine Le Pen a un chef de cabinet, Philippe Martel, un peu tendu contre les journalistes. Le Monde véhicule en fait les informations contenues dans un article du Point. Philippe Martel ficherait le parcours de journalistes français, fiches très utiles pour Marine Le Pen si elle devait déstabiliser un ou une interviewer/euse  afin de se sortir d’un mauvais pas.

Selon Le Point, Philippe Martel aurait ainsi indiqué :

« De toute façon, les Français vous détestent. Notre plan média, c’est de vous attaquer à mort. La presse nous est défavorable, pourquoi continuer à collaborer avec elle ? Il faut dire les études que vous faites, les appartements que vous habitez ». « Vous avez vu comment Marine a attaqué Apolline de Malherbe ? Ça n’est rien, ça n’est que le début. »

L’intéressé s’est empressé de démentir avoir tenu de tels propos. Vrai ou faux, Marine Le Pen a bien tenté de déstabiliser  Apolline de Malherbe au cours d’une interview  (à partir de 14′) :

 

Ce type d’informations sur une personne, publique au surplus comme un ou une journaliste, doit pouvoir aisément se trouver via un moteur de recherche.

Mais, et voilà le petit dessin, imaginez un monde dans lequel une femme politique d’extrême droite qui fouille le passé des journalistes qui l’interrogent avant de les rencontrer pour les attaquer en direct pendant l’interview sur ce passé, serait au pouvoir. Oui, présidente de la république.

Mais pas uniquement présidente. Présidente de la république avec à sa disposition un outil de surveillance global, mis en place par ses prédécesseurs et dont elle hériterait. Un peu comme un fichier Tulard, mais en beaucoup mieux. Un fichier dans lequel on pourrait entasser toute la vie d’une personne, ses belles actions, comme ses petits secrets, ses erreurs de jeunesse, ses préférences politiques, sexuelles, philosophiques… Tout cela ressortant de ses interactions digitales avec ses semblables. Un rêve. Ou un cauchemar, selon de quel côté on se place. Du côté de Philippe Martel et Marine Le Pen ou du côté des citoyens. Imaginez les pressions qu’il serait possible d’exercer sur chaque citoyen avec un tel outil, même dans une démocratie, dirigée par quelqu’un qui déciderait d’utiliser un tel outil…

La presse ne joue plus très souvent son rôle de quatrième pouvoir, mais là, dans une telle configuration, il faut bien l’avouer, elle ne pourrait plus jamais le faire sereinement. Car nous, journalistes, sommes tous zoophiles, tendance teckels morts… Ou quelque chose du genre. Tout comme Marine Le Pen et Philippe Martel. Ce n’est pas un délire, j’avais démontré ceci et suis prêt à le refaire, au cours d’une très sérieuse conférence à Pas Sage en Seine (PSES) en 2012.

L’existence d’un outil permettant de répertorier cette préférence sexuelle est une aberration. La possibilité que quelqu’un puisse l’utiliser est une abomination.

Pensez-y monsieur Hollande, vous qui approuvez la vente d’un Eagle au Maroc par Amesys. Vous qui approuvez la maintenance des outils d’Amesys au Gabon, au Qatar, en Arabie saoudite, aux Emirats Arabes Unis. Vous qui laissez la DGSE avoir des relations particulièrement étroites avec Qosmos (la business unit BUK). Vous qui ne remettez pas en cause la participation de la Banque publique d’investissement dans Bull et Qosmos…

Il est encore temps.

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Rachat de Bull par Atos ; l’impunité et le cynisme

mardi 27 mai 2014 à 19:35

toy-story

Nous vous en parlions hier : les politiques de droite comme de gauche ont couvert les agissements des entreprises Amesys et Qosmos. Celles-ci ont pu vendre impunément leurs outils mortifères à toutes sortes de dictatures et d’Etats policiers avec la bénédiction des équipes de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. L’implication de la DGSE dans ces opérations est patente. Toutes les questions des rares parlementaires remettant en question ces ventes ont reçu des réponses à faire pâlir un pipotron de la meilleure facture. Quant aux questions des journalistes, c’est encore mieux, elles n’ont reçu aucune réponse. Reflets a même réussi à se faire traiter de troll par un conseiller de Fleur Pellerin. C’est dire si la consigne « Circulez, il n’y a rien à voir » est érigée en règle ultime dans ce domaine. Hier, Atos a annoncé le rachat de Bull pour 620 millions d’euros. On peut assez logiquement considérer que le marché est libre de se réorganiser comme bon lui semble. Toutefois, il n’est pas complètement idiot de faire un rapprochement pouvant sembler à première vue, hasardeux : ce rachat est une illustration du comportement de ce que le mouvement Occupy appelle les 1%. Impunité à tous les étages, accaparement glouton des richesses dans un laps de temps minime et surtout, sourire en coin, façon de dire aux 99% que l’on se contrfout de ce qu’ils peuvent bien penser et faire. Le vote FN aux européennes participe du rejet d’une classe politique considérée comme étant totalement asservie par les 1%. Ce type de rachat devrait contribuer à raidir ceux qui, au courant du parcours de Philippe Vannier, patron de Bull, se sont laissés tenter par les sirènes puantes de Marine Le Pen. On n’est pas sortis de l’auberge…

Petit retour en arrière. En janvier 2010, Bull raconte à la presse l’inverse de ce qu’elle fait. La société annonce reprendre la SSII Amesys. En réalité, Bull s’offre à Crescendo Industries, la maison mère d’Amesys. Crescendo, la maison mère d’Amesys, reçoit 24 millions d’actions soit à peu près 20% du capital de Bull post augmentation de capital, à quoi Bull ajoute 33 millions en numéraire (du liquide). Au total, l’entité Amesys (qui regroupe plusieurs filiales) est valorisée à 105 millions d’euros (72 millions en actions et 33 en liquidités). Résultat de l’opération, Crescendo détient 20% du capital de Bull devenant ainsi de très loin le premier actionnaire après France Telecom (autour de 10%).

En 2009, avant la fusion des deux sociétés, nous avions Bull avec un chiffre d’affaires consolidé de 1,110 milliard d’euros et Amesys avec un chiffre d’affaires prévu à 100 millions d’euros en 2009. Il est donc, c’est une évidence, parfaitement logique que Amesys absorbe Bull au plus grand profit de Crescendo Technologies, détenu par Philippe Vannier et ses deux associés historiques…

Evidemment, cela ne loupe pas, Philippe Lamouche, patron de Bull de l’époque se fait débarquer quelques mois plus tard et Philippe Vannier le remplace. Il est fort improbable que Philippe Lamouche n’ait pas vu venir l’avenir qui se dessinait pour lui. On peut raisonnablement supposer qu’il n’a pas eu le choix de refuser cette reprise du capital de son entreprise par une petite SSII aixoise.

De fait, celle-ci avait, avec l’appui des nervis de Nicolas Sarkozy, vendu un système d’écoute global, le fameux Eagle, à la Libye de Kadhafi. Le début d’une aventure menée par l’Etat français, consistant très probablement à mettre en place un système reposant sur le DPI made in France et ressemblant à celui de la NSA, dénoncé par Edward Snowden.

bull-amesys copie

La principale différence entre les deux infrastructure étant que la NSA a investi des sommes sans doute colossales pour la mettre en place tandis que la France l’a vendue à des dictatures et des Etats policiers particulièrement fâchés avec les Droits de l’Homme tout en en conservant l’usage.

La reprise de Bull par Philippe Vannier, qui ressemble fort à un cadeau de remerciement pour services rendus et à un projet d’optimisation des ressources françaises visant à mettre en place un système d’écoute global, était donc dès le départ une très belle opération pour l’actuel patron de Bull.

D’autant que cette belle opération financière se double par la suite d’une totale impunité. Amesys a vendu un système Eagle à un dictateur sanguinaire sous couvert de lutte contre le terrorisme alors que la société avait pour interlocuteur Abdallah Senoussi, beau frère du guide suprême, mais aussi, condamné en France pour terrorisme, justement, en raison de son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA. Pour autant, à part une plainte pour complicité d’actes de torture déposée par des ONG, rien n’est venu troubler la quiétude de Philippe Vannier.

Celui-ci va désormais vendre Bull à Atos.

Un peu de chiffres… Crescendo Technologies a donc repris Bull pour zéro euros si l’on considère que cette holding a juste transféré ses avoirs dans un ensemble plus grand et qu’elle contrôlait par la suite, ou 105 millions d’euros si l’on retient les chiffres avancés par le document de référence de l’AMF. Atos achète Bull pour 620 millions. Ou 4,90 euros par action. Dont 24% environ sont directement entre les mains de Crescendo Industries. Qui se retrouve donc virtuellement à la tête d’environ 145 millions d’euros quatre ans après l’opération Bull-Amesys. On peut aussi intégrer la dépréciation des actifs Amesys opérée par Bull en 2011 (quelque 31,5 millions d’euros) et valoriser Amesys à 73,5 millions d’euros. Culbute dans ce cas : 71,5 millions d’euros.

perte-valeur
Demain, encore, peut-être, lors de la revente d’Atos à une autre société…

Allez ! En avant, vers l’au-delà et l’infiniiiii….

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Le Reflets Think Tank (RTT) offre gratuitement LA solution aux dirigeants de cette planète

mardi 27 mai 2014 à 15:05

revolutionnationale

Le saviez-vous ? Il y a eu une réunion de crise à l’Elysée hier matin. Et oui, le FN arrive en tête dans 71 départements français aux élections européennes du 26 mai. Il est urgent de tirer les conclusions de ce vote et de trouver des solutions pour éviter que Marine Le Pen ne se retrouve à l’Elysée en 2017. Problème, nos amis politiques, de l’extrême gauche à l’UMP n’ont toujours pas trouvé de solution efficace depuis 1981. Pas de panique ! Le Reflets Think Tank (RTT) est là pour les aider. Pas seulement vous François Hollande. Non, non, nous allons aider tous les hommes politiques de la planète. Nous allons les aider à garder leurs boulots, leurs avantages, les aider à continuer leurs petits arrangements entre amis, à poursuivre un enrichissement permanent. Si, si.

Filer une branlée (comme dit élégamment Jean-Christophe Cambadélis) aux extrêmes tout en gardant ses petits avantages, le fameux pouvoir qui fait tourner la tête des politiques… N’est-ce pas une martingale idéale ? Bien sûr, le Reflets Think Tank (RTT) pourrait vendre cette martingale un bon prix et enfin remplir ses caisses. Mais comme nous sommes de très mauvais capitalistes, nous allons simplement offrir cette solution.

Alors…

Chers politiques… Commencez par monter une réunion au sommet. Tout en haut de la montagne. Autour de la table, vous réunissez les grands mamamouchis des pays les plus riches. Vous faites semblant de tenir de longues discussions, vous affichez des mines contrites et inquiètes. Façon « l’heure est grave !« .

Puis, au bout de deux jours, vous faites une déclaration commune, qui contient les éléments de langage suivants :

- Le marché n’est pas remis en cause, il est simplement strictement encadré.

En redistribuant une part de la richesse, et sans mettre sur la paille les 1%, les politiques sont assurés de retrouver le fameux « lien » avec leurs électeurs, qu’ils ont perdu depuis longtemps. Fastoche, non ?

Ne nous dites pas merci, c’est cadeau.

politique

Image réalisée par @wildvertiser

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Atos rachète Bull, et donc, Amesys

lundi 26 mai 2014 à 16:39

amesys

Il faut parfois prendre le temps de l’analyse. Parler de surveillance globale, c’est intéressant. Reflets le fait depuis 2011 avec par exemple l’interview sur Techtoc.tv de Thibaut Bechetoille, PDG de Qosmos. C’était bien avant les révélations Snowden. Nous avions poursuivi avec la révélation de la vente d’un système Eagle à la Libye, sujet largement traité dans la presse par la suite. Les récents articles réalisés en partenariat avec Mediapart sur Qosmos donnent une vision plus large de ce qu’est ce marché français de la surveillance globale, du DPI, cette technologie au cœur des systèmes d’écoute de la NSA révélés par les documents d’Edward Snowden. La série entamée sur Qosmos montre également les liens très étroits entre ce secteur et celui du renseignement d’Etat. La DGSE et Qosmos sont étroitement liés, notamment via une « business unit », la BUK. Maintenant prenons un peu de recul. Nos articles ou ceux de Glenn Greenwald ont-il changé quelque chose ? Une question pas inintéressante au moment où Atos annonce le rachat de Bull.

Bien entendu, le grand public a désormais une meilleure vision de ce qu’est la surveillance globale. Pour autant, les politiques se sont-ils emparés de ce sujet ? Ont-il forcé les entreprises et les gouvernements à stopper ce mouvement de construction d’une société panoptique ? Les entreprises publiques on-t-elles mis un terme à leurs relations commerciales avec ces sociétés spécialisées dans l’écoute ? la BUK a-t-elle été dissoute chez Qosmos ?

Nous avions déjà écrit un article titré « #Amesys : business as usual ». C’était avant Snowden. C’était avant que Le Monde ne parle d’un projet franco-français d’écoute globale. Alors, aujourd’hui, est-ce mieux ? Avons nous suffisamment ouvert les yeux gouvernementaux, des « représentants du peuple » ?

Nous allons laisser de côté Qosmos l’espace d’un article et revenir sur la galaxie Amesys. Les entreprises publiques, les émanations étatiques (l’Armée par exemple) ont-elles mis un terme à leurs relations commerciales avec cette galaxie, dont on sait désormais sans aucun doute qu’elle a vendu un système d’écoute global à la Libye de Kadhafi ? Mieux, elle avait comme interlocuteur Abdallah Senoussi, beau frère du guide suprême, mais aussi, condamné en France pour terrorisme, en raison de son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA. Une galaxie de sociétés dont on sait maintenant que leurs produits ont aidé les bourreaux à mieux torturer… Le pays auto-proclamé des Droits de l’Homme a-t-il mis fin à son commerce avec cette galaxie ?

Pas vraiment.

En 2013 et 2014, Thales, comme toujours, continue de commander chez Elexo. Cassidian également. Tout comme Safran Turbomeca ou MBDA, Zodiac Data Systems, Astrium, Orange, TCS, Accor, BNP, Alstom, Infineon, Airbus, Dassault, Latecoere, Amadeus, Altran, le CEA, Cap Gemini, Pages Jaunes

Bull apar ailleurs « vendu » son activité Eagle d’Amesys à … AMESys (Advanced Middle East Systems) pour sortir du périmètre immédiat, ce « boulet » en termes d’image, de son giron. Mais continue à vendre des solutions via sa division « Data Management ». Selon les documents que Reflets s’est procurés, il s’agit, selon leurs mots de : « Electronic warfare, intelligence products, solutions and safety, solutions for critical infrastructures (enterprises and governments) ». Chez Amesys Conseil, par exemple, ce sont deux personnes, Stéphane Sabatier et Miguel Fernandez, qui étaient en charge de l’Electronic Warfare.

Bref…

Il faut bien le dire, si tout le monde est prêt à s’offusquer de toutes ces activités particulièrement nuisibles aux Droits de l’Homme, rien ne change. Les politiques de droite comme de gauche continuent de couvrir ces activités, refusent de répondre aux journalistes qui les interrogent. Les patrons d’entreprises continuent leur business avec ces sociétés impliquées dans des ventes d’armes visant à écouter les populations (Relisez l’article 12 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme).

 

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