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La disparition des abeilles, Monsanto, et nous…

jeudi 24 avril 2014 à 20:22

abeilles-mortes

Les abeilles sont menacées de disparition de partout sur la planète, avec pour conséquences une menace sur la biodiversité et par conséquence sur l’alimentation humaine. Si les acteurs industriels, agro-industriels et les politiques ont une grande part de responsabilité dans ce phénomène et doivent faire quelque chose pour s’en emparer, les citoyens ont pourtant une opportunité unique de démontrer leur capacité au changement concret.

L’utilisation des pesticides et l’introduction de plantes génétiquement modifiées sont au cœur de la disparition progressive des abeilles. Les grandes entreprises comme Monsanto, sont accusées de favoriser l’extinction de ces insectes pourtant indispensables à l’équilibre environnemental. Puisque leurs insecticides, pesticides et OGM, sont pointés du doigt, ces firmes ont donc décidé d’être en pointe pour « sauver les abeilles ».

Les politiques, sous pression des lobbies agro-chimiques et agricoles tardent à prendre des mesures, qui si elles ne permettraient pas de reconstituer le stock d’abeilles perdues, pourrait au moins stopper leur éradication. Si dans la lutte environnementale, le citoyen est souvent impuissant et ne peut que constater l’étendue des dégâts causés par la pollution, il est pourtant des domaines où il peut agir concrètement et participer activement à améliorer l’écosystème, voir le sauver du désastre. C’est le cas dans la problématique de la disparition des abeilles.

Indignation Vs Action

Depuis plusieurs années la tendance citoyenne face aux problèmes environnementaux  est celle de l’indignation appuyée par des actes « écologiques » quotidiens : fermer le robinet pendant que l’on se brosse des dents, éteindre les lumières inutiles ou les appareils en veille, rouler « propre », et dénoncer le « système industriel polluant ».

La population française achète pourtant massivement du MacDonald ou des plats préparés industriels. Tout en s’engageant contre la pollution et pour une société qui protège l’environnement ? Cette contradiction, entre un mode de vie qui favorise la pollution  mais avec des indignations qui appellent —à l’inverse à stopper cette même pollution, couplées à des micro-actions anti-gaspillage dans le domaine de la vie quotidienne, sont une tendance lourde qui incite à penser que la protection de l’environnement n’en sortira pas gagnante. Pourtant, dans de nombreux domaines, les citoyens pourraient participer à la protection de l’environnement, avec un effet réel et ainsi prendre en main leur engagement. Concrètement.

Les abeilles, les plantes mellifères, les arbres fruitiers et les gens…

Pour reconstituer le cheptel français d’abeilles qui subit une mortalité de 30% (au lieu de 5% il y a 15 ans), il suffirait que les citoyens possédant un jardin, installent une ruche sur leur terrain. Cette affirmation est tout à fait réaliste et possible à engager. Quelques millions de ruches chez des particuliers pourraient permettre reconstruire le cheptel d’abeilles qui baisse dramatiquement chaque année sur le territoire. Si ces quelques millions de français décidaient aussi de placer des plantes mellifères dans leur environnement, ainsi que des arbres fruitiers attirant les abeilles, et des haies variées, de nombreux changements positifs surviendraient dans l’écosystème.

Des associations, et même un FabLab, l’OpenBeeLab sont investis dans cette nécessité de repeuplement des abeilles.

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Actuellement, la tendance au niveau de la « gestion environnementale » des habitations possédant un espace vert est majoritairement la même : une pelouse et quelques parterres de fleurs. Un grand espace constitué d’une herbe uniforme la plus rase possible. Ces espaces voient 6 mois de l’année, des Français, souvent un peu bedonnants, les sillonner sur des tondeuses autoportées, leur postérieur confortablement posé sur le siège de l’engin à moteur thermique. Cette tendance que l’on peut nommer « tendance du terrain de golf » va à l’inverse du bon sens : les insectes, comme les oiseaux, ne peuvent s’y épanouir, et sans arbres, l’écosystème ne peut fonctionner correctement. Il y a donc des changements que pourraient opérer la population, pour peu qu’elle soit consciente des enjeux réels qui sont en cours. Comme de leur capacité à modifier la donne, chez eux, par leurs propres actions.

Monsanto, l’indignation et nous

Si la multinationale Monsanto est bien connue pour ses tentatives d’imposer ses semences OGM, de breveter le vivant, et de généraliser le Roudup sur la planète entière il est naïf de croire que l’entreprise s’est résolue à être pointée du doigt comme un ennemi de l’environnement. Il suffit d’aller sur le site de Monsanto pour vérifier que l’éthique est la première préoccupation de cette entreprise, et la sauvegarde des abeilles, un enjeu mondial que va tenter de relever la firme. Monsanto a racheté une entreprise, Beelogics,  spécialisée dans le génie-génétique des abeilles en 2011. Monsanto est une firme qui a une grande vocation à protéger l’environnement, ce qui est bien connu…

L’université de Harvard travaille elle aussi à régler le problème des abeilles, mais par la création d’abeilles-robots qui remplaceront,  pour la pollinisation, le malheureux insecte disparu.

roundup

Promotion du Roundup, produit-phare de Monsanto, sur leur site

Pendant que les populations s’indignent, ferment leur robinet, achètent des voitures vertes peu émettrices de Co2, emmènent leurs enfant à MacDonald, achètent des plats surgelés parce qu’ils « n’ont pas le temps de cuisiner », et tondent consciencieusement leurs pelouses avec leurs « autoportés », l’environnement naturel se dégrade profondément, et les « sauveurs en bio-technologie » s’emparent du marché environnemental.

Les citoyens rêvent d’un monde meilleur, et malgré ce qui est souvent renvoyé, ils sont en mesure de participer à sa construction, d’y agir : c’est là, dans l’action positive concrète qu’est très certainement le meilleur moyen de lutter contre les abus du « système » tant décrié, et pourtant « nourri » quotidiennement par les actions du plus grand nombre. Cesser d’écouter le flot incessant de propagande médiatique consumériste et contradictoire qui se déverse chaque jour sur les écrans plats géants pourrait-il aider ? Pour ensuite agir concrètement, à sa propre échelle ?

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Les petits bras de la justice européenne face à l’aspiration en masse des données

mardi 22 avril 2014 à 16:59

dataretention-suspectsComme pressenti par Reflets la veille de la décision, la plus haute administration judiciaire de l’Union européenne vient d’infliger une méchante claque aux apprentis-sorciers de l’antiterrorisme. La directive de 2006 sur l’obligation de conserver des masses énormes de données sur chaque personne a donc été « invalidée ». C’est le terme choisi par la Cour dans son arrêt du 8 avril.

Pour résumer un brin les enjeux, disons qu’un des textes fondateurs du dogme policier contemporain — opérer une capture préventive d’éléments personnels sans motifs « graves et concordants » — a donc été jugé contraire à la Charte des droits fondamentaux de l’UE, la version tiède de la déclaration des droits de l’homme.

Rappelons que cette directive, je vous la fais court, c’est la justification légale des interceptions policières issus des « Big Data », l’assurance-vie des gouvernements de l’UE quand ils doivent commenter les documents d’Edward Snowden.

Autre rappel: les méta-données amassées ainsi sur notre dos peuvent nous trahir bien davantage qu’une écoute des conversations. Le « contenu » des messages est préservé, mais c’est un leurre: il est bien plus intrusif de savoir tout sur quelqu’un en analysant comment il s’exprime — plutôt de savoir ce qu’il exprime. L’arrêt résume ainsi le préjudice:

« Ces données, prises dans leur ensemble, sont susceptibles de fournir des indications très précises sur la vie privée des personnes dont les données sont conservées, comme les habitudes de la vie quotidienne, les lieux de séjour permanents ou temporaires, les déplacements journaliers ou autres, les activités exercées, les relations sociales et les milieux sociaux fréquentés ».

OK, directive à la trappe. « Invalide ».

Mais que veut donc dire « invalide »? Pourquoi pas « illégale »? Qu’est-ce que ça va changer pour les millions d’individus, qui ont du accepter — depuis 2001 la plupart du temps — d’être placé sous surveillance préventive pour complaire à la guerre contre le terrorisme et le crime organisée?

Et bien dans un premier temps, pas grand chose. Cet arrêt de la Cour de justice européenne (CJUE) est certes tranché et tranchant, ne laissant aucune place au doute sur la violation irrévocable des droits individuels que ce texte a institué et légitimé.

Mais la Cour du Luxembourg n’a pas exigé des États qu’ils stoppent immédiatement la violation constatée (en avait-elle le pouvoir?)

Dans d’autres types d’affaires, on parlerait de « trouble manifeste à l’ordre public » — c’est pourtant ce que la directive de 2006 a immanquablement entraîné pour les individus — qui obligerait le juge à prendre des mesures conservatoires. Mais en l’espèce, il n’en sera jamais question dans les conclusions prononcées. « Invalide » sous-entend que le texte attaqué peut être modifié dans des termes moins flous ou plus restrictifs. Pas qu’il annule ou gèle tous les actes et procédures qui s’y rattachent. Nuance.

Résumons: huit ans après les faits, la Justice européenne arrive à la conclusion que des droits sont violés, que les mesures attaquées sont jugées disproportionnées au regard du but poursuivi, mais elle n’a aucune compétence pour exiger la réparation du préjudice. Huit ans que le droit de millions d’individus est violé. Pourtant, aucune « urgence » dans cette affaire (le « référé » ou la « procédure accélérée » sont pourtant prévues par les statuts de a CJUE). Le principe de la « comparution immédiate » — symbole de la justice d’abatage — ne s’applique bien évidemment jamais lorsque des États sont à la barre.

Non, cet arrêt n’a aucun pouvoir répressif. A l’origine de la procédure, deux organisations non-gouvernementales, elles-même en conflit avec leur droit national (en Irlande et en Autriche), qui ont lancé des recours contre le principe de conservation devant leurs juridictions nationales; ces juridictions ont alors demandé à la CJUE de trancher ce litige, ce qui est donc fait, sans que cet arrêt ne puisse induire auprès de chaque juridiction la moindre mesure coercitive.

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Dans plusieurs autres pays de l’Union — notamment des pays de l’ex-bloc de l’Est, encore sensible aux sirènes des polices politiques — le principe de la surveillance préventive a été aussi déclarée « invalide » par des cours constitutionnelles (déjà jugé en Roumanie, Bulgarie, Rep. Tchèque comme Reflets en parlait ici il y a 3 ans; plaintes en cours en Pologne et en Hongrie). En Allemagne, c’est ubuesque: la cour constit’ a annulé la loi sur la rétention des données en 2010, et a donc suspendu la collecte obligatoire; et en 2012, Bruxelles a attaqué Berlin devant la CJUE pour ne plus respecter la directive de 2006. Qui vient donc d’être déclaré invalide. Kakfa t’es où?

Les principaux griefs retenus par les juges sont les suivants:

La disproportion est prononcé au regard de ces 3 éléments:

P.S. — Il faut rappeler que les tenants liberticides de cette directive sont connus et dénoncés depuis longtemps. Outre le fait que certains pays l’ont déjà censuré depuis cinq ans, le « superviseur » européen à la protection des données (EDPS) avait déjà jugé ce texte comme incompatible avec les « valeurs » affichées par l’UE. C’était en décembre 2010, juste après la décision allemande.

Le groupe dit de l’Article 29, qui rassemble les experts des autorités de contrôle comme la CNIL (dont la présidence est actuellement assurée par la CNIL), a rendu un avis tout aussi tranchant mais  tout aussi impuissant relatif aux conséquences de l’affaire Snowden (ici en anglais / PDF): c’est pas bien du tout d’espionner n’importe qui de manière générale et « indifférenciée », mais là aussi aucune sanction n’a été réclamée pour que le préjudice cesse immédiatement.

 

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Décryptage : petite leçon de journalisme (environnemental)

dimanche 20 avril 2014 à 16:04

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Le métier de journaliste est particulier.  Il comporte des règles. Des habitudes. Des schémas établis. Des ruses aussi.  Orienter l’information, travailler l’opinion est un art journalistique. Dans le même temps, le journalisme dit « d’opinion », peu présent en France, n’a pas vocation, lui, à influencer de façon déguisée : il affiche la couleur. Il prend parti. Reflets est un journal d’opinion, et il ne pratique pas le journalisme de la même manière que la plupart des médias français. C’est un choix. Sur le fond, mais aussi la forme.

Si la provocation, par le biais du pamphlet, par exemple, est une méthode comme une autre pour amener à la réflexion sur certains sujets, des lecteurs peuvent en être choqués, voire agacés, énervés. Ces lecteurs peuvent penser que certains journalistes qui écrivent sur Reflets, par leur ton, leur manière d’amener les choses, ne sont pas sérieux. Ne connaissent pas les sujets qu’ils traitent. Racontent n’importe quoi. Il est donc normal de démontrer à ces lecteurs, comment un « vrai » journaliste, compétent, expérimenté, payé par le service public, traite un sujet comme celui de la problématique environnementale mondiale et plus particulièrement celui du réchauffement climatique en lien avec la publication du dernier rapport du GIEC.

C’est donc  une chronique sur France Inter, très récente, qui a été choisie : « Planète environnement »

La journaliste est Nathalie Fontrel, « spécialiste de l’environnement ».

Le titre de cette chronique du 20/04 (ce matin) est : « Limiter la fièvre du climat »

Ainsi débute cette chronique :

Pilule bleue :

« (…)Le dernier rapport du GIEC, comme tous les autres, alerte sur la quasi impossibilité de limiter la fièvre du climat à +2 degrés, seuil au delà duquel la météo risque de devenir vraiment chaotique. (…) »

 

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Relance de la présentatrice :

« Et on sait que les effets de ce changement sont déjà visibles… »

Nathalie Fontrel : « En constatant la migration des animaux, exemple avec Gille Bœuf… »

 

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Pilule rouge : Il est pourtant établi et reconnu par les scientifiques du monde entier, comme par les experts du GIEC, que le réchauffement a cessé depuis 1998. La presse classique et généraliste s’en fait d’ailleurs l’écho, et même le directeur du GIEC pour le France, Jean Jouzel, est bien obligé de le reconnaître, lui aussi.

Les raisons de cet arrêt du réchauffement ne sont pas encore connues, des théories existent sur l’effet des océans, mais plus personne ne peut nier l’arrêt du réchauffement global. Sauf la journaliste environnemental, soutenue dans sa thèse par un spécialiste dont la dernière étude sur les « effets du réchauffement climatique sur les migrations » vient démontrer par l’absurde, que si les animaux migrent différemment, c’est peut-être à cause d’un réchauffement…qui n’existe plus depuis…16 ans.

Alors, si des insectes, des volatiles migrent vers le Nord, la journaliste s’emballe immédiatement avec des prévisions humaines :

Pilule bleue :

Nathalie Fontrel : « Donc les papillons, les oiseaux, parmi d’autres espèces, migrent vers le Nord, et les hommes vont certainement suivre le même chemin, poussés par la soif, la faim, la misère, les maladies (…) »

Pilule rouge : Le spécialiste de la migration a pourtant conclu avec « ils ont peut-être été obligés de bouger plus vite ». Le réchauffement n’a pourtant  pas eu lieu  durant l’étude, mais la prévision d’exode humaine « certaine » est tout de même émise par la journaliste de l’environnement. Malgré le « peut-être » du spécialiste.

La journaliste, très sérieuse, continue sa démonstration avec l’appel à un économiste du Giec.

Pilule bleue :

« C’est ce que craignent les économistes du Giec, comme Christian Gaullier » :

 

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Anticiper des migrations qui pourraient être relativement importantes dans les décennies à venir, des conflits inter-régionaux, , le bien-être des Français pourrait être dégradé, en termes de chômage. A cause de la transition écologique qui ferait augmenter les prix de l’énergie et pousserait les industries à délocaliser pour produire dans des pays où il y a moins de taxes aux émissions [de C02, ndlr].

Nathalie Fontrel conclue donc avec cette affirmation : « Alors, pour éviter cette concurrence déloyale, il faudrait une gouvernance mondiale capable d’imposer à tous les pays une plus forte taxation des énergies fossiles pour inciter aux économies d’énergie, et donc à la réduction des gaz à effet de serre, et vous imaginez bien Patricia, que beaucoup de pays s’y opposent(…) »

 

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Pilule rouge : 

Le réchauffement qui n’a plus lieu depuis 16 ans doit mener à un gouvernement mondial qui impose à tous les pays gros émetteurs de C02, de réduire leur industrie. Ces pays gros émetteurs étant les émergents…

Pilule bleue :

« Ils [les pays émergents] rappellent en effet qu’ils ne sont pas responsables du réchauffement actuel, c’est le Nord qui a commencé à polluer, durant la révolution industrielle, notamment, c’est donc à lui de payer, et de faire les plus gros efforts. Alors je rappelle juste Patricia, que la Chine est devenue le plus gros émetteur de C02 devant les Etats-Unis« .

Cette chronique très sérieuse est l’aboutissement d’un travail d’information, d’une journaliste experte des problèmes environnementaux. Basée sur une affirmation de réchauffement anthropique, appuyée par une étude des oiseaux migrateurs, (durant une période où le réchauffement s’est arrêté) aidée d’un économiste du GIEC qui prévoit du chômage français causé par la transition écologique déloyale, mais nécessaire, et la nécessité —donc —d’instaurer une gouvernement mondial qui empêche les pays émergents de continuer à se développer. Chine en tête.

Chacun est libre de choisir d’avaler la pilule de son choix.

Mais le journalisme n’est pas aussi simple qu’il n’en a l’air…

Ecouter la pilule bleue journalistique chronique, d’un seul tenant : http://www.franceinter.fr/emission-planete-environnement-limiter-la-fievre-du-climat

Edit : si des commentaires totalement inversés apparaissent sur cet article, semblent être décalés vis-à-vis du contenu réel, surtout ne vous effrayez pas : c’est l’effet « agent smith », qui est très important sur ce sujet.

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On écrit à Reflets à propos de l’article sur le GIEC

dimanche 20 avril 2014 à 02:20

TrollGénéralement, les courriers arrivent de la part des entités mises en causes dans un article. Je me souviens bien d’un ancien patron de l’INSEE qui m’avait envoyé une longue bafouille s’indignant d’un dossier publié par votre serviteur sur le recensement et qui tendait à démontrer combien celui-ci était intrusif, peu encadré, à la limite de l’arnaque. Le journal a publié le droit de réponse. Et j’en ai profité pour caler toutes les informations que je n’avais eu la place de passer dans mon dossier. Nous n’avons plus jamais eu de nouvelles du patron de l’INSEE.

Cette fois, c’est chez Reflets que je reçois un courrier. Mais pas d’une personne ou d’une institution mise en cause dans l’un des 1.573 articles publiés par le site. Non, cette fois, c’est un troll lecteur qui nous écrit. Ou plus précisément, qui nous somme, de répondre à son point de vue sur l’un de nos articles. Son point de vue a été mis en ligne et il s’étonne, à intervalles réguliers, que nous n’ayons pas encore répondu (lire ce commentaire et les suivants). Notre non-réponse ruinerait tout le travail effectué par Reflets depuis sa création. Pas moins.

Qu’on se le dise, Reflets a, selon ce lecteur, « ruiné sa crédibilité » en un seul article. Salaud de Yovan Menkevick qui vient briser tout ce que nous avons construit depuis trois ans ! Tu es viré ! Les faits sont graves tout de même. Depuis quelques jours nous n’avons plus de crédibilité ! Yovan… Comment as-tu osé nous faire ça ?

Bon, puisque notre lecteur nous fait pas mal de reproches sur la manière dont nous faisons notre métier de journaliste, il va quand même falloir que je pose un postulat : s’il y a bien un truc que nous partageons avec les rédactions classiques, c’est que nous sommes solidaires. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui est publié sur Reflets et certains ne sont pas d’accord avec ce que j’écris, mais la rédaction est solidaire de ses journalistes. Donc, rassures-toi Yovan, tu n’es pas viré. En même temps, comme tu n’es pas payé pour ce que tu publies ici… Ceci dit, tu n’es pas viré, tu es promu ! Je te nomme Grand Mamamouchi de Reflets. Oui, déjà que je t’aimais, là je te vénère. Tu as cette capacité ineffable de mettre en rogne tant de monde. Et ça, j’aime…

Mais revenons à notre lecteur. Il s’appelle Guénaël Amieux et il est franchement en colère.

Daube

Déjà dans les premières heures après publication de l’article de notre poil à gratter qu’on à, nous, ici chez Reflets, Guénaël Amieux vitupérait sur Twitter : nous n’avions pas répondu à ses critiques.

Comme d’habitude, Yovan a bien énervé un lecteur, mais le service après-vente ? C’est bibi qui s’en charge…

Pas de bol, je n’ai pas le temps. Vous comprendrez sans doute la semaine prochaine pourquoi, mais là, franchement, le soir, après 22h, quand je commence ma deuxième journée, cellee dédiée à Reflets, là, ces temps-ci, je fais autre chose.

Une bonne grosse enquête bien journalistique qui ne pourrait décemment déplaire à Guénaël Amieux. Un vrai truc poilu bien old school. Et comme on n’est pas seuls sur le coup, il y a même des journalistes qui passent des coups de fils aux personnes ou aux boites dont on parle.

Ah, tiens, ça m’amène à ce que je voulais dire à Guénaël Amieux. Vous allez le voir dans son courrier (son argumentaire anti Yovan ?), sa critique de l’article porte principalement sur la manière dont Yovan exerce ce beau métier qu’est le journalisme. Il le fait… MAL !

S’il y a bien un truc qui me plaît, c’est quand quelqu’un qui n’est pas journaliste vient m’expliquer comment faire mon métier. Même un journaliste qui vient me l’expliquer, ça peut aussi me mettre de bonne humeur.

Ici, mon bon Guénaël, chez Reflets, les journalistes qui écrivent, sont des inadaptés…

Et oui, Guénaël… Reflets est un point de rencontre entre des « informaticiens talentueux » (disons des hackers) et des journalistes (lire ici ou ). Mais des journalistes un peu particuliers. Des journalistes qui sont inadaptés pour la presse classique. A part le Canard Enchaîné (ou l’on écrit), Mediapart et… Euhh… sans doute quelques autres, nous ne pouvons nous adapter à cette presse d’aujourd’hui. Ou plus précisément, c’est elle qui ne veut pas s’adapter à nous. Cela revient au même, notez. Remarque bien également que nous sommes de bêtes journalistes. Ni des scientifiques, ni des historiens, bref, rien d’académique.

Ici, chez Reflets, on se contrefout de donner la parole à des personnes ou des entreprises dont on parle. Pourquoi ? Parce qu’ils vont nous servir un très beau discours fait avec le plus joli pipotron de la planète, un beau discours marketing, un communiqué de presse vide de sens. Cela ne nous intéresse pas. Nous n’avons pas assez d’octets pour publier ça. L’octet se fait rare de nos jours.

Ici, chez Reflets, on ne choisit pas nos sujets en fonction de l’actualité. On traite les sujets qui nous intéressent.

Ici, chez Reflets, on ne s’interdit pas une prise de position très explicite. On ne s’interdit pas le mauvais esprit. On ne s’interdit pas d’interpeller publiquement quelqu’un. On ne se sent pas obligés d’avoir un style policé. Tout au moins, pas tout le temps. Ici, chez Reflets, on fait même des coquilles parce que nous n’avons pas de correcteurs. Ni de chemin de copie avec des personnes qui se relisent les unes les autres.

Ici, chez Reflets, on se contrefout de la taille de nos papiers. On n’a pas peur de faire fuir le lecteur avec un papier de 14 feuillets. Ni avec un billet d’humeur bien bête d’un demi-feuillet.

Ici chez Reflets, il n’y a pas de rédacteur en chef, de chefs de services, de hiérarchie. Même pas de service « courrier des lecteurs » indignés.

Oh, il y a bien les deux BOFH qui l’ont fondé pour essayer de maintenir une sorte de ligne bien floue. Mais pas plus.

Bref, ici, nous pratiquons une forme de journalisme gozo à la con. Le journalisme qu’on ne peut plus pratiquer dans la plupart des organes de presse. Cette liberté, on y tient. Plus qu’à toute autre chose. Alors oui, Guénaël, tu peux ne pas être d’accord avec la façon dont on pratique le journalisme, c’est ton droit. Mais tu vois, moi je ne viens pas t’expliquer que je ne suis pas d’accord avec ta façon d’être un lecteur. Parce que je m’en fous. Je te laisse vivre comme tu l’entends, réfléchir comme tu l’entends, penser ce que tu veux de moi, de Yovan, de Bluetouff ou de Jet Lambda ou de tout autre journaliste de Reflets. Chacun vit comme il l’entend et pense ce qu’il a envie de penser, tant qu’il ne vient pas emmerder les autres avec ses idées, en tentant d’imposer son point de vue qui est bien entendu, LA vérité.

Tu penses que l’on a perdu notre crédibilité ?

Franchement… Pour tout te dire, des rédactions, bien classiques (ou moins), j’en ai fait quelques unes. De toutes celles que j’ai connues, à part sans doute Tranfert.net qui la vaut, celle de Reflets est celle qui me fait le plus écarquiller les yeux. La plupart du temps, quand je lis un article, je suis époustouflé. C’est nouveau, c’est différent, c’est réfléchi, ça fait bouger le cortex. C’est chouette.

Regarde bien la presse qui pratique le journalisme que tu sembles aimer. Est-ce là que tu as lu les premiers articles sur le DPI, Amesys, Qosmos ? Sur le High Frequency Trading ? Sur l’astroturfing ? Que sais-je encore ?

Non, c’est ici… Alors pour notre crédibilité, tu me laissera, moi, mes petits camarades de la rédaction, et surtout, nos lecteurs, en juger.

Ai-je mis en doute ta crédibilité en tant que lecteur ? Non.

Je pense que tu as un ton comminatoire qui me déplaît fortement. Au moins, cela t’a-t-il permis de gagner une poussière de gloire. Cette page pointe vers ton article incontournable de « 11 pages A4″, vers tes commentaires trollesques…

Je vais te faire une confidence… A mon humble avis, ce n’est pas en ayant un ton comminatoire que l’on obtient quelque chose de quelqu’un.

 

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Analyse : Peut-on créer un conflit d’intérêt à l’échelle d’une population ?

jeudi 17 avril 2014 à 13:43

Est-il possible qu’une population se sente concernée par un sujet au point de refuser de voir la vérité en face, cautionne des pratiques répréhensibles, puisse adhérer à des mensonges et les relaye, en perçoive des salaires ? Le conflit d’intérêt à l’échelle d’individus isolés ou en petit nombre est connu, mais peut-il s’étendre à la population d’un pays entier, d’un continent, d’une planète ?

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Ce qui caractérise le conflit d’intérêt c’est qu’il est une infraction avant tout déontologique. La personne prise dans un conflit d’intérêt est le plus souvent quelqu’un qui tire des avantages à : laisser faire, tenir un discours qui entre en contradiction avec la réalité, cache des malfaçons, soutient quelque chose qui n’est pas en accord avec les intérêts publics mais avec les siens propres, cautionne un mensonge, camoufle des erreurs. Il est fréquent de trouver des acteurs en conflit d’intérêt qui travaillent à la fois pour une structure et dans le même temps sont censés contrôler la structure. Mais pas nécessairement.

Le conflit d’intérêt appelle plusieurs réflexions nécessaires à sa compréhension s’il touche une population entière. La première, visiblement évidente, est qu’il ne peut y avoir conflit d’intérêt que s’il y a intérêt. La deuxième est, que le conflit se situe à l’échelle idéologique, et que le principe de vérité est au centre du conflit.

L’implication idéologique

Les individus constituant les sociétés développées sont depuis plusieurs décennies engagés dans des combats idéologiques. Cet intérêt citoyen pour la chose politique est un thermomètre de la liberté d’expression des nations, un facteur de la bonne santé démocratique. Les individus modernes critiquent le fonctionnement des sociétés dans lesquels ils vivent, et si des changements souhaités ne surviennent pas, ils militent. Le militantisme est idéologique et il offre par de nombreux aspects un confort intellectuel : le militant se sent utile, concerné, responsable, actif. Il pallie les manques politiques, combat pour une cause qui est la plupart du temps une cause « juste », et donc indiscutable. L’exemple de l’écologie, de la préservation de l’environnement est le plus marquant : l’idéologie qui établit vouloir protéger la nature et limiter les effets néfastes des activités humaines sur celle-ci  est universelle, ne se conteste pas. Ce qui est tout à fait compréhensible et logique.

Mais l’intérêt porté à l’écologie, et plus précisément à la défense de l’environnement est devenu central depuis une période assez récente. Les combats des défenseurs de l’environnement ne datent pourtant pas d’il y a 10 ans : ils ont commencé au début des années 70 en France, par exemple. Mais durant au moins 30 ans, cette idéologie, ce combat, n’ont pas été particulièrement entendus, avec les conséquences connues sur l’environnement que l’on connait. Les détracteurs des « écologistes » ont contesté l’alarmisme qui les caractérisait par une impossibilité économique et sociale : les écouter revenait « à retourner à la bougie ». Le lobby nucléaire a compté énormément dans cette impossibilité pour l’écologie de dépasser le stade de « politique de rêveurs » au niveau institutionnel et politique. Une grande majorité de la population n’a donc pas adhéré aux thèses écologistes jusqu’au milieu des années 2000. L’idéologie ne correspondait pas à l’intérêt de la population. Ce phénomène a entièrement basculé en 2005. Une prise de conscience générale s’est effectuée sous l’effet, entre autres, d’un film documentaire « Une vérité qui dérange » et d’une campagne mondiale d’alerte sur le risque climatique.

L’intérêt d’une population en conflit d’intérêt avec la réalité ?

Si les populations savent qu’elles ne peuvent pas influencer les décideurs politiques sur l’orientation économique prise depuis 30 ans, et qui ne change pas, elles ont trouvé il y a 10 ans, une voie pour —pensaient-elles, imposer à l’Etat, aux entreprises multinationales des mesures contraignantes sur l’environnement. La population a pris conscience d’un problème majeur, celui du réchauffement climatique, et les politiques comme les dirigeants économiques ont dû écouter, agir vis-à-vis de ce problème. La victoire des défenseurs de l’environnement est, dans l’écoute qui leur est désormais prêtée, incroyable, et assez unique. Les populations ont « décidé » (pensent-elles, toujours) que lutter contre l’émission des gaz à effet de serre était le moyen de lutter contre la destruction de l’environnement, et donc de parvenir à un monde propre, où les industries seraient enfin sous contrôle, où l’écologie aurait une place centrale. Avec en bénéfice moral, la certitude de « sauver » la planète d’un réchauffement causé par l’homme, de réduire par leurs actions responsables une catastrophe en cours.

Cet intérêt pour la cause écolo-climatique a connu une croissance importante autour de 2007-2010 par le biais de plusieurs événements : le prix Nobel de la Paix donnée à Al Gore, riche promoteur avisé de la limitation du carbone et acteur principal du documentaire d’alerte mondiale « Une vérité qui dérange », ainsi qu’au au Giec, le Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Evolution du Climat. Des campagnes médiatiques  très importantes sur les effets du réchauffement ont débuté à cette même époque. Durant ces 3 années, la plupart des événements climatiques, de la sécheresse aux cyclones, tempêtes, problèmes agricoles, ont été rattachés au réchauffement climatique. La canicule française de 2003, présente dans tous les esprits, était annoncée comme une période estivale qui deviendrait fréquente dans un futur proche, les annonces sur la réalité du réchauffement, permanentes. Les hivers très doux de cette période ont été pointés de façon constante du doigt dans les médias, au point que chaque élévation de température notable était comparée à d’autres, souvent très anciennes, affirmant leur caractère exceptionnel mais d’une fréquence telle, qu’elle en devenait un constat sans appel.

L’intérêt de la population est devenu conscience, engagement, au point que le calcul des émissions carbone devienne quelque chose de naturel et de normalisé. Dans le même temps le combat pour la préservation de l’environnement s’est mêlé à celui de la lutte contre le réchauffement climatique. Les partis politiques ont tous intégré ce grand combat central. Et c’est là que le conflit d’intérêt à l’échelle d’une population survient.

Un conflit d’intérêt idéologique global ?

Le danger de tout conflit d’intérêt est que ceux qui le portent en arrivent à permettre de tronquer la réalité. A mentir, parfois sans même le savoir, la plupart du temps en refusant de regarder la réalité en face. Le principe de « la bonne cause » est au cœur du conflit d’intérêt. Les médicaments pouvant tuer des patients, médicaments contrôlés par ceux là-mêmes qui sont rémunérés par ceux qui les vendent, par exemple, n’est pas un crime de criminels en col blanc uniquement motivés par l’appât du gain : si ce médicament peut aider un grand nombre de personnes, alors, pourquoi empêcher qu’il soit vendu, même si une petite partie peut en subir des conséquences fatales ? Il faut de plus en avoir les preuves, et celui qui participe n’est pas forcément enclin à aller voir de plus près ce qu’il en est précisément. Le plus intéressant à ce sujet est de parler à une personne ayant travaillé toute sa vie pour l’industrie nucléaire : il lui est impossible de critiquer cette industrie qui a nourri sa famille durant des années. Même s’il connaît les dangers, les milliers d’intérimaires contaminés par la radioactivité, la sécurité de plus en plus incertaine, le vieillissement du parc, il ne peut pas en parler, refusera d’admettre ces phénomènes : pour lui, le gain qu’apporte le nucléaire à la société en termes sociaux et financiers sont tels, que les dangers sont minorés, écartés, niés.

Une fois un conflit d’intérêt enclenché, il est très difficile de le démonter. Lorsqu’il réside sur la possibilité de la disparition de l’espèce humaine, il est facile d’imaginer les résistances qui peuvent s’exercer auprès de ceux qui sont piégés à l’intérieur. Actuellement, alors que la communauté scientifique déclarée la plus experte auprès du Giec, avoue s’être trompée sur le réchauffement des 16 dernières années. Cette information ne donne aucune sorte de dénonciation de la part des populations. Si les scientifiques tentent d’expliquer cette erreur d’appréciation par des théories relatives aux océans, pas encore validées, leur traduction passe de « pistes d’explications » à « c’est une certitude ». Que la science n’ait pas encore pu expliquer ce phénomène de refroidissement n’a aucune valeur dans le cadre d’un conflit d’intérêt global : la population, dans sa grande majorité a décidé de croire, de vivre, de militer pour la cause du réchauffement depuis trop longtemps pour que des réalités  scientifiques invalidant même partiellement la thèse anthropique puisse les pousser à prendre un peu de recul avec ces nouvelles révélations. Et ceux qui admettent du bout des lèvres que la possibilité d’un réchauffement naturel existe, même important, viennent immédiatement construire un discours affirmant la nécessité de ne pas s’en préoccuper. Puisque pour eux, cette affirmation du réchauffement par les gaz à effet de serre est tellement intéressante en termes de militantisme idéologique, de possibilité de faire changer la société, d’avoir un pouvoir sur les industries pétrolières —pensent-ils — qu’elle mérite d’être conservée, même au prix du mensonge.

Ne jamais douter : la nécessité fait loi ?

Ce qui est excessivement dommageable dans le cas du conflit d’intérêt global sur le réchauffement climatique c’est qu’il occulte de nombreuses autres luttes très importantes et permet aux décideurs d’orienter leurs décisions avec une facilité déconcertante sous prétexte d’urgence. Les pollutions s’intensifient, particulièrement celles qui ne sont pas concernées par les émission de gaz à effet de serre et l’industrie a pu se « verdir » à moindre frais en quelques années. Les produits verts sont désormais monnaie courante, la protection de l’environnement incorporée dans le capitalisme consumériste de masse. Il suffit de contrôler ses émissions de CO2, sa capacité à isoler son habitation pour être en accord avec l’intérêt général. Les véhicules ne se sont pourtant pas arrêtés de circuler, les transports polluants inutiles non plus, aucunes mesures sérieuses de santé publique ne sont appliquées pour lutter contre les particules fines. Ces phénomènes beaucoup plus graves pour l’humanité et ne sont pas pris en compte de façon conséquente : logique, puisque la majorité des budgets scientifiques sur la pollution sont alloués aux calculs du réchauffement et de ses effets.

C’est là où de nombreux individus sont pris dans les mailles de ce conflit, puisqu’ils sont rémunérés pour et par le réchauffement climatique. Leur crainte est de voir les budgets se tarir si la cause naturelle était certaine, la thèse carbone, invalidée. Les militants écologistes, eux aussi ont peur que la protection de l’environnement soit oubliée si le réchauffement se révélait d’une origine autre qu’humaine. Les enseignants, ridicules devant leurs élèves, ayant prêché ce réchauffement anthropique, les politiques, militants, tous ceux qui parlent, admettent, convainquent de l’urgence climatique seraient dans une position très difficile. On estime à plus de 70% les Français convaincus que l’origine du réchauffement climatique est d’origine humaine. La cause environnementale a avancé grâce aux théories du Giec, il est vrai. Mais entre une cause acquise et un changement majeur de société positif, il y a un pas—qui n’a pas été franchi. Non pas parce que la cause n’a pas été suivie, comprise, relayée, bien au contraire, mais parce que le fond du problème n’est pas l’emballement des foules, mais la structure même des sociétés industrielles. La nécessité de stopper la pollution mondiale est réelle, mais ce n’est pas par la création d’un conflit d’intérêt idéologique global sur les gaz à effet de serre qu’elle sera acquise. Surtout au prix d’une chose de plus en plus rare, de central pour les démocraties : la vérité. Et admettre que l’on s’est trompé, quand on s’est autant impliqué, est très difficile. Au point que même la plus infime parcelle de doute se refuse à émerger chez la plupart : les enjeux sont trop grands. Au point d’avoir ce types de commentaires :

« L’Homme a indubitablement un impact majeur dans l’évolution du climat, ça c’est une certitude. Les approximations viennent de l’évaluation de cet impact, et des formes qu’il prendra. »

Cette vocation de foi absolument anti-scientifique, uniquement préoccupée par l’affirmation d’une vérité quasi religieuse, est le symptôme majeur de cette nouvelle forme d’occultation des esprits.

Il apparaît pour les personnes prises dans le conflit d’intérêt, qu’il soit devenu un problème de survie. Personnelle, avant tout. Politique, profondément. A l’opposé, pour l’humanité qui doute ou veut comprendre, c’est un autre type de problème : celui de la prise de contrôle globale par une partie de la science au service d’organisations politiques jamais à court de solutions et de raccourcis pour s’assurer de la domination du plus grand nombre. Mais aussi de militants politiques très engagés, et plutôt inquiétants par leur volonté d’imposer leurs solutions, toujours au plus grand nombre.

Pourtant, mêmes sans réchauffement climatique anthropique, les politiques savent bien, comme les populations, qu’il y a urgence à stopper la pollution, quelle qu’elle soit : la disparition de nombreuses espèces de poissons (par la sur-pèche), ou encore celle des abeilles (par les pesticides), sont un problème majeur qui devrait être au cœur des débats environnementaux. Pourquoi aucune campagne mondiale n’est-elle lancée sur ces phénomènes parfaitement identifiés et réels ? Pourquoi aucun rapport d’une organisation intergouvernemental ne sort-il à ce sujet ? Les poissons et les abeilles seront-ils sauvés par la baisse émission de gaz à effet de serre ? Chacun connaît la réponse. Elle est négative. Mais qui pour sortir du conflit d’intérêt idéologique global et s’attaquer à ces grands problèmes confirmés de façon certaine ? Observer la réalité scientifique, prendre en compte les incertitudes et admettre que rien n’est encore déterminé sur ce sujet du réchauffement climatique, est-il possible dans ces conditions ?

Très peu possible, il semble..

Nous sommes entrés en réalité dans une nouvelle ère, celle du conflit d’intérêt globalisé.

A chacun d’en prendre la mesure. Ou non. Et d’en tirer des conclusions. Ou pas.

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