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Pourquoi le GIEC veut-il que ce soit l’homme qui réchauffe le climat ?

mardi 15 avril 2014 à 19:25

Melting Icebergs, Ililussat, Greenland

Après de nombreux articles sur le sujet du changement-réchauffement climatique, critiquant, raillant le dogme du GIEC et de ses défenseurs ici-même par votre serviteur, voici venu le temps de passer à l’aspect politique de la chose. Avec cette histoire de climat chamboulé par l’homme, de nombreuses réactions différentes les unes des autres voient le jour en 2014 : les convaincus, les critiques, ceux qui s’en foutent, les énervés engagés pour sauver la planète, les scientifiques radicaux qui ne supportent aucune critique, les fatalistes, il y a de tout aujourd’hui autour du réchauffement anthropique.

La majorité de la population française est quand même convaincue que c’est l’homme qui modifie le climat par ses rejets de gaz à effet de serre, et qu’on va le payer cher avec la montée des eaux, les cyclones, la sécheresse, la destruction des récoltes. On répète en France, par exemple, qu’il « faut faire quelque chose » : s’engager dans la réduction des émissions de Co2, et d’autres gaz qui réchauffent. Ce qui donne : faire de « l’écologie ». Isoler les maison. Développer les énergies propres et renouvelables. Sachant que 70 à 80% des habitations équipées de chauffage électrique tirent leur énergie sur des centrales électriques nucléaires qui n’émettent pas de gaz à effet de serre, on se demande parfois où est le rapport entre tous ces facteurs et causes. En réalité, le réchauffement climatique s’est mélangé avec un combat, celui de l’écologie, de la protection de l’environnement. D’où le Grenelle, et toutes les normes et autres règles éco-compatibles, les bourses au carbone et toutes ces choses qui rapportent beaucoup d’argent, et sauvent la nature, bien évidemment.

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Qui va s’en plaindre ? Défendre la nature n’est-il pas noble et moralement élevé ? Vouloir stopper la pollution des transports qui émettent plein de particules hyper dangereuses pour la santé, n’est-il pas logique ? Oui, absolument. Mais là, ce n’est pas pour la santé que l’on veut réduire les émissions des véhicules, mais pour « empêcher le réchauffement global ». Ah.

Quelle est cette logique étrange qui veut qu’entre sauver les populations de cancers et autres saloperies causées par une pollution directe en limitant les véhicules ou en changeant leur fonctionnement, on préfère discuter de leur capacité à réchauffer une planète entière ? Dans un pays qui représente 1% des émissions de gaz à effet de serre, sur la dite planète ?

C’est la logique GIEC. Enfin, disons plutôt la logique onusienne, celle des décideurs des pays les plus riches, les plus puissants, les dominants. Ceux qui se réunissent à New-York, siège de l’ONU.

Attention, pas de complot ni de conspiration, juste de la politique

Personne n’a une réponse certaine sur les motivations du GIEC à alarmer la planète et vouloir imposer une réduction drastique des émission de gaz à effets de serre, plus particulièrement le Co2. Mais quelques pistes existent, plus ou moins intéressantes pour expliquer cette obsession toute politique d’imposer un changement de paradigme à l’échelle planétaire. La première chose à faire est de se pencher sur le berceau de l’organisme qui estime que l’homme est responsable à 95% du changement- réchauffement climatique. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a été créé en 1988, sous l’impulsion du G7, le consortium des pays les plus riches, et est un organisme intergouvernemental, ouvert à tous les pays membres de l’ONU. Il a été créé par deux instances de l’ONU, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) :

« Il a pour mission d’évaluer, sans parti-pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. Ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue (source : Wikipedia) »

Ce préambule définissant le GIEC est très important, parce qu’il souligne sans nuances la vocation de l’organisme : « mieux comprendre les risques liés au changement climatique d’origine humaine« . Ce n’est donc pas un organisme qui étudie purement le climat, mais qui a décidé à sa création de savoir comment l’homme influence le climat. Cette mission de départ, très orientée, est complétée par une seconde, dans laquelle nous sommes plongés auourd’hui : « cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation« . Comment cerner les conséquences possibles pour s’adapter et atténuer les effets de l’homme sur le climat, en 1988 ? Et bien, si on ne le savait pas à l’époque (les premiers satellites météorologiques avaient tout juste 9 ans), on avait déjà un peu décidé de s’en préoccuper quand même. Il vaut mieux être prévoyant.

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Le caractère uniquement politique du GIEC est bien stipulé : « Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents« . Mais il pratique des évaluations, et « ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue ». Le GIEC pratique donc des évaluations « principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue ». Ce qui signifie que le GIEC n’utilisera pas des publications scientifiques qui démontrent—par exemple des effets naturels du réchauffement climatique et rejetteraient les effets de l’homme sur le climat : il est censé évaluer seulement les effets de l’homme sur le climat.

Financement de la recherche : le nerf de la guerre ?

Jusqu’aux années 90, les climatologues étaient(presque ) des clochards de la recherche scientifique : tout le monde se foutait de leur travail, ils ne touchaient pas grand chose. A partir de la fin des années 90, et surtout à partir de la publication du troisième rapport du GIEC, en 2001, les crédits explosent dans les labos de climatologie. Enfin, ceux qui étudient l’impact  sur le climat des rejets de gaz à effets de serre par l’homme.  Les budgets publics cumulés des différents pays en « faveur des sciences climatiques » s’élevaient à 280 millions de dollars en 1988. Au milieu des années 90 ils étaient de deux milliards de dollars, puis cinq milliards vers l’an 2000 et sont supérieurs à six milliards de dollars aujourd’hui.

RichardLindzen

Richard Lindzen

C’est à ce moment là, en 2001, que Charles Lindzen claque la porte du GIEC. Ce scientifique qui est depuis près de 20 ans (à l’époque) titulaire de la chaire Alfred Sloan au MIT, l’un des postes universitaires les plus prestigieux au monde dans le domaine de la science météorologique et climatique, a craqué. Ses études sur les effets des nuages (Effet Iris) ne vont pas dans le sens du GIEC, et il a le culot de ne pas adhérer à la théorie du réchauffement climatique par les rejets humains de Co2. Lindzen n’est pas le seul à avoir « claqué la porte » du GIEC (en réalité à dénoncer les pratiques de l’organisation) : la liste est longue des scientifiques qui dénoncent son fonctionnement ou bien sont royalement ignorés par l’organisme onusien : Habibullo Abdussamatov, directeur du programme de recherches russe Astrometria, qui étudie l’influence du soleil, Roy Spencer, Directeur de recherches à l’Université d’Alabama, qui a travaillé sur l’influence des nuages, les cycles de l’eau,  Nir Shaviv qui travaille sur les rayonnements cosmiques, tous ces scientifiques de très haut niveau, impliqués dans des programmes de recherche très importants sont snobés par le GIEC.

Le TINA climatique (politique, social et et économique aussi…)

Comme pour toute modification sensible de la direction du monde, il faut un TINA : There Is No Alternative. Margaret Thatcher est la première a avoir utilisé cette méthode qui fonctionna à merveille : le libéralisme économique, devenu néo-libéralisme s’est répandu sur cette affirmation incontestable : Il N’y A PAs D’ALternative ! On ne peut pas faire autrement : comme en ce moment même avec les 50 milliards de réduction des dépenses de l’Etat, la baisse du déficit en plein croissance atone : TINA.

TINA

Les autres options ne sont pas envisageables, n’ont même pas à être soupesées. Sur le climat, ce 4ème rapport du GIEC est un TINA de plus : l’humanité va être confrontée à un climat tellement modifié qu’il faut prendre des mesures drastiques. La température va augmenter, le GIEC l’affirme, l’homme est responsable, et il faut se prémunir. Ce qui donne ce type d’assertions de la part de la responsable climat de l’ONU, Christiana Figueres, qui affirmait récemment que :

« les humains avaient l’occasion d’écrire une « histoire à deux fins ». En clair, si des efforts substantiels sont consentis, une part importante de ces dangers pourrait être écartée. Les mesures d’adaptation préconisées ? Installation de systèmes d’alerte, abris contre les cyclones et inondations, protection des mangroves pour épargner les côtes, stockage d’eau, techniques d’irrigation plus économes en eau, nouvelles pratiques agricoles, programmes de vaccination, création de zones protégées…, mais aussi protection de groupes vulnérables, diversification de l’économie, ou encore meilleure estimation des fonds nécessaires pour l’adaptation. (source Le Point.fr) « 

Ca y’est : nous y voilà. La reprise en main des puissants sur le reste du monde est en cours. Pour sauver une partie du monde. Avec des efforts. Mais le plus intéressant dans le grand story telling du réchauffement anthropique est celui de l’énergie : si le Co2 est le facteur principal, central du réchauffement, il faut stopper ce qui l’active. Ou trouver des parades. Les centrales électriques au charbon, les véhicules, les bovins, les ovins sont tous émetteurs de gaz à effet de serre. Pour les ruminants, c’est le plus grave puisqu’ils sont responsables pour près de 20% dans le réchauffement planétaire !

Flatulences des bovins, 18 % des émissions de gaz à effet de serre

Les déjections, les flatulences et les rots des bovins et des ovins contribuent au réchauffement climatique. Et dans un sens plus large, l’élevage tout entier y contribue. En effet, selon la FAO, l’élevage de bétail est responsable de l’émission de 18 % des gaz à effet de serre dans le monde. Les gaz en question émis par ce secteur sont le méthane et l’hémioxyde d’azote ; des gaz au potentiel réellement destructeur pour notre atmosphère. Le méthane a une action 23 fois plus intense sur l’effet de serre, comparé au CO². L’hémioxyde d’azote est lui, environ 300 fois plus intense (source)

Les grands décideurs planétaires misent donc sur un réchauffement anthropique dû au Co2, et chaque rapport vient empirer les scénarios des précédents. Tout ça est inéluctable, il n’y a pas d’alternative, et ceux qui bossent dans le sens du réchauffement anthropique sont récompensés, les autres, au mieux ignorés, au pire, diffamés. Mais la question de fond est :

 Pourquoi ?

Laissons les lecteurs apprécier ce documentaire, diffusé en 2007 par la BBC et qui parle du « big business climatique », apporte de nombreuses réponses sur le « pourquoi » le GIEC doit à tout prix démontrer que l’homme est responsable du réchauffement climatique.

Avec en tête, quand même, qu’en négatif, le documentaire d’Al Gore « Une vérité qui dérange » a été attaqué en justice en Angleterre (diffusé dans les classes), avec de nombreux mensonges relevés… 9 erreurs reconnues par la justice, mais de nombreuses autres en réalité.
Sachant que ce documentaire politique d’Al Gore a fait basculer l’opinion au sujet du réchauffement anthropique.

Al Gore est un saint, qui a eu le Prix Nobel de la paix avec le GIEC en 2007, et comme tout saint, il n’a aucun intérêt dans la promotion du réchauffement climatique, comme sa fiche Wikipedia le stipule :

Al Gore est le cofondateur et chairman de Generation Investment Management LPP, fonds d’investissements à long terme dans l’économie durable, et qui recueille des capitaux très importants d’investisseurs du monde entier et en particulier de nombreux fonds de pension américains. À sa création en 2004, Generation Investment a drainé 5 milliards de dollars américains.

Al Gore s’est lancé également dans le négoce de certificats d’émissions de CO2.

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Rapport du GIEC : c’est reparti pour un tour…

lundi 14 avril 2014 à 22:37

GIEC-2014

Mais oui, voilà de nouveau la grande propagande française qui se met en marche sur le réchauffement climatique. C’était un changement climatique les quelques dernières années (la chauffe était relativisée par la science), mais c’est redevenu un réchauffement cette année. Il faut dire qu’il semble que ce soit un sacré rapport de la fin du monde qu’ils ont sorti là au Giec ! Oui, il semble…parce que tous les journalistes qui éructent, invitent, informent à ce sujet n’ont pas lu ce rapport, c’est une certitude. Il faut dire que le machin est un PDF qui pèse le modeste poids de 375 Mo (plus de 1400 pages) et est en anglais. La version de synthèse existe bien en français, celle pour les « décideurs » (pas les citoyens, hein), mais on sait qu’il manque beaucoup de choses dans ces versions. Qu’elles diffèrent pas mal de la version « lourde ».

Alors, pourquoi ne pas prendre les gens pour des imbéciles et leur balancer plein d’infos simples, incontestables, avec de la désintox en bonus pour être bien sûr qu’ils ont entendu le message ? C’est ce que fait le site propulsé par la mairie de Paris et l’ADEM, avec tout plein de zolis dessins et des zinfographies très faciles à assimiler. Sauf qu’il manque quelques informations cruciales sur ce site « pédagogique », puisqu’il manque par exemple le degré de confiance de l’information (certitude, fiabilité). Regardons ce que cela donne…

C’est toujours plus chaud ma brave dame !

Ne cherche pas à comprendre citoyen, ça chauffe, ça n’arrête pas de chauffer, c’est grave :

LES TEMPÉRATURES MOYENNES

C’est au travers de l’évolution des températures moyennes que les preuves du changement climatique sont les plus évidentes :

  • La température moyenne mondiale (terre et océans) a augmenté de 0,85°C entre 1880 et 2012.
  • Chacune des trois dernières décennies a été plus chaude que la précédente et que toutes les autres décennies depuis 1850.
  • La décennie 2001-2010 a été la plus chaude de toutes les décennies depuis 1850
  • La période 1983-2012 a probablement été la plus chaude depuis 1400 ans.

Houla, pas cool cette info de l’ADEM-Mairie de Paris. Inquiétant. Troublant. Incontestable. Sauf que ce que le site oublie de dire, c’est que ces infos tirées du rapport de synthèse ont un « degré de confiance moyen ». Et ouais. Ce qui donne dans le rapport de synthèse du GIEC (B1, page 3 de la brochure) :

Chacune des trois dernières décennies a été successivement plus chaude à la surface de
la Terre que toutes les décennies précédentes depuis 1850 (voir figure RID.1). Les années 1983 à 2012 constituent probablement la période de 30 ans la plus chaude qu’ait connue l’hémisphère Nord depuis 1 400 ans (degré de confiance moyen)

Et ça continue comme ça, avec pas mal de choses amusantes comme :

Les reconstructions de la température en surface à l’échelle continentale font apparaître, avec un degré de confiance élevé, des intervalles de plusieurs décennies pendant la période d’anomalie climatique médiévale (années 950 à 1250) au cours desquels la température était, dans certaines régions, aussi élevée qu’à la fin du XXe siècle. Ces intervalles chauds à l’échelle régionale ne se sont pas produits de manière aussi cohérente dans les différentes régions que le réchauffement constaté à la fin du XXe siècle (degré de confiance élevé); {5.5}

Le GIEC avoue que ça a chauffé au moyen-âge, avec un degré de confiance élevé, cette fois-ci. Alors que sur le site ADEM/Mairie de Paris, une partie désintox dit l’inverse  :

LES TEMPÉRATURES MOYENNES GLOBALES SONT AUJOURD’HUI SUPÉRIEURES À CE QU’ELLES ÉTAIENT AU MOYEN-AGE.

Même si dans certaines régions (dans l’Atlantique Nord par exemple) on a observé que les températures au Moyen-Age étaient plus élevées qu’aujourd’hui, si l’on étudie les températures atmosphériques globales, on voit que le Moyen-Age fut une période plus froide que la période actuelle.

De plus, des phénomènes naturels permettent d’expliquer la relative chaleur de l’époque : en effet, au Moyen-âge, l’activité volcanique (qui contribue à refroidir le climat) était très faible ; à l’inverse, l’activité solaire (qui réchauffe le climat lorsqu’elle est importante) était très forte.

Ces phénomènes, bien connus, sont moins intenses aujourd’hui ; seules les activités humaines et les émissions de gaz à effet de serre permettent d’expliquer le réchauffement constaté depuis 1950.

Et toc, on s’en fout, ça ne veut rien dire, y’a le soleil (ce coup là), des volcans qui ne marchaient pas fort, et puis c’est pas la peine de chercher à faire c**** avec ces histoires de moyen-âge plus chaud, parce qu’en étudiant les  « températures atmosphériques globales » du moyen-âge, on voit bien que c’était plus froid. Même si le Greenland était vert, et que la banquise fondait à l’époque, on s’en fout. Et puis il y a les gaz à effet de serre, faut le dire comment ? Comment on étudie les températures atmosphériques globales d’il y a 1000 ans ? Nous ne le saurons pas, mais c’est peu important. Sachant que les stations météo actuelles ont bien du mal à donner des données parfaitement fiables au niveau planétaire aujourd’hui (la T° de la planète, c’est difficile à calculer), on imagine le problème pour connaître la température globale à l’an 1100. Mais il y a les troncs d’arbre, des carottes de glace, plein de trucs imparables, c’est certain. Malgré tout ça, l’ADEM assène sa certitude sur le moyen-âge moins chaud qu’aujourd’hui comme le pape la résurrection du Christ devant ses fidèles. De toute manière, c’était chaud au moyen-âge, mais certainement pas partout et au final, pas autant en fin de compte si on fait la moyenne. Voilà.

De l’art d’informer à peu près, ou pas

Toute cette affaire de rapport de rapport du GIEC relayés par des présentateurs du JT qui alertent la population sur l’apocalypse climatique à venir, est très symptomatique de notre époque. Ce n’est pas l’information réelle qui intéresse les relayeurs d’info, mais l’art de communiquer de l’effroi, de l’émotion. Parce qu’en réalité, les rapporteurs du GIEC craignent un peu de se faire cramer sur un bucher un beau jour. C’est pour cela qu’ils utilisent en réalité en permanence des termes alambiqués et euphémisants. Comme par exemple « quasiment certain » ou « probablement ». Pas très scientifique, n’est ce pas ? Pas très vendeur au JT non plus. Oui, mais bon, le GIEC c’est un artefact de l’ONU, c’est une organisation politique, pas scientifique.

Il est quasiment certain que l’océan superficiel (jusqu’à 700 m de profondeur) s’est réchauffé entre 1971 et 2010 (voir figure RID.3), et ce dernier s’est probablement réchauffé entre les années 1870 et 1971.

— Alors il s’est réchauffé cet océan superficiel  entre 1971 et 2010 et ? Heuuu, ouais, c’est quasi certain…

— Quasi ? Tu veux dire certain, quoi ?

— Non quasi certain, c’est presque sûr mais…

— Bon, ok, et entre 1870 et 1971 ?

— Probablement…

— Probablement ? Non, mais attends, tu me prends pour une truite là ? T’es chef du GIEC et tu me dis que c’est probable, alors que Pujadas il passe pas un soir sans me dire qu’on va tous mourir sous la flotte !

Bon, pour finir, une petite archive récente de mai dernier (2013), avec ce cher Jean Jouzel (chef en apocalypse climatique par l’effet de serre dû au Co2 du GIEC FR, ), qui lorsqu’on lui parle des 3° au petit matin en France en mai (jamais vu depuis 30 ans), explique doctement, que oui, il y a bien un plateau depuis 10 ans (entendez, ça ne chauffe plus, c’est stable), mais s’empresse de crier au loup quand même. (France Inter, le 31 mais 2013)

C’est formidable.

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Quand on sait que la géo-ingénierie est en train d’arriver aux oreilles des fameux décideurs… Vous savez, balancer des particules dans l’atmosphère, pour refroidir la planète, par exemple.…

Il y a pourtant des milliers de scientifiques fâchés contre le GIEC, qui crient au complot, veulent continuer à observer le climat sans avoir sur le râble l’obligation de compter à 95% les gaz à effets de serre, et pensent que ce réchauffement, ces changements climatiques sont bien plus compliqués qu’une simple et unique cause humaine. Mais ils sont anglo-saxons pour la plupart : on ne va pas les écouter en France, quand même ? Non, en France, on protège l’environnement, on « sait ». On annonce sans vergogne que 97% de scientifiques s’accordent avec le GIEC, alors…

C’est pour ça qu’on a le coq comme emblème, non ?

Et puis la géo-ingénierie, ça va faire des « zemplois » : c’est Manuel qui va être content !

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Pour le Deep Packet Inspection de Qosmos aussi, « Tor stinks ».

samedi 12 avril 2014 à 01:30

tumblr_m4slpgWnS21qd9dz2o1_500C’est la fête pour Qosmos. Alors que l’entreprise est visée par une enquête pour complicité d’actes de tortures, Reflets a obtenu quelques informations supplémentaires sur leurs sondes de Deep Packet Inspection, ces briques matérielles et logicielles qui permettent la discrimination des paquets interceptés sur les réseaux IP selon leur contenu. Ces mêmes sondes exportées en Syrie pour Assad via l’entreprise italienne Area SpA et capables de détecter et classer explicitement les trafics aussi suspects que les visites sur les sites du New York Times, TF1, YouPorn, PornHub, Deezer ou encore La Redoute (si, si, c’est écrit dans la doc’).

Passons sur l’amour de Thibaut Bechetoille pour les droits de l’Homme. Deux questions nous intéressent pour étudier les sondes Qosmos :

Cet article développe en particulier la façon dont les sondes Qosmos détectent qu’un trafic chiffré est celui d’un client Tor et non celui d’un navigateur web. Question sous-jacente : dans quelle mesure Tor reste-t-il pertinent face à la technologie Qosmos ?

Qosmos, une histoire de protocoles …

Les sondes Qosmos connaissent un grand nombre de protocoles, modélisés dans une structure reproduisant l’empilement de couches caractéristiques des réseaux IP. Par exemple, selon le modèle Qosmos, le protocole de couche inférieure au protocole laredoute est uniquement http car on n’accède au site de La Redoute que via le web. Le protocole http peut par contre être au-dessus de différents protocoles : tcp pour le cas usuel mais également (et pas seulement) socks4 et socks5 si le trafic est encapsulé dans des requêtes vers et depuis un proxy SOCKS. Socks4 et socks5 n’ont comme protocole de couche inférieure que tcp, lui-même ayant ip, ip6 et dns, et ainsi de suite jusqu’aux couches de transport.

Les possibilités d’empilement sont théoriquement infinies, mais les employés de Qosmos passent sans doute du temps à rechercher celles qui sont effectivement implémentées afin de ne modéliser qu’elles et développer des méthodes de détection associées. Le protocole dns est ainsi considéré comme sous-couche possible de ip peut-être du fait de l’existence d’iodine qui permet d’encapsuler du trafic IP dans du trafic DNS.

Les paquets passant à travers une sonde Qosmos sont donc marqués comme appartenant à certains protocoles selon les données qu’ils contiennent. Le gros du travail pour Qosmos est de catégoriser un flux avec un bon niveau de certitude en fonction des données observées. C’est facile dans certains cas (du HTTP ou du SMTP sur port standard sans chiffrement par exemple) et nettement moins dans d’autres (distinguer Tor de HTTPS lorsqu’on observe du trafic TLS sur le port 443).

… Et de « méta » données

On peut se souvenir de déclarations ici et là visant à dédramatiser les interceptions de masses sous prétexte qu’on n’enregistre « que les métadonnées ».

« Méta » ou pas, il est pourtant facile de voir le côté néfaste de cette captation : dans l’affaire Bettencourt, une poignée de personnes de pouvoir ont profité de leur position pour accéder aux fadettes (les métadonnées téléphoniques) d’un journaliste du Monde via la DCRI, piétinant ainsi allègrement le principe de protection des sources.

À ceci, il faut ajouter qu’on peut aisément considérer toute donnée comme une métadonnée. Cela semble en particulier être le cas chez Qosmos, ce qui permet le tour de passe-passe rhétorique décrit ci-dessus.

C’est simple. Un paquet IP contient les adresses source et destination dans ses métadonnées, et la charge utile du paquet (payload) en sont, par opposition, les données. Dans ces données, il peut y avoir un paquet TCP, dont les ports source et destination sont les métadonnées. Dans les données de ce paquet TCP, il peut y avoir une réponse HTTP, dont les métadonnées sont les en-têtes HTTP et les données sont du code HTML. Dans ce code, les balises « meta » sont les métadonnées… Et ainsi de suite. Tout n’est que métadonnées.

Chaque protocole connu par une sonde Qosmos possède des attributs, dont la valeur est assignée grâce aux (méta)données capturées. Il en résulte des assignations clé-valeur (exemple : assigner la valeur 404 à l’attribut code pour le protocole http) qui peuvent être ensuite exploitées par des mécanismes de prises de décision automatique.

Comment les sondes Qosmos (ne) détectent (pas) Tor ?

Par défaut, un client Tor se connecte à un ou plusieurs relais pour joindre l’ensemble du réseau Tor. La connexion vers ces relais est chiffrée avec du TLS générique, c’est-à-dire le même protocole de chiffrement que lorsqu’on utilise « https » dans un navigateur. De plus, Tor utilise souvent le port 443 pour ses connexions, qui est aussi le même que celui utilisé par nos navigateurs pour les connexions chiffrées.

Le problème pour Qosmos est donc de déterminer si un trafic chiffré avec TLS sur le port 443 est du trafic HTTPS ou du trafic Tor. Il leur faut donc trouver des critères de différenciation.

Avec l’adresse IP de destination ?

Les sondes Qosmos contiennent en dur une liste des relais publics Tor. Par défaut, un relai Tor a en effet son adresse IP listée publiquement dans des serveurs d’annuaire, et Qosmos met ses sondes à jour fréquemment pour suivre l’évolution de ces listes. Ceci est le premier et le plus simple facteur permettant de différencier un trafic Tor d’un trafic web chiffré.

Tor peut toutefois utiliser des ponts (bridges en anglais) qui sont simplement des relais non publics. Leur adresse IP a alors nettement moins de chances de figurer dans la liste connue par une sonde : il faut alors trouver autre chose pour détecter Tor.

Avec les détails des certificats TLS ?

L’Iran est parvenu à bloquer Tor quelques jours en se basant sur la date d’expiration des certificats TLS générés par les relais. En effet, lors de l’établissement d’une session TLS, les certificats sont échangés en clair et leur contenu peut être intercepté (date d’émission, date d’expiration, nom d’hôte associé, etc.). L’équipe Tor a rapidement sorti un correctif pour rendre les certificats TLS de Tor plus difficiles à isoler.

Coïncidence ou pas, nous avons appris que les sondes Qosmos ont longtemps détecté les connexions aux relais Tor en examinant les dates du certificat TLS. Il n’est toutefois pas certain que ce soient exactement les mêmes critères que ceux utilisés par l’Iran. Ce cas a quoi qu’il en soit été également corrigé par Tor.

Que reste-t-il si l’adresse du relai n’est pas connue et si le certificat TLS n’est pas reconnaissable ? D’après ce que nous savons, la dernière méthode implémentée par Qosmos est celle dite de la détection d’entropie sur le champ « Common Name » du certificat TLS. Ce champ, pour les certificats générés par les relais Tor, contient en effet un nom composé d’une suite aléatoire de lettres et chiffres, comme « www.2egiobtbgjufipddooov.net ». La détection d’entropie vise à caractériser cet aspect aléatoire. Dans l’usage standard, ce champ contient le nom de domaine du site que nous visitons (« torproject.org », par exemple).

Ou pas ?

Leur détection d’entropie est toutefois peu efficace à l’heure actuelle, ce qui signifie concrètement qu’une sonde Qosmos classera nombre de connexions à Tor comme connexions HTTPS standard. Si quelqu’un cherche à bloquer Tor en se basant sur les résultats d’une sonde Qosmos, il est donc peu probable qu’il y parvienne correctement.

En bref

Tor reste une solution probante face aux sondes Qosmos. On ne doute évidemment pas qu’à la fois les ingénieurs de Qosmos et les développeurs de Tor continuent leurs recherches, les uns pour améliorer la détection de Tor et les autres pour la dégrader.

En outre, les sondes Qosmos sont des équipements passifs et la meilleure détection de trafic Tor semblant exister est celle mise en place par le gouvernement chinois et qui requiert un test actif de l’adresse IP cible pour vérifier s’il s’agit d’un relai Tor. Lorsqu’une connexion chiffrée est initiée depuis l’intérieur du pays vers l’extérieur, une machine gouvernmentale se connecte à son tour et teste si la machine destination « parle » Tor. Si c’est le cas, un paquet TCP avec le flag RST est injecté vers le serveur, de telle sorte de forcer la fermeture de la connexion.

Quoiqu’il en soit, l’utilisation de Tor avec des ponts et éventuellement avec Obfsproxy reste tout à fait probante pour aller au-delà d’un filtrage passif basé sur les sondes Qosmos et qui chercherait à bloquer Tor sélectivement. Qosmos ne fait pas mieux que la NSA.

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Minority Report France : prévenir les mouvements sociaux

mercredi 9 avril 2014 à 09:49

minority

C’est une bonne ou une mauvaise nouvelle, selon l’éclairage que l’on choisit : la gendarmerie française, a selon le Figaro

« créé le 1er janvier dernier, la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (Sdao) [qui] se présente comme une «structure complémentaire, agissant de façon transparente et interactive» avec le renseignement territorial. Relayée par une chaîne de 500 analystes répartis à travers le pays et dont elle assure le pilotage, l’anticipation opérationnelle de la gendarmerie s’appuie sur sa puissante «base de données de sécurité publique». »

Et cette puissante base de données de sécurité publique « garde », toujours selon le quotidien,

« actuellement en mémoire quelque 150.000 fiches d’analyses passant au crible les conflits sociaux et leurs acteurs, ainsi qu’une multitude de signaux précoces permettant à la direction de la gendarmerie d’anticiper ses dispositifs de protection, notamment de la vingtaine de centrales nucléaires, et de maintien de l’ordre. Un logiciel «morphosyntaxique» permet, à partir d’un nom, de multiplier les croisements et d’éventuelles connexions. »

Ah ah ! Des fiches d’acteurs de conflits sociaux ! Oh oh ! On dirait bien que le socialisme de gouvernement est entré dans une phase intéressante : imaginez quand même que la gendarmerie fiche en termes de « sécurité publique » (donc dangereux et à surveiller comme tel) des acteurs de conflits sociaux… Ce qui voudrait dire qu’un conflit social est désormais officiellement une forme de terrorisme ? De crime, de délit ? Mais comme le stipule ce merveilleux billet du journal dont l’actionnaire principal est un homme de paix bientôt nobelisé (pour ses ventes d’armes à vocation pacifique), le but de la base n’est pas seulemet de ficher, mais aussi « d’analyser et passer au crible une multitude de signaux précoces permettant à la direction de la gendarmerie d’anticiper ses dispositifs de protection« .

Le tout est amélioré par « un logiciel «morphosyntaxique» [qui] permet, à partir d’un nom, de multiplier les croisements et d’éventuelles connexions. » Traduisez par « on prend en photos les activistes, on prend leurs noms si on peut, on met des mots clés, plein d’infos à la noix et après, un gros algorithme vient trier tout ça, faire des liens, donner des alertes, relie les gens entre eux pour pouvoir arrêter tout ce petit monde avant qu’ils n’agissent. » Parce qu’anticiper ses dispositifs de protection ce n’est pas seulement installer des barrières de protection avant une manif. D’ailleurs le grand manitou de cette cellule high-tech de type « Minority Report » ne cache pas ses intentions, puisqu’il parle « d’adversaires » et de « degré de riposte » vocabulaire qui laisse entendre un futur un peu particulier :

«(…)l’anticipation opérationnelle offre un éclairage spécifique permettant d’identifier les modes opératoires, les moyens déployés par nos adversaires ainsi que leur degré de radicalité afin d’ajuster notre niveau de riposte, précise le colonel Pierre ­Sauvegrain, patron de la Sdao. Il est essentiel d’avoir un regard le plus précis sur les ultras qui se glissent parmi les “bonnets rouges” ou les manifestants de Notre-Dame-des-Landes.» Pour les gendarmes, le renseignement est consubstantiel à la fonction. Ce qui confère à cette force 100.000 «capteurs» potentiels.»

Bienvenus dans la France de Minority Report, équipée de forces de l’ordre d’anticipation opérationnelle, de capteurs opérationnels et prêtes à stopper ses adversaires : les acteurs des conflits sociaux.

Y aurait-il , dans ce pays, comme une crainte future à haut niveau au sujet des citoyens vs le pouvoir politique? Mais non, mais non, tout ça n’est que modernisation, amélioration, optimisation de la gendarmerie. Le reste n’est…qu’anticipation. Et l’anticipation, c’est de la science-fiction, tout le monde le sait.

Le Figaro.fr : La gendarmerie table sur l’anticipation opérationnelle

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Pourquoi parler de l’emploi au lieu du travail ?

mardi 8 avril 2014 à 19:52

La novlangue est une arme de manipulation massive. Particulièrement bien employée, elle peut permettre un grand nombre de choses pour ceux qui l’utilisent, c’est-à-dire les gens de pouvoir. En 2014, un mot est employé à toutes les sauces, récupéré, dégueulé à qui mieux mieux par les dirigeants qu’ils soient d’entreprises ou du pouvoir politique : l’emploi. Regardons de plus près, après le superbe discours de novlangue de Manuel Valls, nouveau Premier Sinistre de la Fraaaaance, ce qu’il en est de ce fameux concept de l’emploi.

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Des courbes, du pouvoir d’achat, et de l’emploi, mais pas de travail…

Ce n’est pas un effet innocent de la réalité économique si l’on parle de courbe du chômage, au lieu de parler des millions de personnes qui cherchent du travail et n’en trouvent pas. Le pouvoir d’achat est lui aussi une belle métaphore pour parler de la paupérisation de plus en plus grande d’une part toujours croissante de la population hexagonale. Mais le mot le plus beau, le plus pervers, le plus lamentable, utilisé à l’envi, est celui d’emploi. Imaginez quand même qu’un ministère existe, et qu’il porte un nom très clair pour parler d’un concept évident : celui du travail. Et pourtant, le ministère du Travail, parle…d’emploi. Alors que travailler est quelque chose de concret : c’est un concept assez intéressant qui veut que quelqu’un exerce un métier, ou une activité précise, et est rétribué ou non pour cela.

Un travail peut être bénévole, mais il a une valeur, il est synonyme d’une somme d’efforts effectués par celui qui l’exerce. Tout le monde est unanime pour s’accorder sur ce constat : travailler est une chose qui peut être épanouissante, aussi bien qu’aliénante, mais on sait ce que c’est. Alors pourquoi les praticiens de la novlangue politique ne parlent-ils jamais de travail, mais uniquement d’emploi ? Alors qu’ils ont créé un ministère du travail ?

L’emploi, c’est bien pratique…

Parler d’emplois c’est parler d’unités, c’est une manière de sortir de la réalité humaine, de régler l’urgence, le problème humain du manque de travail avec des chiffres : il faut créer X emplois, nous avons un problème de création d’emplois, les entreprises devraient générer tant d’emplois avec le dernier pacte à la mords-moi-le-nœud savamment concocté dans les cabinets des crânes d’œuf de Bercy —ou du ministère du travail désormais aux abonnés absents, si ce n’est dans l’intitulé. Avec l’emploi, on ne parle pas de la réalité, on discute juste chiffres, courbes, tendances. C’est bien pratique. Ca évite de traiter du fond de l’affaire, de la merde dans laquelle sont les gens qui n’ont pas du tout de travail, pas assez de travail, ou un travail pas bien rémunéré.

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L’emploi est un outil statistique. Le travail est une expression de l’engagement dans la société, un rôle. Qui veut un emploi ? Les praticiens de la novlangue se sont-ils posés cette question ? Les gens ne veulent pas un « emploi », ils veulent un travail : une activité qui correspond à leurs compétences, leur talent, leur métier. Un musicien travaille son instrument, il ne s’emploie pas à en jouer. Musicien c’est un travail, pas un « emploi ». Parce que trouver un emploi à quelqu’un, en réalité, c’est simple : on balance la personne dans n’importe quoi de vaguement rémunéré, et c’est fait, elle a un emploi. On emploie des gens : on leur donne un salaire, et puis les vaches sont bien gardées. Très sincèrement, les entreprises ont besoin de gens de métier, de gens qui travaillent, donc de travailleurs. Pas de vulgaires employés. Mais c’est là que le bât blesse, et que la novlangue est importante : les travailleurs, ça coince en novlangue 2.0.1.4.

 Le travailleur, cette bestiole disparue

Oui, en 2014, on a des employés, et donc des emplois. Les travailleurs ? Disparus mon brave, y’en a plus. Casfaitpus. On a plus ça en boutique. Remarquez que « travailleurs » ça fait un peu peur, hein : on sent les communistes avec  la faucille entre les dents et le marteau planqué dans le dos. Si vous estimez qu’il faut créer du travail, permettre aux gens de travailler, vous arrivez vite aux travailleurs, et c’est ennuyeux dans la novlangue actuelle. Petit point spécial talonnettes : l’ancien président de la République française a beaucoup parlé de travail, avec un slogan incroyable « travailler plus pour gagner plus ». Mais toute sa rhétorique novlanguesque est resté bloquée là dessus, puisqu’il est très vite revenu sur l’emploi, ses création, ses chômeurs, son manque de flexibilité, etc, etc…Pas de travailleurs. Pourquoi ? Et bien voyez-vous, les travailleurs, ça se réunit, ça fait des grèves, ça revendique, c’est politique. Un employé ? Heu…un employé, c’est docile, ça a peur, ça craint pour son « emploi », un employé ça ferme surtout sa gueule. Oui, la différence entre emploi et travail existe. Elle est très importante. Et le problème français (comme d’autres pays industriels), c’est que le travail, en réalité, c’est terminé. Donc, parlons emplois, ça ne mange pas de pain.

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Le fond de l’affaire est donc là : il n’y a quasiment plus de travail. Juste des « emplois », dans les services surtout. Des trucs pas terribles, que n’importe qui peut faire, ou alors, à l’inverse, très qualifiés, mais en petit nombre. La désindustrialisation, ses travailleurs désintégrés, est passée par là. La compétition mondialisée repue de délocalisations aussi. Que fait-on quand il n’y a presque plus de travail ? On crée des emplois. Même bidons, plus ou moins fabriqués, aidés, n’importe quoi pourvu que ça cache ce phénomène terrifiant qu’est la disparition du travail. Employons mes braves, employons ! Et surtout n’oubliez pas de chercher un emploi, pas un travail : on ne sait jamais, vous pourriez avoir un certain pouvoir à termes. Le pouvoir qu’un travail procure : ne dit-on pas « travailler à » ? Parce que « s’employer à », vous avouerez qu’on est plus proche de la difficulté que de l’action positive. On sent les rames et les vents contraires dans l’expression « s’employer à », non ?

Tout va donc résider, dans les mois qui viennent, dans la capacité du nouveau Premier Sinistre à démontrer qu’il réussit à inverser la courbe du chômage (en dégageant un maximum d’indemnisés de Pôle-emploi (pas du Pôle-travail, ça n’existe pas, étrange, non ?), augmenter le pouvoir d’achat (rendre un tout petit moins pauvre une partie exsangue de la population) et créer de l’emploi (filer des ronds ou en prendre moins à des entreprises pour qu’elles créent des postes qu’elles auraient créés de toute manière).

Quant au travail et aux travailleurs, ils attendront. La question n’est pas la réalité, non. La question est ce que l’on arrive à faire croire aux masses. Le reste est sans intérêt. A bon entendeur…

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