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Sur #Thinkerview : Olivier #Iteanu parle de l’affaire #Bluetouff et de la #surveillance

jeudi 13 mars 2014 à 15:06

Le site (collectif de réflexion et chaîne youtube) Thinkerview vient d’interviewer Olivier Iteanu, avocat spécialisé dans les technologies de l’information et défenseur de Bluetouff. Retour sur l’affaire de l’ANSES, la cour d’appel, ses lojine, son Gogleu, ainsi que l’analyse d’Olivier Iteanu sur le « tsunami PRISM » et la société de surveillance dans laquelle nous sommes désormais plongés.

Olivier Iteanu : Depuis PRISM et Snowden, je me suis dit « rien ne va changer » 

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Le Front de Gauche défend le logiciel libre sponsorisé par Facebook

jeudi 13 mars 2014 à 10:36

C’est très chouette la vision gauchiste de l’informatique : on prend deux ou trois mots-clés, quelques évidences bien connues depuis longtemps, on en fait un slogan, on lance le filet et on essaye de prendre le poisson. Ca donne ça :

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Whoouuu : trop bien !

Et c’est quoi le pitch ? C’est ça :

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Donc, le logiciel libre est à la gauche de la gauche. Gnu/Linux, c’est politique ! Hum hum, bien, bien. Mais visiblement, être à la gauche de la gauche et défendre le logiciel libre n’implique pas forcément une bonne connaissance de l’ensemble de l’écosystème du libre :

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Caramba ! Encore raté !

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♫ Haribo c’est beau la vie, pour Guéant et Sarkozy ♪

mardi 11 mars 2014 à 21:33

keep-calm-and-eat-haribo-s-7Il y a maintenant trois ans, Reflets commençait à révéler ce qui allait devenir un feuilleton juridique à tiroirs, portant sur la vente d’armes électroniques à la Libye de Kadhafi. L’affaire était bien plus importante que ce que nous le pensions à l’époque et allait faire gicler du Flamby jusque sur les plafonds de l’Elysée. Mais devinez ce qu’on trouve entre deux morceaux de Flamby ?… des Haribo.

Nous allions découvrir grâce à Owni, Mediapart, le Wall Street Journal (…) une pelote nommée Homeland Security, du nom du contrat entre la France et la Libye visant des ventes d’armes, et pas qu’électroniques, que Jean Marc Manach a largement détaillé dans son ouvrage « Au Pays de Candy« .

Le casting est hétéroclite : Ziad Takieddine, un président, une poignée de ministres, des entreprises de pointe françaises, Eric Woerth, Mamie Zinzin, la Direction du Renseignement Militaire…. de quoi faire rougir Hollywood.

Homeland Security

Ce contrat ne s’est évidemment pas signé en un jour. Il a fallu préparer le terrain. Aux manettes, Ziad Takieddine (ZT) et Claude Guéant (CG) étaient aux avant-postes pour préparer le terrain à Nicolas Sarkozy (NS) et Brice Hortefeux (BH).

VISITE DE CG 22 09 05

Quelques rétro-commissions, quelques révolutions, un financement occulte présumé de campagne présidentielle, et une guerre en territoire libyen plus tard, c’est aujourd’hui l’épisode juridique de ce mauvais feuilleton qui occupe le gros de l’actualité, tout particulièrement le volet du financement de la campagne de 2007.

Si vous avez loupé des épisodes, il vous manque probablement quelques clés pour comprendre dans le détail les motivations des juges qui instruisent une partie du dossier, notamment les enquêtes visant Claude Guéant, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy, concernant le volet du financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Mais pas de panique, vous avez droit à un cours de rattrapage offert par Alcuinn (PDF)

C’est l’un des fils Kadhafi qui le premier lâche aux médias la petite bombe :

« Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale« 

L’accusation est grave, et elle est à mettre en parallèle avec d’autres sérieux avertissements.

Mauvaises fréquentations, grandes oreilles et pieds nicklés

La France n’a jamais frayé avec le clan Kadhafi … source :


C’est probablement notre mauvais esprit qui a conduit la rédaction de Reflets à truquer une vidéo d’un des fils Kadhafi venu faire ses courses chez Thalès et Panhard, et reçu en grandes pompes par Michèle Alliot-Marie .. ou pas

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Acharnement ?

Suite aux plaintes de la FIDH et de l’Association SHERPA visant Amesys pour complicité de tortures en Libye, la justice a dans un premier temps trainé des pieds, rejetant la plainte de l’Association SHERPA. Mais devant la foule de pièces produites par les médias, il devenait compliqué de ne pas donner le feu vert à une instruction. Et c’est bien de l’épisode libyen que la volée de bois vert pourrait s’abattre sur un système peu reluisant pour notre république irréprochable d’avant.


Mais ça… c’était avant…

« Nous sommes devant une affaire d’écoutes à grande échelle » déclarait aujourd’hui Christian Jacob qui ne doit pas se rendre compte du comique qu’il inspire à la rédaction de Reflets avec cette déclaration. Les écoutes à grande échelle, pour lui, c’est l’écoute d’une ligne camouflée de Nicolas Sarkozy, qui n’a pas grand chose de massif quand on la met en perspective des outils que la France à vendu à Kadhafi et qui aujourd’hui encore sont au centre de notre mauvais scénario.

Parlons d’écoutes massives

Les interceptions massives, mise sous surveillance de millions de libyen made in France, c’est un dossier que nous avons sur Reflets traité en long en large et en travers. Le nom du système, développé sur mesure par I2P (maintenant Amesys, filiale du groupe Bull) pour la Libye de Kadhafi, c’est Eagle, aujourd’hui rebaptisé Cerebro après la cession fantoche et consanguine des activités de surveillance de masse à Advanced Middle East Systems, from Dubai Billancourt.

Et maintenant, parlons confiserie

Quel rapport entre les enregistrements de Buisson et Haribo ? Dans le Canard Enchainé de demain, alors que toute la presse mainstream n’aura d’yeux que pour « Taubira savait, savait pas« , un violent éclat de rire a déjà foudroyé toute la rédaction de Reflets à la lecture de l’encadré, en bas à gauche de la page 3… Tout surpris, déçu et choqué qu’il est, Claude Guéant ne perd pas son sens de l’humour :

Le secret des “Carambar”

LE 26 février 2011, en début d’après-midi à l’Elysée, Nicolas Sarkozy doit accueillir trois otages libérés la veille des griffes d’ Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Quelques heures plus tôt, dans le grand salon de la Lanterne, Sarko a détaillé, durant de longues minutes, les conditions de leur libération devant six conseillers et familiers, dont certains ne sont pas habilités au secret-défense.
Claude Guéant fanfaronne et fait sourire son auditoire en narrant, à son tour, l’« opération » et ses « Carambar », « boules de gomme » ou « fraises Tagada », noms de code pour les contreparties proposées aux ravisseurs. Des secrets d’Etat livrés au Dictaphone de Buisson dont « Le Canard » ne dira mot. Plusieurs otages restent en effet détenus.
Au cours de cette conversation à la Lanterne surgit soudainement Carla Bruni. Il n’est plus alors question de bonbons. Elle est au régime ?

Non fidèle lecteur, ne te retiens pas, lâches toi, tu peux exploser de rire, toi qui te souvient des noms de code des programmes de ventes d’Eagle, l’outil de surveillance massive d’Amesys :

… et nous voici aujourd’hui confrontés à des « Carambars », des « boules de gomme » et des « fraises Tagada ».  Notre « république irréprochable® » serait-elle devenue diabétique ? Notre république irréprochable qui jamais ne transige avec des preneurs d’otages aurait offert des paquets de fraises Tagada à AQMI ?

Couper la tête du messager

La contre attaque de l’UMP, voyant se profiler les élections municipales, est assez symptomatique d’un parti vieillissant, empêtré dans une affaire qui ne sent vraiment pas bon. On utilise alors la technique bien connue de l’enfumage. Pour l’UMP, la presse est fautive, il faut faire un référé pour retirer d’Internet des enregistrements dont tout le monde a maintenant une copie… absurde. Pour l’UMP, Taubira savait… et alors ? Enfin une ministre qui suit ses dossiers ?

Les prochaines cibles seront naturellement les organes de presse qui ébruiteront le moindre mot des 280 heures d’enregistrement de Buisson, épaulés par certains avocats qui devraient plus passer de temps à mettre en place des protocoles de communication sécurisés avec leurs clients qu’à occuper le terrain médiatique pour défendre un droit illusoire face aux réalités techniques.

Chanter quand on a les deux pieds dedans… c’est très français.

chicken

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Secret des correspondances : pour les avocats non plus, ça ne tombe pas du ciel

lundi 10 mars 2014 à 17:21

CryptographyC’est la stupéfaction générale. Des avocats viennent de découvrir que la confidentialité toute particulière que revêtent leurs correspondances n’est qu’un principe de plus qui ne survit pas à la réalité technique d’une interception judiciaire. Merde… La Plateforme Nationale des Interceptions Judiciaires, cruelle ironie, création de Nicolas Sarkozy, n’est pas fichue de filtrer les communications de ce dernier avec son avocat ? C’est dingue ça non ?

On récapitule

Un avocat a pour client un justiciable qui se retrouve, pour les besoins d’une enquête judiciaire, placé sur écoute. Et là, on parle du téléphone, mais Maître Herzog serait sûrement ébahi de découvrir que c’est aussi l’ensemble de ses emails avec son client justiciable comme tout le monde, ancien président ou pas, qui ont été interceptés.

C’est le clash, le dur retour à la réalité, la réalité technique, constante, implacable, mathématique… celle qui s’oppose aux beaux principes énoncés en quelques lignes dans la constitution, et les milliers de lois qui posent autant de limites aux quelques illusions de libertés susmentionnées.

Oui… la liberté, c’est très soluble. On n’en a probablement pas mis assez dans la constitution pour ne pas la voir diluée dans une LOPPSI ou dans une LPM. Avec quoi avons nous bien pu diluer le sacro-saint secret des correspondances des avocats pour qu’il se retrouve aujourd’hui à ce point malmené ? L’explication n’est pas que juridique, elle est avant tout technique.

La communication

Quand une ligne est interceptée, ce sont tous les appels qui sont interceptés. Et que dire des correspondances électroniques ? Maître Herzog, comme l’immense majorité des avocats, ne doit jamais avoir entendu parler de PGP ou d’OpenVPN, communique sur des canaux non chiffrés, en clair. L’immense majorité des avocats, on doit bien parler d’un minimum de 95% d’entre eux, correspondent par email avec leurs clients… en clair, sans aucun chiffrement… sans aucune mesure technique pouvant apporter le minimum de confidentialité nécessaire quand ils communiquent. L’immense majorité des cabinets d’avocats fonctionne sous Windows, la majorité des avocats utilise un iPhone, ils stockent leurs SMS « confidentiels » dans un cloud pas souverain, pas chiffré, pas confidentiel du tout.

Avant 2004, la vie était belle, dés qu’un avocat intervenait dans une communication, cette dernière n’était pas enregistrée ou retranscrite…mais une loi est venue modifier cette pratique. La réalité technique des outils d’interceptions administratives, qu’ils soient français ou de puissances étrangères, n’ont eux pas attendu la loi, ils se foutent de la loi, ils font de la pêche au gros, du stockage, du traitement, de l’exploitation. La réalité technique des interceptions judiciaires et administratives, où l’humain est relégué au troisième plan, est bête et méchante : elle aspire tout, elle stocke tout, avocats ou pas.

La confidentialité ?

Parlons confidentialité, la vraie confidentialité, celle qui n’est pas écrite dans les textes de loi, la seule qui vaille. La confidentialité n’est pas un dû, elle ne tombe pas du ciel, la confidentialité ce n’est pas l’immaculée conception. La confidentialité, elle se mérite, elle nécessite une démarche, elle n’est pas qu’un droit, elle est une chaîne de confiance qui  doit être maîtrisée, la confidentialité n’est pas offerte en fac, avec un Dalloz et un code pénal. Les manifestations des pleureuses outragées, les beaux courriers tout aussi légitimes soient-ils à la Présidence, c’est bien mignon… mais nous sommes en 2014, avec une belle LPM toute neuve qui consacre de nouveaux outils juridiques… mais surtout techniques.

Faire valoir ses droits en s’évertuant à fermer les yeux sur la technique, faire confiance à son iPhone, son iCloud, le logiciel du cabinet sous Windows et autres choses du même acabit, c’est au mieux de l’angélisme, mais plus certainement une forme d’inconscience, un manque de professionnalisme.

Pourquoi chiffrer ?

Parce qu’il n’est nul texte de loi qui est applicable à « l’intelligence d’une machine ». Quand une ligne téléphonique ou Internet est placée sous interception, la machine ne s’embarrasse pas de demander à l’interlocuteur de l’intercepté sa carte professionnelle, qu’il soit avocat ou journaliste.

Beaucoup de journalistes, confrontés à la réalité du terrain commencent à utiliser des outils de chiffrement, de protection de la confidentialité des communications. Sauf que tout démontre que la « réalité » du terrain n’a aujourd’hui plus de frontière.

Que ce soit pour de bonnes raisons ou des raisons plus obscures, les interceptions ne sont pas que judiciaires et ciblées. Combien d’Edward Snowden ? Combien de Julian Assange ? Combien d’Amesys faudra t-il pour comprendre qu’il ne suffit pas d’une lettre du très respectable syndicat national de la magistrature à la Présidence ou de toute l’indignation du Bâtonnier de Paris, pour assurer la confidentialité des communications ?

Des données qui transitent en clair sur Internet sont des données forcément lues par des tiers. Aujourd’hui, tout porte à croire que plus de 90% des communications électroniques entre un justiciable et son avocat sont interceptées, une partie est stockée, une autre est, ou sera réutilisée.

Les avocats, comme les journalistes, comme tous les citoyens, ont à disposition des outils techniques de chiffrement et d’anonymisation. Seule l’utilisation de ces outils est garante de leur droit à la confidentialité. Si des conversations entre Nicolas Sarkozy et son avocat ont été interceptées par la justice (ainsi que par la NSA et le GCHQ très probablement), alors il est grand temps pour les avocats de revoir en profondeur leurs méthodes de travail. S’offusquer de ces interceptions est une chose, faire la démarche nécessaire pour que ceci ne se reproduise plus en est une autre.

Vous voulez exercer votre droit à la protection de vos communications avec vos clients ? Commencez par lire attentivement la loi de 2004 sur la Confiance dans l’Economie Numérique qui libéralise les outils de chiffrement.

Oui chers avocats, vous en avez le droit… et dans votre cas, ceci devrait même être une obligation morale vis à vis de vos clients… alors CHIFFREZ bordel !

Écoutons Benjamin Bayart parler de confidentialité (Merci à @Sibou56)

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Ukraine : à l’Ouest rien de nouveau

lundi 10 mars 2014 à 14:33

poutineonabear

L’Ukraine s’est révoltée contre son dirigeant fantoche aux ordres de Poutine. Le voilà parti. Mais le président russe ne l’entend pas de cette oreille et envahit, sans vraiment l’admettre, la Crimée, province de l’Ukraine. L’Ouest (comprenez l’Europe et les Etats-Unis) est très en colère. Le ballet diplomatique, les grandes déclarations outragées se multiplient. Pas question de laisser l’ogre russe manger le petit poussin ukrainien. Non. Pas question. Il en va des Droits de l’Homme, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la souveraineté nationale d’un pays indépendant, tout ça, tout ça. L’Ouest parviendra-t-il à faire plier Vladimir Poutine, son ego et sa testostérone ? Pas sûr.

On semble oublier un peu vite que Vladimir Norris Poutine est un pur produit du KGB. Ce n’est pas anodin. Formé, façonné par la guerre froide, il réagit comme le faisaient les dirigeants soviétiques de l’époque. Deux pas en avant, un pas en arrière, deux nouveaux pas en avant, un nouveau pas en arrière, etc. Vladimir Poutine a par exemple accepté « une mission d’enquête ainsi qu’un groupe de contact, éventuellement sous la direction de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe », comme le rappelle le Canard Enchaîné de cette semaine sous la plume de Claude Angeli.

En outre, Vladimir a tendance à ne pas s’embarrasser de concepts éculés comme le respect des Droits de l’Homme ou le droit international. Spécialité dans laquelle il n’est pas le seul à exceller.

Qui se souvient de la prise d’otage du théâtre de Moscou ? Cent vingt-neuf morts parmi les otages après usage d’un gaz un peu trop puissant. Oups, désolé, erreur de manipulation sans doute… Qui se souvient de la prise d’otages de Beslan ? Trois cent quarante quatre personnes tuées par les forces d’intervention russes, dont 186 enfants. Une paille. Sans doute un souci avec les crans de sûreté des armes. L’homme qui voulait « buter les terroristes jusque dans les chiottes » agit avec la même retenue vis-à-vis de la communauté internationale.

Cependant, il ne faudrait tout même pas imaginer qu’un ancien du KGB de la belle époque agisse sans réfléchir. Les Russes sont des joueurs d’échecs redoutables et leurs coups sont prévus bien en amont de ce que l’on croit voir se dessiner lentement sur l’échiquier.

Guerre froide, le retour ?

Les plus vieux d’entre-vous se souviennent probablement de cet affrontement étrange qui a présidé entre les Etats-Unis et l’URSS (L’Ouest et l’Est) entre 1947 à 1989. A base de propagande massive, de coups de Jarnac, de maskirovkas, de course aux armements, d’affrontements délocalisés, par pays interposés, les USA et l’URSS se tapaient cordialement dessus.

L’URSS tentant d’étendre à l’Europe et aux pays en développement leur vision du monde, tandis que les Etats-Unis essayaient de « contenir » cet expansionnisme en soutenant des dictatures d’extrême droite (souvent) et en inondant d’autres gouvernements de dollars.

Les plus vieux d’entre-vous se souviendront peut-être de l’entrée des chars russes à Budapest en 1956. Que fit la communauté internationale ? Elle protesta: c’est mal.

Que fit l’URSS ? Rien.

Un petit air de déjà-vu en Ukraine ?

ukraine-crimee

Assiste-t-on à un retour de de la guerre froide ? Pas sûr. La Russie n’est plus l’URSS. Son économie, par exemple, dépend bien plus fortement du reste du monde et elle ne peut se permettre un gel des échanges. Pour autant, si la bourse de Moscou s’est écroulée dans les premiers jours de tension internationale déclenchée par la crise ukrainienne, le cours du pétrole s’est envolé. On perd sur un terrain, on gagne sur l’autre…

La flotte de la Mer Noire est stationnée en Crimée. Vladimir Poutine ne peut ou ne veut pas perdre l’accès russe à cette mer. L’Ukraine est par ailleurs un point de passage important du gaz et du pétrole russe vers l’Europe de l’Ouest, son principal client, qui permet à Gazprom (pour ne citer que lui) de survivre. Toutes sortes de raisons qui poussent Vladimir Poutine à se montrer intransigeant.

Drôles de discours, encore et toujours…

Bien entendu, cette volonté ébranle notre conception des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, notre vision de la souveraineté d’un pays. Ceci dit, il est difficile de défendre ces conceptions avec des casseroles sonores accrochées à ses basques.

Les Etats-Unis qui ont fomenté depuis le début de la guerre froides des coups d’Etat un peu partout dans leur « arrière-cour » latino-américaine, sont mal placés pour condamner les actes de la Russie. Plus près de nous dans le temps, les deux guerres « préventives » en Afghanistan et en Irak, les tirs de missiles depuis des drones dont le nombre s’envole en flèche sous le règne d’Obama, sont également complexes à expliquer. Là encore le pétrole, l’influence, sont au coeur de ces guerres. Pour ce qui est de la défense des Droits de l’Homme, l’Ouest dans son ensemble peut difficilement avancer ses réussites récentes dans la légalisation de la torture, l’enfermement sans perspective de procès et sans inculpation, l’enlèvement et la déportation de « suspects » vers des pays qui les ont torturés, pour s’opposer à la vision dictatoriale de Vladimir Poutine sur ce sujet.

En France, l’action de Nicolas Sarkozy en Libye vient également contredire les discours outragés d’aujourd’hui.

Aucun de ces pays envahis n’avait demandé l’aide des Etats-Unis ou de la France.

En ce qui concerne les sanctions économiques, on trouve aussi une forme de duplicité qui laisse rêveur. Du jour au lendemain, les dirigeants occidentaux découvrent que certains dictateurs, avec la cohorte d’oligarques qui les maintient au pouvoir, sont des méchants à qui il faut confisquer leurs biens mal acquis. Ou les empêcher de voyager.

Mais ça, c’est très ponctuel et il faut qu’un certain nombre de conditions soient réunies. Et cela n’impose pas de s’occuper de tous les autres cas pourtant bien connus. Tant que les dictateurs et leurs oligarques sont gentils avec nous et avec nos entreprises, pas de problème. Et si en plus la population ne se soulève pas… Tout va bien.

On notera d’ailleurs que les contrats d’armement avec la Russie ne sont étrangement pas gelés en France. #IFPP (Il faut pas pousser).

Et puis, comme le dit dans son titre et son sous-titre Claude Angeli dans le Canard Enchaîné, « Personne n’a envie de mourir pour Kiev« . « Les médias commencent à l’avouer, tandis que politiques et diplomates n’osent pas le reconnaître. Poutine, lui, le sait depuis longtemps« .

Désespérant, non ?

Signe des temps, toutefois, cette fois la France n’a pas proposé à Poutine de lui envoyer ses forces anti-émeutes pour mater les émeutiers de la place Maïdan

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