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#Dieudonné : Note de service de la direction #OSEF de Reflets

mercredi 29 janvier 2014 à 17:29

Dieudonné OSEF

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Mes chers connards…

lundi 27 janvier 2014 à 14:40

karol-Pila

Mes chers connards qui en avez tant contre les Juifs ces jours-ci, moi qui ne le suis pas, je prends quelques instants pour vous donner à écouter.

Karol Pila a attendu d’avoir 80 ans pour parler. Jusqu’ici il s’y refusait. A part quelques mots ici ou là. J’avais eu le privilège de pouvoir le rencontrer et de lui poser une question. Il avait bien voulu y répondre. Cette fois, il parle longuement.

Vous imaginez que s’il avait voulu créer un mythe, comme le disent Faurisson, Soral ou Dieudonné, il l’aurait fait bien plus tôt.

Qui ne peut voir l’horreur et le crime contre l’Humanité toute entière s’exclue de l’Humanité.

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La marche du monde – 25/01/2014 – 1ère partie

(19:30)

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La marche du monde – 25/01/2014 – 2ème partie

(26:31)

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Economie globale : où en est-on ?

lundi 27 janvier 2014 à 12:00

Après 3 années de gouffre financier et bancaire, l’économie mondiale semble connaître une embellie depuis 2011-2012. Sauf en Europe, où le chômage ne baisse pas, la zone euro visiblement pénalisée par une croissance économique très faible. Nombreux sont ceux qui ont parié sur un écroulement général du système économique, avec comme premiers symptômes, la mort de l’euro ou la disparition du dollar comme monnaie de référence, et pourtant, tout semble fonctionner comme avant 2008. Mais que se passe-t-il réellement sur la planète capitaliste ?

dollar

Les banques géantes américaines se sont écroulées, la panique s’est installée : crise des liquidités, crise des dettes, crise économique, spéculation et panique mondiale sur les marchés… L’épisode débuté en 2008 est connu, et son coût abyssal. Des milliers de milliards de dollars et d’euros injectés dans le système bancaire mondial par les Etats pour éviter qu’il ne flanche. Des dettes publiques qui explosent, des déficits qui flambent, et puis…le retour aux vieilles pratiques, comme si rien ne s’était passé. La politique libérale de baisse des dépenses publiques, des charges des entreprises, renvoie la Grèce au XIX ème siècle, et partout ailleurs sur le vieux continent, cette austérité de l’économie orthodoxe écrase les populations sous une chape de moins disant-social. Tout ça pour voir les fameux marchés financiers responsables du « quasi écroulement » de 2008-2009, retrouver des couleurs, parader et venir de nouveau donner la leçon. L’indice boursier français, le CAC40, a progressé de 18% en 2013, pendant que le chômage ne cessait de croître. Les impôts, taxes sur les foyers les plus modestes pèsent de plus en plus lourd. Mais alors que les multinationales continuent d’optimiser leur fiscalité, ou fraudent allègrement, comme certains ministres socialistes, l’économie, de façon générale ne va pas « si mal » sur la planète. Et si la majorité des pays européens ne va pas par contre pas très bien, une tendance à la reprise économique semble pourtant en cours. Décryptage des grandes tendances macro-économiques.

USA : le moteur mondial arrose tout le monde

Aux Etats-Unis, la politique de nationalisations provisoires des grands groupes en difficulté a sauvé des emplois : assurances, automobile, l’Etat fédéral n’a pas lésiné pour empêcher la faillite de ses fleurons industriels. En parallèle, la politique de relance par la planche à billet, le quantitative easing, a maintenu un rythme du crédit de plus en plus intensif : injecter 85 milliards de dollars par mois pendant plusieurs années sur les marchés financiers n’est pas sans effet sur l’économie d’un pays, même lorsqu’il est le plus important au monde en terme de PIB. Au delà de l’économie américaine, ces rachats des bons du trésor par la FED ont aidé les fonds d’investissements et autres acteurs des marchés financiers à investir un peu partout, particulièrement dans les pays émergents. Avoir trop d’argent pose parfois des problèmes, il faut savoir quoi en faire. Il n’est donc pas surprenant de voir des investissements de plus en plus massifs dans ces pays, avec des reprises dans divers secteurs, des croissances boostées par l’arrivée des liquidités américaines.

US-FederalReserveBoard-Seal

Tout cet emballement a permis à quelques uns de s’enrichir pour à moindre frais, en jouant avec le cours des devises, et quand la FED a prévenu que la fin de la récréation n’allait pas tarder,  quelques problèmes de réinvestissements et retraits impromptus ont vu le jour, avec à  la clef, des chutes de performances de certains pays émergents, comme le Brésil. Le Casino continue exactement de la même manière qu’avant, avec la FED dans le rôle du croupier. Le Dow Jones a atteint un niveau historique, plus de 16 500 points en novembre, et de nombreux analystes s’inquiètent : quand on atteint de tels sommets, le risque de crack n’est généralement pas loin. A monter trop haut, on descend obligatoirement à un moment, et plus c’est haut, plus la chute est violente.

Pourtant, l’économie américaine va mieux, le chômage baisse, l’immobilier est reparti comme à la belle époque. En Chine, après des petits passages à vide (très relatifs), le business reprend lui aussi, même si des risques de bulles sont soulignés là-bas, comme un peu partout chez les « émergents ». En Inde par exemple. Mais la croissance économique mondiale est repartie. Même au Japon, grâce à une politique de relance par la planche à billet, là aussi. Pas assez d’inflation au pays du soleil levant, des risques de nouvelle période de déflation, mais dans l’ensemble, ça repart un peu. Tout ça pour ça ? Il n’y aurait rien eu de véritablement unique dans cette crise qui continue d’affecter encore sévèrement l’Europe, il suffirait de réamorcer la pompe à billets, et tout repartirait ? Voyons voir d’un peu plus près ce que peut être la suite des événements, sans parier sur l’avenir, mais en faisant des constats…nécessaires.

La France (et d’autres) va payer cher ses choix

La politique économique de réduction des déficits en pleine récession est une très mauvais idée. C’est pourtant celle qui a été retenue par les décideurs politiques socialistes aux manettes en France, comme dans tous les pays de la zone euro. Les effets sont connus : impossibilité de reprise conséquente de la croissance, fermeture d’entreprises, augmentation du chômage, paupérisation d’une part de plus en plus importante de la population. La dette ne baisse pas pour cause de manque de recettes : moins vous investissez, moins les entreprises ont de commandes, moins la dynamique générale économique est bonne, moins les entreprises payent d’impôts. Bref : un pays qui n’exporte que très peu, importe beaucoup, et dont l’Etat diminue son budget et ses dépenses, est un pays qui s’écroule. Surtout quand ce même pays a eu une politique de désindustrialisation massive durant les quinze dernières années. Les dernières prévisions des observatoires économiques ne sont pas très bonnes, et pour cause : rien n’a changé. La seule chose qui est en train de se passer est un transfert des économies des Français vers les caisses de Bercy pour satisfaire la Commission européenne. Bercy qui vient tout juste d’arriver à sortir de la liste noire des paradis fiscaux, en à peine 5 mois,  Jersey et les Bermudes…Il faut dire que les plus grandes banques française,BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole y sont très bien implantées. Ce serait dommage de les pénaliser, même si les paradis fiscaux en question n’ont absolument rien changé à leurs pratiques.

ACtifs-banques

Cette problématique bancaire inquiète les analystes, qui préviennent d’un risque encore très important dans la zone euro si le ménage n’est pas fait dans les institutions financières. Mais en Europe, on se moque de toutes ces remarques : l’important c’est de réduire la dette et les dépenses sociales, abaisser le coût du travail, pour concurrencer la planète entière. Pour la concurrence, c’est un vœu pieux plus proche du fantasme ou du blocage mental que d’une réalité possible à atteindre. Sauf que les penseurs de la chose économique ne proposent qu’une alternative, et celle-ci est donc faite d’un seul mot d’ordre : la politique de l’offre (forcée).

Le président français fait partie de ce club des penseurs de l’économie à sens unique et vient d’en démontrer la quintessence avec son « pacte de responsabilité » : l’allégement des cotisations pour les entreprises en échange d’embauches. Pour faire court, Hollande croit que ce qui coûte cher dans le prix d’un produit, c’est le salarié. Sauf que le coût salarial représente 20% en moyenne dans le prix de production. Avec ses réductions de charge, les entreprises vont gagner entre 2 et 3% de coût de production. Pour un produit à 10€, il ne coutera plus que 9,70 à produire. Décoiffant ! Avec un tel avantage financier, assez risible, Les entreprises vont faire une seule chose, comme à chaque fois, parce qu’elles ont réduit leurs marges, et qu’une entreprise, ça sert à faire de la marge : elles vont reconstruire leurs marges. Pour embaucher, il faudrait qu’il se passe autre chose : que les carnets de commande augmentent. Avec une croissance à 0,9% ou 1,2% selon les pronostics, elles ne pourront pas.

Europe, Asie, USA : le grand perdant est ?

La crise financière s’est résorbée provisoirement sous l’effet des tours de passe des banques centrales. La crise des dettes est en stand-by tant que les fonds spéculatifs ont décidé que ça les intéressait moins d’attaquer des pays plutôt que de récupérer de l’argent pas cher via les banques centrales. Au final, si rien n’est fini pour autant, l’Europe est partie pour une bonne décennie de marasme économique aux contours inquiétants. La compétition mondiale, si rien n’est fait d’un point de vue protectionniste, est perdue d’avance : les émergents, asiatiques en tête, sont en plein boom et ne s’embarrassent pas de lois protectrices, qu’elles soient sociales, environnementales ou politiques. Alors que peuvent bien faire les dirigeants européens dans leur infinie sagesse ? Pratiquer le protectionnisme pour sauver le peu qu’il reste à sauver et empêcher la compétition totalement déloyale qui s’exerce et va finir par tout ruiner ? Lancer des grands chantiers modernes autour des énergies renouvelables pour redonner de l’oxygène aux industries et aux services ? Forcer les banques à financer l’économie réelle et en finir avec l’évasion fiscale qui écroule les caisses des Etats ? Non. Rien de tout ça. Il semble que l’Europe va tenter d’ouvrir encore un peu plus les vannes de la compétition en participant à un grand espace libéral transatlantique sponsoriée par les Etats-Unis, qui bien que reporté à juin pour cause de grogne populaire, sera mis en avant pour « sauver l’Europe du déclin ».

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Les grandes entreprises mondialisées y trouveront leur compte. Les citoyens ? C’est nettement moins certain. L’euro est une monnaie étrange puisque unique et non pas commune, ce qui l’amène à être surévaluée et empêche toute dévaluation par des pays qui en auraient bien besoin. Comme la France, l’Italie, la Grèce, l’Espagne ou le Portugal. Tenir une compétition mondiale, contre des pays comme les dragons asiatiques est sans issue, perdu d’avance dans ces conditions, en termes de performance globale des pays. Il y aura donc ajustement sur les capacités de financements sociaux des Etats, et un écart déjà visible entre performance des géants de l’International et le reste : PME, artisans, salariés, etc…

Difficile de savoir comment va tourner l’économie européenne (et mondiale), mais une chose est certaine, dans tous les cas de figure, si rien n’est fait pour changer le cap du système économique, ses fondamentaux, les populations souffriront de plus en plus. Qui s’en préoccupe ? Pas les responsables politiques, visiblement. Puisqu’en réalité, cette économie n’est pas faite pour l’amélioration du bien commun, elle est une forme subtile d’achat de la planète par les plus puissants, au détriment de ceux qui en font pourtant la richesse : les peuples.

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Grand concours pour exclure du fichier ADN les militants les plus méritants

jeudi 23 janvier 2014 à 00:43

cracheziciLe refus de « prélèvement biologique » est né en 2003 dans la loi sur la sécurité intérieure. Il se matérialise aujourd’hui dans l’article 706-56 du Code de procédure pénale (CPP), qui encadre les conditions dans lesquelles un individu doit accepter — même en garde à vue en tant que simple prévenu, et donc présumé innocent — de se prêter à un prélèvement de salive, afin que son profil génétique rejoigne le fichier central conçu à cet effet (FNAEG).

Il est particulièrement ubuesque que la consigne donnée aux policiers est de rappeler au prévenu qu’il peut refuser ce prélèvement; pour aussitôt ajouter que ce refus est un délit (puni au moins de 1 an et de 15.000€). Dans un contexte de contestation sociale et politique, le prélèvement ADN est devenue une arme symbolique pour le pouvoir — soumettre le justiciable, après une simple interpellation, à une procédure humiliante et indélébile; du même coup, l’acte de refus de se prêter à ce petit jeu est également devenu une marque de résistance symbolique aux multiples outrages policiers.

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[Photos d'une manif contre le fichier ADN, Nantes, novembre 2013]

Les premiers « militants » à avoir usé de ce refus, et à l’avoir mis en avant dans leurs systèmes de défense, sont les « faucheurs volontaires » au début des années 2000. Le but n’était pas tant de détruire des plants d’OGM mais de le faire savoir; de la même manière, refuser le prélèvement de son ADN — sorte de viol institutionnel —, dans le cadre de la même procédure policière, se devait lui aussi d’être un acte revendiqué et médiatisé, afin d’assoir leur démarche de désobéissance civile — revendiquer l’illégalisme pour démontrer la monstruosité de la même loi.

Comme ça faisait un peu désordre, le législateur a changé la loi: la destruction de plants ne fait plus partie des délits pour lesquels un prélèvement d’ADN peut être réclamé.

En revanche, pour tout un tas de délits mineurs, rien n’a changé. La moindre violence présumée, ou le simple « outrage » envers un policier, conduit au même résultat. N’importe quelle personne arrêtée lors d’actions revendicatives y sera soumis. Il aura aussi tout intérêt à revendiquer son refus du fichier génétique dans sa ligne de défense. Surtout que parfois, la procédure est tellement inique qu’elle paraît injuste, et injustifiée: certains prévenus, pourtant relaxés pour les faits qui les ont amenés à être interpellés, sont toujours poursuivis pour refus ADN, et peuvent même être condamnées pour cela, indépendamment de l’affaire initiale. Effroyablement kafkaïen.

Mais progressivement, le débat autour du fichage policier prend des tournures inquiétantes. C’est à celui qui saura montrer qu’il a acquis une légitimité particulière à refuser le fichier, un peu comme dans la pub de L’Oréal, mais à l’envers: « because i’m not worth it » (désolé ça en jette plus en anglais).

Dernièrement, la section CGT du Rhône s’est illustré dans ce petit concours national. Dans l’affaire dite des « Cinq de Roanne » (ci-contre), des militants de la CGT étaient en procès suite à une manif en 2010 (pour de simples tags sur les murs d’une sous-préfecture…). Mais ce n’est pas à cette occasion qu’on leur a réclamé leur ADN. Selon le récit fidèle qu’en a fait l’Humanité, ils ont d’abord été condamné à 2000€ d’amende pour les tags, mais « dispensés de peine » en appel… Au final, ils sont donc reconnus coupables, et leur forfait inscrit au casier judiciaire. C’est à l’issue de cette condamnation — est non en tant que prévenu — que le parquet de Lyon a lancé des réquisitions pour obtenir leur ADN. Ils le refusent ensemble en avril 2013. Et deux d’entre-eux sont mis en garde à vue pour les enjoindre à cracher au bassinet. Refus réitéré… Et enfin, le parquet les poursuit pour ce seul motif. Le procès a eu lieu le 5 novembre; la décision est tombée le 17 décembre: relaxe. Après quelques jours d’hésitation, le parquet a fait appel, le 31 décembre.

Dans cette affaire, le plus pitoyable n’est pas la position de l’institution judiciaire. Qui ne fait que jouer son rôle. C’est plutôt la réaction de la CGT — et, du même coup, de l’Humanité et du Parti communiste. L’Huma en fait des caisses et parle d’«acharnement» ciblant les pauvres militants CGT. Le syndicat, après la relaxe, sortait les violons : « Ce n’est pas une simple relaxe qui vient d’être prononcée, c’est la condamnation sans appel de l’acharnement politique et judiciaire contre les militants CGT qui agissent dans le cadre de leur mandat syndical pour défendre l’intérêt général des salariés« . Mais quand le parquet fait appel, il ressort la faucille:

Cette vindicte est la suite logique de la volonté de l’actuel gouvernement de surseoir à tout examen du projet de loi d’amnistie des délits syndicaux depuis février 2013 ! Nous ne pouvons accepter cette situation de déni, ni l’expression de cet acharnement judiciaire à l’encontre de militants qui luttent pour leurs idées.

Le patron du PC,  Pierre Laurent, s’engouffre dans la brèche pour réclamer, accrochez-vous bien, « le vote d’une loi supprimant le fichage pour activités syndicales et amnistiant les syndicalistes déjà condamnés« .

Une loi spéciale pour supprimer le fichage systématique des syndicalistes?

Et pourquoi pas une loi spéciale pour exempter de fichiers les syndicalistes CGT?

adn-ouvrezlaboucheCette attitude ne relève pas seulement d’un corporatisme borné et stupide. Il crée des divisions au sein même de ceux qui devraient rester soudés.

Je pense en effet qu’il est difficile d’être contre le fichage « dans certains cas », pour « certaines personnes » et dans « certaines conditions ». Le FNAEG est régulièrement présenté comme un fichier dangereux parce qu’il a été détourné de son rôle d’origine, à savoir suivre à la trace les auteurs d’infractions sexuelles. On a oublié qu’il est aussi devenu, comme le STIC, un fichier de « suspects »: entre 60% et 75% des profils enregistrés ne concernent que des personnes en attente de jugement — et certains ne seront jamais jugés, mais resteront fichés pendant 25 ans.

adn-menottesMais allons plus loin: le principe du casier, le « sommier » disait-on dans le temps, est à lui seul une incongruité juridique; il doit être combattu en tant que tel, pour les délinquants sexuels comme pour les syndicalistes; pour les présumés innocents comme pour les condamnés (qui, eux, resteront dans le FNAEG pendant 40 ans). La sanction pénale ultime, la privation de liberté, est une punition déjà assez déstructurante — or elle devrait être « réparatrice ». Alors personne ne peut « mériter » d’être, en plus, soumis à une transparence obligatoire de sa vie. C’est l’outil asservissant, l’enclume panoptique qu’il faut dénoncer et détruire. Si l’on commence à trier les individus qui « méritent » d’y figurer ou pas, on fait le jeu du pouvoir, ce même pouvoir qui créera d’autres catégories de fichiers pour mieux cibler d’autres catégories de population.

Le fichier est une saloperie, pour tout le monde. Et chercher à en exempter certains et pas d’autres, sur la foi de comportement sociaux, de déterminismes soi-disant « légaux » — quand on voit comment est votée, ou abrogée, la loi — c’est aussi une saloperie.

Certaines images sont tirées de la brochure « Du sang, de la chique et du mollard ! Sur l’ADN ».

PS – J’ai réalisé il y a trois ans un travail de cartographie des principaux registres, casiers et répertoires informatisés français pour l’excellente revue Z (numéro 5, automne 2011) — cf La République des fiches, paru ici même. La voilà en petit format — attention, plein pot ça envahit l’écran:

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#FIC2014 : ces administrations françaises qui livrent ce que vous avez de plus intime à des tiers … #Google, #Xiti, …

mercredi 22 janvier 2014 à 14:21
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Alors… rien à cacher ?

La collecte de données statistiques est quelque chose d’important pour de nombreux sites web qui tirent un revenu direct de leur fréquentation, en vendant de l’espace pour de la publicité ou en monétisant les contenus. Obtenir des statistiques fines, en temps réel, sur un site à fort trafic, c’est couteux en terme de ressources. Aussi, nombreux sont les sites qui font confiance à un tiers qui traitera de manière externe ces statistiques au lieu de venir massacrer une pauvre base de données SQL en comptant chaque clic en temps réel.

Pourquoi des statistiques ?

Si sur un site de presse, la collecte de statistiques trouve des explications légitimes,  il existe des sites web sur lesquels cette collecte est difficilement justifiable : les administrations. Et cette collecte le devient encore moins quand elle a recours à un service comme Google Analytics qui traque les utilisateurs sur des millions de sites web. Des lecteurs (ou pas) de Reflets s’étaient d’ailleurs délectés de faire tourner le screenshot de la honte attestant que Reflets utilisait Google Analytics et des trackers de réseaux sociaux… d’ailleurs depuis Reflets n’a plus de stats, ni même de boutons de partage. C’est vrai… hurler qu’un site de presse utilise des trackers permettant de compter le nombre de tweets ou de visites, c’est très choquant. Dans quelques lignes, vous allez avoir une raison un peu plus sérieuse de vous indigner…

Google fournit aux webmasters une solution de statistiques très élaborée, dotée de nombreuses fonctionnalités. Son utilisation est gratuite et le traitement, gourmand en opérations et en ressources, est effectué non pas sur l’infrastructure de l’utilisateur, mais sur l’infrastructure de Google. C’est « tout bénef »… oui enfin presque, car si c’est gratuit pour l’utilisateur, la bonne, question, comme toujours, est de vous demander « combien ça coûte ce truc gratuit ?». La contrepartie, c’est que ces données de navigation de vos visiteurs sont livrées à Google, qui de son côté va utiliser ces mêmes données pour afficher des publicités contextuelles.

Cette sombre histoire de cookies indiscrets

Vous venez de visiter un site web de vente de billets d’avion, et voici que Google vous propose en affichage publicitaire dans ses résultats de recherches et même sur les sites que vous visitez utilisant Google Adsense® des publicités de voyagistes ou d’hôtels… exactement là où vous souhaitiez vous rendre. Evidemment, tout ceci ne doit rien à la magie des Internets ou au hasard, il s’agit en fait d’une technique : le tracking, qui lui permet de savoir ce que vous visitez pour mieux cibler ses publicités.

La pratique est connue, les internautes mangent des tracking cookies comme monsieur Jourdain fait de la prose… mais il y a quand même des situations dans lesquelles il serait bien que nos administrations réfléchissent à deux fois avant de livrer des données sensibles (et pas si anonymisées que ça) à des tiers, qu’ils soient américains ou français.

Total Annihilation Prevention Disclosure

Attention, avant d’aller plus loin, nous préciserons qu’aucun site web n’a été « piraté » et qu’aucune recherche visant à « tuer toute la planète » n’a été effectuée pour la rédaction de cet article. Le fait d’afficher le code source d’une page web est une fonctionnalité, non malicieuse, de n’importe quel navigateur web. Cette précision étant faite, passons aux choses qui fâchent.

Ton IVG avec Google

Parmi les sites web de l’administration qui offrent des informations sensibles, de l’ordre de l’intime, à des tiers, le site du ministère de la santé et particulièrement sa page sur l’IVG. Un exemple particulièrement dérangeant quand on connait les conditions auxquelles sont soumis les hébergeurs de données de santé… données on ne peut plus intimes.

ivg

On se doute bien que de nombreuses personnes, n’ayant pas trop envie de crier sur les toits qu’elles vivent un moment douloureux, n’ont pas non plus envie que ce qui constitue pour elles une démarche difficile, vienne alimenter des bases de données qui seront réutilisées pour afficher des publicités contextuelles sur les pages qu’elles visitent. Et bien cette page, particulièrement sensible, se voit affublée d’un tracker Google Analytics. De cette manière, si une personne connectée à son compte Google visite cette page, elle laisse entendre à Google de manière pas si anonyme que ça, qu’elle est en train d’envisager une interruption volontaire de grossesse. On imagine vite le cynisme des publicités contextuelles que « l’intelligence artificielle » devient alors susceptible de recracher dés lors que l’on visite cette page.

Toujours en rapport avec la problématique sensible de l’IVG, nous avons par exemple le site « IVG Les Adresses« , mis à disposition du public en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé Ile de France, promettant dans ses mentions légales qu’ « Aucune information personnelle n’est conservée, ni transmise. »

On se doute bien que comme ce site utilise Google Maps, cette affirmation n’est pas tout à fait exacte :

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Mais il y a mieux : comme le site est lui aussi affublé d’un script de tracking Google Analytics, Google peut traquer en temps réel le choix de votre centre d’accueil ou l’on pratique l’IVG, et pour peu que vous utilisiez le calcul de l’itinéraire, savoir quand vous y serez et comment vous allez vous y rendre.

ana

Ah et puisque nous y sommes :

majOn en est quand même à la version 3.8….

Il s’agit, au bas mot d’indélicatesses malencontreuses du ministère et des autorités régionales de Santé vous dites vous… certainement. Mais ce cas est loin d’être isolé.

Toujours au sujet de l’IVG, le site du Service Public partage de son côté ce genre d’informations avec Xiti

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Ta déclaration d’impôts avec Xiti

Bercy de son côté, livre à Xiti une mine d’informations sur chaque page consultée quand vous faite votre déclaration d’impôts en ligne. En quoi cette collecte statistique sur des pages relevant de votre rapport avec l’administration française peut intéresser une société tierce ?

impôts xiti

Et si on arrêtait de faire n’importe quoi, n’importe comment avec n’importe qui ?

Le Forum International de la Cybercriminalité (FIC 2014) qui se tient actuellement à Lille et marque cette année un tournant pour l’ANSSI qui voit ses prérogatives renforcées, pourrait être pour elle l’occasion de s’illustrer, en collaboration avec la CNIL, sur un guide des bonnes pratiques en matière d’externalisation de traitements de données, encore une fois pas si anonymisées qu’elles le prétendent, émanant des administrations françaises et relevant de l’intime. Les cas que nous venons d’évoquer, en pleine « gueule de bois Snowden », devraient lui donner matière à effectuer quelques vérifications et dicter quelques préconisations de fermetés pour éviter que les administrations et les agences de communication qui réalisent leurs sites web (cherchez l’erreur) arrêtent de faire n’importe quoi n’importe comment sans que personne ne se pose de questions sur l’impact de certains choix difficilement justifiables.

Edit : la CNIL a émis des recommandations sur l’usage d’outils de statistiques.

Merci à @Gawel_ ;)

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