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Le saviez-vous ? Le Bitcoin va disparaître…

mardi 10 décembre 2013 à 23:29

bitcoin

C’est toujours un peu triste d’annoncer la fin de quelque chose d’intéressant et d’utile. Mais le monde est ce qu’il est. En attendant que les citoyens décident de le changer, il restera ainsi. Le Bitcoin est une monnaie « virtuelle ». De l’argent liquide électronique pour être un peu plus précis. Qu’on le veuille ou non, il y là création de monnaie par d’autres que les banques centrales. Parmi les prérogatives desdites banques centrales, il y a la création de monnaie, bien entendu, mais aussi, le contrôle de la masse monétaire en circulation. Dans les deux cas, le Bitcoin est un grain de sable dans les rouages. Il est dès lors assez logique de déduire que lorsque les banques centrales siffleront la fin de la récré, le Bitcoin deviendra du jour au lendemain « inconvertible ». En d’autres termes, ceux qui en détiendront n’auront que leurs yeux pour pleurer. Au mieux, ils pourront continuer à jouer à la marchande entre eux en décidant que leur monnaie est valable pour leurs échanges. Mais elle sera inconvertible dans d’autres monnaies traditionnelles.

Les découvreurs permanents de nouveautés sur le Net, ils sont nombreux, pensent que le Bitcoin est une première.

Raté.

Pour ceux qui s’en souviennent, Digicash avait déjà reproduit le concept d’argent liquide sur le réseau. C’était une variante du Bitcoin. Les autorités ont dit stop très tôt. Digicash n’a pas décollé.

Un expert vient par ailleurs de montrer la puissance de son pouvoir de réflexion dans l’une de ces réunions où l’auto-congratulation prend le pas sur la pensée :

 

bitcoin-kawazaki

Goldman Sachs se contrefout du Bitcoin. Les banques centrales, moins.

Tentons de jouer au marabout qui lit l’avenir…

Dans un avenir plus ou moins proche, les banques centrales vont estimer que la masse monétaire représentée par le Bitcoin (aujourd’hui environ 8,5milliards d’euros) est trop importante et fausse leur mesure de la masse monétaire ou son contrôle. Elles décideront alors de manière concertée que le Bitcoin ne vaut plus rien. Et toutes les institutions financières seront contraintes de ne plus convertir cette devise.

Deux inconnues dans cette équation. La date et le volume (le montant) qui fera tiquer les banques centrales. En d’autres termes, plus le Bitcoin a une valeur élevée, plus le risque est grand qu’il ne vaille plus rien.

Notez également, c’est notre côté conspirationniste, que les banques ne tiquent que moyennement sur l’usage de l’argent « liquide » « réel », c’est à dire anonyme, en ce sens que si fraude, il y a,  elles se sucrent au passage. Avec le Bitcoin, moins. Et ça, les banques n’aiment pas trop. Encore un mauvais point pour la monnaie du Net.

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Quand Gattaz, président du Medef, craint de voir le chômage baisser…

mardi 10 décembre 2013 à 09:56

MàJ : [Billet humeur-humour #lulz -> attention, ceci est un billet court type news, brève, satirique, basé sur une erreur d'un interlocuteur pratiquant la langue de bois, un "puissant" qui commet à la radio une erreur de type "lapsus" (utiliser un mot pour un autre qui peut laisser penser que la pensée de son auteur est autre que ce qu'il énonce). Les ? indiquent aux lecteurs que ce n'est pas tranché, tout comme l'utilisation des conditionnels qui soulignent l'aspect de possibilité de la pensée de Gattaz.]

Comme il est amusant de surprendre un grand patron, qui plus est lorsqu’il est patron des patrons, livrer en direct le fond de sa pensée ! De voir aussi les journalistes autour de lui boire ses paroles au point de ne rien relever de ce que l’on pourrait appeler un superbe lapsus révélateur ? Il n’en reste pas moins que cette archive sonore issue du 7/9 de France Inter du 10 décembre 2013 méritera d’être repassée en boucle dans quelques années pour bien comprendre ce qu’il se passe en réalité aujourd’hui.

Gataz

Ce n’est peut être pas la « compétitivité » des entreprises qui nous enfonce dans une grande précarité sociale, mais plutôt des grands patrons qui craignent de voir le chômage baisser. Parce qu’avec un chômage très haut, on peut faire passer tous les moins disant sociaux de la terre. Et faire trimer des hordes de gens apeurés de ne plus avoir de job. Si le chômage baissait, ils seraient peut-être bien en position moins forte tous ces grands patrons qui manquent de compétitivité, non ?

 

On dit merci qui ?

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L’émission interactive de France Inter avec Pierre Gattaz dans son intégralité : http://www.franceinter.fr/emission-interactiv-avec-pierre-gattaz

 

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#MITM de #Google par l’ #ANSSI : la théorie du doigt qui pointait la Lune

lundi 9 décembre 2013 à 15:07

cat-packet-inspectorCe week-end, sur son blog dédié à la sécurité, Google a publié une note qui n’a pas manqué d’attirer l’attention de toute la communauté de la sécurité informatique hexagonale. Dans son billet, Google explique qu’un faux certificat x509 a été signé par l’administration française, dépendante de l’ANSSI (l’autorité de certification O=IGC/A). Le raccourcis a été vite fait par certains : « l‘ANSSI aurait lancé une attaque par MITM contre les services Google » (NDLR : dans le but d’intercepter des données…). Google affirme avoir découvert ce qu’il considère plus ou moins explicitement comme une attaque sur ses services et avoir bloqué ce certificat en le révoquant dans une mise à jour de son navigateur Chrome.

« This incident represents a serious breach and demonstrates why Certificate Transparency, which we developed in 2011 and have been advocating for since, is so critical. »

Alors on respire un grand coup…

Loin d’alimenter la polémique sur l’ANSSI, nous allons porter un autre regard, car l’examen des faits prouve qu’on est quand même assez loin d’Aurora. Le communiqué laconique de l’ANSSI n’a pas franchement suffit à calmer les esprits, les gens de l’ANSSI ne sont pas des personnes de discours, on ne les blâmera certainement pas pour ça. Mais avant de crier au loup, il faut commencer par s’interroger sur les prérogatives de l’ANSSI. L’ANSSI, c’est les « gentils », pas les barbouzes. L’agence a pour mission de préserver les intérêts français sur le terrain de la sécurité informatique. Si la Loi de Programmation Militaire 2013 prévoit une extension de ses pouvoirs, outre le fait que c’est un peu tôt pour qu’elle se mette à l’interception administrative de grande envergure, l’ANSSI reste aujourd’hui concentrée sur la défense des systèmes d’information : sécurisation des réseaux des administrations et des organismes d’importance vitale de la Nation (administrations ou sociétés privées)… et non sur l’interception massive des communications des citoyens français, ni même dans l’espionnage des sociétés américaines… ça c’est plutôt le genre de choses que ferait la DGSE si ceci était jugé nécessaire. L’ANSSI n’a, à notre connaissance, aucune prérogative liée à l’intelligence économique extérieure qui justifierait une attaque par Man In The Middle sur SSL/TLS explicitement dirigée contre Google ou toute autre société.

Le doigt que tout le monde regarde

Le certificat en question aurait, selon l’ANSSI, été généré pour inspecter le trafic, sur le réseau privé de la DG Trésor rattachée à Bercy, en toute connaissance des utilisateurs de ce réseau, peu de chances donc que Bercy n’ait pas été informé ou que le ministère ait laissé jouer la DG Trésor avec les certificats x509 du MINEFI toute seule. Toute déclaration contraire de Bercy serait assez surprenante.

Ce dispositif, déployé sur un réseau privé sensible, vise à prévenir des fuites d’informations, des fuites qui ont déjà eu lieu, par deux fois, ces 4 dernières années et dans des proportions jugées très inquiétantes.

Bercy utilise des appliances NetAsq (obligation légale, NetAsq étant une société française), et c’est probablement le matériel auquel l’ANSSI fait allusion quand elle déclare à Google

 « the intermediate CA certificate was used in a commercial device »

Ces appliances servent, entre autres, à sécuriser les communications entre Bercy et les différents services économiques à l’étranger qui lui sont rattachés.

La réalité est donc tout de suite moins fantasmagorique, peut-être un peu plus drôle aussi. Cette histoire sent à plein nez la boulette humaine qui révèle surtout quelque chose de très inquiétant de la part de notre big brother américain préféré… Google.

Les administrateurs de la DG Trésor (localisé à Bruxelles, dans les bureaux d’Ubifrance) voulaient faire du Man In The Middle sur ces boitiers NetAsq pour décoder les flux HTTPS et filtrer les sites indésirables tels que Gmail et d’autres car non contrôlés, parmi lesquels Yahoo ou encore Hotmail. Le but était fort probablement de bloquer les webmails pour éviter que des malwares infiltrent le réseau de Bercy comme cela a pu arriver plusieurs fois par le passé et également permettre à l’antivirus intégré du NetAsq de vérifier les flux autorisés. Ce dispositif trouve donc une légitimité et on croit volontiers l’ANSSI quand elle répond à Google que ceci n’a pas été fait dans le dos des utilisateurs de ce réseau privé.

En pleine loi de programmation militaire qui vient réformer les interceptions administratives, l’affaire a naturellement fait couler pas mal de pixels. Evidemment, comme c’est souvent le cas, on a tout de suite tendance à regarder le doigt qui pointe la lune. Et la lune, sur ce coup, ce n’est pas l’ANSSI, ce n’est pas la DG Trésor ou Bercy, mais bien Google.

On peut tout à fait légitimement se poser des questions sur l’influence croissante de  l’ANSSI sur les ministères : question à double tranchant car il est indéniable que l’ANSSI apporte beaucoup en matière de sécurité, un rôle qui lui sied parfaitement si toutefois elle s’y cantonne… L’insistance de l’ANSSI à pousser l’article 13 de la Loi de Programmation Militaire est lui plus inquiétant, on peut redouter des dérapages. Mais sur cette affaire, il n’y a pas de dérapage à proprement parler, juste une « boulette » bien humaine, et elle n’émane pas de l’ANSSI, mais de la DG Trésor et de Bercy qui était parfaitement au courant.

Mais comme nous vous l’expliquions, cette « boulette » a le mérite de mettre en lumière quelque chose de beaucoup… beaucoup plus inquiétant.

La Lune… que personne ne regarde

La véritable question à se poser, c’est bien comment Google a t-il pu se rendre compte de cet incident. Le navigateur des utilisateurs remonte t-il des informations sur les certificats qu’il rencontre à Google sans que ces derniers n’en sachent rien ? La question mérite d’être posée car ce n’est certainement pas avec les explications du billet de Google que l’on peut avoir un début de réponse sur la question.

Mais il y a encore bien plus préoccupant : comme nous l’expliquions plus haut, le réseau de la DG Tresor est sous haute surveillance. En aucun cas, Chrome, le navigateur de Google n’y est utilisé… en AUCUN CAS. Il n’y a pas de possibilité de l’utiliser, un dispositif y veille. Ce seul élément devrait éveiller l’attention de l’ANSSI et n’aura probablement pas manqué de le faire. Impossible donc pour Google d’arguer que cette détection a été rendue possible par son implémentation du Public Key Pinning dans Chrome (à partir de la version 13). La réponse est donc fort probablement ailleurs.

Toujours est-il que nous n’en saurons surement pas beaucoup plus. L’ANSSI dit plancher sur de nouvelles procédures pour que l’incident ne se reproduise pas. Elle ira probablement tirer quelques oreilles à Bercy aka « onsavépa », et surtout à la DG Trésor où on a visiblement pris quelques libertés avec les procédures.

Une autre partie de ses investigations devraient se porter sur Google, qui en sait décidément un peu trop sur les dessous de la princesse.

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Restez assis, le lobby des Big Data s’occupe de vous

vendredi 6 décembre 2013 à 01:24

assises2 Quelqu’un a croisé quelqu’un qui a eu le courage de poser ses fesses sur les sièges du Théâtre des Variétés, le mardi 3 décembre? Désolé, moi j’avais piscine. Ce jour-là, pourtant, il y avait du beau monde pour un programme alléchant: les 6èmes « Assises du Numérique », organisé par le CNN, le Conseil national machinchose créé par l’ancien président pour amuser la galerie. J’ai vainement essayé de trouver des dépêches, des papiers ou des billets sur ce truc. Même Zdnet, « partenaire de l’évènement », a publié une bafouille la veille, mais rien de concret depuis. Excusez-les, ils doivent encore être en train de lustrer les rotatives. Faut être patient.

Pourtant, elles étaient placées sous de bonnes étoiles, ces Assises. Ou alors faudrait-il dire Grande messe, car le tout était « sous le haut patronage » de plein de monde vachement important… Le Président Hollande himself, Neelie Kroes, Archevêque européenne à la « Stratégie Digitale », Fioraso, archiprêtre du centre Minatec de Grenoble et accessoirement sous-ministre à la Recherche, mais aussi Montebourg, pasteur en chef du Made in France et d’autres ecclésiastiques bien en cour. Ne manquait que Fleur Pellerin, la sacristin chargée de l’économie numérique, qui devait être prise à faire ses ablutions.

assises1Sans avoir assisté aux ébats, quelques tables rondes méritaient le détour. Par exemple, celle titrée «Fiscalité Numérique, comment favoriser l’innovation ?»

Le 30 octobre, le Canard Enchaîné nous apprenait que de vaillants députés tentaient de faire sauter quelques verrous sur l’optimisation fiscale, qui permet à de grands groupes d’échapper à une grande part de l’impôt qu’ils devraient payer grâce à de savants montages au sein même de l’Union européenne. Le quotidien Les Échos, un peu plus tard à la mi-novembre, confirmait que la prochaine loi de finances serait intraitable avec ces margoulins. Selon la mission d’information sur l’optimisation fiscale des entreprises, publié en juillet par le député PS Pierre-Alain Muet, « les cinq grandes entreprises mondiales du numérique (Google, Amazon, Facebook, Microsoft et Apple), qui feraient au total 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, y payent 37 millions d’euros d’impôt sur les sociétés au lieu de 800 millions ».

C’est bien beau, mais les lobbys restent tapis dans l’ombre. Le débat sur la fiscalité aux Assises annonçait la couleur:

Le numérique français ne se développe pas à la vitesse de celui de ses concurrents européens et mondiaux. Selon certaines analyses, la fiscalité actuelle en est partiellement responsable ! [sic] Sur un marché par nature mondialisé où la concurrence fiscale régie le bas de bilan de nos entreprises, quelles sont les propositions qui permettraient de remédier à la situation de relative faiblesse concurrentielle de la France dont certains s’évertuent à le crier à tort ou à raison ?

La personne qui animait ce débat, c’est un certain Guillaume Buffet. Un « net-entrepreneur » qui préside « Renaissance numérique ». Ce machin se présente comme « think tank » pour la galerie, mais c’est un vulgaire groupe de pression à l’ancienne. Lobby qui compte Google, Yahoo, Microsoft ou Viadeo (un des concurrents français du géant Facebook) dans son club des fans. Bref, la loi de finances 2014 n’est pas encore prête à faire vaciller les géants du Net dans leurs petites acrobaties fiscales.

assises3

Ce même symposium, pourtant préparé en pleine affaire Snowden, prévoyait aussi de réhabiliter les « Big Data », surnom donnée aux métadonnées collectées à tout-va par les charognards de la vie privée pour fourguer aux internautes des pubs chirurgicales — et pour servir d’os à ronger aux services répressifs comme on l’apprend tous les jours. L’atelier est intitulé, sans rire, « Big Data is Beautiful ! » Le tout orchestré par Medhi Benchoufi, présenté comme un mathématicien et co-fondateur d’un autre think-tank converti à la même religion en « ique », le Club Jade. La chose est ainsi présentée:

Les quantités de données générées chaque jour sont colossales. Dépassent parfois notre propre imaginaire. Des quantités qui constituent un trésor pour l’analyse de phénomènes complexes, l’opinion, le marketing, le life science, le croisement de calculs scientifiques… (…) Big Data où comment retirer « l’essence » du monde de données qui nous entourent : deviendra t’il le nouveau carburant de l’industrie du 21ème siècle ! »

Aucune allusion aux effets collatéraux de ce big marché — l’espionnage à grande échelle de ces même « grosses données » par les services de renseignement. Pourtant, comme intervenants à cette table ronde, il y avait du lourd:

  • Un grand cabinet d’avocats — non, pas des avocats spécialisés en droit public ou constitutionnel, mais des avocats d’affaires, dont une belle brochette spécialisés à défendre les petites et grosses boites du secteur;
  • Marielle GalloMarielle Gallo, députée européenne [ci-contre], taxée de « Spécialiste du Numérique » dans le programme, mais plutôt connue pour prêter le flanc au même lobby des Big Data, notamment lors des débats autour du nouveau règlement sur la protection des données; salué en ce sens par la Quadrature du Net, et auréolé d’un magnifique Prix Orwell en juin dernier;
  • Et enfin, dans le rôle de l’alibi « citoyen », le lubrificateur en chef de cette foire aux données intimes sacrifiées sur l’autel du big business, un représentant de la CNIL, rebaptisée Commission de notification des irrégularités liberticides, qui s’est dotée en 2011 d’un truc genre « think tank » dédié à la Prospective et à l’innovation pour mieux nous faire avaler la pilule (cf le chapitre 9 du bouquin « Attentifs ensemble » paru à La Découverte).

Au passage, rappelons que le laboratoire à idées cité plus haut, Renaissance numérique, milite — pardon, « s’interroge » — contre le « droit à l’oubli », qui obligerait les marchands d’identités à effacer toute trace d’une personne qui en ferait la demande.

Et, dernière pantalonnade, Renaissance numérique, tout comme le vaisseau amiral de la confrérie, l’ASIC (Association des services internet communautaires — c’est à dire Google, Facebook, Microsoft, Ebay, Dailymotion/Orange…), se répand en communiqués rageurs pour critiquer la prochaine loi de programmation militaire, qui prévoit de légaliser le chapardage systématique des métadonnées. (Ici la fausse pudeur de RN, et là la bafouille démago de l’ASIC). J’attends avec impatience les comptes-rendus détaillés de ces « Assises » pour apaiser mes craintes.

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Précision : Reflets ne relaye aucune idée véhiculée par Alain Soral ou Fdesouche

jeudi 5 décembre 2013 à 19:01

berurier_noir_porcherie
En voilà un exercice difficile… Reflets aime Arrêt sur Images. Nous relayons souvent leurs articles. Nous pensons qu’ils font un travail salutaire de critique du secteur de la presse. Un exercice auquel nous nous livrons également de temps en temps. Alors, dire que Arrêt sur Images a fait un truc pas très sympa, c’est compliqué.

Mais nécessaire. Pourquoi ? Parce que relier de près ou de loin Reflets ou l’un de ses contributeurs  à Alain Soral ou Fdesouche, c’est à peu près le pire qui puisse nous arriver.

Les idées d’Alain Soral et de Fdesouche sont à plusieurs milliards d’années lumières de celles de l’équipe de Reflets.

Fabrice Epelboin a participé à l’émission 14:42 d’@si, PCInpact et Jean-Marc Manach. Tous des amis de Reflets

Dans cette émission, Jean-Marc pose une question à Fabrice Epelboin sur un « appel d’offres » de l’Union Européenne pour la mise en place d’une « troll patrol » visant à contrecarrer les eurosceptiques sur le Net. Fabrice, comme toute personne interrogée dans une émission ou un reportage de télévision a dû résumer en quelques minutes un sujet qui mérite des heures d’explications. Il y a donc dans la question de Jean-Marc et dans la réponse de Fabrice une approximation. Il n’y a pas d’appel d’offres de l’Union Européenne. Mais des dépenses pour contrecarrer les eurosceptiques. Cette approximation a chagriné @si et Reflets s’en est expliqué ce matin avec Daniel Schneidermann au téléphone.

Les explications de Daniel Schneidermann sont légitimes. Notre amertume à être assimilés (dans la première version de l’article au moins) aux fascistes, l’est aussi.

On peut comprendre qu’@si qui critique parfois l’approximation de la presse veuille faire son auto-critique si cela est nécessaire. En revanche, que la critique ne porte que sur Fabrice, avec un article relativement long qui lui est dédié, c’est peut-être un peu trop. Ce qui fait mal, c’est l’amalgame que le lecteur de l’article initial (il a été modifié depuis) ne manque pas de faire entre complotistes, eurosceptiques, extrême droite (Alain Soral  et Fdesouche), Fabrice Epelboin et Reflets.

Pour être précis, citons quelques passages de l’article d’@si :

On a cherché à en savoir plus. Epelboin s’appuie notamment sur un article du Telegraph de février 2013. Problème : en lisant l’article, il n’est pas question d’un appel d’offres mais de documents confidentiels qui indiqueraient qu’une partie du budget de communication du parlement européen pourrait être consacrée à des « outils de suivi de l’opinion publique ». En clair, de la simple veille sur les réseaux sociaux pour repérer les sujets qui montent et ensuite orienter la communication du parlement européen. Une communication officielle qui passe notamment sur les réseaux sociaux. Mais de quelle manière ? Tout est une question de sémantique. Dans l’article du Telegraph, l’eurosceptique Paul Nuttall, leader d’un parti pour un Royaume Uni libre et indépendant, assure que des fonctionnaires de l’UE pourraient être incités, voire payés, pour répliquer aux eurosceptiques sur les réseaux sociaux. De manière cachée ? Avec de faux comptes twitter ? Ce n’est pas précisé.

Bien que reposant sur des documents confidentiels et les accusations, non vérifiées, d’un eurosceptique britannique, l’article du Telegraph …

L’article du Telegraph, journal qu’@si relaye très souvent sous la plume de Gilles Klein, précise en introduction : « The Daily Telegraph has seen confidential spending proposals and internal documents planning an unprecedented propaganda blitz ahead of and during European elections in June 2014. » Un journal qui a pignon sur rue outre-Manche indique qu’il a vu des documents (ils existent donc, sauf à croire que le journaliste ment) qui prévoient des dépenses pour une campagne agressive d’ici les élections de juin 2014. La majeure partie de l’article porte sur ce qui est décrit dans ces documents et une petite partie de l’article porte sur l’avis d’un eurosceptique sur les mêmes documents. La tournure de phrase de Sébastien Rochat (qui a visiblement écrit l’article d’@si) est pernicieuse. Elle laisse entendre que tout cela pourrait n’être qu’élucubrations. Les documents seraient « confidentiels » et donc on n’aurait aucune preuve de leur existence. Par ailleurs, les accusations d’un eurosceptique non vérifiées risquent bien d’être fausses.

… a franchi la Manche et a notamment été repris par le site d’extrême-droite Fdesouche.com, par Egalité et réconciliation d’Alain Soral, 

Et par qui est repris cet article douteux du Telegraph ? Par l’extrême droite. L’une des pires que l’on puisse trouver sur le Net. Ce n’est pas glorieux. Belle source, monsieur Epelboin… Bravo! (c’est tout du moins ce que le lecteur non curieux pensera).

Une source britannique, rappelons-le,  qu’@si cite souvent.

ou encore par 20Minutes, l’Express(.be) ou enfin Russia Today. Une interview vidéo de Paul Nutall circule également sur le web.

Ces sources ont été ajoutées par la suite, le premier jet de l’article faisant même quelques allusions à du complotisme.

« C’est de la communication sur les réseaux sociaux », finit par reconnaître Epelboin, tout en se déclarant gêné qu’une « telle communication vienne influencer des électeurs ». Encore faut-il le prouver.

La dernière phrase de la chute est également intéressante en ce sens qu’elle sous-entend -par extension- l’idée que tout ce qu’à raconté Fabrice « reste à prouver ». Ce sont les téléspectateurs / lecteurs d’@si qui le « prouvent » le mieux dans le forum lié à cette émission. Il est étrange de voir l’argent des contribuables dépensés à faire la chasse aux trolls ou aux euro-sceptiques. Si une telle équipe est envisagée par l’UE c’est probablement plus pour « influencer » les électeurs (« planning an unprecedented propaganda blitz ahead of and during European elections in June 2014.« ), que pour réfléchir aux textes les plus pertinents pour améliorer le quotidien des Grecs, des Portugais, des Espagnols, des Chypriotes, etc.

Cet article, qui ressort comme une petite pique à l’encontre de Fabrice Epelboin de la part de Sébastien Rochat alors qu’il devait être un rectificatif d’une approximation de Jean-Marc Manach et de Fabrice, semble qui plus est, se révéler être un « pure fail » comme on dit par chez nous. Piqué au vif, Fabrice a retrouvé la trace d’un marché pour un logiciel de veille de l’opinion sur le continent EU.

Voici la description de l’usage qu’en ferait l’UE :

- diffuser des messages-clé et en mesurer la dispersion,
- identifier les influenceurs,
- comprendre les préoccupation des citoyens en analysant les conversations portant sur l’UE,
- améliorer la communication en prenant relais sur les influenceurs,
- évaluer le « sentiment » des conversations portant sur l’UE,
- rester en alerte sur les communication des influenceur importants et stratégiques,
- identifier ce qui a trait à l’agenda de l’UE,
- focuser sur les messages important, mesurer le succès de leur diffusion ou les raison de leur échec,
- détecter les phénomène viraux liés aux sujets relatifs à la CE.
La « promesse produit » est assez lolesque :
- Don’t focus just on technology but on how results will lead to concrete actions.
- Find the way to combine all types of media that may impact or reflect the opinions of your target audience.
C’est très aspirationnel, comme on dit dans la com

 

[En] European Com Summit 2012 Conference from Spotter

Pour l’écriture de ce papier, j’ai choisi d’être accompagné par deux types de musique. Fairouz pour la douceur de sa voix (ne pas s’emporter en rédigeant) … (lire la suite plus bas) …


… et les Bérus parce que tout de même, ce sont ceux qui parlent le mieux des fachos auxquels nous avons été -par mégarde et/ou par procédé trollesque bien éprouvé- assimilés par Sébastien Rochat. Je voudrais citer un petit bout de la chanson Porcherie remaniée à l’occasion du concert d’adieu de Bérurier Noir à l’Olympia en 1989 (à partir de 3:33). C’est notre petit salut à toi à l’adresse d’Alain Soral et de Fdesouche…

 

 

Allez, levez les doigts, levez les doigts, tous les doigts.

Alors on vous fait confiance.

Plus jamais de 20%, plus jamais, nous serons toujours contre.

C’est ça le mouvement de la jeunesse, le mouvement de la jeunesse.

Alors à toutes les manifestation nazies, soyez là, soyez présents et empêchez-les.

Car nous sommes noirs, nous sommes blancs, nous sommes jaunes.

Et ensemble nous sommes de la DY-NA-MYTE.

La jeunesse emmerde le Front National

 

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