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#NSA, #Snowden #Lustre : la séquence « tontons fingueurs »

mercredi 30 octobre 2013 à 17:27

1984-Hollande

C’est pas moi, c’est lui… La séquence tontons flingueurs est semble-t-il enclenchée. Le patron de la NSA, Keith Alexander, sous serment devant le Congrès américain, a expliqué que les centaines de millions de communications privées écoutées en Europe avaient été transmises à son agence par… ses alliés de l’OTAN. En clair : les européens ont mis sous écoute leurs populations (mais pas que) et ont transmis celles-ci aux USA. #Spanous®, donc…

Dans le même temps, le Parlement européen a publié un rapport explosif qui remet sérieusement en question la réalité de la nature démocratique de certains pays Européens, notamment la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Suède et – dans une moindre mesure – les Pays-Bas. Le Parlement, en se basant sur des sources ouvertes, notamment des articles de presse, relève que ces cinq pays se sont livrés à des écoutes massives à l’encontre de leurs propres populations.

Le rapport ne s’embarasse pas de précautions diplomatiques : « Les objectifs et l’ampleur de la surveillance [mise en place] sont précisément au coeur de ce qui différencie les régimes démocratiques des Etats policiers« .

« incompatible avec les règles de base de la démocratie »

Pour les rédacteurs, l’atteinte portée aux principes de base de la démocratie par les programmes de surveillance mis en place par des Etats membre de l’Union Européenne ne fait aucun doute : « d’un point de vue légal, les programmes de surveillance des populations Européennes sont incompatibles avec les règles démocratiques de base, et compromettent la préservation des Droits de l’Homme pour les citoyens Européens et ceux qui résident sur le continent« . Plus loin, le rapport enfonce le clou et affirme que « les programmes de surveillance au sein de l’Europe sont incompatibles avec les règles de base de la démocratie et du droit, qui sont le fondement de la charte des Droits Fondamentaux Européens et de la Convention Européenne des Droits de l’Homme »

Ce rapport dénonce par ailleurs les stratégies mises en place par les différents services de renseignement et destinées à contrer toute critique. Il dénonce le fait qu’il « n’existe aucune raison de croire que la surveillance mise en place [...] n’est destinée qu’à lutter contre le terrorisme ou à contrer des menaces extérieures. Bien au contraire, il apparait au regard des informations à notre disposition que les données collectées par ces programmes sont utilisée à des fins bien plus variées« . Plus loin, le rapport explique que « la distinction entre des écoutes ciblées à des fin d’investigations criminelles, qui peuvent être légitimes si elles sont encadrées par la loi, et une surveillance de masse dont l’objectif reste incertain est de plus en plus flou. C’est l’objectif et l’aspect massif de cette surveillance qui est précisément au cœur de ce qui distingue un régime démocratique d’un Etat policier »

the distinction between targeted surveillance for criminal investigations purposes, which can be legitimate if framed according to the rule of law, and large-scale surveillance with unclear objectives is increasingly blurred. It is the purpose and the scale of surveillance that are precisely at the core of what differentiates democratic regimes and police states. 

L’Europe en danger

Ce  même rapport pointe par ailleurs l’aspect mortifère pour l’institution Européenne, de  la surveillance de masse, soulignant que : « Ces multiples révélations affectent directement les citoyens et les institutions Européennes, remettant en question leurs capacités à défendre les droits de ses ressortissants« , il note également que « l’absence de réponse du parlement Européen porterait un coup sévère à la confiance portée aux institutions Européennes par les citoyens des pays membres« .

Mais au delà du constat d’impuissance que les citoyens Européen pourraient faire vis à vis des institutions Européenne, le rapport parlementaire souligne ce qu’il n’hésite pas à qualifier de trahison de la part de certains Etats Membres : « les acteurs de la société civile, les journalistes des plus prestigieux média européens, ainsi que des ONG défendant les Droits de l’Homme considèrent que l’attitude de la NSA [et de certains services de renseignement Européens] ne sont pas acceptables. [...] En Angleterre, la société civile considère des actions comme pouvant être qualifiées comme des actes de guerre électronique, et comme une forme de trahison vis à vis des autres Etats membres« .

Actors of civil societies, especially journalists of the most well respected newpapers in the world, and human right NGOs consider that the attitude of the NSA and GCHQ, but also other secret services in Europe, are not any more acceptable. In the case of the GCHQ in the UK, civil society actors consider that their actions could be labelled as acts of  cyber warfare agression, as form of treason of European member states’ services spying on other EU citizens on the behalf of their US counterparts, and that if it is not a treason per se, it is a breach of trust and confidence in terms of solidarity with the EU, by placing other alliegeances with third parties against the EU ones. 

Les USA recadrent le scandale Snowden

 

Mardi 29 octobre, le Wall Street Journal écrivait que les millions de communications récoltées en France, en Espagne ou en Italie l’avaient été par les services de renseignement de ces pays. Pour le général Keith Alexander, les média Européens « n’ont rien compris » aux documents sur lesquels ils s’appuient pour faire leurs articles, ce qui n’est guère surprenant tant la dimension technique est omniprésente – incompréhensible pour la plupart des journalistes, qui s’imaginaient encore menacés dans leur travail par de simples fadettes il y a encore un an.

 » Ces millions de communications interceptées ont été récoltées par les services de pays alliés des USA et en dehors de leurs frontières. Il s’agirait de communications récoltées sur des zones de guerre. « , explique Keith Alexander.

Si les USA ne nient pas la véracité des documents diffusés par Edward Snowden à la presse, ils s’agacent de l’incapacité des médias Européens à les interpréter. Surprise (ou pas) : le recadrage effectué par le général Alexander à travers un témoignage sous serment devant une commission d’investigation du Sénat va dans le sens des analyses faites par Reflets ces dernières années.

Est-ce dû au fait que les journalistes de Reflets sont aussi (et avant tout ?) des experts en matière de technologies, ou plus simplement que Reflets est à la solde des illuminati et de la CIA, il appartient aux lecteurs d’en juger.

La France, Big Brother de l’Afrique ?

Le témoignage du patron de la NSA vient confirmer l’une des hypothèses défendue par Reflets depuis un certain temps : une collaboration étroite entre la France et les Etats-Unis, basée sur la position stratégique de la France dans l’architecture globale des réseaux connectant le continent Africain au reste du monde, et dont une bonne partie aboutissent (et sont écoutés) en France.

France Telecom ACE Karte PNG

C’est sous le doux nom de « Lustre » qu’un tel accord aurait été signé « il y a quelques années » – fin 2011 à priori -, comme le révèlent les derniers documents de Snowden apparus ce week-end dans la presse Allemande . Etrangement, aucun journal français ne semble trouver utile l’idée de se pencher sur cet accord « Lustre », seuls France Culture  et RFI ont fait echo à l’article publié lundi par Reflets.

Il reste à voir comment les populations d’Afrique et du Moyen Orient réagiront à la découverte que la France est pour eux ce que la NSA est au reste du monde. Indifférence, comme la population Française elle même, qui ne réagit guère aux révélation faites par Edward Snowden, ou indignation comme c’est le cas en Allemagne où cette affaire a pris une place centrale dans la récente campagne présidentielle.

Petits arrangements entre amis

Récapitulons : pour la France, ce seraient donc 70 millions de communications qui auraient été récoltées en un mois dans des zones géographiques où nous sommes présents dans un conflit (Afghanistan ou Mali par exemple). Pour l’Espagne ce sont 60 millions de communications…

France-last-30-days

Visiblement les gens parlent beaucoup dans des zones de guerre…

Dianne Feinstein, du commité sur l’espionage du Sénat américain a corroboré les affirmations des maitres espions américains : « Ce ne sont pas les Etats-Unis qui collectent des informations sur la France et l’Allemagne. Et cela n’a rien à voir avec leurs citoyens, cela concerne des interceptions des zones de guerres où l’OTAN est impliquée comme l’Afghanistan« .

Tiens… L’Espagne et l’Italie ont disparu de la scène.

L’offensive américaine pour se dédouaner des écoutes en Europe semble assez logique mais il faut croire sur parole les services de renseignement américains qui avouent ne pas encore avoir examiné de près les documents en question, ou les responsables politiques qui supervisent ces services depuis des années avec les risques évidents de collusion.

Si ces révélations américaines sont déjà aujourd’hui à la Une d’El Pais par exemple, on se demande combien de temps elles tiendront en première page, si elles y arrivent en France, tant les sujets de la plus haute importance sont légion ici : l’écotaxe, les Roms, les otages français libérés, Leonarda, Nabila  ?

Ce mardi, Le Monde a choisi, un peu forcé sans doute par les déclarations de Keith Alexander, d’évoquer l’accord « Lustre » et reprend les informations de Reflets. Les informations recueillies selon Le Monde auprès d’un responsable français du renseignement corroborent l’analyse de Reflets publiée dimanche dernier :

La  DGSE a établi, depuis la fin de 2011, un protocole d’échange de données  avec les Etats-Unis. Ces informations viennent préciser celles publiées  par « Le Monde » sur la collecte par la NSA de plus de 70 millions de  données téléphoniques concernant la France. (« Le Monde »)

Selon nos informations, recueillies auprès d’un haut responsable de  la communauté du renseignement en France, la direction des services  extérieurs français, la DGSE, a, en effet, établi, à partir de la fin  2011 et début 2012, un protocole d’échange de données avec les  Etats-Unis.

La France bénéficie d’un positionnement stratégique en matière de  transport de données électroniques. Les câbles sous-marins par lesquels  transitent la plupart des données provenant d’Afrique et d’Afghanistan  atterrissent à Marseille et à Penmarc’h, en Bretagne. Ces zones  stratégiques sont à la portée de la DGSE française, qui intercepte et  stocke l’essentiel de ce flux entre l’étranger et la France.

En clair, près de trois ans après  les premières révélations de Reflets sur l’infrastructure mise en place par la France et ses championnes du DPI (le 22 février 2011), la théorie abracadabrantesque développées à longueur de colonnes, selon laquelle la France a délocalisé ses écoutes et siphonne les données circulant sur les câbles sous-marins posés par Alcatel Submarine Networks ou Orange Marine, avec l’aide probable des infrastructures Eagle d’Amesys, commence à devenir une quasi-certitude…

Pour autant, il est plus qu’improbable que cette infrastructure soit décortiquée par une quelconque commission d’enquête parlementaire de ce côté-ci de l’Atlantique, tant les gouvernements de droite comme de gauche ont oeuvré pour qu’une chape de plomb la recouvre.

1984

Les théories développées par de Reflets nous ont même valu l’honneur d’être traités de Trolls par le conseiller en communication de Fleur Pellerin. Aziz Ridouan va peut-être revoir sa position à la lumière des dernières révélations (Accord « Lustre » par exemple). Et nous expliquer comment la France de Nicolas Sarkozy et de François Hollande a pu migrer d’une démocratie à un Etat policier pratiquant l’écoute de masse, comme l’explique le Parlement européen ?

Il faudrait peut-être aussi que Jean-Jacques Urvoas nous explique pourquoi, ou sur la base de quoi, il affirmait au Point que la France ne pratique pas d’écoutes massives.

En effet, si un membre de la Délégation parlementaire du renseignement peut affirmer sans sourciller une pareille énormité, il est clair que la représentation parlementaire prend ses électeurs pour des imbéciles. Ou pas.

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Accords Lustre : le gouvernement commence à lever le voile sur le Prism Français

dimanche 27 octobre 2013 à 17:08

shitstorm-hollandeNicole Bricq, ministre du Commerce extérieur du gouvernement Ayrault et membre du parti Socialiste, a-t-elle commencé à déminer ce qui s’annonce comme la plus grosse affaire du mandat de François Hollande ?

C’est la question que l’on peut se poser, car si la gaffe de Fleur Pellerin, qui qualifiait Alcatel de ‘pièce maitresse de la cyber-surveillance’ n’était clairement pas volontaire, et laissait déjà apparaitre un équivalent Français au programme américain XKeyscore – qui permet à la France de faire à l’Afrique et au Moyen Orient ce que la NSA fait à l’Europe -, la sortie de Nicole Bricq sur TV5 est, elle, clairement calculée.

Première révélation : la ministre avoue clairement que les « cris d’orfraies » poussés par François Hollande et Laurent Fabius au sujet du programme de surveillance Américain ne sont que du théâtre, sans doute destinés à apaiser le petit peuple, et à initier un mensonge d’Etat à coté duquel Jérôme Cahuzac va faire l’effet d’un enfant de chœur.

Elle a, dès le début du mandat de François Hollande, demandé un rapport à Claude Revel, déléguée interministérielle à l’intelligence économique (et par ailleurs présidente d’IrisAction, une officine d’intelligence économique – qui a dit conflit d’intérêts ?). Remis en janvier dernier – il y a dix mois – la ministre concède que « depuis lors, le premier ministre a pris l’affaire au sérieux ». La surprise au sujet de Prism affichée par Hollande et Fabius est donc bien feinte. Ils étaient tous deux parfaitement au courant de ce qu’il se passait.

Deuxième concession, et c’est sans doute la plus intéressante, face au journaliste qui lui demande si nous même, français, nous n’espionnons pas, elle réplique qu’au contraire, « on sait quand même ce qu’il se passe chez les autres ! ». Le trio de journalistes relance – c’est assez rare pour être souligné et salué – et demandent à la ministre si elle a des informations, mais celle-ci se rétracte : « je n’ai pas d’information » – que voulez-vous, elle n’est que ministre, mais « un pays comme la France doit aussi avoir son outil concernant… heu… c’est pour ça que… je vous parle de l’intelligence économique… non mais… heu… attendez… on n’est pas dépourvu en la matière ».

Le Prism Français, c’est quoi ?

Hasard ou coïncidence (ou pas), au même moment, la presse Allemande (relayée par TV5) annonçait que des accords de coopération sur la surveillance entre la France et les USA avaient été passés  » il y a quelques années », alors qu’il y a trois jours, Najat Vallaud-Belkacem, porte parole du gouvernement, expliquait que François Hollande voulait « que s’engage une coopération bilatérale entre les services de renseignement français et les services de renseignement américains pour y voir plus clair sur ce sujet et encadrer les choses ».

Ironie du sort (qui s’acharne, décidément, sur le Parti Socialiste), Najat Vallaud-Belkacem occupait, peu de temps avant d’entrer au gouvernement Français, le poste de conseiller du roi Mohammed VI (un client de Bull-Amesys), qui l’avait nommée membre du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (qui a dit conflit d’intêrets ?).

Pour rappel, le Maroc est – outre un paradis pour pédophiles – un pays qui vient de mettre en place une censure politique de l’internet, utilisant les technologies Bull-Amesys, et s’en sert également pour traquer son opposition politique (Bull-Amesys est un leader mondial de la surveillance, dans lequelle le FSI, aujourd’hui Banque Publique d’Investissement, dirigée par Ségolène Royal, a récemment investi, et dont Orange est l’un des principaux actionnaires).

La censure au Maroc touche des sites tels que Lakome.com (un journal d’investigation et d’opinion Marocain), dont l’un des fondateurs a récemment fait un séjour en prison , ainsi que… Reflets.info. Amusant, non ?

Incoming Shitstorm

Comment Diable la France a-t-elle pu se retrouver en mesure de discuter d’égal à égal avec les USA sur un programme de surveillance globale des populations ? C’est assez simple, et la raison se trouve dans la toute première série de slides révélées par Edward Snowden, qui montre la position stratégique des USA dans le trafic mondial sur internet.

prism-slide-2-1

Le constat fait par la NSA est simple : une énorme partie du trafic Internet mondial passe par les USA, et place ces derniers dans une position privilégiée pour écouter tout le monde. Tout le monde ? Pas vraiment. Comme le montre très clairement cette slide, le continent Africain échappe en grande partie aux grandes oreilles Américaines (seulement 11Gb de trafic)… Mais pas aux grandes oreilles Françaises (343Gb, ou presque), mettant ainsi le pays de Droits de l’Homme et du fromage dans une position unique pour intégrer le club fermé – aux cotés d’Israël – des grands maitres de la société de surveillance qui s’installe.

France Telecom ACE Karte PNG

Cet accord de coopération que François Hollande prétend vouloir négocier avec Obama se nomme en réalité « Lustre », et aurait été signé par Nicolas Sarkozy il y a quelques années. Pourquoi « Lustre » ? Je vous laisse choisir… (1, 2, 3, ou plus rigolo : 4)

De quoi éclairer d’un œil nouveau certaines visites à l’Elysée et renouveler en profondeur la fameuse Françafrique. Mais c’est également une bonne raison pour que les populations Françaises comme Africaines se soulèvent contre les dirigeants d’un pays qui est devenu, en quelques années, le plus grand danger pour les Droits de l’Homme dans le monde.

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Un accord secret sur la surveillance entre la France et les Etats-Unis : tout ça manque de lustre…

dimanche 27 octobre 2013 à 10:41

C’est une information donnée ce matin par un quotidien allemand qui évoque « le rôle ambigu de la France dans le cadre des activités de surveillance, affirmant que sous le nom de code « Lustre », les services de renseignement français ont signé un accord de collaboration avec ceux des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. »

Le roi François est décidément de plus en nu. Va-t-on perdre le lustre et les ors de la République une fois cette nouvelle duplicité de l’Etat français dévoilée ?

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La CNIL aurait un droit de contrôle sur les écoutes administratives

samedi 26 octobre 2013 à 17:55

catchlonLorsque nous vous avions parlé de l’affaire de la plateforme d’interceptions judiciaires, la PNIJ, nous vous avions expliqué qu’il existe en France de niveaux d’interceptions bien distincts. Les interceptions judiciaire répondent à la demande d’un juge pour intercepter les communication d’un individu ciblé, faisant l’objet d’une enquête judiciaire. Un second niveau d’interception, que l’on qualifie d’interceptions administratives ne répond pas à une demande d’un juge. Ces interceptions sont réalisées à des fins de renseignement, par exemple dans le cadre d’enquêtes anti-terroristes ou d’affaires mettant en jeu la sécurité du territoire, le grand banditisme, la criminalité en bandes organisées… Ces interceptions dites administratives sont réalisées sur demande du groupement interministériel de contrôle.

La loi n° 91-646 du 10 juillet 1991 relative au secret des correspondances émises par la voie des communications électroniques fixe le cadre de ces interceptions :

Article 3

Peuvent être autorisées, à titre exceptionnel, dans les conditions prévues par l’article 4, les interceptions de correspondances émises par la voie des communications électroniques ayant pour objet de rechercher des renseignements intéressant la sécurité nationale, la sauvegarde des éléments essentiels du potentiel scientifique et économique de la France, ou la prévention du terrorisme, de la criminalité et de la délinquance organisées et de la reconstitution ou du maintien de groupements dissous en application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et les milices privées.

Article 4

L’autorisation est accordée par décision écrite et motivée du Premier ministre ou de l’une des deux personnes spécialement déléguées par lui. Elle est donnée sur proposition écrite et motivée du ministre de la défense, du ministre de l’intérieur ou du ministre chargé des douanes, ou de l’une des deux personnes que chacun d’eux aura spécialement déléguées.

Le Premier ministre organise la centralisation de l’exécution des interceptions autorisées.

Questionné par Andréa Fradin sur la possible existence d’un programme d’interception sortant du cadre légal, François Hollande a eu une réponse un peu curieuse susceptible d’éveiller un peu plus notre suspicion sur l’existence d’un tel programme.

« Nous, nous restons dans le cadre légal. La CNIL nous a demandé, il y a déjà plusieurs semaines de donner des informations, le premier ministre y répondra. De la même manière, la délégation parlementaire du renseignement souhaite un renforcement (NDLR : du contrôle de ces interceptions), nous y sommes prêts. Mais nous sommes dans le cadre légal. Je ne voudrais pas qu’on laisse penser que finalement, cette pratique de PRISM serait générale. Il y a un cadre légal qui doit être respecté et avec la CNIL, nous veillerons à donner toutes les informations dans le respect de la loi. »

S’il ne fait dans nos esprits à peu près aucun doute que la Direction Générale de la Sécurité Extérieure pratique des interceptions ciblées mais néanmoins massives à des fins de renseignement, on peut sérieusement s’interroger sur le rôle de la CNIL avancé par François Hollande pour justifier que la France ne pratique ses interceptions que dans un cadre strictement légal. Brandir la CNIL pour justifier de la légalité d’interceptions à des fins de renseignement est un argument plutôt curieux. La CNIL est notoirement dotée d’un pouvoir très restreint, et dans nos esprits, nous avons peut-être tort, il nous paraitrait assez surréaliste d’imaginer que les services du renseignement extérieur accordent le moindre droit de regard sur ses activités à la CNIL…

Si le ministère de la défense, comme le cabinet du premier ministre souhaite dissimuler une information à la CNIL, rien ne l’y contraint légalement. L’argument ici avancé par le Président de la République nous semble donc hors contexte et surtout prompt à tenter rassurer sur les inquiétudes légitimes que nous pouvons avoir sur la question du secret de nos correspondances. Nous n’omettrons évidemment pas de conserver en tête que le cadre légal sur les questions de protection des données personnelles est très mouvant et évolue très rarement dans le bon sens, à l’image de la proposition de loi portée par les services douaniers et le groupe parlementaire socialiste concernant la mise en place d’un nouveau fichiers des gens honnêtes.

Si nous n’avions pas si mauvais esprit, nous conclurions sur une tentative un peu gauche d’endormir l’opinion publique sur les pratiques de la France en matière d’interceptions et de renseignement d’origine électromagnétique.

Plus c’est gros …

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La Télévision, ça leur tourne la tête ?

mardi 22 octobre 2013 à 21:40

28minutesVous avez peut-être vu passer trois tweets énigmatiques de Reflets aujourd’hui (ci-contre). Ces quelques lignes pour les expliquer… Ce matin, une « Journaliste / Programmatrice » contacte les fondateurs de Reflets avec ce mail  titré « urgent 28′ ARTE » :

Bonjour, M. X m’adonné votre adresse. Nous allons
consacrer notre émission 28′ ARTE de ce soir à la NSA et au cyber
espionnage. Seriez- vous libre cet après-midi à 17h40 pour
enregistrement ( durée 28′ ) ? les studios sont dans le 1(ème arrdt.
taxi à votre disposition. tous les détails de vive voix. Merci de
votre réponse rapide svp cordialement
Francesca ISIDORI

L’un d’entre nous n’est pas à Paris. L’autre peut se déplacer, mais en prenant des dispositions personnelles. Ce qu’il fait et répond rapidement, comme demandé, et ce, pour deux raisons :

Dispositions personnelles prises et mail envoyé, donc.

Retour de Francesca :

Merci beaucoup de votre réponse, mais ce sera pour une autre fois!
cordialement,
Francesca ISIDORI

Soyons précis, Francesca est « Journaliste / Programmatrice » pour ALP.TV, une maison de production qui produit des émissions de grande qualité. Elle n’est visiblement pas, a priori,  membre de l’équipe de 28 Minutes.

alp.tv

Analysons maintenant la réponse de Francesca.

En nous envoyant ce mail d’une ligne, pense-t-elle que tout le monde saute au plafond à l’idée de montrer sa tête dans les étranges lucarnes ? Que tout le monde est au garde à vous, prêt à monter au front des plateaux de tévé parce c’est tellement cool et que personne n’a rien d’autre à faire que d’attendre la magique invitation ?

Franchement, Francesca, montrer nos têtes à la télévision est le dernier de nos fantasmes (observez dans quelle rubrique ce petit papier est publié sur Reflets). En outre, un peu de savoir vivre vous aurait poussée à écrire un mail type un peu plus poli pour les gens que vous invitez pour finalement les désinviter. Reflets vous offre un template gratuitement :

Cher M./Mme X, merci beaucoup de votre réponse rapide. Malheureusement, n’étant pas seul(e) à travailler sur l’organisation du plateau, d’autres réponses nous sont parvenues entre-temps et celui-ci est désormais complet. J’espère que ce contre-temps ne bouleverse pas trop votre organisation et que nous aurons le plaisir de vous recevoir lors d’une prochaine émission.

Et vOAlaaaaa…

Facile.

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