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StopCovid, une application qui masque très bien les vrais débats

mercredi 29 avril 2020 à 16:02

Mais qui , spoiler, ne fonctionnera pas

Le solutionnisme technologique comme réponse à un problème complexe, humain, ne fonctionne pas. Ou alors trop bien : il évince du débat public les vrais enjeux, les vraies problématiques.

Coronavirus - © Nostromo

Trouver le titre d’une chanson qui passe à la radio, jouer, travailler, s’organiser, faire du sport… « Il y a une application pour tout » est sans aucun doute la phrase qui est la mieux entrée dans le vocabulaire ces dernières années. Il devrait bien y avoir une application pour lutter contre le coronavirus ? Alors que c’était hors de question initialement, l’idée a fait son chemin au sein du gouvernement et c’est désormais une quasi-certitude, il y a aura bien une application « StopCovid » permettant de signaler lorsque l’on est malade, de prévenir toutes les personnes ayant été en contact avec la personne contaminée et de ne confiner ainsi que les populations à risque. C’est le « contact tracing ». Sur le papier, tout est parfait. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions…

L’application qui nous permettrait de savoir qui est malade et si l’on a été en contact, attise toutes les convoitises. Une nouvelle vague de fournisseurs de solutionnisme technologique déferle. Pas moins de cinq protocoles qui seront à la base des développements et des applications se disputent le haut du podium. En frontal, il y a une course à l’échalote pour savoir qui sera le plus respectueux de la vie privée. Sachant que l’idée est à la base de savoir qui a rencontré qui, c’est un peu mal parti pour le respect des informations personnelles. « Ce sera anonymisé ! » s ‘écrient en cœur les thuriféraires de l’application magique. Oui, sauf que tous les experts de l’anonymisation des données massives...

Les « coronapistes » cyclables

mardi 28 avril 2020 à 15:45

Ou l’exemple parfait de l’anti « start-up Nation »

Partout dans le monde, des villes ont aménagé des pistes cyclables temporaires pour que les habitants puissent se déplacer en évitant les transports en commun. La France, elle, a vaillamment résisté, offrant une superbe démonstration que le chef des « Gaulois réfractaires » ne valait peut-être pas mieux qu’eux.

Le chemin tortueux vers le vélo - Meme & Co - WTF 2.0

Comme souvent, c’est en se penchant sur des exemples un peu annexes que l’on peut révéler les travers d’une société. C’est particulièrement vrai avec ce que vit la France durant cette période de confinement, vis-à-vis du vélo. Remontons le temps : le 16 mars 2020, Jupiter nous annonce que « nous sommes en guerre » contre un virus, que l’on gagnera peut-être en restant confiné. En respectant les fameux « gestes barrière », en évitant toute sortie inutile, bref, en menant une vie sobre. La règle est stricte : on se déplace utile. Et évidemment, pour se déplacer utile, tous les moyens de locomotion ne se valent pas. La voiture pour aller au travail ou faire ses courses, à pied en respectant la distanciation physique désormais en vigueur, ou bien en transports en commun, et là on a parfois des surprises quant aux règles de distanciation… mais de tous les moyens cités, un grand absent : le vélo.

Au contraire, il sera même stigmatisé par certains membres du Gouvernement, notamment le ministère de la jeunesse et des sports, qui semble n’avoir toujours pas compris que le vélo n’est pas juste un truc qu’on sort pour les compétitions. Scoop : il peut aussi servir pour se déplacer d’un point A à un point B. Comme on n’est pas trop bête, on évitera d’imiter cet Italien qui le 15 avril dernier, a été secouru en hélicoptère par la brigade de Trévise après une chute en VTT dans la montagne. Il faudrait voir à éviter d’encombrer les lits d’hôpitaux inutilement, nous sommes bien d’accord....

A Kourou, on fait la queue une journée pour une bouteille de gaz

lundi 27 avril 2020 à 18:35

Un cadre du centre spatial en Guyane témoigne

Si la Guyane semble peu touchée par le Covid-19, les conséquences de l'épidémie se font sentir sur le ravitaillement de ce territoire lointain. Au centre spatial où trois lancements ont été annulés, on s’inquiète du départ de certains clients.

Décollage d'une Ariane 5 depuis Kourou. - Spotting973 - Wikipedia - CC BY-SA 2.0

En Guyane, à 7500 km de la métropole, dans ce territoire de moins de 300.000 habitants, comment vit-on à l’heure du Coronavirus? Un cadre du centre spatial de Kourou a accepté de parler à Reflets sous couvert d’anonymat. Nous l’appellerons Paul.

«Ici, une personne sur deux à moins de 25 ans, un tiers de la population est étrangère, originaire du Surinam, du Brésil, d’Haïti ou de la République Dominicaine explique Paul. On a beaucoup d’habitats précaires, exigus. Alors ici le confinement est relatif… Pour certains, la loi française est même très relative.» Le préfet a instauré un couvre-feu entre 21 h et 5 h du matin qui peine à être respecté dans certains quartiers.

En Guyane, c’est surtout l’approvisionnement qui inquiète. Ici, tout est importé de métropole ou de l’étranger en dehors de quelques produits alimentaires. «Avec la pandémie, les livraisons sont perturbés. Les bateaux sont plus rares. On a un avion par semaine qui assure les livraisons urgentes, le transport de personnes essentielles avec un accord du préfet et les évacuations sanitaires. Des produits manquent régulièrement, comme les médicaments ou les bouteilles de gaz. Ici, beaucoup de gens cuisinent au gaz, et comme ils n’ont pas beaucoup d’argent, ils n’ont qu’une seule bouteille. Le 20 avril, un bateau est arrivé avec un chargement. Il y a eu une répartition de 900 bouteilles par municipalité. Alors il y avait des queues immenses qui duraient la journée. Et parfois, les derniers n’en avaient plus. Alors...

JDE, c'est fort de café

lundi 27 avril 2020 à 15:52

Optimisation fiscale et coronavirus font-ils bon ménage ?

Tout en pratiquant une optimisation fiscale agressive aux Pays-Bas, Jacobs Douwe Egberts, qui détient plusieurs marques de café, avait décidé à faire bénéficier ses salariés du chômage technique. Avant de se raviser...

L'Or, une marque de Jacobs Douwe Egberts - Copie d'écran

Comme la plupart des multinationales, le groupe JDE (Jacobs Douwe Egberts) qui possède des marques comme L'Or, Jacques Vabre, Grand'Mère, Velours Noir, Maison du Café…) fait passer la création de valeur pour les actionnaires et ses dirigeants avant toute autre considération. JDE pratique donc l’optimisation fiscale agressive en localisant artificiellement l’essentiel de ses profits aux Pays-Bas qui était jusqu’à tout récemment l’un des premiers paradis fiscaux d’Europe selon le Parlement européen, même si ce membre de l’UE n’apparaissait pas dans la liste officielle. Certes, la nouvelle réglementation risque de rétrograder le pays des polders au rang de purgatoire fiscal mais JDE en a largement profité: En 2019, le groupe a réalisé en France un chiffre d’affaires net d’un milliard d’euros et un bénéfice avant impôts d’environ 250 millions dans la grande distribution apprend t-on de très bonne source. Ces quelque 250 millions s’évaporant dans la magie des prix de transfert, JDE affiche à l’issue d’un joli tour de passe-passe un résultat net France de 23,3 millions en 2019. Qui plus est, JDE réalise en pleine crise du Covid-19 comme ses concurrents d’excellentes affaires dans les grandes surfaces : selon l'institut IRI, les achats de café toutes marques et entreprises confondues y ont augmenté de +37% du 23 février au 15 mars, les Français ayant commencé à stocker avant même l’entrée en vigueur du confinement. Depuis, le maintien à domicile n'a pu que...

Pompéi chez vous

samedi 25 avril 2020 à 16:19

Le Grand Palais a mis des ressources en ligne sur son exposition prévue en mars

Marre du confinement ? On vous propose aujourd'hui la plongée dans un récit de catastrophe pour rester dans le thème, celui de Pompéi. Une visite virtuelle qui peut être partagée avec vos enfants.

Site du Grand Palais

L'exposition évènement Pompéi qui devait être officiellement inaugurée le 25 mars au Grand Palais a évidemment dû être reportée en raison de l’épidémie de coronavirus. En attendant de découvrir sur place l'exposition qui a été conçue comme une expérience immersive grâce au déploiement de nombreux moyens numériques, on peut bénéficier de quelques ressources en ligne grâce à l’opération «Pompéi chez vous». On peut ainsi explorer la cité romaine avant et après la catastrophe.

Cette catastrophe, c’est celle de l’éruption du Vésuve qui a eu lieu en l’an 79 de notre ère. Elle a surpris les habitants, car même si la terre, avait tremblé quelques années auparavant, le volcan ne s’était pas réveille durant les 8 siècles précédents. L’exposition du Grand Palais, tout au long du parcours proposé, nous fait revivre ce réveil du Vésuve dont on peut avoir un aperçu impressionnant dans la bande annonce de présentation de l’exposition. Sur l’application du Grand Palais que vous pouvez télécharger sur votre smartphone, un audio-guide vous donne aussi d’utiles précisions sur cette éruption qui a duré deux jours et a été fatale à plus de 1000 habitants de la ville qui n’avaient pas réussi à fuir. L’audio guide nous fait entendre, entre autres, ce commentaire, d’un des auteurs de l’époque, Pline le Jeune à propos de cette catastrophe: «Le sommet du mont Vésuve brillait sur plusieurs points de large flammes et de grandes colonnes de feu dont la rougeur et l’éclat étaient avivés par l’...