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"La seule issue pour les Ehpad sera un vaccin"

samedi 11 avril 2020 à 16:09

Face au défi du Covid-19, le problème est de tenir dans la durée

A l'Ephad de Saint-Paulien en Haute-Loire, les résidents souffrent de l'isolement. Et le personnel commence à s'épuiser. L'hôpital du Puy-en-Velay leur parle d'un déconfinement en décembre pour les structures d'accueil des personnes âgées. Une douche froide pour sa directrice, Nathalie Cottier. Épisode 4.

Visioconférence avec la famille - D.R.

Comment se passe la vie dans l’établissement?

Ça va toujours, mais c’est dur. Il est 19h et là je reprends à 20h pour des visioconférences par Skype. Tous les résidents veulent parler à leurs familles, mais je ne peux pas me couper en 62. Ce sont des semaines de dingue… Je suis sur les rotules. Je n’ai pas une minute pour m’assoir. Il y a beaucoup de choses à faire en même temps. Pour les visioconférences, on n’a qu’un ordinateur. Donc j’utilise aussi mon téléphone personnel. J’ai explosé le forfait. (rires) Le problème est que les résidents ne vont pas bien. La famille leur manque. Certains ne comprennent pas le confinement, ils pensent que leur famille les a abandonnés. Quand je tiens le téléphone avec la famille, je suis au milieu des pleurs des uns et des autres. Il faut que je gère avec le résident. C’est lourd émotionnellement. Notre psychologue continue de venir une fois par semaine. C’est précieux. Certains Ehpad leur refusent l’entrée. Je trouve ça absurde. Les résidents en ont besoin. Surtout que c’est parti pour durer…

Que vous disent les autorités à ce sujet?

L’équipe d’hygiène hospitalière est venue pour voir comment ça allait et donner des conseils. Ils nous ont dit que le confinement dans les Ehpad pourrait durer jusqu’en décembre! Je ne sais pas comment on va tenir dans la durée. On sait qu’un moment ou à un autre l’épidémie va arriver chez nous.

Et sur le plan sanitaire?

Nous nous sommes préparés au mieux. J’ai équipé une salle Covid. J’ai acheté un lit,...

Covid-19 : les impossibles chiffres chinois

samedi 11 avril 2020 à 12:43

Le gouvernement de Pékin est fortement suspecté d'avoir menti sur le nombre de morts.

Le nombre de morts à Wuhan pourrait tourner autour de 50.000 au premier trimestre contre 14.000 en temps ordinaire. Des témoignages, fragments de vérité face au rouleau compresseur de la propagande du parti communiste, apparaissent.

Distribution d'urnes funéraires à Wuhan - Copie d'écran

«Trouver la réalité des chiffres des morts du Covid-19 en Chine est quasi impossible, déclare Marie Holzman, sinologue et spécialiste de la Chine contemporaine. Il faudra beaucoup de temps. Pour les morts de la famine du "Grand bon en avant", on estime le nombre de morts entre 30 et 40 millions, c’est à dire une fourchette de 10 millions de morts! Et il a fallu 50 ans pour que ça sorte»

Le gouvernement chinois a-t-il menti? «On peut être certain, déclare Marie Holzman. Le gouvernement chinois ne va pas confiner 40 millions de personnes à Wuhan pour 2600 morts! Ce mensonge me révulse, c’est un crime contre l’Humanité. En tardant à parler, il a contribué à l’ampleur de la pandémie que l’on connaît. Si le gouvernement avait reconnu l’épidémie à Wuhan plus tôt, nous nous serions mieux protégés. Sa seule préoccupation a été et reste la vie du Parti.»

D’après le quotidien hongkongais South China Morning Post, qui cite des informations classifiées du gouvernement chinois, le nombre de patients positifs mais exclus des statistiques chinoises s’élève à 43.000, alors que la Chine a déclaré 81.966 cas au 31 mars. Mais il pourrait y en avoir beaucoup plus. Selon la presse britannique, des scientifiques auraient informé Boris Johnson que la Chine pourrait avoir minimisé le nombre de cas confirmés «dans un facteur de quinze à quarante». On voit la difficulté d’avoir des chiffres fiables.

Peut-on évaluer néanmoins le nombre de morts à Wuhan? La fête des morts le 5 avril a donné...

Avec l’épidémie, un demi-milliard de personnes menacées par la pauvreté, selon OXFAM

vendredi 10 avril 2020 à 12:27

Logo Oxfam - D.R.
Logo Oxfam - D.R.

L'ONG Oxfam alerte sur le fait qu’un demi-milliard d’individus pourrait sombrer dans la pauvreté si rien n’est fait pour limiter l’impact économique du Coronavirus. Elle craint "un potentiel recul de 10 ans dans le combat contre la pauvreté, voir de 30 ans dans certaines régions du monde comme l’Afrique ou le Moyen-Orient". En quelques jours, 83 milliards de dollars d’investissements étrangers se sont retirés des pays émergents. Le prix des matières premières s’est effondré (-61% pour le pétrole, -15% pour le café, -21% pour le cuivre) alors que bon nombre de pays africains dépendent largement de leurs exportations. L’industrie touristique est à l’arrêt et les taux d’intérêt sur les emprunts publics des pays en voie de développement ont déjà augmenté de 3,5%.

Oxfam appelle à un « plan de sauvetage » qui repose sur 6 mesures prioritaires pour lutter contre les ravages économiques de la crise du coronavirus et rebâtir un monde plus égalitaire :

1- Accorder des subventions en espèces à tous ceux et toutes celles qui en ont besoin, notamment dans les pays pauvres et pour les personnes qui ont perdu leur revenu.

2- Soutenir en priorité les petites entreprises et conditionner les aides aux grandes entreprises à des mesures visant à protéger les plus vulnérables et à investir dans la transition écologique.

3- L’annulation immédiate du remboursement de la dette des pays en développement due en 2020 à hauteur de 1 000 milliards de dollars. Par...

Crise sanitaire et surveillance

jeudi 9 avril 2020 à 14:22

Les crises passent, les outils restent

Dans des circonstances exceptionnelles, l'exécutif est souvent prompt à imposer des outils de surveillance qui ne font pas bon ménage avec les libertés individuelles. Tous les prétextes sont bons : lutte contre le terrorisme, crise sanitaire... L'exceptionnel demeure après la crise. L'état d'urgence devient la norme.

Mais qu'est-ce que l'on a de si intéressant ? - D.R.

Surtout ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas une dictature et, les données collectées sont anonymisées. Une fois que ces deux arguments sont lâchés, tout le monde est rassuré. N'importe quel outil de surveillance, aussi attentatoire aux libertés individuelles soit-il, peut être déployé. Les arguments visant à détourner l'attention du citoyen un tantinet méfiant auront fait leur effet. En France, par exemple, l'idée d'une surveillance des personnes via les mouvements de leurs téléphones portables, afin de lutter contre le coronavirus, fait son chemin lentement depuis quelques jours. On est passé de "ce n'est pas dans la culture française" (Christophe Castaner) ou on n'est pas comme la Chine (comprendre une dictature) à : nous avons récolté ces données, mais elles sont anonymes (Stéphane Richard, PDG d'Orange). Pour finir avec cette déclaration de Christophe Castaner : on pourrait peut-être utiliser certaines données des téléphones, pour tracer les contaminations éventuelles au Covid-19 et d'ailleurs les Français seraient surement d'accord... Ne vous inquiétez pas, on ne regardera pas les données GPS, ça reposera sur le bluetooth, tout est fait pour rassurer le chaland. Sauf peut-être cette petite phrase d'Olivier Véran et Cédric O dans Le Monde : « Nous en sommes à une phase exploratoire, mais nous ne voulons fermer aucune porte ». C'est bien le problème en matière de surveillance. Les autorités ne se sont jamais...

Un étrange silence - 2

mercredi 8 avril 2020 à 18:32

« In landa Desolata »(1)

Contaminations, menaces invisibles, confinements, les territoires de l’interdit... Peut-on faire un parallèle avec la catastrophe de Tchernobyl ? Psycho-sociologue spécialiste des catastrophes, Marie-Thérèse Neuilly a été consultante pour le programme Unesco - Tchernobyl.

Pripjat, Tchernobyl, zone urbaine - https://pxhere.com/fr/photo/126636 - CC BY 2.0

Qu’ont-ils de commun ces lieux désertés, décrétés inhumains, quadrillages urbains vides de sens ? Lieux stigmatisés, porteurs de mort, où rode une menace invisible. Qu’il s’agisse de Prypiat(2) , en Ukraine, ville abandonnée, ou de celles que le coronavirus hante. Un chemin inattendu relie ces espaces, dans un étrange silence qui tombe sur ces territoires de l’interdit.

Les laboratoires, le virus, la science, la centrale, ont en commun les notions de mystère, de secret, renforcés par le caractère impalpable de l'atome, ou celui invisible du virus. La centrale atomique appartient ainsi au fabuleux, au mystérieux et à l'incontrôlable. Le virus a droit à une représentation simplifiée, et une personnalisation qui fait de lui un guerrier qui cherche à détruire l’humanité.

Il y aura 34 ans que la catastrophe a eu lieu. Le 26 avril 1986. Mais nous-mêmes ne sommes- nous pas en état de catastrophe ? Alors que la pandémie touche la moitié du monde. En 1986 c’était un nuage toxique qui faisait le tour de la terre, menace invisible pour la santé des populations. A Tchernobyl ce fut la désespérance, la peur de la contamination, la fin d’un monde. Il a fallu fuir, monter dans les bus, les camions militaires, tout laisser derrière soi. La vie s’est arrêtée à Prypiat et dans les villages ukrainiens et biélorusses de la « zone interdite ». Quelques années après dans le cadre de l’aide internationale, l’Unesco a mis en place des programmes de sauvegarde du patrimoine et de soutien...