PROJET AUTOBLOG


Reflets

Site original : Reflets

⇐ retour index

Étranges affaires immobilières à Nancy et Pont-à-Mousson

mardi 4 février 2020 à 18:33

Anticor scrute le projet Emblème et l’Abbaye des Prémontrés

Les autorités sont particulièrement accommodantes avec des sociétés immobilières dans la région du Grand Est, en Lorraine. De quoi intriguer l’association Anticor

Le projet d'immeuble Emblème - Copie d'écran

En décembre 2016, le conseil municipal de Nancy donnait son feu vert à l’édification d’un immeuble de 8 étages étages sur la place et le parvis de la Gare ferroviaire, en plein centre ville : ce sera « le projet Emblème ». Depuis, les revers s’accumulent pour City Zen, l’entreprise bénéficiaire du projet et pour les autorités. Le premier permis de construire a été contesté par une association et City Zen, a été contrainte d’en déposer un deuxième. Mais cela ne suffira pas, il va falloir un permis modificatif car City Zen a vendu plus du double des mètres carrés de bureaux prévus dans le permis à la Région… Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Cette fois, c’est le groupe local 54 de l’association Anticor qui monte au créneau avec un signalement au procureur. C’est désormais à la justice de vérifier ce qui pose problème à l’association anticorruption.

La région du Grand Est a acheté 1.390 mètres carrés de bureaux dans la tour Emblème – dont la première pierre n’a pas encore été posée – alors que le permis de construire ne mentionne que 652 m2 de bureaux. Tout à fait classique pour Simon Hoeltgen directeur adjoint pôle économie, développement et urbanisme et directeur du développement urbain de la ville de Nancy : « il est classique que dans une opération immobilière de ce type les mètres carrés soient réaffectés. C’est le cas ici. Un permis modificatif sera déposé et instruit. Les travaux pourraient commencer dans les quinze jours ».

Le jour où les contre-pouvoirs ont joué leur rôle

vendredi 31 janvier 2020 à 20:55

Emmanuel Macron et son gouvernement recadrés

C'est rare. Suffisamment pour être remarqué. Les contre-pouvoirs ont signifié à l'exécutif qu'il faisait n'importe quoi, n'importe comment. Le Conseil d'Etat étrille le projet de réforme des retraites et la Cour de Cassation rappelle à Emmanuel Macron le concept de séparation des pouvoirs.

Le bonnet d'âne - D.R.

Sur le papier, c'est une véritable claque. Un peu comme si un prof vous obligeait à porter un bonnet d'âne pendant toute une journée. Dans la réalité, c'est comme si rien n'était arrivé car LAREM se contrefiche de ce que l'on pense d'elle. C'est sa marque de fabrique. Elle a la foi du charbonnier. Elle a raison envers et contre tout, elle disrupte et transforme la France en startup nation. Ce n'est pas rien.

Le 25 janvier, le Conseil d'Etat rendait public un avis, à la demande du gouvernement, sur le projet de loi du gouvernement. C'est une longue liste de reproches et de tapes sur les doigts des auteurs du projet.

Un peu plus tard, alors que la presse avait rendu public des réflexions du président de la république sur la nécessité d'un procès pour le meurtrier de Sarah Halimi, la Cour de Cassation, par la voix de sa première présidente et de son procureur général, rappelait à Emmanuel Macron un concept simple de droit, étudié dès la première année en fac : la séparation des pouvoir. Grosso modo, chacun se concentre sur ses attributions et ne donne pas d'ordres à l'autre. Ces deux événements sont le reflet d'un grave dysfonctionnement de la démocratie française. Si tout baignait dans l'huile de noix de coco sous les palmiers, ces rappels à l'ordre n'auraient pas lieu d'être. Paradoxalement, ils confortent une autre déclaration d'Emmanuel Macron : nous ne sommes pas en dictature. Si des...

La Convention citoyenne pour le climat avance "sans filtre"

vendredi 31 janvier 2020 à 10:01

Emmanuel Macron respectera-t-il ses engagements ?

Ses membres commencent à préparer les propositions concrètes qui seront mises au vote. Mais un flou s’instaure sur leur prise en compte réelle par le Président Macron.

Le site de la convention citoyenne - Copie d'écran

C’était une des mesures décidées par Emmanuel Macron pour tenter de désamorcer la crise des Gilets Jaunes après le grand débat national. Pour la première fois, 150 citoyens tirés au sort planchent pour définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) dans un esprit de justice sociale. Cette France en miniature a été établie en fonction de plusieurs critères : âge, sexe, lieu de résidence, catégorie socioprofessionnelle. Le groupe est par exemple constitué de 51 % de femmes, de 27 % de retraités, ou encore de 26 % de non-diplômés. Les participants sont organisés en cinq groupes de travail : travailler, se nourrir, se loger, se déplacer, produire et consommer.

L’organisation est assurée par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), une institution constitutionnellement indépendante, pour garantir la neutralité et à la sincérité des débats.

Pour répondre aux questions factuelles des membres de la Convention, le Comité de Gouvernance a fait appel à plusieurs centres de recherche (Institut de la transition environnementale de la Sorbonne ou l’Institut des politiques publiques, par exemple) afin de constituer une équipe de personnes ressources, fact checkers. Tous universitaires, ils sont issus de disciplines différentes afin de pouvoir répondre à toutes les questions des membres de la Convention.

Débutées le 4 octobre 2019, les sept sessions de travail s’...

Radar, la machine à cash

jeudi 23 janvier 2020 à 09:52

Ou comment l’État a dépensé à la légère des millions d’euros.

Nous diffusons notre premier documentaire d'investigation qui porte sur les les marchés publics qui ont présidé et président à la mise en place de la sanction automatisée en matière de sécurité routière.

Radar - La machine à cash - CC

Soutenez-nous sur Jaimelinfo.fr

Réagissez sur twitter #Enqueteradar

Près d'un an d'enquête, de tournages, de montage, voici enfin notre documentaire sur les marchés publics qui ont présidé et président à la mise en place de la sanction automatisée en matière de sécurité routière. Un système gigantesque et unique au monde.

Les radars automatiques ont rapporté 860 millions d’euros à l’État en 2018. Cette machine à PV, c’est l’histoire d’une privatisation. Car ce sont surtout des entreprises privées qui font tourner le système grâce à des marchés publics. « Nous avons décidé d’enquêter sur ce sujet parce que c’est inédit, raconte Stéphanie Fontaine, l’une des réalisatrices. Aucun documentaire ne raconte les dessous de ces contrats qui ont représenté en dix ans plus de deux milliards et demi d’euros. »

Avec le collectif Extra Muros nous avons enquêté pendant près d’un an. Nous sommes remontés aux origines du système automatisé des infractions remis au cœur de l’actualité par les Gilets Jaunes.

Nous avons pu interroger les principaux acteurs de l’époque. Des politiques comme Claude Guéant ou Gilles de Robien mais aussi des hauts-fonctionnaires et des cadres des entreprises privées concernées. « Ce qui nous a surpris, c’est l’opacité organisée par le ministère de l’Intérieur alors qu’il est toujours prompt à communiquer sur la sécurité routière, raconte Antoine Champagne, rédacteur en chef de Reflets.info. Dès que l’on sort de la...

Les petits arrangements de Thierry Breton avec la réalité judicaire

jeudi 23 janvier 2020 à 09:47

Omissions et déformations...

Comment se dépatouiller des informations pas très reluisantes sur les marchés publics contenus dans notre documentaire « Radar La machine à cash - Scandales et gros profits » ? Simple, en faisant croire que tout est faux et que la justice l'a d'ailleurs déjà établi. Evidemment, c'est une fable...

Thierry Breton lors de son audition devant le Parlement européen - © Reflets

A quoi reconnaît-on un homme politique de haute volée ? A sa capacité à asséner « ses » vérités sans ciller. Thierry Breton est de cette trempe. Mis en cause dans notre documentaire « Radar La machine à cash - Scandales et gros profits », Thierry Breton contre-attaque. Non pas avec des documents, des preuves, des chiffres, du factuel. Non, il contre-attaque en tentant désespérément de discréditer l'un des auteurs du documentaire, Stéphanie Fontaine. Et il n'est pas le seul, son conseiller en communication, Terence Zakka, est sur la même longueur d'onde.

Dans une ultime question un peu inattendue, lundi 20 janvier sur France Inter, Léa Salamé interroge Thierry Breton : « Anticor vous soupçonne de favoritisme, vous qui voulez être radical sur ces questions-là, vous répondez quoi ce matin ? ». Et le nouveau commissaire européen de répondre : « J’ai du reste porté plainte en diffamation contre LA journaliste qui a diffusé cette fausse information et j’ai gagné à deux reprises, et de façon définitive. ». Ah bon ? L'association Anticor n'a pas déposé plainte ?

De fait, la première plainte d'Anticor sur le sujet remonte à 2015. L'avocat de l'association anticorruption, Jérôme Karsenti y explique que le groupe de services informatiques Atos a été bénéficiaire depuis 2003, au Centre national de traitement de Rennes, où sont traités tous les PV dressés en France, de « quatre marchés publics importants susceptibles de constituer des délits de...