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Dis papa, c'est quoi la presse indépendante ?

samedi 28 décembre 2019 à 18:56

Le sens des mots... et autre déontologie

On parle beaucoup de presse indépendante. Mais comment peut-on définir une presse indépendante ? Par opposition, sans doute à une presse dépendante (mais de quoi ou de qui) ? Et la déontologie dans tout ça ?

Tweet de David Dufresne

Cet article est né d'un tweet de David Dufresne. Celui-ci invitait ses followers à donner quelques sous à "la presse indépendante" qui en a bien besoin. Un petit abonnement pour rester propre indépendant... David nous a gentiment inclus dans cette liste. Deux points positifs ici : être classé dans la liste des journaux indépendants et bénéficier, peut-être, de quelques abonnements supplémentaires pour assurer... notre indépendance. Mais à peine découvert le tweet de David, nous voilà plongés dans un abîme de perplexité. Finalement, qu'est-ce donc qu'une presse indépendante ? De quoi ou de qui est-elle indépendante ? Du coup, si elle est indépendante, est-ce que cela signifie qu'elle est plus "éthique" qu'une presse dépendante ? Mal au crâne...

Evidemment, ce questionnement nous ramène à une réaction récente déclenchée après notre article sur le conseil de déontologie journalistique. Nous y exposions la théorie suivante :

Mais surtout, à qui servira ce machin ? A ceux qui souhaitent le plus la disparition de la presse indépendante. Explications... Ce Conseil de déontologie journalistique pourra distribuer tous les mauvais points qu'il souhaite aux mastodontes de la presse, détenus dans leur immense majorité par quelques milliardaires, cela ne représentera même pas une piqure de moustique sur un éléphant. En revanche, il y a fort à parier que le Conseil sera saisi à la moindre occasion par ceux qui seront au centre des enquêtes de...

Mont-Saint-Martin

lundi 23 décembre 2019 à 18:55

Une gestion municipale contestée

Si pour le maire et ses équipes il n'y a rien à redire à une gestion "transparente", Anticor et quelques élus de l'opposition s'interrogent sur un certain nombre de décisions.

Site de la ville de Mont-Saint-Martin - Copie d'écran

Dans la petite commune de Mont Saint Martin, dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est, la gestion semble peu orthodoxe. A tel point que le groupe local Anticor 54 a fait un signalement au procureur de la République.

Pour une partie de l’équipe municipale, comme pour Anticor, le maire, Serge de Carli n’hésiterait pas à tordre les règles de bonne gestion d’une commune. Ainsi, un registre des délibérations du conseil municipal du 25 novembre 2016 comporte un point 28 qui n’aurait pas été abordé en conseil. Ce point vise la récupération de salaires pour des personnels municipaux mis à disposition de l’association Terres de Mercy. Pour 2016, le montant facturé à l’association est, selon le registre des délibérations, de 125.575,27 euros. Un rajout qui aurait été « approuvé à l’unanimité » selon le registre des délibérations obtenu difficilement par l’opposition. Pourtant, aucun élu de l’opposition ne se souvient de ce point 28 qui, au demeurant, n’apparaît sur aucun autre document officiel de convocation ou de délibération.

Registre des délibérations du conseil municipal du 25 novembre 2016 - © Reflets
Registre des délibérations du conseil municipal du 25 novembre 2016 - Reflets

Autre point qui suscite l’interrogation, le service jeunesse. Créé en 2006, celui-ci permet aux jeunes de la ville de pratiquer plusieurs activités. Mais le paiement des adhésions ou des participations à des activités ne ressort sur aucune ligne comptable de la mairie jusqu’en 2017, date de la création d’une régie.

Déjà épinglée dans deux rapports de la Cour...

Manifestation contre le projet de retraites du 17 décembre à Paris

mercredi 18 décembre 2019 à 14:17

Reportage

La troisième grande manifestation à l'appel des syndicats s'est déroulée dans le calme et a réuni énormément de monde à Paris. Le cortège s'est étendu de la République à la Bastille sans discontinuer. La présence policière était massive.

L'ambulance SUD - © Reflets

La détermination des manifestants n'a pas baissé d'intensité mais c'est dans une ambiance plutôt joyeuse que s'est déroulée la manifestation du 17 décembre à Paris. Dans le cortège UNSA, on croise des civils travaillant au ministère des Armées. "Si le gouvernement lâche l'âge pivot, on arrêtera sans doute la grève", dit l'un. "Mais nous, contrairement à la CFDT, on n'est pas pour la retraite à point, on ne souhaitait pas cette réforme. Pour nous une adaptation du système existants nous semble suffisant." Une manifestante ajoute : "Si la valeur du point est calculée annuellement, on risque de perdre." Un de ses camarades conclut : "A l'UNSA, chaque fédération est autonome et décide de sa position, donc on ne sait pas comment ça va évoluer."

La CFDT s'est mise en fin fin de cortège. Comme si elle manifestait un peu à regret. Quand on s'annonce comme journaliste, la gêne est palpable. "On ne parle pas aux journalistes, il faut qu'on trouve un responsable..." Mais vous vous pensez quoi de la position de votre syndicat ? "Il faut que je trouve un responsable..."

Un porte banderole dit : "On est sur la ligne Berger. Après je ne veux pas en dire plus... Personnellement je ne veux pas répondre à la question."

Un peu plus loin, plusieurs militants acceptent de parler. Ils travaillent dans le privé, dans la vente de produits multimédia. "Je vous le dis tout net, il...

Radar, la machine à cash

lundi 16 décembre 2019 à 11:46

Scandales et gros profits

Nous vous en parlons depuis quelques mois : nous réalisons un documentaire. Nous pouvons enfin vous dévoiler le sujet. Le documentaire sera diffusé début janvier. En attendant, quelques teasers.

Radars, la machine à cash - Scandales et gros profits - © Reflets

Ça y est ! Nous pouvons enfin vous dévoiler le sujet de notre documentaire d’investigation : les radars automatiques ! Mais les radars automatiques comme vous ne les avez jamais vus ! Dans ce documentaire « Radar, la machine à cash – Scandales et gros profits », nous allons vous révéler les dessous des marchés publics que l’État a passé pour mettre en place ce système, véritable usine à PV. Des marchés publics dont on ne parle jamais.

Ce sujet, vous pouvez le découvrir en vidéo :

Où va l’argent des radars ? Les radars sont devenus le synonyme de « pompes à fric », le symbole du ras-le-bol fiscal, d’une vie trop chère pour les Français. Un an après le début de la crise des Gilets Jaunes durant laquelle les radars automatiques ont cristallisé une partie du mécontentement, ce documentaire dévoile une facette jamais racontée du système : la gestion des marchés publics. Nous nous sommes intéressés à ces marchés du traitement automatisé des infractions. On en a répertorié plus d’une centaine depuis la naissance des radars en 2003. Grâce au député François Ruffin, nous avons pu pénétrer dans le centre de Rennes dont on nous refusait l'accès.

C’est un système très opaque, mais on a réussi à calculer que depuis 2009, ces contrats ont représenté une dépense de plus de 2,5 milliards d’euros. Documents confidentiels et inédits à l’appui, interviews d’acteurs politiques mais aussi de l’ombre – Claude Guéant, Nicolas Sarkozy, Thierry Breton, des préfets… – , c’est tout cela qui...

Mali : le spectre de l’enlisement

vendredi 13 décembre 2019 à 10:32

Interview de Caroline Roussy, chercheuse à l’Iris

Alors que 13 militaires français ont trouvé la mort au Mali et que la situation est pour le moins confuse sur le terrain, notamment après l'attentat au Niger, nous avons interrogé Caroline Roussy, chercheuse à l’Iris et docteur en Histoire de l’Afrique contemporaine.

Carte du Sahel du Quai d'Orsay - Quai d'Orsay

Comment jugez-vous l’évolution de l’opération française au Mali ?

On a le sentiment d’un enlisement. L’opération Barkhane tarde à porter ses fruits. La situation est confuse. La menace n’a peut-être pas été mesurée à sa juste valeur. La zone couverte est immense et les groupes armés sont extrêmement mobiles. Aujourd’hui, ce sont les terroristes qui ont l’initiative. Ils se régénèrent malgré les pertes, et ils se sont même renforcés. La présence des soldats français fait de plus en plus débat dans les populations africaines. Certains les perçoivent comme une force d’occupation au relent néo-colonial, d’autres désirent une plus grande implication de la France. Barkhane cristallise des tensions : on est loin du temps où François Hollande était accueilli en sauveur. Récemment, le général Bruno Clément-Bollée (2S), ancien directeur de la coopération de sécurité et de défense au ministère des Affaires étrangères, a signé une tribune dans Le Monde où il évoque un scénario crédible où les soldats français pourraient être contraints au départ sous la pression populaire.

Comment expliquer cette dégradation de la situation ?

Elle s’explique par plusieurs facteurs. La menace est trans-territoriale, elle se moque des frontières. Les écosystèmes du Mali et du Burkina sont fragiles ; les institutions sont en train de vaciller. La pauvreté et l’absence de perspectives économiques renforcent l’attractivité des groupes armées. On parle de terroristes, mais c’est une catégorie trompeuse....