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Castaner-Nuñez, les Pasqua-Pandraud d'Emmanuel Macron

lundi 28 janvier 2019 à 18:28

Ce gouvernement ni de droite ni de gauche est en fait aussi à droite que Charles Pasqua

En matière de "maintien de l'ordre", le gouvernement actuel n'a rien à envier à Charles Pasqua et à son factotum Robert Pandraud. Il a même réactivé les voltigeurs, dissous après la mort de Malik Oussekine.

Plaque commémorative rue Monsieur-le-Prince - https://commons.wikimedia.org/wiki/User:LPLT - CC BY-SA 3.0

Pour les plus vieux d'entre nous, la situation actuelle fait remonter des souvenirs. Le 6 décembre 1986, Malik Oussekine, étudiant franco-algérien de l’École supérieure des professions immobilières, qui sort d'une boite de jazz est pris en chasse par les "voltigeurs". Ce corps de police est constitué d'équipes de deux policiers. L'un conduit, l'autre est armé d'un "bidule", une longue matraque. Malik Oussekine, qui n'a rien a voir avec les événements de l'époque (occupation des facs et manifs contre la loi Devaquet), se réfugie dans un hall d'immeuble. Un fonctionnaire des finances le laisse entrer. Mais les policiers le suivent et le tabassent. Malik Oussekine souffrait d'une insuffisance rénale. Ce qui fait dire à l'époque à Robert Pandraud : « La mort d'un jeune homme est toujours regrettable, mais je suis père de famille, et si j'avais un fils sous dialyse je l'empêcherais de faire le con dans la nuit. […] Ce n'était pas le héros des étudiants français qu'on a dit ». A la suite de cette bavure policière, le bataillon des voltigeurs est démantelé. Pourtant, à l'occasion des manifestations des gilets jaunes, le gouvernement en place a réintroduit des voltigeurs dans Paris. Cette fois, les policiers ne sont plus armés du fameux "bidule", mais de tireurs de balles de défense, les LBD 40.

Charles Pasqua et Robert Pandraud ont longtemps incarné ce que la droite de gouvernement...

Manifestation des gilets jaunes, le 26 janvier à Paris

dimanche 27 janvier 2019 à 14:48

Reportage photo - Acte XI

Quatre cortèges ont défilé samedi dans les rues de la capitale. Le nombre de manifestants est resté très élevé. Quelques heurts ont opposé manifestants et forces de l'ordre qui ont continué à utiliser les LBD 40.

Le cortège, samedi 26 janvier - © Reflets

Comme le samedi précédent, les forces de l'ordre ont été très discrètes pendant les manifestations, se cachant dans les rues parallèles au défilé. En revanche, elles étaient positionnées à l'arrivée des cortèges, place de la Bastille et de la République notamment, initiant immédiatement après l'arrivée des gilets jaunes, une nasse. Toutes les rues donnant sur les places étaient bloquées par des cars de police, des canons à eau et des centaines de membres des forces de l'ordre.

A l'arrivée du cortège sur la Place de la Bastille des heurts ont éclaté à l'angle de la rue Saint-Antoine. Les forces de l'ordre ont répliqué avec un canon à eau. La place de la Bastille étant en travaux et n'ayant pas été dégagée avant la manifestation, quelques manifestants ont trouvé sur place des cailloux et des pavés qu'ils ont envoyé sur les policiers. La tension est rapidement montée et les forces de l'ordre ont fait des incursions sur la place en la noyant sus les gaz lacrymogènes et en utilisant les LBD.

Jérôme Rodrigues, une des figures du mouvement, a été blessé grièvement et a annoncé par la suite avoir perdu son œil. Il était en train de filmer les événements sur la Place de la Bastille et diffusait en direct lorsqu'il a été touché. Rapidement, les forces de l'ordre ont mis en place un cordon autour de lui. Mais pour disperser les manifestants qui conspuaient le cordon, des gaz lacrymogènes ont été utilisés. Le vent a alors ramené le nuage...

Le fabriquant du LBD 40 sur un volcan

vendredi 25 janvier 2019 à 14:16

C'est pas moi c'est l'autre...

Le fabriquant du LBD 40 utilisé par les forces de l'ordre sort de son silence, confirmant plusieurs soupçons de Reflets...

Pan ! T'es "moins" mort... - © Reflets

C'est un exercice de haute voltige pour Brügger & Thomet, le fabriquant du lanceur de balles de défense utilisé par les forces de l'ordre françaises : expliquer que ce n'est pas de sa faute si les manifestants sont mutilés, sans se fâcher avec Paris, son très bon client. B & T a publié ce matin un communiqué de presse qui confirme un certain nombre de soupçons que Reflets pouvait avoir après avoir enquêté sur le LBD. Dans un précédent article, nous avions expliqué que contrairement à ce qui était souvent écrit pour "excuser" les tirs dans la tête, le LBD 40 de B & T est une arme très précise. D'autant plus que les LBD en usage au sein des forces de l'ordre en France sont tous équipés d'une viseur holographique de la marque EOTech. Point visé, point atteint... En fait, selon B & T, la faute reviendrait aux munitions utilisées par les forces de l'ordre françaises.

Mais revenons à la source. Le support de vente de B & T pour son LBD est affirmatif, son arme est très précise :

Argumentaire de vente B & T pour le GL06 - B & T
Argumentaire de vente B & T pour le GL06 - B & T

Selon le fabriquant, le LBD 40 GL06 touche sa cible avec une marge d'erreur de 10 centimètres à 50 mètres (sans le viseur EOTech). En outre, le fabriquant souligne que son arme, lorsque dotée d'un viseur laser en fait un outil utilisable par des tireurs peu expérimentés. En l'occurence, B & T fait référence à un pointeur laser. Un outil qui permet de dessiner un point rouge...

Grand débat national : une parole fluide mais des doutes sur l'issue

lundi 21 janvier 2019 à 18:31

Reportage à Villiers-le-bel

Reflets s’est rendu vendredi soir dans cette ville du Val d’Oise. Beaucoup des participants disent jouer le jeu mais douter de la sincérité de Macron

Débat national à Villiers le Bel - © Reflets

Une dame âgée voilée monte péniblement les marches de la mairie de Villiers-le-bel, une commune du Val-d’Oise. Mais elle tenait absolument à participer au débat national. Dans la salle des fêtes, des tables de huit ont été disposées. Les participants s’installent. A 20h, la salle affiche complet avec environ 70 participants.

« J’ai décidé de jouer le jeu en organisant cinq débats dans ma ville, un par quartier, déclare Jean-Louis Marsac, le maire divers gauche. Et pourtant je ne suis pas du tout macroniste. Mais c’est important de donner la parole aux citoyens. Aucun élu ne prendra la parole ce soir. Nous ne voulons pas avoir l’impression de récupérer le débat. Je suis là pour observer, on laisse parler, on observe. » Dans un coin de la salle, un autre observe discrètement avec intérêt : c’est Youssef Elouargui, le responsable local et départemental de la République en marche.

« Nous enverrons toutes les contributions brutes, sans synthèse, au préfet, détaille le maire. Ensuite, je ne sais pas comment ça sera traité. J’espère que ça servira à quelque chose… »

Colette, une responsable d’un conseil de quartier, a été choisie pour lancer et animer le débat. « L’important, c’est de vous écouter. Chacun est libre de s’exprimer, quelques soient ses opinions. Je vous demande de choisir un rapporteur pour qu’il note sur la feuille tout ce qui est proposé pour les quatre thématiques du débat : la transition écologique, la fiscalité, la démocratie et la citoyenneté,...

Manifestation des gilets jaunes à Paris le 19 janvier 2019

samedi 19 janvier 2019 à 23:20

Reportage photo - Acte X

La présence policière réduite au strict minimum a permis à la manifestation de se dérouler dans le calme. A peu près 10.000 personnes ont parcouru 16 km dans la capitale.

Un casque punk fabriqué avec des projectiles de LBD 40 - © Reflets

Signe d'un changement ? La manifestation déclarée du 19 janvier a été précédée dans sa progression par des cars de police, elle comptait en début de cortège au moins trois policiers en civil, identifiés par un brassard. Le mouvement s'institutionnalise un peu. Dans le service d'ordre, apparu il y a quelques temps mais très présent ce samedi, pas mal de tenues militaires et de bérets de toutes les couleurs. Autre particularité de cet Acte X, la présence dans le début du cortège de membres de groupuscules d'extrême-droite. Les antifa ont d'ailleurs tenté de les éjecter du cortège, avec plus ou moins de succès. Quelques affrontements ont donc eu lieu au sein même du cortège. Tandis que des manifestants portant des banderoles favorables aux migrants se frittaient avec les militants d'extrême-droite, à quelques dizaines de mètres, d'autre manifestants tentaient d'arracher leurs drapeaux à quelques membres de la CGT.

En fin de manifestation, quelques heurts avec les forces de police ont eu lieu derrière les invalides, et même si certains blessés par LBD sont à déplorer, l'usage de ce dernier était en diminution dans une proportion monumentale.

La multiplication des articles sur les blessés par tirs de LBD et des reportages TV sur ce sujets, la timeline de David Dufresne, ont probablement poussé les autorités à demander à leurs troupes de mettre un peu le holà à l'usage de cette arme qui a éborgné tant de manifestants.

Avant le départ, aux Invalides, le message du jour est clair : protester contre les violences policières - © Reflets
Avant le départ, aux...